Lisa-Marie : « Quand je fais du roller, je n’ai pas peur du regard des autres, je suis dans ma bulle. »

Pratiquante de roller quad, ingénieure, 23 ans

Roller quad
En décembre dernier, Lisa-Marie s’est lancé un défi : apprendre le roller quad pour contrer l’ennui du confinement. Aujourd’hui, elle enchaîne les figures au skatepark, mais aussi sur son petit balcon. Car, peu importe le nombre de mètres carrés, elle s’entraîne dur. Et ça roule pour elle !

Propos recueillis par Lise Famelart

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“Je suis quelqu’un de nature très sportive. Depuis toute petite, je pratique plein de sports différents : j’ai commencé le tennis à 3 ans, la danse classique à 4, j’ai fait du basket, énormément de gym… le sport, ça fait partie de moi.

Au lycée, quand on me demandait quelle était ma matière préférée, je répondais : “Le sport !“ J’ai finalement fait des études d’ingénieur, mais ça ne m’a pas empêchée de continuer à pratiquer très régulièrement.

Lorsque le confinement est arrivé, ça a été très dur pour moi : ce n’était plus possible de pratiquer du sport en salle. En décembre, je commençais vraiment à en avoir marre.

©Eleanor Jenkins

Je faisais du volley-ball, mais, évidemment, le club était fermé. J’habite en Allemagne, et j’étais de retour en France pour les vacances de Noël. Je réfléchissais à une passion que je pourrais pratiquer en parallèle de mon métier et seule pour que le COVID ne me pose pas de problème.

J’ai pensé à la musculation, mais je n’aime pas trop le côté “faire du sport pour faire du sport”, j’aime bien l’idée qu’il y ait une dimension artistique, ludique.

J’ai toujours aimé le roller et, sur Instagram, j’ai vu qu’on pouvait faire de la danse, des figures, et plein de choses avec les rollers quad. Donc, j’ai décidé de partir là-dessus.

J’ai acheté tout le matériel et je suis retournée en Allemagne : nous étions toujours confinés, je m’y suis mise à fond. Pour me motiver, j’y ai même dédié un compte Instagram.

Sur Instagram, il y a un vrai réseau autour du roller quad. Avec le hashtag #365daysofskate, on peut voir la progression des pratiquantes, c’est hyper motivant ! Des filles comme Thaïs on wheels ou encore Zelina on wheels m’ont inspirée et m’ont donné envie de me dépasser.

Au début, j’en faisais tous les jours. Après, c’est compliqué parce que je travaille et, parfois, il ne fait pas très beau. Mais, au minimum, je continue à en faire un jour sur deux.

C’est sûr, la crise sanitaire a joué un rôle dans cette nouvelle passion. S’il n’y avait pas eu le confinement, j’aurais pu voir mes amis, faire la fête plus souvent, comme j’en ai l’habitude.

Là, je me suis retrouvée sans sport, sans loisirs à côté, et ça m’a décidé à me mettre au roller. Aujourd’hui, c’est un cercle vertueux : plus je vois que je progresse, plus j’ai envie de continuer !

Au début, le roller, c’était un loisir que je pratiquais toute seule. J’habite avec mon copain mais, lui, ce n’est pas spécialement son truc, même s’il me soutient beaucoup ! Je me suis lancée en autodidacte, je regardais des tutoriels et je m’entraînais à faire la même chose.

Il faut s’auto-motiver, parfois c’est dur, mais ça vaut le coup ! Peu à peu, j’ai commencé à rencontrer des pratiquants. Le week-end dernier, je suis allée patiner avec des passionnés. Et le week-end prochain, j’y retourne !

Ça me plaît beaucoup parce que ça me permet de rencontrer de nouvelles personnes, mais aussi de m’améliorer : comme j’apprends tout en autodidacte, avoir un point de vue extérieur me permet de corriger certaines figures.

Sur les réseaux sociaux, c’est une vraie communauté, on s’encourage entre nous, c’est bienveillant.

Mon compte Insta me permet de voir mon évolution : j’aime bien me dire que le jour 44, j’arrive à faire ça, alors qu’au jour 9, je n’y arrivais pas du tout…

Aussi, quand je vois d’autres comptes de filles qui font du roller, ça me motive beaucoup, et j’ai envie, moi aussi, de motiver les autres, de montrer qu’on peut évoluer très vite si on s’en donne les moyens.

©Eleanor Jenkins

Au skatepark, on retrouve un peu cette bienveillance-là. C’est vrai que, quand on est une fille, mine de rien, il y a toujours quelques garçons qui ne sont pas très sympas, surtout quand on est débutante.

Mais j’ai quand même bien réussi à m’imposer, certains garçons m’ont tendu la main, m’ont permis de progresser : un gars m’a par exemple aidée à faire le drop in, à glisser sur la rampe pour la première fois. Il a vu que j’étais en détresse et il n’a pas hésité à me donner des conseils, Il est carrément descendu avec moi !

En fait, il ne faut pas avoir peur d’assumer son statut de débutante parce que, eux aussi, ils l’ont bien été un jour !

C’est sûr, la pratique du roller a eu plusieurs impacts positifs dans ma vie. Mon travail ne me passionne pas spécialement donc, je pense tout le temps au roller. Dans la semaine, je me dis que j’irai au skatepark le week-end et ça me rend heureuse. Avec ce sport, je me fixe aussi des objectifs à long et court terme.

À long terme, je voudrais réussir les crazy legs, c’est un pas de danse incontournable, mais que je peine à maîtriser pour l’instant. À court terme, je voudrais réussir à faire des sauts, des figures sur une jambe ou encore à tourner sur moi-même. C’est un basique, mais j’ai encore du mal à y arriver. Au skatepark, j’ai déjà réussi à faire la roue sur la rampe, et j’en suis super fière !

Sur mes patins, j’ai une vraie sensation de légèreté, de liberté. Souvent, j’ai ma musique dans les oreilles, je vibre sur le son que j’écoute, mes pieds me guident. Je n’ai même pas besoin de réfléchir, je patine sans me prendre la tête. Je suis dans ma bulle, dans mon monde avec ma musique.

J’aimerais bien que les gens sachent, et c’est un des messages que je veux faire passer, qu’il n’y a pas d’âge pour commencer à patiner. On peut commencer tel qu’on est et juste kiffer ! Il ne faut pas avoir peur du regard des autres et oser se lancer.

Une fois que j’ai acheté ma paire de rollers, je me suis dit : « J’ai investi de l’argent, j’y vais ». Et surtout, il ne faut pas se comparer aux autres. Je le faisais pas mal au début, mais on a tous des points forts et des faiblesses.

Moi, mon point fort, c’est la gymnastique : pas mal de gens étaient surpris de constater que je pouvais faire une roue avec mes patins dès la première semaine. Mes faiblesses, c’est l’équilibre au niveau des pieds : je n’arrive pas à tourner sur moi-même par exemple, on est tous différents !

©Eleanor Jenkins

Sur les réseaux sociaux, il y a des femmes de 40 ans qui s’y mettent, même des personnes en surpoids. Il n’y a aucun critère, aucun frein, on peut tous faire du roller ! »

 

  • Pour suivre l’évolution de Lisa-Marie sur ses rollers, direction son compte Instagram, @elem.skates
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