Chloé : « Quand je ne me sens pas bien dans ma vie, le sport est l’un des rares moments où je suis fière de moi. »Adepte de course à pied, 31 ans, journaliste

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Chloé est une passionnée de sport depuis toute petite, ça l'a forgée, l'a aidée à se faire accepter des autres et des gars en particulier. Témoignage d'une fan de running qui a du souffle.

Propos recueillis par Claire Bonnot

Publié le 27 avril 2020 à 17h33, mis à jour le 09 décembre 2021 à 14h33

« Dans ma famille, on m’a inculquée l’importance de bouger, de se dépenser.  Cela fait partie de mon éducation : mes deux parents sont profs d’EPS.

Petite, j’ai longtemps fait du judo et, à l’adolescence, j’en ai eu ras-le-bol de me faire secouer dans tous les sens, et j’ai voulu arrêter. Ma mère ne m’a pas désinscrite tant que je n’avais pas choisi un autre sport. Je me suis mise à l’athlétisme. Et je n’ai jamais cessé de faire de l’exercice physique. Ça m’a formée.

« Quand tu fais du sport, les garçons portent un autre regard sur toi. »

Quand tu grandis en étant convaincue que tu peux te battre face à un garçon sur un terrain de sport, mentalement ça te construit.

Les filles sont valorisées sur leur travail scolaire, on met en avant leur côté bonne élève, sage comme une image, mais le sport t’apporte ce côté battant dont tu as aussi besoin  ! Les garçons portent un autre regard sur toi. Je le sais, c’était mon cas au lycée car j’étais sportive.

Le sport est un des rares milieux où filles et garçons ont la possibilité de se réapproprier l’espace à 50/50. Ce ne doit pas être les garçons qui occupent tout le terrain et les filles sur le côté, comme on le constate encore trop souvent.

On doit se mélanger et, de toute façon, les garçons n’ont pas le choix  : si je suis au bon endroit au bon moment, la passe, tu vas me la faire à moi !

Après il ne faut pas se mentir, physiologiquement, les filles et les garçons ne sont pas constitués de la même façon, il n’empêche, le sport un bon moyen de remettre les compteurs à zéro.

« Mon truc aujourd’hui, c’est le footing parce que ça coûte pas cher, il n’y a pas besoin de s’organiser, t’enfiles tes baskets et tu vas courir…»

Et ce peut être un remède. Quand je passe une mauvaise journée et que je vais courir ensuite, je me demande pourquoi je ne l’ai pas fait avant  ? Quand je me sens moins bien dans ma vie, professionnelle ou autre, faire du sport représente l’un des rares moments où je vais me sentir fière de moi et ça va influer sur tout le reste.

Mon truc aujourd’hui, c’est le footing parce que ça coûte pas cher, il n’y a pas besoin de s’organiser, t’enfiles tes baskets et tu vas courir… En plus j’habite dans un endroit où la forêt est partout. Et ça me vide la tête. Même si parfois j’ai des objectifs de performances, le plus souvent c’est pour le plaisir. Je cours avec mon père, c’est un rendez-vous familial  !

D’autant qu’on pratique ensemble, mais on en parle aussi. Mes parents s’intéressent à la sociologie du sport, ses liens avec la politique, l’intégration par le sport. J’ai baigné dans cette éducation.

« Je n’ai toujours pas trouvé d’activités qui me fassent me dépenser autant que le footing, mais avec le confinement, j’ai ressorti des haltères de mon placard. »

Je me suis rendu compte qu’on pouvait remettre en perspective les événements sportifs avec l’Histoire, les contextes politiques. Je regardais l’émission «  Échappées Belles » sur Cuba dernièrement et j’ai appris que le régime de Fidel Castro avait misé sur l’éducation sportive car c’était une manière de faire briller son pays dans les grands rendez-vous internationaux. Le sport est aussi une arme diplomatique.

Bref, le sport me passionne. Je n’ai toujours pas trouvé d’activités qui me fassent me dépenser autant que le footing, mais avec le confinement, j’ai ressorti des haltères de mon placard. Je me mets sur ma terrasse et c’est parti pour une demi-heure.

Parfois, faut pas se mentir, je n’en ai pas du tout envie. Mais quand j’ai terminé, je suis trop bien  !

« Nous n’avons conscience de notre corps que lorsqu’il nous fait mal. Il faut nous le réaproprier. »

J’aime faire des cours de body combat, du renforcement musculaire, des abdos fessiers avec des vidéos en ligne. Je suis aussi les cours sur Instagram ou Youtube de la sportive influenceuse Sissy Mua.

Même si dans nos vies, on n’a pas toujours le temps de faire de l’exercice physique, il faut le prendre, c’est mentalement indispensable. Nous n’avons conscience de notre corps que lorsqu’il nous fait mal. Le yoga, que beaucoup pratiquent en cette période de confinement, permet de se réapproprier son corps en pleine conscience. Faire du sport, c’est aussi cela : se réapproprier son corps. Puis, cela devient un état d’esprit. »

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