Mia Hamm

La footballeuse la plus célèbre des nineties

Mia Hamm
Première grande légende du foot féminin, l’Américaine Mia Hamm est une attaquante de choc avec des pieds (et un cœur) en or. Doublement championne du monde et doublement médaillée d’or olympique, cette pionnière a suscité l’engouement mondial pour le ballon rond au féminin dès le début des années 90. Hola pour Mia !

Par Claire Bonnot

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur whatsapp
Partager sur pinterest
Partager sur email

Consécration du football féminin dans les années 1990, le destin sportif de Mia Hamm paraissait pourtant compromis. La petite Mariel Margaret Hamm naît avec une malformation congénitale, un pied-bot partiel, et doit porter un plâtre, des chaussures correctives la nuit et d’autres, de ville, adaptées à la marche.

C’est pourtant ainsi « harnachée » qu’elle frappera dans son premier ballon. Elle a alors à peine 2 ans. Une histoire de famille : elle dribble avec son grand frère adoptif et elle accompagne son père, dingue de foot, aux matchs tous les dimanches.

À 6 ans, elle intègre une équipe mixte de football, au Texas, et inscrit 23 buts ! Un sacré beau coup de pied !

La suite n’est qu’une confirmation de son aptitude innée : à 10 ans, Mia Hamm joue dans une équipe de garçons et domine la mêlée, marquant des buts comme elle respire : « Sa présence était un peu matière à controverse, mais les gars de l’équipe l’ont pleinement adoptée parce qu’elle était une bonne joueuse », expliquait sa grande sœur à CNN.

Elle devient, ensuite, à 14 ans, la vedette des championnats inter-collèges. Son entraîneur de l’époque décrit une joueuse très athlétique : « Maigre, dégingandée, plus rapide que le vent. On voyait, chez elle, un instinct naturel. »

Le directeur du programme de football féminin de l’Université de Caroline du Nord – le meilleur du pays -, la prend sous son aile et lui permet d’intégrer la sélection américaine. C’est le début d’un destin…

C’est donc à l’âge de 15 ans à peine que Mia Hamm entre dans l’équipe nationale. Elle est alors la plus jeune joueuse de l’histoire à porter le maillot américain et va devenir une star des terrains : « Intégrer l’équipe nationale à 15 ans a vraiment été le facteur décisif dans mon choix pour le football, se souvient-elle. Ce sport m’a, en quelque sorte, choisie. J’ai fait l’expérience du football au plus haut niveau dès mon plus jeune âge. J’ai alors décidé que je voulais en faire partie le plus longtemps possible. »

En parallèle, Mia Hamm fonce tous azimuts et s’offre un beau palmarès footballistique universitaire, de 1989 à 1993. Elle remporte le championnat de l’État de Virginie, en 1989, avec la Lake Braddock Secondary School qu’elle a intégrée pour un an.

Puis, elle remporte le championnat NCAA de soccer féminin à quatre reprises en cinq ans. Enfin, elle reçoit le trophée Athlete of the Year en 1993, couronnant la meilleure athlète féminine de la Côte Atlantique. Elle hérite bien vite du surnom de « Jordan » a.k.a Michael Jordan, son alter ego sur les terrains de basket.

C’est lors de ses études universitaires que la nouvelle pépite du foot US participe à la toute première édition de la Coupe du monde féminine, organisée en Chine, en 1991. Elle a 19 ans, porte le numéro 9, et elle est la plus jeune joueuse de l’équipe. Mia Hamm est en passe de devenir une légende.

Elle remportera la Coupe avec les États-Unis après avoir participé à l’intégralité des matchs de sa sélection et avoir inscrit le but décisif lors du premier match contre la Suède et un second face au Brésil. Ainsi, Mia Hamm se place comme un atout majeur de la team américaine.

Rebelote en 1995, elle est sélectionnée pour la Coupe du monde qui se tient, cette fois-ci, en Suède. Si elle arrive à la troisième place avec son équipe, Mia Hamm marque l’un des buts décisifs du premier match contre la Chine et se voit couronnée, la même année, suite à la victoire américaine pour la première édition de L’US Cup, meilleure joueuse (américaine) de l’année (MVP pour Most Valuable Player). Elle sera ainsi distinguée cinq années de suite.

Pour sa troisième Coupe du monde qui a lieu sur sa terre natale, en 1999, la MVP marque deux buts sur six matchs et remporte son deuxième titre de championne du monde !

L’engouement populaire et médiatique est total : « C’était à couper le souffle. Pères et filles, jeunes garçons, tous étaient venus acclamer ces grandes joueuses », se remémore la présidente du comité d’organisation de la Coupe du monde féminine. La finale réunit plus de 90 000 personnes dans le Stade Olympique d’Atlanta, un record de spectateurs pour un événement sportif féminin aux States.

Les athlètes féminines sont portées aux nues – et, au sommet, se trouve Mia Hamm – à l’égal des joueurs masculins. Avec elle, il devient « cool » de courir, transpirer et concourir comme les guys ! « Elle a mis fin à l’insulte : « Tu joues comme une fille ! », raconte l’un de ses entraîneurs. À l’époque, même les garçons portaient le maillot n° 9 de Mia. »

Mia Hamm soulève les foules et inspire des générations de petites filles voulant prendre part au jeu. Son style sur le terrain époustoufle : sa puissance de frappe alliée à la finesse de sa technique et la grâce de sa course attirent le regard des aficionados, encore souvent des hommes à cette époque.

Mais pas seulement. Son aura sur le plan professionnel et dans sa vie personnelle entraînent de nouveaux adeptes sur les terrains du foot féminin.

Car à l’opposé de son statut de superstar, Mia Hamm représente à la perfection les belles valeurs du sport : humble, passionnée, appliquée, elle mise toujours sur l’esprit d’équipe et n’aime pas se mettre en avant. « À travers chaque discours qu’elle prononce et chaque récompense qu’elle reçoit, vous ressentez à quel point elle est vraiment reconnaissante envers ses coéquipières », explique l’une de ses teamates.

« Ce qui est difficile, c’est de parler de moi », exprimera un jour Mia. Et généralement, les gens vous lancent des superlatifs tels que : « Tu es la meilleure. Tu es ceci. Tu es cela. » Depuis que je suis petite, je n’ai jamais ressenti cela. »

Véritable icône, elle prête même son nom à la « Barbie Footballeuse » et affronte la légende du basket américain, Michael Jordan dans un spot publicitaire.

“Michale vs Mia”, la pub Gatorade tournée avec Michael Jordan, en 1997

Pour couronner le tout, Mia Hamm se distingue aussi sur le plan de la compétition olympique. L’american team remporte le tournoi féminin aux JO d’Atlanta, en 1996 : Mia, pourtant blessée, contribue largement à la victoire finale sur la Chine. À ce moment-là, elle bat le record mondial des buts marqués en sélection.

L’Américaine a bel et bien un pied en or et a pris sa revanche sur la vie. En 2001 et 2002, elle remporte les deux premiers trophées de la joueuse mondiale de la FIFA, faisant alors partie des deux seules femmes figurant au FIFA 100, liste des 125 plus grands joueurs de football vivants, choisis par Pelé.

Écrivant sa légende sur les terrains de foot, Mia Hamm termine sa carrière en beauté, à l’âge de 32 ans, avec un deuxième titre olympique, lors des JO d’Athènes, en 2004.

Mia Hamm fait partie de l’Histoire américaine, son portrait est exposé au Smithsonian Institution, à Washington

Celle qui fait trembler les goals adverses a rentré 158 buts sur ses dix-sept ans de carrière en équipe nationale. Elle a été, un temps, la meilleure buteuse de l’histoire du ballon rond en matchs officiels, hommes et femmes confondus.

Sa plus grande prouesse ? Avoir amené le football américain sur un nouveau terrain de jeu conjugué au féminin. Pendant pratiquement la totalité de sa carrière, elle n’évoluera dans aucun club pro, les championnats de soccer féminin professionnels n’existant pas aux États-Unis.

En 2000, qui mieux qu’elle pouvait alors participer à la création de la Ligue féminine pro dans son pays, la Women’s Soccer Association (WUSA) ?

Comptant huit équipes dans différentes villes américaines, la WUSA donne aux joueuses de foot la chance de faire carrière dans le sport avec contrats et rémunérations à la clé.

Pour le premier championnat, en 2001, Mia Hamm portera les couleurs du Washington Freedom, et ce, jusqu’en 2003, date de la suspension de la Ligue féminine, faute de public…

Mais la médiatisation du foot féminin est sur les rails. Si le but n’est pas complètement atteint, les filles sont désormais dans la place et ne lâcheront rien. La Women’s Professionnal Soccer sera créée (2007-2012) puis, en 2012, la National Women’s Soccer League (NWSL), championnat toujours en activité. Mia Hamm ouvrira la voie à d’autres joueuses de talent dont la grande Megan Rapinoe. Thanks to Mia Hamm !

  • Mia Hamm s’engage toujours pour le sport au féminin, elle a créé une fondation et vous pouvez retrouver ses actions sur son site dédié.
Ouverture : Mia Hamm/Facebook/DR
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur whatsapp
Partager sur pinterest
Partager sur email

Vous aimerez aussi…

Sophie Carpentier

Sophie Carpentier : « Dans la médecine comme dans le sport, il faut que les femmes y aillent ! »

Médecin de l’équipe féminine de rugby Rouen, elle a aussi été celui de l’équipe de France de rugby féminin. Militante du sport santé, Sophie Carpentier n’a pas hésité, il y a quelques années, à se spécialiser dans le sport pour apporter à son quotidien médical un souffle nouveau. Et de prouver que les femmes ont toute leur place dans un métier encore trop souvent conjugué au masculin.

Lire plus »
Gabriella Papadakis

Gabriella Papadakis : « Il arrive un moment où on ne patine plus pour gagner, mais pour ne pas perdre. »

Elle sera, avec son partenaire Guillaume Cizeron, la grande absente des Championnats du monde de patinage qui débutent lundi. Le couple star a en effet choisi de se consacrer à la préparation des JO 2022. Et il peut se le permettre. Ensemble, Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron ont (presque) tout gagné : quadruples champions du monde, quintuples champions d’Europe et vice-champions olympiques. L’occasion de faire le point avec celle qui, à 25 ans, collectionne les honneurs avec, toujours, cette envie de surprendre, d’explorer des domaines où on ne l’attend pas. Rencontre chaleureuse avec une fille qui laisse tout sauf de glace.

Lire plus »
Kim Ng

Kim Ng, la nouvelle boss du baseball qui frappe fort

Elle a su s’imposer dans un monde d’hommes. À 51 ans, Kim Ng est devenue manager général de l’équipe de baseball Miami Marlins. Une vraie révolution dans l’univers, jusqu’alors uni-genré, des sports majeurs aux Etats-Unis. Portrait d’une infatigable battante.

Lire plus »
Ronda Rousey

Ronda Rousey, une héroïne à la Zola dans le MMA

Première championne de l’histoire de l’UFC, celle qui a ouvert le MMA aux femmes a su donner les coups qu’il fallait pour toujours se relever dans une vie traversée par les drames. L’Américaine Ronda Rousey, cascadeuse et actrice dans des blockbusters hollywoodiens, a écrit le propre film de sa vie à la force de ses poings et de son mental d’acier. Une combattante hors norme et une pionnière du game !

Lire plus »
Tanya Naville

Le best-of ÀBLOCK! de la semaine

Une badiste qui nous a pris dans ses filets, une championne d’aviron qui ne nous cache rien, deux pionnières des Jeux Olympiques qui ont su briller dans l’eau et sur terre, une alpiniste engagée et ébouriffante (la preuve sur notre photo !) et une tenniswoman qui nous fait craquer…Régalez-vous !

Lire plus »
Leena Gade

Leena Gade, première femme ingénieure de course victorieuse, so what ?

Pour le monde du sport automobile, elle est « une main de velours dans un gant de carbone ». Celle qui fut la première ingénieure de course à remporter les 24 heures du Mans en 2011, mais aussi le titre de… l’« Homme de l’année » du Championnat du Monde d’Endurance de la FIA un an plus tard, ne freine devant aucun obstacle. Elle est aujourd’hui présidente de la Commission GT de la fédé automobile.

Lire plus »
©DRVoguing

Le voguing, la danse en vogue qui n’a pas dit son dernier… pas

Danse identitaire créée par la communauté noire LGBT en réaction au racisme et à la discrimination, le voguing est apparu dans les sixties à Harlem, New York. Importée en France en 2000, survoltée, technique et codifiée, elle a inspiré la chanson « Vogue » de Madonna. Faisons une « pose » pour tout savoir de cette danse socio-politique.

Lire plus »
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin