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De la Régionale à la Division 1...

Quand une petite équipe de foot devient grande

Laurie Teinturier
En septembre, celles que l’on appelle les « Chouettes » vont s’envoler vers les sommets. Le petit club d’Issy-les-Moulineaux, GPSO 92 Issy, sera à l’affiche d’une rencontre de Division 1 Arkema de football féminin face à Le Havre AC. Une première depuis 2014 où après avoir concouru avec les meilleures équipes de France, le club avait été relégué jusqu’en division régionale. Récit d’une ascension compliquée, mais victorieuse, pour rejoindre l’élite.

Par Djeinaba Kante

En avril dernier, la Fédération Française de Football (FFF) annonçait l’arrêt définitif du championnat 2019-2020 de Division 2. Cette décision propulsait enfin le GPSO 92 Issy (Grand Paris Seine Ouest) en D1 féminine. Le retour en élite ! 

Retour vivement espéré et attendu. Car le club des Hauts-de-Seine n’en est pas à son premier essai en D1. Ce fut le cas lors de la saison 2012-2013 avant de redescendre la saison d’après en D2. En 2014-2015, les “Chouettes” d’Issy retentaient le coup, mais comme la première fois, étaient reléguées dans la division inférieure.

FF ISSY
©FF Issy

Pas mieux au cours de la saison 2015-2016. La FFF annonce alors la réduction des poules en division 2 féminine, passant de trois poules de 12 équipes à deux poules de 12. Résultat : six équipes doivent être reléguées en division régionale et Issy-les-Moulineaux, classé 7e sur 12, en fait les frais.

Lentement, mais sûrement

Pas de quoi décourager un homme qui y croit. C’est en effet à cette époque que Yacine Guesmia (ci-dessous) prend le relais comme entraîneur de l’équipe : “Quand le club m’a contacté, ils étaient en D2, et malgré la relégation, j’ai accepté le défi ”, confie-t-il.

Yacine Guesmia
©FB FF Issy/Michel Rousseau

Dès lors, les saisons se suivent et ne se ressemblent pas. Quatre saisons où l’équipe n’aura de cesse d’évoluer. Quatre saisons toutes différentes dans le déroulé, mais avec un seul objectif en ligne de mire : le retour en D1.

Après un passage éclair en Divisions d’Honneur (régionale), les “Chouettes” passent trois saisons en D2 où elles apprennent à ne rien lâcher. Lentement, mais sûrement. Pour Yacine Guesmia, deux facteurs expliquent cette progression constante : « Le fait d’être en Ile-de-France d’abord, cela aide car il y a un plus grand vivier de joueuses. Et le fait que, même si on a renforcé un peu l’équipe, on a conservé la même base et surtout la même philosophie de jeu. »  

Un style de jeu offensif 

Et à Issy-les-Moulineaux quand on joue, c’est tout pour l’attaque ! Les joueuses de Yacine Guesmia ont adopté un jeu très axé sur l’offensive.

FF Issy
©Facebook FF Issy

Une stratégie qui paye : lors de la dernière saison, celle qui leur a permis de monter en D1, le GPSO terminait premier avec douze points d’avance sur son dauphin grâce à treize victoires, deux nuls et une seule défaite !

Une stratégie offensive qui fait bien le job : le club ne compte pas moins de trois joueuses dans le top 10 du classement des meilleures buteuses : Laurie Teinturier (15 buts), Batcheba Louis (9 buts) et Salma Alami (8 buts). 

Et quand on parle de Laurie Teinturier (notre photo d’ouverture d’article), un bel avenir se dessine clairement : « Laurie a inscrit 15 buts, mais elle en aurait probablement inscrit davantage si la saison avait continué », estime le coach.

FF Issy
©Michel Rousseau

L’équipe d’Issy-les-Moulineaux est donc composée de plusieurs jeunes joueuses de talent qui vont découvrir le haut niveau cette année. Mais le challenge le plus délicat à relever sera leur maintien au top, ce que le club n’a pas encore réussi à réaliser dans le passé.

Amateurs versus Pro

« Concernant le statut de notre club, on est sur du très amateur ! », confie le coach qui a bien saisi l’enjeu. Le GPSO jouera cette saison contre des clubs comme L’Olympique Lyonnais ou encore le Paris-Saint-Germain, les joueuses seront donc confrontées à des équipes qui vivent avec un statut « professionnel ».

Un défi de taille pour ce petit club des Hauts-de-Seine exclusivement féminin, qui ne s’appuie sur aucun club masculin et ne peut donc pas prétendre au statut professionnel : la division 1 est gérée par la FFF alors que la Ligue 1 masculine est gérée par la LFP, la ligue de football professionnel. Ce qui veut dire ? Que les équipes féminines ayant un homonyme masculin bénéficient des avantages des clubs pro : « Les clubs comme le PSG, Lyon ou même Le Havre, vivent le même quotidien que les garçons, elles s’entraînent deux fois par jour. Nos joueuses travaillent et d’autres font leurs études, c’est beaucoup plus difficile à gérer », explique Yacine Guesmia.

FF Issy
©FF Issy

Pour autant, rien n’est impossible : « L’objectif est clair, c’est le maintien. Maintenant, si en plus, on peut remporter plusieurs matchs, on ne s’en passera pas ! » conclut le coach. 

Après avoir effectué des tests de dépistage pour le Covid-19 (tous négatifs), les joueuses ont pu reprendre l’entraînement le 15 juillet. En pleine période de préparation, le GPSO 92 Issy a remporté sa première confrontation face à l’AS Nancy et de belle manière : 5-0 !

Elles s’apprêtent maintenant à rencontrer l’US Orléans. Si elles l’emportent, elles seront vraiment « Chouettes » !

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