Kadidiatou Diani Celle qui aurait pu nous mener à la victoire

Kadidiatou Diani, celle par qui la victoire a failli arriver
Parisienne de cœur, Kadidiatou Diani partage son temps entre le PSG et l’équipe de France. Après la Coupe du Monde U17 en 2012 et le Championnat de France 2021, l'attaquante rêvait d’un nouveau trophée collectif. Et elle a bien failli être décisive lors de la demi-finale de l’Euro 2022 avec les Bleues... Ce n'est que partie remise.

Par Aurore Charron

Publié le 28 juillet 2022 à 19h31

Le premier terrain d’entraînement de Kadidiatou Diani : en bas de chez elle. La fillette suit son frère partout – surtout quand les ballons sont de la partie. Et ça lui réussit ! Dans la cité des combattants, à Ivry-sur-Seine, « Kadi » fait des ravages.

À seulement 10 ans, elle se fait repérer par son voisin. Coach de l’équipe de l’ES Vitry, le monsieur a le nez creux et lui propose de rejoindre son club.

Bien qu’elle soit née le 1er avril 1995, Kadidiatou Diani s’apprête à démontrer que les filles au foot, ça n’est pas une blague.

Ses parents sont moins emballés. « Mon père était un peu réticent, avoue-t-elle à Canal+ Sports. Il se disait, non, elle va devenir un petit garçon manqué. » Finalement, ils la laissent s’essayer aux crampons en club – et comprennent vite son potentiel.

« Quand il a vu que ça commençait à devenir plus sérieux, on va dire qu’il était un peu plus d’accord pour que je me mette au foot ». Aujourd’hui, ses parents sont ses fans numéro 1, juste avant sa sœur, qui suit ses pas à l’ES Vitry.

Une évolution bienvenue pour un club alors loin de la parité. Comme bien d’autres Bleues, Kadidiatou Diani était la seule fille de son équipe. Malgré la bienveillance des garçons, il lui faudra l’arrivée de quelques coéquipières, peu de temps après, afin de pleinement s’épanouir.

Le progrès doit bien commencer quelque part. L’ES Vitry compte maintenant une jolie ribambelle de footballeuses en herbe. 

Un chouette tremplin pour s’élancer. À 15 ans, Kadidiatou Diani devient plus qu’une mordue du ballon. Elle entre à Juvisy et commence le football plus sérieusement. 

Ce n’est que le début. La joueuse cumule en entrant au Centre National de Formation (CNF) de Clairefontaine tout en complétant des études en puériculture.

Très vite, Kadidiatou Diani n’aura plus d’yeux que pour le ballon. Le déclic ? Son transfert au Paris-Saint-Germain (PSG). La jeune habitante de région parisienne a toujours soutenu le club.

Alors, quand Paris offre à Juvisy de racheter ses deux dernières années de contrat, c’est oui. En 2017, elle signe pour trois ans et renouvelle la mise en 2020.

Au sein du club parisien, Kadidiatou Diani trouve l’espace de réconcilier sa féminité et son amour du ballon rond – et gagne par la même occasion le surnom de « Beyoncé ».

Aujourd’hui, elle revendique plus d’égalité entre football féminin et masculin, notamment financière. Selon elle, les clubs doivent permettre aux femmes de s’y dédier à fond sans avoir à cumuler un travail.

L’avancée qui manque au football féminin : soutenir leurs poulains sur le chemin de la professionnalisation.

En équipe féminine, elle trouve les coéquipières qui lui manquaient étant petite. Parmi elles, Marie-Antoinette Katoto. L’association des deux donne un duo explosif. D’un côté, une passeuse hors pair en la personne de Kadidiatou Diani et à la finition, une buteuse extraordinaire. 

Ajoutez une alchimie proche de la perfection entre les deux attaquantes et vous comprenez les cauchemars des défenseures. « Je m’entends très bien avec elle. Je comprends ses appels, explique Kadidiatou Diani. Elle fait très souvent de très bons appels et ça me facilite la tâche pour lui mettre des balles. Et même si la passe est approximative, je sais qu’elle sera là pour la reprendre et pour finir »

Une force que Corinne Diacre, sélectionneuse des Bleues, a eu raison d’exploiter. Les inséparables figuraient toutes deux parmi les vingt-trois appelées à Clairefontaine et ont bien failli nous offrir le trophée. Mais, oui, on sait, il en fallait plus…

Revenons aux débuts tricolores de Kadidiatou Diani, elle les fait en 2010 au sein de l’équipe féminine U17 (moins de 17 ans) lors de l’Euro féminin. Un début prometteur qui porte ses fruits lors de la Coupe du Monde U17 de 2012.

L’attaquante enchaîne les passes et les buts. Des contributions décisives puisque la France remporte alors son troisième titre international toutes compétitions confondues.

Dix ans plus tard, la numéro 11 va dépasser les soixante-dix matchs disputés sous le maillot bleu en juin.

La joueuse brille également au nom de la ville lumière. Meilleure passeuse de la saison 2018-19, meilleure joueuse du mois de septembre en D1 Arkama… Kadidiatou Diani fait rêver le PSG.

Et cerise sur la gâteau : durant la saison 2020-21, les Parisiennes réussissent à surpasser les indétrônables Lyonnaises et s’emparent du titre de Championnes de France.

Des trophées collectifs, c’est ce que la joueuse souhaite pour le reste de sa carrière. Parmi ses inspirations, la victoire des Bleus durant la Coupe du Monde de 98 : « Ça me donne des frissons, affirme-t-elle devant FaceCam.  Aujourd’hui encore quand je revois les images, vraiment ce sont ses sensations là que je recherche en compétition ». 

Ces sensations, Kadidiatou Diani les a vécues lors de cet Euro 2022. Notamment en marquant le but d’égalisation lors de la demi-finale, une frappe longue, parfaite. Hélas, les Allemandes ont su rebondir et marquer un deuxième but fatal.

Mais, même si elle n’a pas soulevé la coupe pour la France, Kadidiatou Diani n’a pas dit son dernier mot. « Kadi » est dans la place !

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