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Jeux Olympiques 2028Ces 5 nouveaux sports qui vont casser les codes

Jeux Olympiques 2028, ces 5 nouveaux sports qui vont casser les codes
Alors que les prochains JO sont dans les starting-blocks pour Paris 2024, le Comité International Olympique fait déjà cap sur 2028 avec Los Angeles et cinq disciplines inédites au programme. Ça va dépoter !

Par Claire Bonnot

Publié le 17 décembre 2023 à 17h00, mis à jour le 18 décembre 2023 à 7h23

Le 16 octobre dernier, le CIO adoptait enfin le programme des Jeux Olympiques 2028. La validation tant attendue ? L’arrivée de cinq nouveaux sports qui séduiront sans aucun doute des supporters zélés et plutôt made in USA : le cricket, le baseball/softball, le squash, le flag football et le Lacrosse.

Record historique, donc, pour l’édition olympique de Los Angeles en termes de nombre de disciplines : 36 ! Il est plus que temps de se mettre à la page de ces sports méconnus voire confidentiels en France.  

« Ces sports sont pertinents, innovants et ancrés dans les communautés, car ils sont pratiqués aussi bien chez soi dans le jardin, que dans les cours d’école, les maisons de quartier, les stades et les parcs à travers les États-Unis et dans le monde entier, explique le président de LA28, Casey Wasserman. Ils permettront à de nouveaux athlètes de participer aux Jeux, susciteront l’engagement de supporters passionnés par différentes disciplines, tout en élargissant la présence des Jeux dans les espaces numériques, ce qui amplifiera la mission de LA28 consistant à offrir une expérience hors pair. Les sports proposés par LA28 stimulent l’imagination sur les terrains de jeu et développent la culture sportive locale ». 

  • Le Lacrosse ou la crosse : un sport qui marque des points 

Ce jeu de crosse est un sport collectif dérivé des cultures amérindiennes, très populaire chez les Américains – il est, historiquement, le premier sport américain, et l’une des disciplines les plus populaires des compétitions universitaires américaines. Pour les fanas de séries teen, sachez que c’est le sport que pratique le héros de À tous les garçons que j’ai aimés, Peter Kavinsky (alias l’acteur Noah Centineo), dans le club de son lycée.

Le spectacle de ce jeu entre Iroquois sous les exhortations des Sorciers – entraîneurs enfiévrés, a fasciné les colons européens au XVIIe siècle dont le missionnaire jésuite Jean de Brébeuf qui le baptisa « la crosse », en lien avec le bâton pastoral des évêques. La suite ? La codification du jeu en 1856 par un dentiste canadien, le premier match officiel étant disputé en 1867.

La crosse devient un sport national au Canada et s’enracine aussi aux États-Unis qui s’offre son premier championnat universitaire au début du XIXe siècle. La Reine Victoria elle-même fut envoûtée par ce jeu de balle et déclara qu’il était très joli à regarder.

L’engouement est ainsi total puisqu’en 1904 et 1908, le Lacrosse est intégré au programme des Jeux Olympiques d’été, avant son exclusion définitive, malgré de multiples tentatives de le réintégrer. 

©Westminster College Athletics

Le Lacrosse se pratique sur un terrain de football, deux équipes se faisant face – composées initialement de dix joueurs, le CIO ayant choisi le « sixes », joué en six contre six dans un match d’environ 45 minutes. Le but ? Envoyer la balle dans le goal. Jusque-là, rien de très inattendu. C’est l’équipement qui fait effet ! Chaque joueur est équipé de grandes crosses auxquelles sont accrochés des filets servant à transporter, attraper et lancer la balle en caoutchouc puisque sa prise est interdite avec les mains.

Et ça envoie du lourd, les contacts physiques étant autorisés pour récupérer la balle coûte que coûte. Le gardien, les défenseurs, les milieux de terrain et les attaquants sont donc solidement harnachés : casque, gants, coudières, plastron et protège-dents (obligatoire !). 

C’est la World Lacrosse (WL), auparavant Fédération internationale de crosse (FIC), qui est l’organisme international responsable de l’organisation des championnats du monde. Elle a été créée en août 2008 pour permettre la fusion des associations masculine et féminine de crosse. On compte aujourd’hui 90 fédérations nationales de Lacrosse dans le monde. À noter que le MVP 2023 (Most Valuable Player) est un joueur américain, Brennan O’Neill. 

Quid de sa popularité en France ? L’Association Française de Lacrosse (AFL) a été fondée en 2008, à Meudon, et s’est donnée pour mission d’organiser et de développer ce sport en France. Elle compte seulement entre 100 et 150 licenciés. À ce jour, il n’y a pas d’équipe nationale féminine. 

©Association Française de Lacrosse 

  • Le Flagfootball : le petit frère du football américain 

Le sport qui monte, qui monte, et notamment en France ! Dérivé du football américain, apparu en 1861, le flag tient son nom des drapeaux que les joueurs portent à leur ceinture et qui doivent être arrachés pour stopper l’équipe adverse. Il se joue à cinq contre cinq, les équipes pouvant être mixtes. La FFFA, Fédération française de football américain qui gère le Flag, rappelle en quoi ce sport peut facilement faire des émules : « sport de toutes les mixités, de taille, de sexe, d’âge, (il) ne nécessite qu’un investissement minime : une ceinture de flags, une tenue de sport et hop, vous êtes prêts ! ». 

Cette discipline pour le moins spectaculaire et étonnante est arrivée il y a trente ans en France et comptabilise aujourd’hui 5 000 licenciés. L’Équipe de France de Flag Football ne démérite pas sur la scène internationale puisqu’aux World Games 2022, les équipes masculine et féminine ont atteint les quarts de finale ainsi qu’à l’Euro 2023. Sachez que nous comptons parmi nos joueurs prometteurs, une MVP et désormais ambassadrice du Flag à l’internationale, la Française Elisa De Santis. 

Elisa De Santis

  • Le cricket : sport tradi & populaire 

Avec 2,5 milliards de supporters et 120 millions de pratiquants dans le monde, le plus fameux et élégant sport de batte qui soit, devrait passionner les foules aux JO de LA. Après une brève apparition lors de l’édition parisienne de 1900 – où les Français avaient gagné les Anglais – il revient sous sa forme écourtée, dite « T20 » soit Twenty20, originaire d’Angleterre (règles édictées en 2003).

L’origine première du cricket, que l’on pensait british, ne l’est pas… Shocking ! Les premières traces de ce jeu de battes ont été retrouvées en… France, dans un compte-rendu de match datant de 1478. Le sport aurait été ensuite importé en Grande-Bretagne à partir du XVIe siècle et dans ses empires coloniaux, d’où la popularité du cricket en Inde ou en Australie. 

S’il existe actuellement trois formes de cricket pratiquées au niveau international, c’est la version la plus courte et la plus rapide, le T20 qui sera au programme des JO 2028. Elle se joue en une seule manche par équipe, chaque équipe étant à la batte pendant 20 séries soit 120 balles. Les matchs durent environ trois heures. Onze joueurs forment une équipe, dont une personne chargée de garder le guichet, le gardien de guichet étant celui qui reçoit la balle du lanceur. 

Chamari Atapattu, joueuse de cricket sri-lankaise et capitaine de l’équipe féminine internationale Twenty20 du Sri Lanka.

On compte douze nations dites « membres à part entière » de l’International Cricket Council (ICC) : l‘Afghanistan, l’Australie, le Bangladesh, l’Angleterre, l’Inde, l’Irlande, la Nouvelle-Zélande, le Pakistan, l’Afrique du Sud, le Sri Lanka, les West Indies et le Zimbabwe. En T20, la France est la 53e mondiale chez les hommes et 36e chez les femmes.

Ce sport est régi en France par la Fédération française de baseball et softball via l’Association française de cricket (FC), fondée en 1920. Le championnat a été créé en 1987 et la Fédération compte aujourd’hui 2 000 licenciés. À noter que le club de Dreux a remporté, cette année, en mars 2023, le Championnat d’Europe.

Côté pratique féminine, selon des chiffres France Cricket 2022, 25 % des licenciés de FC sont des femmes, l’équipe nationale féminine étant classée 6e en Europe (sur 35). 

L’Anglaise Clare Connor, figure féminine dirigeante rare dans le milieu du cricket

  • Le baseball/softball : disciplines stars 

Depuis le succès des JO de Tokyo 2020 où les deux sports avaient été introduits dans le programme olympique, leurs médiatisation et popularité a grandi. Présents pour 2028 dans le pays qui les a vu naître, ils promettent des matchs épiques, comme l’a déclaré le Président de la WBSC Riccardo Fraccari : « La WBSC (Confédération mondiale de baseball et softball, ndlr) croit fermement que le baseball et le softball aideront des millions de fans à vivre les Jeux Olympiques, particulièrement avec une édition aux Etats-Unis qui est le pays hôte de certaines des plus grandes stars du monde entier. L’atmosphère sera électrique à Los Angeles sur la plus grande scène sportive mondiale devant des audiences qui se chiffrent en milliards. »

LA28 représentera la septième participation aux JO pour le baseball (start à Barcelone en 1992) et la sixième pour le softball (start à Atlanta en 1996). 

L’ex-joueuse canadienne Vanessa Riopel qui s’engage pour la place des filles dans le baseball

La différence entre le baseball et le softball ? S’il existe des Championnats du monde pour les hommes et les femmes dans les deux sports, le baseball est, au niveau olympique, un sport exclusivement masculin, alors que le softball (balle-molle) est un sport exclusivement féminin.

Ce dernier, né à Chicago en 1887, est pratiqué par deux équipes de neuf à douze joueurs alternant attaque et défense et dont le but est de marquer le plus de points possibles. Les lanceurs doivent lancer à la main au contraire du baseball qui se joue avec des battes pour frapper la balle lancée et des gants pour rattraper la balle. Ses règles modernes ont été codifiées aux États-Unis en 1845. 

Selon des chiffres de décembre 2022, la Fédération Française de Baseball et Softball (FFBS) bat son record de pratiquants avec un total de 14 654 licenciés uniques, le pourcentage de féminisation s’élevant à 22,1 %, là aussi un record historique.

D’après le Classement Mondial du Baseball (chiffres Octobre 2023), la France se classe à la deuxième place sur douze nations dans les compétitions internationales homologuées par la WBSC sur une période de quatre ans. 

©FFBS

  • Le squash : nouvelle vitrine des JO 

« C’est un sport qui se joue plutôt sur la côte Est. À Los Angeles c’est un peu moins présent, ils jouent plutôt au racquetball. Mais on sait également que beaucoup de décideurs américains jouent au squash : des politiciens, des chefs d’entreprise… », explique Julien Muller, président de la Fédération française de squash depuis 2020, à Ouest-France.

Ce sport de raquette qui se joue sur un terrain de jeu entièrement entouré de murs ou de parois vitrées consiste à frapper une petite balle noire en caoutchouc, de façon à ce que l’adversaire ne puisse pas la reprendre. Son origine ? Vers 1830, à l’école privée de Harrow à Londres, lorsque les étudiants se mirent à frapper la balle sur l’un des murs avec leurs raquettes en attendant de pouvoir utiliser les courts de tennis. Puis, le premier court de squash fut créé à Oxford.

Il faudra attendre la création d’une balle creuse et molle en caoutchouc pour basculer du « racket » au « squash », ce nom ayant été donné en référence au bruit de la balle s’écrasant contre le mur… 

Melissa Alves, la N°1 française de squash…©FFS

Voici des années que ses candidatures successives pour intégrer la compétition olympique échouent, soit depuis 2012 pour les JO de Londres. « C’est un sport qui est extrêmement vivant, intense et rapide, assez moderne et assez spectaculaire à regarder parce que les échanges sont soutenus. Ça va apporter du spectacle. C’est finalement ce que recherchent les chaînes de télévision qui retransmettent ces évènements », poursuit Julien Miller à franceinfo.fr. 

En France, on dénombre 200 000 pratiquants, dont 16 300 licenciés de la Fédération Française de Squash (créée en 1980) en 2022. À noter : deux joueurs français ont été à la fois champions du monde et numéros 1 mondiaux, Thierry Lincou en 2004 et Grégory Gaultier en 2015, Victor Crouin, le numéro 1 français, se plaçant dans le top 20 mondial (à la 11ème place). Et concernant les femmes ? Mélissa Alves (29 ans), est la numéro 1 française et 21e joueuse mondiale. 

Le breaking n’entrera pas dans la danse en 2028…©RStyle

Mais si des disciplines entrent, d’autres sortent, c’est mécanique. LA28  n’a pas choisi de garder la danse avec le breaking dont les battles n’iront pas au-delà de 2024 quand trois autres disciplines sont encore en sursis : la boxe, l’haltérophilie et pour ce qui est de l’athlétisme c’est le pentathlon moderne qui se trouve sur la sellette.

Il faudra donc impérativement les suivre l’été prochain lors des Jeux de Paris au risque de ne les retrouver (au mieux) que dans… huit ans.

Megan Willis ©University of Texas Softball

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