En attendant le Tour de France au féminin…

Tour de France féminin
À l’heure où les coureurs s’apprêtent à s’élancer pour un nouveau Tour de France, l’édition féminine n’est pas d’actualité. Selon Christian Prudhomme, directeur du Tour, elle devrait toutefois renaître en 2022. ÀBLOCK! prend les devants en donnant un coup de projo sur son histoire et son parcours semé d’embûche. Car la Grande Boucle au féminin a déjà un lourd passé derrière elle. Retour sur 5 dates marquantes de cette course féminine qui tient la route !
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  • 1955 : Premier Tour de France féminin de l’Histoire

 

Lorsque le Tour de France est né en 1903, le vélo était un moyen de transport en vogue chez les femmes, mais en faire un sport, c’était une autre histoire. Les coureuses françaises ont dû attendre 1955 pour avoir leur premier Tour de France.

C’est à l’initiative du journaliste Jean Leulliot que le journal Route et piste lance le 28 septembre 1955 le tout premier Tour de France féminin avec à son départ 41 coureuses. Millie Robinson s’impose avec une moyenne de 38 km/h.

L’objectif des organisateurs de cette course sur cinq étapes dont une demi-étape contre la montre de 25 km est de prouver que tout comme les hommes, les femmes aussi sont capables de tenir la distance. Mais ce fut un petit tour et puis s’en va :  des moqueries, une mauvaise couverture médiatique et l’expérience s’arrêta là. 

Le journal L’Équipe de 1957 enfoncera le clou : « Le bon sens a triomphé (…) Elles devront se contenter des épreuves existantes et du cyclotourisme, ce qui correspond beaucoup plus à leurs possibilités musculaires. »

Tour de France féminin
©DR
  • 1984 : Retour du Tour de France féminin 

 

Dans les années 80, l’évolution de la société, mais aussi du monde du cyclisme, semblent plus propices à l’organisation d’un Tour de France féminin.

Sous l’impulsion de Félix Lévitan, co-directeur de la Société du Tour, une course réservée aux femmes est organisée en « lever de rideau » du Tour masculin.

L’édition féminine est plus courte mais à l’issue du Tour, l’Américaine Marianne Martin et le Français Laurent Fignon sont tous deux présents avec leurs maillots jaunes sur les Champs-Élysées. Tout un symbole…d’ouverture. Les médias se montrent aussi plus intéressés.

Mais cette nouvelle ère du cyclisme féminin n’aura pas lieu.

  • 1992 : Création du Tour cycliste féminin

 

Après cinq ans de pédalages pourtant prometteurs (où l’on verra les débuts de Jeannie Longo, en 1985), le Tour de France féminin est annulé pour raisons principalement financières. 

L’ASO, (Amaury Sport Organisation), société qui gère le Tour de France, créé alors une nouvelle compétition. Place en 1990 au Tour de la C.E.E féminin. Mais l’histoire est loin d’être terminée.

Lorsque ASO jette définitivement l’éponge en 1992, le journaliste Pierre Boué reprend le flambeau en solo et lance le Tour Cycliste Féminin. Tout comme les anciennes compétitions, il s’agit d’une édition féminine validée par l’Union Cycliste Internationale, l’UCI.

Organisée en août, un mois après les garçons, La compétition connaît un certain succès, les meilleures coureuses y participent. La nouvelle héroïne française, Jeannie Longo, la Néerlandaise  Leontien van Moorsel ou encore l’Italienne Fabiana Luperini sont régulièrement sur la ligne de départ.

Malgré différents accrochages avec ASO qui voit mal le Tour lui échapper, le Tour Cycliste Féminin vit de beaux jours. 

Tour de France féminin
©Rene Boulay
  • 1998 : Le Tour Cycliste Féminin devient La Grande Boucle féminine internationale

 

C’est un énième conflit avec ASO qui oblige la course à changer (encore !) son nom. Les organisateurs de l’épreuve masculine ont déposé la marque « Tour de France »  et même le mot « Tour » et ça vaut pour l’édition féminine aussi. Idem pour le fameux maillot jaune.

Résultat : on efface tout et on recommence. La Grande Boucle féminine internationale est lancée avec son maillot « d’or »…

La compétition se tient sans encombre jusqu’en 2004 où la Grande boucle est annulée suite à des problèmes d’organisation. Elle revient en 2005, mais dans un format réduit.

La tenue de la compétition est de plus en plus menacée, mais Pierre Boué tient bon…

Grande boucle féminine
©Cjp24
  • 2009 : la Der des ders

 

Après des années d’épreuves et de difficultés, Pierre Boué jette l’éponge. Le cruel manque de fonds financiers et l’absence de couverture médiatique signent l’arrêt de sa Grande Boucle.

L’édition 2010 organisée malgré tout n’est plus placée dans le calendrier officiel de l’UCI. La Britannique Emma Pooley sera la dernière gagnante de la compétition.

Une autre initiative avait vu le jour en 2006 : « La Route de France féminine » organisée par l’association Routes et Cycles. Mais, face aux mêmes problèmes que ceux rencontrés par Pierre Boué, elle « s’épuisera » en 2016.

Aujourd’hui, et depuis 2015, une seule association fait renaître tous les ans les cendres du Tour de France féminin : « Donnons des Elles au vélo J-1 ». Une dizaine de cyclistes amateurs pédale pour démontrer que la petite Reine est aussi une histoire de femmes, réalisant les trois semaines d’étapes du peloton professionnel masculin, juste avant le départ du Tour.

Il semble que l’association ait réussi son pari : le directeur du Tour vient d’annoncer que le Tour de France féminin sera officiellement de retour en août 2022. Sauf qu’il ne pourra pas prendre le nom de Tour de France… La route est encore longue 

Route de France féminine
©Thomas Bresson
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Pole Dance

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