Wendie Renard La capitaine qui ne perd pas le cap

Quinze Championnats de France, neuf Coupes de France, huit Ligue des Champions… Bienvenue dans le palmarès de Wendie Renard ! La nouvelle capitaine de l’équipe de France compte plus de cent-trente matchs en sélection. La footballeuse a déjà fait ses preuves, mais une bonne défenseure ne baisse jamais sa garde.
Quinze Championnats de France, neuf Coupes de France, huit Ligue des Champions… Bienvenue dans le palmarès de Wendie Renard ! La nouvelle capitaine de l’équipe de France compte plus de cent-trente matchs en sélection. La footballeuse a déjà fait ses preuves, mais une bonne défenseure ne baisse jamais sa garde.

Par Aurore Charron

Publié le 13 juillet 2022 à 16h55, mis à jour le 22 juillet 2022 à 23h07

Wendie Renard a le football dans le sang. Née en 1990, la joueuse est la cadette d’une famille de sportifs – mais surtout de sportives. Elle grandit à Schœlcher, en Martinique, avec pas moins de douze sœurs. Handball ou football, toute sa famille raffole du ballon !  

La dernière arrivante ne fait pas exception. Après l’école, direction les terrains pour retrouver ses amis !  

Malheureusement, à l’âge de 8 ans, la jeune Wendie doit faire face au décès de son père, dû à un cancer des poumons. Lorsqu’elle joue en Bleue, elle a toujours une pensée pour lui, confie-t-elle à UEFA.com : « À chaque fois que mon père entendait la Marseillaise, il pleurait. Donc je pense à lui et ça me touche. » 

Une épreuve difficile qui survient un an après ses premiers pas de footeuse : son entrée au club local, l’Essor Préchotin. La défenseure n’y restera pas longtemps. Après un court passage par le RC Lorrain, Wendie Renard rencontre celui qui tire le coup d’envoi de sa carrière.  

©FFF

Le responsable, c’est Jocelyn Germé : conseiller technique régional de la ligue martiniquaise. Il flaire le potentiel de la future Bleue et lui décroche un essai pour entrer au CNF (Centre National de Formation) de Clairefontaine.  

La jeune fille s’envole pour la métropole – mais c’est la douche froide. Outre le changement de température, elle n’est pas retenue aux essais. Mais Jocelyn Germé ne baisse pas les bras.  

Si le PSG refuse, c’est qu’il faut tenter ailleurs. Il passe alors un coup de fil à l’entraineur de l’OL, Farid Benstiti, et obtient un essai pour la jeune défenseure.

Cette détermination porte ses fruits : elle est acceptée et s’envole définitivement pour la métropole.  

L’entrée à l’OL, c’est le début d’une longue histoire d’amour pour Wendie Renard. Depuis son arrivée en 2006, elle ne quitte pas le club – et en devient même capitaine en 2013. 

Pourtant, ce ne sont pas les offres qui manquent. Wendie Renard est convoitée par les plus grandes équipes– en France comme à l’international. Fidèle à son club, la capitaine lyonnaise renouvèle son contrat en mai dernier pour quatre années supplémentaires. 

Tout le monde se l’arrache. Et pour cause, son palmarès est sans précédent : plus de cent-trente matchs joués en équipe de France, pas moins de vingt prix individuels dont celui de meilleure défenseure de l’année 2020 décerné par l’UEFA. La joueuse aux dix-huit ans de carrière a su en tirer profit.  

Collectivement, Wendie Renard mène un club figurant dans le top des classements, si ce n’est à la première place. Avec la footballeuse martiniquaise, l’OL remporte chaque Championnat de France depuis 2007 et neuf Coupes de France.

Dans le monde du foot, Lyon est un adversaire de taille (doux euphémisme). 

Pour être sûre de laisser une trace, Wendie Renard écrit son autobiographie en 2019, « Mon Etoile ». La joueuse y raconte son enfance en Martinique, son arrivée en métropole et son parcours à la fois professionnel et personnel.

Une renommée qui franchit les barrières du foot. Lors de l’allocution d’Emmanuel Macron, le président cite Wendie Renard comme un exemple de résilience.

Le déclic, Wendie Renard l’a eu durant la Ligue des Champions de 2010. L’occasion de réaliser qu’elle est un modèle pour les jeunes filles, footballeuses ou non. 

La star des terrains se mobilise pour l’émancipation des femmes, en se rendant sur les terrains de jeunes footballeuses, mais aussi en passant par des chemins plus étonnants. Depuis 2019, c’est le nouveau visage de l’ACT (Alliance Contre le Tabac) pour sa campagne « Femmes Libres » 

Wendie Renard y expose l’importance de préserver son corps, qu’elle qualifie d’« outil de travail » des sportifs.

Veiller sur son bien-être, c’est primordial à haut niveau. Mais le corps ne fait pas toujours ce qu’on veut de lui. La capitaine doit parfois composer avec des blessures, une entorse, un genou mal en point…

La prudence est de mise pour elle en 2020. Au cours de la série documentaire « Wendie, tout simplement », la joueuse l’avoue :  « Au plus haut niveau tu as toujours des douleurs à droite, à gauche, tu ne joues jamais sans douleur. » 

Des obstacles qu’elle surmonte pour atteindre ses objectifs. Capitaine aux multiples récompenses, rien ne l’empêche de toujours rechercher à gagner le maximum de matchs et de trophées.  

Mais jamais au détriment de ses coéquipières, également ses meilleures amies. Wendie Renard est compétitrice dans l’âme, certes, mais ne perd pas l’esprit d’équipe. Ainsi, à l’OL comme chez les tricolores, Melvine Malard n’est jamais très loin.  

Lors d’un entretien, cette dernière décrit celle qui fut d’abord un modèle avant d’être son amie : « C’est important d’avoir ce genre de capitaine qui parle et qui n’a pas peur de s’exprimer comme ça. Quand Wendie parle, l’équipe est prête à rentrer sur le terrain et tout casser. » 

Des qualités qui lui valent le titre de capitaine des Bleues à deux reprises. Une première fois en 2017. Et si elle se voit retirer le fameux brassard par Corinne Diacre, la sélectionneuse de l’équipe de France le lui redonnera fin 2021 et jusqu’à l’Euro 2022. 

Wendie Renard semble être le maillon fort de l’équipe. Capitaine à la renommée mondiale, on l’attend dans les starting-(À)BLOCK! pour l’Euro !  

Ouverture ©Adidas

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