Rechercher

JO 1948 Micheline Ostermeyer, celle qui fêtait ses médailles au piano

Micheline Ostermeyer
Triple médaillée en athlétisme aux Jeux de Londres, Micheline Ostermeyer ne pratiquait le sport que pour la divertir de ses cours de piano… À la fois sportive et virtuose, elle est l’une des figures françaises les plus atypiques des JO.

Publié le 17 mars 2021 à 17h04, mis à jour le 22 septembre 2022 à 11h00

Londres, 1948. Des lunettes noires sur le nez, Micheline Ostermeyer, 26 printemps, s’avance d’un pas nonchalant sur la pelouse du stade olympique. Et casse la baraque. Par trois fois.

La championne française d’athlétisme réalisa, lors de ces JO, l’une de ses meilleures performances : le 30 juillet, elle remporta l’or en lancer de disque (discipline qu’elle n’avait découvert que quelques semaines plus tôt) avec un lancer à 41,92 m. Le 4 août, elle réitéra son exploit en lancer de poids, établissant, en prime, un record olympique. Et le 7 août, elle gagna la médaille de bronze en saut en hauteur (1,61 m).

Quand un journaliste lui demanda si elle s’était beaucoup entraînée pour réaliser des performances aussi admirables et quel était son secret, Micheline Ostermeyer répondit : « J’ai pratiqué l’athlétisme 5 heures par jour et le piano 5 heures par jour. »

Nièce du compositeur Luciano Paroche, la demoiselle était aussi douée en sport qu’en musique. Un héritage génétique ? Son père était adepte de gym suédoise et sa mère prof de piano. À 4 ans, elle posait déjà ses doigts sur l’ivoire et l’ébène. À 6 ans, elle présentait son premier récital.

Une femme d’exception, un petit génie qui s’amusait d’un rien et aimait fêter les succès en musique.

La veille de sa première victoire, dans le village olympique, Micheline Ostermeyer offrit un concert à ses compatriotes sur un vieux piano. C’est avec ce même instrument qu’elle fêta sa deuxième médaille d’or, en jouant du Ludwig van Beethoven.

Pour cette illustre concertiste, le sport était avant tout une distraction. Qui débuta pendant ses études au conservatoire et continua quand elle embrassa la carrière de musicienne professionnelle. La pratique sportive pour souffler entre deux notes.

« Je pratiquais le sport par plaisir, mais le piano a toujours été ma priorité », dira-t-elle en 1950 alors qu’elle arrête les compétitions sportives, après deux nouvelles médailles de bronze aux Championnats d’Europe d’athlétisme, en lancer du poids et sur 80 m haies.

Micheline Ostermeyer considérait que toutes ces disciplines nuisaient à sa réputation de concertiste. Tellement que, pendant plusieurs années, elle refusa de jouer les compositions de Franz Liszt, considérant ses œuvres comme… « trop sportives ».

Cette championne hors norme, qui recherchait la perfection dans tout ce qu’elle entreprenait, a ensuite été intégrée au projet “Olympiens pour la vie“ de WOA (Association mondiale des olympiens) qui consiste à entretenir la flamme au-delà des Jeux, à rendre hommage aux champions ayant apporté une contribution à la société et laissé un héritage au monde.

Victime d’une longue maladie, Micheline Ostermeyer a définitivement refermé ses partitions un 17 octobre 2001, à Bois-Guillaume, en Seine-Martime. Elle avait 78 ans.

Ouverture ©Olympique.org

D'autres épisodes de "Jeux Insolites"

Soutenez ÀBLOCK!

Aidez-nous à faire bouger les lignes !

ÀBLOCK! est un média indépendant qui, depuis plus d’1 an, met les femmes dans les starting-blocks. Pour pouvoir continuer à produire un journalisme de qualité, inédit et généreux, il a besoin de soutien financier.

Pour nous laisser le temps de grandir, votre aide est précieuse. Un don, même petit, c’est faire partie du game, comme on dit.

Soyons ÀBLOCK! ensemble ! 🙏

Abonnez-vous à la newsletter mensuelle

D’autres actus en brèves…

Kids

À la puberté, faut limiter le sport oui ou non ?

Le sport, quand on est parents d’un ado, c’est un peu « Je t’aime, moi non plus ». Qu’il pratique une activité sportive, évidemment… mais pas trop quand même. « Pense aussi à l’école » ! Et puis, il paraît que le sport et la puberté ne font pas bon ménage. Il paraît…

Lire plus »
Il était une fois le baseball... féminin

Il était une fois le baseball… féminin

Il débarquera aux Jeux Olympiques 2028 de Los Angeles. Rien de très surprenant pour un sport made in America. Les femmes en ont d’abord été écartées, mais elles ont vite pris les battes en main ! Retour sur l’histoire des pionnières du baseball.

Lire plus »
Premier Round, un combat ÀBLOCK! Kids

Premier Round, un combat ÀBLOCK!

S’engager pour l’insertion socioprofessionnelle des jeunes des quartiers prioritaires, lutter contre la maltraitance envers les enfants sous toutes ses formes, ce sont les missions musclées de Premier Round, asso lancée par la boxeuse Rima Ayadi.

Lire plus »
Sandrine Alouf : « Mes photos de sportives, c’est une loupe sur une société ultra genrée. »

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

Une pionnière qui a le break dans le sang, une asso qui se bouge, des fonds pour donner une chance à mille petites filles, une photographe qui met à terre les préjugés et un nouveau mercredi spécial KIDS, c’est le meilleur d’ÀBLOCK! Bon rattrapage !

Lire plus »
Mélissa Plaza : « Le slam est très thérapeutique. Quand je répare ces femmes en mettant les mots justes aux bons endroits, je me répare moi-même. »

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

Une ex-footeuse qui rejoint la Team ÀBLOCK! pour slamer sur des championnes inspirantes (Mélissa Plaza sur notre photo), un nouvel éclairage juridique sur le sport, la présentation d’un mondial qui fait des vagues et une rubrique Kids qui nous donne des ailes, c’est le top de la semaine ! Enjoy !

Lire plus »
Justine Pedemonte : « Je fais de la moto, je suis une fille… au lycée, ça fait parler. »

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

Une histoire de raquettes et volants, une femme engagée qui donne de la voix pour réparer les corps, le retour des Kids (avec la pilote moto de 16 ans, Justine Pedemonte) et une double journée de grimpe en salle, c’est le meilleur d’ÀBLOCK! pour la semaine. Bonne lecture !

Lire plus »
Kids

Pour commencer le sport, y a un âge… ou pas ?

Développer son équilibre, apprendre l’esprit d’équipe, se dépenser… Nombreux sont les enfants à pratiquer un sport en dehors de l’école. D’ailleurs, les clubs s’ouvrent de plus en plus aux tout-petits. Mais à partir de quel âge peut-on vraiment faire du sport ?

Lire plus »

Vous aimerez aussi…

Aliya Luty

Un master d’Escrime 100 % féminin ? Touché !

Un tout premier Master d’Escrime 100 % féminin, c’est ce que propose la station-village de Vaujany, dans les Alpes. En collaboration avec le club d’Escrime Parmentier de Grenoble, elle organise un événement pour que les meilleures épéistes de France et du monde s’affrontent. À vos marques !

Lire plus »
Laura Marino

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

De l’histoire de la gym féminine à celle d’une plongeuse de haut vol qui a pris la tangente pour ne pas se noyer (Laura Marino sur notre photo), en passant par une sportive écolo, une marathonienne hors-norme et une course parisienne, c’est le meilleur d’ÀBLOCK! de la semaine. Bonne lecture !

Lire plus »

Recherche

Soyez ÀBLOCK!

Abonnez-vous à la newsletter

Mentions de Cookies WordPress par Real Cookie Banner