Chloé : « Quand je ne me sens pas bien dans ma vie, le sport est l’un des rares moments où je suis fière de moi. »Adepte de course à pied, 31 ans, journaliste

chloe ablockgimp

Propos recueillis par Claire Bonnot

Publié le 27 avril 2020 à 17h33, mis à jour le 28 février 2021 à 13h36

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur whatsapp
Partager sur pinterest
Partager sur email

« Dans ma famille, on m’a inculquée l’importance de bouger, de se dépenser.  Cela fait partie de mon éducation : mes deux parents sont profs d’EPS.

Petite, j’ai longtemps fait du judo et, à l’adolescence, j’en ai eu ras-le-bol de me faire secouer dans tous les sens, et j’ai voulu arrêter. Ma mère ne m’a pas désinscrite tant que je n’avais pas choisi un autre sport. Je me suis mise à l’athlétisme. Et je n’ai jamais cessé de faire de l’exercice physique. Ça m’a formée.

« Quand tu fais du sport, les garçons portent un autre regard sur toi. »

Quand tu grandis en étant convaincue que tu peux te battre face à un garçon sur un terrain de sport, mentalement ça te construit.

Les filles sont valorisées sur leur travail scolaire, on met en avant leur côté bonne élève, sage comme une image, mais le sport t’apporte ce côté battant dont tu as aussi besoin  ! Les garçons portent un autre regard sur toi. Je le sais, c’était mon cas au lycée car j’étais sportive.

Le sport est un des rares milieux où filles et garçons ont la possibilité de se réapproprier l’espace à 50/50. Ce ne doit pas être les garçons qui occupent tout le terrain et les filles sur le côté, comme on le constate encore trop souvent.

On doit se mélanger et, de toute façon, les garçons n’ont pas le choix  : si je suis au bon endroit au bon moment, la passe, tu vas me la faire à moi !

Après il ne faut pas se mentir, physiologiquement, les filles et les garçons ne sont pas constitués de la même façon, il n’empêche, le sport un bon moyen de remettre les compteurs à zéro.

« Mon truc aujourd’hui, c’est le footing parce que ça coûte pas cher, il n’y a pas besoin de s’organiser, t’enfiles tes baskets et tu vas courir…»

Et ce peut être un remède. Quand je passe une mauvaise journée et que je vais courir ensuite, je me demande pourquoi je ne l’ai pas fait avant  ? Quand je me sens moins bien dans ma vie, professionnelle ou autre, faire du sport représente l’un des rares moments où je vais me sentir fière de moi et ça va influer sur tout le reste.

Mon truc aujourd’hui, c’est le footing parce que ça coûte pas cher, il n’y a pas besoin de s’organiser, t’enfiles tes baskets et tu vas courir… En plus j’habite dans un endroit où la forêt est partout. Et ça me vide la tête. Même si parfois j’ai des objectifs de performances, le plus souvent c’est pour le plaisir. Je cours avec mon père, c’est un rendez-vous familial  !

D’autant qu’on pratique ensemble, mais on en parle aussi. Mes parents s’intéressent à la sociologie du sport, ses liens avec la politique, l’intégration par le sport. J’ai baigné dans cette éducation.

« Je n’ai toujours pas trouvé d’activités qui me fassent me dépenser autant que le footing, mais avec le confinement, j’ai ressorti des haltères de mon placard. »

Je me suis rendu compte qu’on pouvait remettre en perspective les événements sportifs avec l’Histoire, les contextes politiques. Je regardais l’émission «  Échappées Belles » sur Cuba dernièrement et j’ai appris que le régime de Fidel Castro avait misé sur l’éducation sportive car c’était une manière de faire briller son pays dans les grands rendez-vous internationaux. Le sport est aussi une arme diplomatique.

Bref, le sport me passionne. Je n’ai toujours pas trouvé d’activités qui me fassent me dépenser autant que le footing, mais avec le confinement, j’ai ressorti des haltères de mon placard. Je me mets sur ma terrasse et c’est parti pour une demi-heure.

Parfois, faut pas se mentir, je n’en ai pas du tout envie. Mais quand j’ai terminé, je suis trop bien  !

« Nous n’avons conscience de notre corps que lorsqu’il nous fait mal. Il faut nous le réaproprier. »

J’aime faire des cours de body combat, du renforcement musculaire, des abdos fessiers avec des vidéos en ligne. Je suis aussi les cours sur Instagram ou Youtube de la sportive influenceuse Sissy Mua.

Même si dans nos vies, on n’a pas toujours le temps de faire de l’exercice physique, il faut le prendre, c’est mentalement indispensable. Nous n’avons conscience de notre corps que lorsqu’il nous fait mal. Le yoga, que beaucoup pratiquent en cette période de confinement, permet de se réapproprier son corps en pleine conscience. Faire du sport, c’est aussi cela : se réapproprier son corps. Puis, cela devient un état d’esprit. »

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur whatsapp
Partager sur pinterest
Partager sur email

Elles aussi sont inspirantes...

Laurie Phaï

Laurie Phaï : « Le sport tel que je le pratique peut être vu comme un sacrifice, mais qui m’est vital. »

C’est à la force de ses pas et d’une histoire familiale de battants que Laurie Phaï, trentenaire franco-cambodgienne est devenue marathonienne et championne de trails. Après sept ans comme pongiste en équipe de France, elle s’est mise à courir pour conjurer un drame personnel et ça l’a (re)lancée sur le chemin de sa vie. Elle s’apprête aujourd’hui à représenter le Cambodge aux Jeux d’Asie du Sud-Est et s’engage, là-bas, pour le sport féminin.

Lire plus »
Marie-Laurence

Marie-Laurence : « En retrouvant le terrain du sport, j’ai retrouvé comme une lumière en moi… »

Marie-Laurence est totalement ÀBLOCK ! sur le sport depuis le plus jeune âge. Avec lui, elle a trouvé sa bouée de sauvetage, un moyen de canaliser son énergie. Mais c’est avec le football américain qu’elle a définitivement plaqué au sol tous ses conditionnements de vie : maintenant, le sport est un pur plaisir dans lequel elle s’engage à fond, comme une professionnelle. Elle souhaite passer le ballon aux plus jeunes, filles comme garçons : le sport peut changer des vies !

Lire plus »
Course Trophée Rose des sable

Jeanne et Emmanuelle : « Ce qu’on veut, nous, c’est se dépasser ! »

Quand deux nanas, fanas de road-trips et d’aventures humaines, se lancent dans une grande virée (le prochain rallye Trophée Roses des sables, au Maroc), c’est une sortie de route salvatrice dans leur quotidien de working girls. Mission : découvrir le dépassement de soi et l’adrénaline qu’offrent les sports extrêmes. Elles racontent pourquoi et comment elles sont ÀBLOCK!

Lire plus »
Pink Power Team

Stéphanie : « Le permis moto, ça a été le début de mon émancipation. »

Rien ne prédestinait Stéphanie à devenir une motarde semi-pro rugissante. Pourtant, même une grave blessure n’aura pas abîmé sa passion de la vitesse. Cheveux roses, motos qui dépotent, elle ne lâche pas son rêve et le transmet à d’autres filles qui, comme elle, roulent des mécaniques sur les circuits amateurs mais, cette fois, en karting. La Pink Power Team est de sortie, faites place !

Lire plus »
Leonie Brodmann

Léonie : « Le parkour m’a libérée de certains diktats. »

Basket, équitation, danse moderne… Léonie a toujours eu la bougeotte. Lorsqu’elle a découvert le parkour, c’est devenu son sport de prédilection. À Lausanne, avec les traceurs (comme on nomme les pratiquants de cette discipline) de son association, Léonie Brodmann se réapproprie l’espace public à grand renfort de bonds et de roulades.

Lire plus »
Angélique Chetaneau

Angélique : « En entrant à l’armée, je suis devenue accro au sport. »

Une warrior, une Amazone, Wonder Woman en chair et en os. Angélique Chetaneau est infirmière militaire et championne de courses d’obstacles, les Spartan Race, qui sont un peu les douze travaux d’Hercule à l’ère moderne. Sa puissance, elle se la forge à coup d’entraînements solides et surtout d’un mental d’acier. Angélique a trouvé comment être invincible.

Lire plus »
Vanessa Guerreiro

Vanessa : « Au début, le yoga, j’ai détesté ! »

Elle a travaillé dans le marketing et dans la restauration, mais c’était dans une autre vie. Vanessa Guerreiro a trouvé douceur et sérénité dans la pratique du yoga, une discipline qui l’a aidée à traverser des périodes difficiles. Elle a tout lâché pour l’enseigner. Récit d’un voyage intérieur.

Lire plus »

Vous aimerez aussi…

Ingrid Graziani

Ingrid Graziani : « Le ring, ça apprend l’égalité, on est deux et le meilleur gagne. »

L’ex-championne du monde de savate boxe française n’a jamais eu peur de prendre des coups. La gagne, elle connaît. Du ring qu’elle a tâté dès l’âge de ses 16 ans au podium de Miss France qu’elle a foulé à 22. Son carburant ? Aller au bout de soi-même… quitte à sortir de son périmètre de sécurité et s’afficher dans une autre arène où la compétitivité est reine : les planches et le septième art. Échange punchy avec une jeune femme qui dégomme les préjugés.

Lire plus »
Valérie Taylor

Valérie Taylor, la plongeuse écolo qui a inspiré « Les dents de la mer »

Plongeuse experte en requins, repérée en 1975 par Spielberg, la blonde Australienne au physique de sirène hollywoodienne a toujours eu à coeur de défendre les requins et regrette encore aujourd’hui que le film ait été contre-productif.
Celle qui n’a jamais eu peur de plonger quand il fallait y aller a été une des voix pionnières pour la conservation des fonds marins. Cap sous la mer toute !

Lire plus »
Martine Rolland

Martine Rolland : « Je suis une alpiniste avant d’être une femme. »

Elle fut la première femme guide de haute montagne en Europe. L’alpinisme, pour elle, c’est avant tout une histoire d’amour. Celle qui la lie à son mari, Jean-Jacques, qui l’a initiée à la montagne et l’a soutenue lorsqu’elle a voulu faire de sa passion son métier. Martine Rolland est une pionnière discrète, étonnante et captivante. Elle se raconte dans un livre* et sur ÀBLOCK!

Lire plus »
Nathalie Servais

Nathalie Servais

Après des années de danse pratiquée parallèlement à ses études de lettres à l’université Paris-Sorbonne, Nathalie découvre

Lire plus »
Salomé Gilles

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

La semaine dernière, on fêtait les femmes. Et même si, sur ÀBLOCK!, le 8 mars, c’est toute l’année, on a fait fort : une ministre, deux sociologues, une arbitre, sans compter nos pratiquantes et championnes (comme l’aviatrice Salomé Gilles sur notre photo), les rencontres se sont succédé. Alors, on est aux anges, comme d’hab’. Allez, on vous partage tout !

Lire plus »
Greta Andersen

Greta Andersen, la nageuse qui a failli se noyer aux JO

Elle a appris à nager sur le tard, ce qu’il ne l’a pas empêché de marquer de son empreinte l’histoire de la natation mondiale. Greta Marie Andersen, bientôt 94 ans, a porté haut les couleurs du Danemark en bassins et en eau vive. Un parcours extraordinaire qui aurait pu connaître une issue dramatique lorsqu’elle manqua, de peu, se noyer lors des Jeux Olympiques de Londres, en 1948. Portrait d’une nageuse « à la coule ».

Lire plus »
Chloé Anderson

Chloé Anderson, l’athlète transgenre qui bouscule les codes

Joueuse de volley transgenre, elle lutte contre un monde sportif trop peu inclusif. Chloé Anderson, née garçon, est l’une des premières à avoir intégré une équipe féminine universitaire de haut-niveau. Aujourd’hui, l’Américaine veut aider la communauté LGBT+ à investir les terrains. Tous les terrains. Être fier de qui l’on est, malgré les préjugés, voilà ce que défend miss Anderson. Portrait d’une fille pas comme les autres.

Lire plus »
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Retour en haut de page

Recherche

Soyez ÀBLOCK!

Abonnez-vous à la newsletter

GDPR cookie consents with Real Cookie Banner