« Je suis issue d’une famille de sportifs, et notamment de basketteurs. Ma mère est très sportive, mon père également. Chez nous, le sport a toujours fait partie de notre quotidien et j’en ai pratiqué très longtemps, jusqu’au collège, avant de marquer le pas au lycée, à cause de l’adolescence et parce que j’avais d’autres priorités à ce moment-là. J’ai vraiment repris une pratique soutenue au cours de mes études supérieures. Je n’avais pas un sport de prédilection, j’étais ce que l’on pourrait appeler multisports : j’aimais faire plusieurs choses en même temps. J’ai pratiqué l’athlétisme, le basket et la boxe thaïlandaise. Le virage du golf est arrivé complètement par hasard. Avec mon mari, Idriss, nous avons eu l’occasion de faire une initiation et, lui comme moi, avons tout de suite accroché. C’est une époque où je faisais beaucoup de musculation. Ça m’apportait le côté performance, dépassement de soi du sport, mais pas le côté compétition que j’avais connu plus jeune.
Lors de cette première journée au golf, j’ai été marquée par cette envie de bien faire et de réussir. Je ne sais pas si c’était du marketing, mais le professeur qui nous avait encadrés nous avait laissé entendre que nous n’étions pas mauvais pour des gens qui n’avaient jamais touché un club. Ça aussi, ça m’a interpellée, parce que j’ai senti qu’il y avait une bonne marge de progression. Ce qu’il y a de passionnant dans le golf, c’est l’aspect mental de la discipline. Au golf, on est face à soi-même. C’est un sport qui nous renvoie à notre caractère, à l’image que l’on a de soi, et cette facette prime sur tout ce qui est capacités physiques ou endurance. Quand tu joues un mauvais coup et que tu sais qu’il va te falloir rendre une carte, c’est un moment clé en compétition. Tu as alors le sentiment de ne pouvoir t’en sortir que par toi-même, en t’accrochant. C’est très particulier, il n’y a pas d’échappatoire et je pense que c’est vraiment la manière dont on aborde les parcours, les coups, les échecs, les réussites, qui fait le résultat. C’est quelque chose que je ressentais moins dans les disciplines que j’ai pu pratiquer avant, mais j’étais plus jeune et peut-être que j’avais moins de recul.
Quoi qu’il en soit, comme j’aime bien faire les choses et que je suis une passionnée, j’ai décidé de prendre des cours et je travaille également avec un coach mental. J’ai senti que c’était un point qu’il fallait travailler si je voulais continuer à m’améliorer. C’est hyper intéressant parce que ça permet de mieux se connaître, de progresser, et c’est quelque chose que l’on peut transposer à la vie de tous les jours. J’ai deux enfants et j’ai continué à jouer pendant mes grossesses. L’important est d’adapter la pratique à ce que l’on ressent. Lorsque j’étais enceinte de mon fils, j’étais un peu fatiguée. J’avais arrêté un peu plus tôt que prévu ce que l’on appelle les grands coups pour faire du petit jeu, du chipping, du putting. Lorsque j’attendais ma fille, en revanche, j’ai joué normalement jusqu’à une ou deux semaines avant mon accouchement.
Même si je suis mère, j’ai toujours mis un point d’honneur à me garder un peu de temps pour faire du sport. C’est aussi une passion que nous voulons transmettre à nos enfants, mon mari et moi, et nous les embarquons avec nous au golf. J’ai renoué avec la compétition et je prends part à deux rendez-vous par mois. Ce sont des compétitions dites de classement. En golf, comme en tennis, on parle d’index et l’un de mes objectifs est de faire baisser le mien, ce qui me permettrait d’intégrer le champ des joueuses éligibles à des compétitions fédérales plus importantes. Mais qui dit améliorer ses performances dit dédier du temps à sa pratique. Or, je me suis fait un peu rattraper par ma vie de famille ces dernières années. Les enfants étant désormais un peu plus grands, je mets les bouchées doubles. Jouer au golf m’a appris à être plus indulgente avec moi-même et à être moins perfectionniste.
En golf, rien ne peut jamais être parfait et on joue dans des situations toujours très différentes. Tout cela m’a appris à relativiser, à accepter et à m’adapter, en accueillant l’émotion plutôt que de vouloir tout de suite essayer de contrôler la situation, de réorganiser les choses. Si je devais inciter les femmes à s’essayer à la discipline, je leur dirais que le golf est un sport qui leur permet d’avoir leur moment à elles parce que, quand on joue, la plupart du temps, on ne pense à rien d’autre. C’est le cas pour moi, en tout cas. Après, on est beaucoup plus disponible pour notre famille ou pour les tâches que nous devons accomplir. Le golf est aussi un moyen très riche de découvrir et de rencontrer des personnes d’horizons très variés et ça, d’un point de vue purement business ou réseau, je trouve que c’est relativement puissant. »