Le sport qui fait bouger les lignes

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« Du sport à l’heure du Coronavirus ?

Oui, mais arrêtez avant d’être trop essoufflé ! »

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N’allez pas jusqu’à l’hyperventilation lors de vos séances de sport, c’est le premier conseil délivré par le Dr Santoni, pneumologue et membre de la Fondation du Souffle, pour bouger sans danger en cette période de crise sanitaire. Mais encore ? Entretien nécessaire avant d’en faire trop…ou pas assez.

Par Valérie Domain

Pendant cette période de confinement, sortir faire de l’activité physique est autorisé, dans quels cas est-ce conseillé  ?

Déjà, on rappelle que quand on a ce virus-là, on reste chez soi, au risque de le transmettre, et souvent en toute ignorance. Pour une raison simple : généralement les gens ne savent pas qu’ils sont porteurs sains.

Entre 80 et 90 % des personnes n’ont pas de symptômes ou des symptômes bénins. Comme ils ont l’air en forme, ils pensent qu’ils n’ont pas le Coronavirus COVID-19, qu’ils ne le transmettront pas. C’est ce qui s’est passé jusqu’à maintenant. C’est une erreur fondamentale.

Pour autant, s’il s’agit bien de rester confiné au maximum, on peut sortir de temps à autre en restant à bonne distance des autres. Lorsqu’on ne ressent pas de symptômes type toux et fièvre, il est important de s’offrir quelques séances d’activité physique, à commencer par la marche. Et c’est conseillé pour tous, à tous les âges.

marche

Pour un grand sportif, le confinement peut vite virer à l’étouffement…

Maintenir une activité physique et sportive stimule l’immunité, donc on peut sortir faire une demi-heure de course, de vélo, voire du tennis en plein air, en restant chacun derrière le filet, pour respecter la distance préconisée qui est d’un mètre, je le rappelle.

Mais on banit tout sport collectif, tous les matches entre copains et copines, même à l’extérieur. Les jeunes sont persuadés qu’il sont les rois du monde et qu’ils peuvent se réunir, ils n’ont pas compris qu’ils sont eux aussi des malades et donc des transmetteurs.

Et lorsqu’on fait du sport ensemble, on se touche, on se souffle dessus, on postillonne… Alors, pas de sports Co !

Le sport, aujourd’hui, c’est à 2 maximum, et à bonne distance.

Evidemment, les gens du même foyer qui font du sport, de la gym chez eux, peu importe la distance de sécurité, elle n’a plus de raison d’être, même si on évite autant que faire se peut, de se féliciter de sa séance en s’embrassant car l’embrassade transmet de la salive.

musculation

En cette période de pandémie, la durée comme l’intensité de la séance de sport est importante…

Oui, on conseille une demi-heure, grand max une heure, d’activités physiques, à intensité modérée.

Aujourd’hui, la performance ne doit plus être recherchée, il faut arrêter avant l’hyperventilation, c’est-à-dire avant d’être trop essoufflé.

Donc, un running tranquille, pas du sprint ; un échange de balles au tennis, pas le match du siècle ; du renforcement musculaire, pas des sauts ou des burpees… Il faut éviter ce qui génére trop de fatigue. Il faut aussi savoir s’écouter.

Et quand on fait du sport à domicile, on ne reste pas…confiné !

Sport ou pas d’ailleurs, on aère  !

L’air intérieur est pollué en particules, et il y a des interactions entre particules et virus.

Elles rendent les bronches plus sensibles. Donc, pendant la séance de sport, on ouvre un peu la fenêtre.

yoga

On ne fait pas de sport lorsqu’on se sent fragilisé, fiévreux ?

Si on a de la fièvre et des symptômes respiratoires, on appelle son médecin traitant.

On se repose, on arrête de sortir et de faire du sport. Et surtout on dort, car les défenses immunitaires se reconstruisent très bien pendant le sommeil.

Vous êtes très sévère quant au tabac. Il y a des sportifs qui fument, pensant parfois que le sport les aide à en limiter l’effet néfaste…

Ce n’est pas le cas, évidemment. Et la pandémie est une bonne occasion pour arrêter de fumer  ! Quand les gens ont la grippe, on leur dit de stopper le tabac…

J’avais d’ailleurs préconisé la fermeture des buralistes. On est confronté à un virus respiratoire et on laisse les gens acheter des cigarettes, comme si c’était une nécessité vitale comme manger, se soigner, ou bouger !

En ce moment, on va vous dire : y a assez de contraintes comme ça, on ne va pas empêcher les gens de fumer, mais retrouvons du (bon) sens à nos vies !

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