Le sport qui fait bouger les lignes

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur whatsapp
Partager sur pinterest
Partager sur email

Ça n'engage que moi...

2020… et si on arrêtait de torturer les athlètes hypertestostéronées ?

marie petitcuenot

Par Marie Petitcuénot*

L’an dernier, l’athlétisme a pris des libertés avec les droits de l’Homme, ou plutôt avec les droits des femmes. Le tribunal arbitral du sport a validé le règlement de la Fédération internationale d’athlétisme qui oblige les femmes hyperandrogènes à faire baisser artificiellement leur taux de testostérone pour être acceptées dans la compétition.

De qui parle-t-on  ? De Caster Semanya, mais aussi de Margaret Wambui, de Francine Nyonsaba ou de Dutee Chand. Des athlètes qui secrètent naturellement plus d’androgènes que la moyenne des femmes, élevant ainsi leur taux de testostérone et potentiellement, leur masse musculaire.

À partir de maintenant, elles ne pourront prendre place derrière la ligne de départ qu’à condition d’accepter un traitement qui bride leur système hormonal. L’idée n’est guère plus choquante que ces générations de femmes qui prennent la pilule, dans un calcul bien compris entre les risques pour leur santé et le bénéfice du contrôle de leur fécondité.

La réalité est moins banale. Ce traitement contre l’hyperandrogénie induit des risques accrus de méningiomes, des tumeurs au cerveau. Il provoque des troubles de l’humeur, des règles et des accès de somnolence. C’est tout ?

Égalité de corps

Rappelons qu’aucune étude ne prouve clairement que l’androgénie a un impact réel sur les performances des athlètes. On les torture préventivement.

Qu’est-ce qui trouble à ce point la Fédération d’athlétisme  ? Elle évoque « un avantage significatif » et invoque « l’intégrité de l’athlétisme féminin ». Mots-valises, mots-paravents.

L’excellence des sportifs relève partout du travail et d’une forme d’exceptionnalité physique. A-t-on contraint le nageur Michael Phelps à s’injecter de l’acide lactique, lui qui en produit deux fois moins que la moyenne et peut s’entraîner deux fois plus sans souffrir  ?

A-t-on opéré les sinus de la danseuse synchronisée Virginie Dedieu qui peut naturellement se passer de pince-nez ?

Les athlètes androgènes révèlent une soudaine aspiration pour l’égalité de corps normalisés. Comme si on ne pouvait faire de compétition qu’à égalité parfaite, des corps, des muscles, des hormones, des fluides… Comme si on voulait un 400 mètres de robots.

Ce que nous dit la Fédération d’athlétisme, et c’est plus sérieux, c’est qu’on ne peut pas laisser des femmes « masculines » en liberté. Il faudrait donc éviter de concurrencer les performances des hommes  ?

Officiellement, on les bride au nom de l’égalité entre les femmes.

En réalité, on protège une certaine idée de la faiblesse des femmes.

*Marie Petitcuénot est la créatrice du podcast Michelle qui raconte des histoires de femmes libres. Pour ÀBLOCK!, elle donne la parole à des “sportives libres”…

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur whatsapp
Partager sur pinterest
Partager sur email

S’inscrire à la newsletter mensuelle :

(Nous ne sommes pas prêteurs, nous garderons vos coordonnées bien au chaud chez nous…)

Vous aimerez aussi…

Margaux Hubeny

Margaux Hubeny : « Sur ma moto, je n’ai pas peur, je me sens vivre ! »

Équipements et moto rose, comme un étendard, elle tient à démontrer que, sur la piste, les femmes aussi font surchauffer le moteur ! En 2019, cette douanière de 23 ans rafle le titre de Championne de France 600cc lors de la Women’s Cup. Surnommée « l’extraterrestre », Margaux Hubeny est une autodidacte du deux roues. Cette victoire est le premier titre d’une longue série pour une prodige de la piste qui n’est pas prête d’en sortir. Accrochez-vous, ça va secouer !

Lire plus »
Laury Thilleman

Le top 10 des influenceuses sport sur Instagram

Depuis le confinement, elles n’ont jamais été autant suivies. Les sportives des réseaux sociaux, plus particulièrement sur Instagram, ont su convaincre les plus sédentaires de bouger. Petite liste (non exhaustive) de ces influenceuses qui nous poussent à sauter dans nos baskets. Et à aimer ça !

Lire plus »
Laura Flessel

Laura Flessel : 5 infos pour briller à l’épée

Celle que l’on surnomme “la Guêpe” pour sa vitesse d’exécution et la précision de ses coups a marqué l’histoire grâce à sa spécificité de toucher ses adversaires aux pieds mais surtout grâce à son palmarès plus qu’impressionnant. Laura Flessel a pris sa retraite sportive en 2012, s’est frottée brièvement à la politique en 2017 avec un passage éclair au ministère des Sports, et demeure toujours très appréciée du public. Retour sur les 5 grandes dates de sa carrière d’escrimeuse.

Lire plus »
Andrina la sirène

« Je nage en sirène… et c’est du sport ! »

Voisine de l’Océan Atlantique, l’apprentie comédienne et modèle s’est un jour réveillée dans un corps et un mental de… sirène. Fascinée par le monde magique de ces créatures ondulantes, elle a fait de son rêve une réalité en devenant sirène professionnelle. Une féérie qui se travaille !

Lire plus »
Leena Gade

Leena Gade, première femme ingénieure de course victorieuse, so what ?

Pour le monde du sport automobile, elle est « une main de velours dans un gant de carbone ». Celle qui fut la première ingénieure de course à remporter les 24 heures du Mans en 2011, mais aussi le titre de… l’« Homme de l’année » du Championnat du Monde d’Endurance de la FIA un an plus tard, ne freine devant aucun obstacle. Elle est aujourd’hui présidente de la Commission GT de la fédé automobile.

Lire plus »

Sport pendant et après le confinement : les Français gardent le cap !

Malgré le climat sanitaire anxiogène et les restrictions de sorties, les confinés français ont tout fait pour garder un esprit sain dans un corps sain. Une étude révèle en effet qu’une majorité de Français ont adapté leur pratique et leur consommation du sport à cette toute nouvelle vie. Sur le terrain, c’est ce qu’on appelle une belle action !

Lire plus »

Rallye des Gazelles : Anne et Sandra attendront encore un peu…

Elles se sont lancées un défi un peu fou : participer au Rallye Aïcha des Gazelles au Maroc, le seul Rallye-Raid hors-piste 100% féminin au monde. Elles, ce sont Anne et Sandra. Elles devaient nous faire partager leur préparation jusqu’au départ, en 2021, mais le COVID-19 est passé par là et décision a été prise de reporter d’un an. Mais ce n’est que partie remise.

Lire plus »