Ninon : « Fille ou garçon, tout est dans la tête : on rentre tous sur le terrain pour gagner. »Joueuse de rugby, 26 ans, assistante commerciale

rugby feminin

Propos recueillis par Claire Bonnot

Publié le 20 mars 2020 à 16h08, mis à jour le 20 juin 2022 à 13h57

«  Pourquoi le rugby ? Un peu le hasard et un peu la famille. Mon grand-père était l’un des créateurs et des dirigeants du club des Angles dans le Gard et mon père puis mon frère y ont joué.

Moi, je ne m’intéressais pas du tout au rugby quand j’étais jeune, j’en avais rien à faire, je faisais de la gym.

C’est quand j’ai eu à faire mon choix pour le lycée que je m’y suis mise : j’ai eu la possibilité de partir dans un lycée agricole, ce qui m’intéressait plus que la filière classique, et il y avait une option rugby.

Ça a été le coup de foudre. C’est classe une fille qui fait du rugby, ça donnait envie !

« Le rugby, ça apprend le respect mais aussi à se faire respecter, parce que ça en impose. »

Faire du rugby me donne le sentiment que je suis capable de tout. Ça donne confiance en soi, tu te dis «  Si je suis capable de faire ça, j’ai peur de rien ».

Ça apprend le respect mais aussi à se faire respecter, parce que ça en impose. Et puis c’est une véritable plateforme de lien social, ce sont des amis – filles ou garçons – avec qui tu partages des choses dures ; ça crée des relations fortes.

Après ma blessure au ligament croisé, je n’ai pas lâché le rugby parce que j’ai eu la chance que l’équipe me soutienne. On a une fameuse expression : «  Le rugby, c’est le ballon et les copains, mais quand il n’y a plus le ballon, il reste les copains. »

« Un beau plaquage et j’ai été acceptée dans l’équipe… »

L’entraînement, j’y vais pour m’amuser. Mais lors d’un match, on rentre tous sur le terrain pour gagner. Qu’on soit une fille ou un garçon, à ce moment-là, tout est dans la tête, il faut être combatif. Il faut avoir la rage !

J’ai joué avec des garçons pendant quatre ans, des vétérans, et j’étais la seule fille de l’équipe. Je jouais en loisir, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de compétition mais il y a quand même des matchs.

Lors de ma première saison avec les vétérans, j’ai réalisé un beau plaquage qui a été l’un des déclencheurs pour mon acceptation dans l’équipe.

J’ai repris cette année à Nîmes dans une équipe exclusivement féminine de Fédérale 1 et nous avons des matchs tous les week-ends. Même si c’est plus compétitif, je cherche avant tout à m’amuser, à me fatiguer et à être fière de moi  !

« C’est compliqué parfois d’aller boire des verres tous ensemble après l’entraînement ! »

En terme d’ouverture et de respect des équipes féminines, il y a encore beaucoup de progrès à faire.

Entre autres, concernant l’accès aux terrains ou aux vestiaires : on a rarement le terrain principal, on est surtout sur les annexes, et on doit le plus souvent attendre que les garçons aient pris leur douche pour y aller à notre tour !

C’est même compliqué, parfois, d’aller boire des verres tous ensemble après l’entraînement…

Mais les clubs font de plus en plus l’effort, c’est très lié à la volonté de l’équipe administrative.

En tout cas, la Coupe du monde féminine de rugby qui s’est jouée en France en 2017 a fait une belle publicité, ce qui a permis de booster le développement des équipes féminines. On avance. »

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