Solange Balay« Le para surf m'offre la liberté que je n'ai plus avec mon corps. »

Solange Balay : « Le para surf m'offre la liberté que je n'ai plus avec mon corps. »
Solaire, ultra dynamique, difficile de suivre Solange Balay ! Cette Bretonne d’origine réunionnaise n'a jamais rien lâché : un an après un accident qui l'a rendue paraplégique en 2023, elle devient championne de France de para surf puis championne d’Europe dans la foulée. À 30 ans, elle prend la vague comme elle prend la vie, abattant les barrières à la force de sa détermination et de sa joie de vivre. Un exemple de résilience, une fille ÀBLOCK!

Par Claire Bonnot

Publié le 28 août 2026 à 15h52, mis à jour le 28 août 2026 à 16h10

À 27 ans, tu es victime d’une chute qui te rend paraplégique. Quatre mois plus tard, tu découvres le para surf qui va devenir une passion. Un an plus tard, tu es totalement impliquée dans ce sport et tu deviens championne de France puis, un an après, championne d’Europe de para surf dans ta catégorie. C’est incroyable de parvenir à rebondir aussi vite. Qu’est-ce que tu as puisé dans le sport et dans le surf, en particulier ?

Tout ça n’est pas venu tout de suite mais, oui, effectivement, j’ai fait ma première session de para-surf en centre de rééducation, quatre mois seulement après mon accident. Mais ce n’est qu’un an après que j’ai retenté une session de sensibilisation au para-surf. Je m’étais inscrite avec une copine par curiosité. Et c’est pendant cette journée que j’ai rencontré ma coach actuelle. Elle venait de créer sa section para-surf et elle m’a proposée d’y entrer. Je n’ai pas hésité même si, au départ, c’était plutôt pour essayer. Mais très vite, ma coach m’a proposé de faire de la compétition parce qu’il y avait de la place, il fallait des candidates. Je me suis dit « pourquoi pas ! ». Tout s’est aligné. Je me souviens même qu’en centre de rééducation, on m’avait dit : « Tu trouveras forcément un sport, Solange. C’est comme ça que tout le monde rebondit ici ». Et je disais que je n’avais pas besoin de ça. Aujourd’hui, je réalise que c’est le sport qui m’a trouvée.

©Solange Balay

Tu découvres cette discipline… Qu’est-ce que tu ressens quand tu te mets à surfer ?

J’y trouve une sensation de légèreté et de liberté que je n’ai plus sur terre dans le corps que j’ai. Et c’est ce qui me pousse à y retourner à chaque fois, d’ailleurs. Pour cette sensation de bien-être que j’ai dans l’eau. Je me suis toujours sentie bien dans l’eau, mais encore plus maintenant. Après mes sessions de para surf, je n’ai plus aucune spasticité (augmentation anormale et involontaire du tonus musculaire, Ndlr) dans le corps, c’est un apaisement. Et puis, la sensation de glisse est incroyable tout comme l’équipe qu’on forme en Bretagne. On est vraiment une grande famille dans le para surf breton.

Concrètement, quel surf pratiques-tu car tu as, il me semble, un surf spécial…

Moi, je surfe dans la catégorie Prone 1 Ondine, soit les femmes. Ce qui veut dire qu’à l’eau, je suis sans accompagnement. Je prends la vague toute seule. Personne ne m’y pousse. Je peux, cependant, avoir une assistance pour passer la barre, pour m’amener au large, si c’est trop difficile. Ce sont les juges qui en décident. Donc sur la vague, je suis complètement autonome. Et, concrètement, je surfe sur le ventre, allongée sur ma planche. Ma planche est spéciale puisque j’ai des poignées dessus sur lesquelles me tenir et, surtout, des cales pour mes jambes. Car si elles tombent de part et d’autre de la planche, je peux être complètement déséquilibrée.

©Solange Balay

En compétitions, quelles sont les épreuves auxquelles tu dois te confronter, les types de vagues que tu surfes ?

Je vais être notée sur le choix de la vague, si j’ai choisi la bonne par rapport à mon placement. Et mon placement, aussi, est évalué. Une fois lancée, je vais être notée sur la manière dont je m’engage dans la vague et dont j’en prends la direction, à savoir mon take-off, qui n’est pas debout pour moi. Ensuite, il y a quand même les manœuvres de surf classique qui entrent en jeu et, enfin, une observation de mon autonomie autour du handicap : est-ce que je remonte toute seule sur ma planche, par exemple, ou mon endurance.

Comment tu t’entraînes pour acquérir tout ça et préparer tes sessions ?

Moi, je ne peux pas surfer toute seule dans le sens où je vais forcément avoir besoin d’un accompagnement pour sortir faire une session. Le fauteuil hippocampe, je ne peux pas le pousser toute seule ! Donc je fais en fonction des disponibilités des bénévoles – qui nous aident tellement ! – et de ma coach. Si je n’ai personne pour m’accompagner au surf, je vais ramer sur ma planche en mer, nager en piscine ou faire du renforcement musculaire du haut du corps à la maison.

©Solange Balay

Outre l’entraînement physique, il y a aussi le mental qui joue dans la pratique d’un sport et, dans ton cas, une grande bascule dans ta vie. En quoi le sport, et le para surf en particulier, t’a aidée à gérer tout ce à quoi tu as dû faire face suite à ton accident ?

Tout simplement parce que la mer, c’est un grand bol d’air, et elle m’offre un moment pendant lequel il ne se passe plus rien, où je ne pense plus à rien d’autre que ce que je suis en train de vivre et de faire. L’humeur dans laquelle je rentre à l’eau et l’humeur dans laquelle je sors de l’eau est généralement très différente ! Ça fait vraiment un bien fou psychologiquement et physiquement, aussi. En fait, les deux sont complémentaires dans le sens où comme je renforce le haut du corps avec ma pratique, ça me permet d’améliorer mes transferts à la maison. Et mes transferts me renforcent aussi pour améliorer ma rame. Je gagne en force et en puissance dans mon quotidien grâce au surf et inversement. Donc c’est certain que le para surf m’a aidée mentalement à traverser tout ça. Je crois que ça a même été prouvé que lorsqu’on surfe, on sécrète une molécule qui s’apparente à celle du bonheur. Beaucoup d’hôpitaux psy vont vers le surf santé. Et je valide ça totalement !

©Solange Balay

Est-ce que pour ta pratique de haut niveau, tu as eu besoin d’un coach mental ?

J’y ai eu accès pour ma première année en équipe de France puisque c’était compris dans l’accompagnement. Mais je n’en ai plus en ce moment. Mais j’arrive à me faire des exercices moi-même comme de la respiration ou de l’autohypnose. Si j’avais suffisamment de sponsors, peut-être que je reprendrais un coach mental mais, pour l’instant, ce n’est pas la priorité.

Finalement, ça fait deux ans que tu surfes et tu as été déjà en équipe de France avec un titre de championne de France, de championne d’Europe et une quatrième place mondiale. Comment tu as été repérée ?

Simplement. Ma coach a proposé à toutes les personnes qui étaient inscrites et qui semblaient vraiment motivées. Et puis, on a fait évoluer le projet au fur et à mesure de nos expériences à tous. Mais c’est vrai que c’est allé vite. J’ai fait ma première session un an après mon accident. Et quatre mois après cette session-là, j’ai été championne de Bretagne, puis de France.

©Solange Balay

Quels sont les atouts, selon toi, qui t’ont permis de prendre la vague du para surf de haut niveau ?

Je pense que j’ai quand même une bonne rame et une bonne endurance sur le long terme. Quand je dis long terme, c’est sur une semaine de compétition. Ça veut dire que je vais réussir à tenir la semaine. Et puis, je connais mes limites, notamment en termes de fatigabilité. Maintenant, j’arrive à gérer ça et, par exemple, en semaine de compétition, je ne sors pas au restaurant, je reste tranquille, je me repose. Je suis Bretonne aussi, et ça c’est un avantage, parce que ça me donne un bon sens marin, je connais bien les vagues. La seule chose, c’est que lorsque je suis allongée sur la planche, au ras de mer, c’est plus difficile d’appréhender la hauteur de la vague. J’y travaille.

©Sébastien Delaunay

Ça ne t’est jamais arrivé d’avoir peur ? Que ce soit des vagues ou de te retrouver en pleine tempête ?

Si, j’ai déjà eu peur des vagues. Quand j’arrive à la vague la plus grosse, en général, je me dis que c’est peut-être la plus grosse que j’ai jamais surfée… Je vais avoir peur, mais ça ne va pas m’empêcher d’y aller. Ça me crée plutôt un bon trac, ce n’est pas une peur qui va me tétaniser. C’est aussi parce que je sais que je ne suis pas seule. Si je ne remonte pas à la surface, il y aura du monde pour s’inquiéter. Les juges ne nous lâchent pas des yeux en compét’, il y a la sécurité bien sûr, et on est aussi très entourés par les autres compétiteurs qui sont aussi à l’eau. Je me sens en sécurité dans cet environnement. Je ne me suis jamais sentie en danger, en tout cas.

©Sébastien Delaunay

Tu as déjà un beau compteur de médailles, est-ce que tu te rappelles d’une anecdote en particulier qui t’a forgée ?

Ce sont des moments forts pour moi. Pour mes premiers championnats – Bretagne et France – j’ai eu la première place. Et quand je concours, je le fais avec les hommes donc ça met un petit challenge en plus. Pour les championnats de France 2025, j’étais à l’eau avec quatre hommes et j’ai quand même fait deuxième du classement total, avec les hommes donc, et championne de France féminine. Je suis assez fière de ça ! Mais je crois que la compétition dont je me rappellerai le plus, c’est les championnats d’Europe, ma première compétition internationale et la première en équipe de France. C’était une découverte sur tous les plans et notamment de mes concurrentes. Durant la première série, c’était une catastrophe. Je n’arrivais pas à prendre mes repères ni de vagues satisfaisantes. Et j’ai perdu ma planche parce que le leash s’était décroché. Mais on a tout recalibré avec les coaches et j’ai fait mes preuves pendant la deuxième série. En finale, j’ai pris une bombe, la plus belle vague que j’ai prise en compétition jusqu’à aujourd’hui. Ça m’a donné une note de 7, la plus belle note que j’ai jamais eue, ce qui m’a permis de décrocher la première place en championnat d’Europe. C’était fou ! Je débarquais tout juste de mes premiers championnats et je suis passée championne d’Europe.

Est-ce qu’avant de prendre cette vague, « la plus belle que tu aies jamais prise », il s’est passé quelque chose dans ta tête ?

J’ai bien vu que c’était la plus grosse vague de la série et je me suis dit : « Bon, soit la vague me fait faire une machine à laver, soit je la prends et ça passe ». Même ma coach m’a dit que, depuis la plage, elle m’a vue me retourner et me préparer à m’engager en se disant ; « Mais non, elle ne va pas prendre ça ! » Et si, je l’ai fait ! Jusqu’au cou et je suis tombée à l’eau. Je me souviens ressortir la tête et entendre toute l’équipe de France crier sur la plage ! J’entends au micro la note et ma première place et je me dis : « Oh, la vache ! Maintenant, il faut garder cette place jusqu’à la fin. »

Elles font combien les vagues que tu prends ?

Ah, moi, j’ai l’impression de me prendre des vagues de 5 mètres mais elles font généralement moins de deux mètres. On surfe souvent sur des vagues qui vont de 1,30 m à 1,50 m.

©Sébastien Delaunay

Pour les championnats d’Europe, c’était aussi ta première rencontre avec l’équipe de France de para surf, c’est bien ça ?

Oui, c’est ça, car on ne s’entraîne pas ensemble même si je les avais déjà aperçus en stage une fois. J’ai eu un super accueil dans l’équipe et ça m’a permis d’observer différents types de para surf puisqu’on est différentes catégories ensemble. C’est vraiment très riche. Je suis actuellement dans ma deuxième année d’équipe de France puisque j’ai été à nouveau sélectionnée.

Tout a l’air de glisser dans le bon sens depuis tes débuts très récents mais as-tu déjà connu un « creux de la vague » et, si oui, comment es-tu remontée à la surface ?

Il y a eu une compétition à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, la première compétition qu’on faisait avec la Team para de Bretagne, où on a pris cher côté conditions météo. Mais finalement, ça m’a permis de prendre conscience de mon niveau. Et puis, sinon, récemment, durant la fin d’année 2025, je me suis pris un contre-coup en rentrant d’un mois et demi de voyages et de compétitions. J’avais tout donné pour le surf et j’ai eu la sensation d’avoir mis de côté ma vie perso. Il fallait que j’arrive à prioriser et à trouver un équilibre. Je pense l’avoir trouvé aujourd’hui, j’ai même un travail. La grande difficulté, tout de même, c’est toujours le handicap. L’an dernier, en juillet, et à la même date cette année, je n’ai pas pu aller à l’eau du tout à cause de plaies que je me suis faites suite à un mauvais transfert… L’eau m’est alors interdite.

©Solange Balay

Et comment fais-tu, dans ces cas-là, pour les entraînements ?

Je fais du renforcement musculaire à la maison mais cette année, je travaillais, donc je ne pouvais pas. Je n’ai absolument rien fait. Ça a été une pause d’un mois et demi. Le surf m’a beaucoup manqué. Récemment, j’ai repassé un test d’endurance et de puissance en mer, ça m’a fait un bien fou. Mais j’ai vu aussi tout ce que j’avais perdu et que je vais devoir rattraper en deux mois.

Dans ton quotidien, avec le handicap, en plus de gérer l’adaptation, tu as aussi des soucis physiques qui reviennent, comme tu le montres d’ailleurs de façon parfois humoristique ou tout simplement explicative sur ton compte Instagram.

Oui, j’ai souvent de la spasticité et c’est vrai que c’est assez compliqué. C’est chiant, pour donner un terme bien explicatif. Les risques aussi, quand on est paraplégique, c’est d’enchaîner les infections urinaires puisqu’on doit se sonder pour uriner. Ça perturbe pas mal le quotidien dans ces cas-là. Et puis, la fatigue. Parfois, je reste cloitrée chez moi. En période de canicule, n’en parlons pas car je me thermorégule mal à cause de la paraplégie. Mais je gère mieux la chaleur que le froid. Si j’ai eu froid dans l’eau, en entraînement, je vais avoir froid toute la nuit. Même le lendemain, je ne me réchaufferais pas. Je peux être un peu grincheuse quand ça m’arrive, mais ça ne m’empêche pas de retourner à l’eau.

©Solange Balay

Le para surf, tu penses que ça a apporté quoi dans ta vie ?

Beaucoup de reconnaissance. C’est vrai que maintenant quand on me voit, on dit : « Ah, mais c’est la championne de surf ! ». Et beaucoup de richesse aussi dans le sens où j’ai appris énormément de choses sur le surf, le para surf et le handicap en général, en côtoyant tous les autres athlètes qui sont autour de moi. Ça m’a permis aussi de partager mon expérience à d’autres personnes en situation de handicap et aux enfants, puisque je fais des interventions en école, collèges, lycées et même en entreprise.

Finalement, tu n’avais pas l’objectif de devenir une athlète de haut niveau mais ça s’est fait, en prenant la vague…

Oui, c’est arrivé comme ça et maintenant, c’en est un, d’objectif ! Je ne suis pas rémunérée mais je suis aussi créatrice de contenu et j’ai désormais un poste, je suis adjointe administrative dans le médico-social, le sanitaire et social. J’avais déjà entamé une reconversion pro pour être dans l’administration, mais j’ai eu mon accident en plein milieu. Je suis aussi élue de ma commune.

©Solange Balay

C’est intéressant car je sais que tu es engagée en faveur du handisport et de l’inclusion, est-ce que ce sont des dossiers que tu suis particulièrement en ta qualité d’élue ?

Oui, c’est sûr que dès qu’il y a des questions d’accessibilité ou d’inclusion, on m’appelle. Là, notamment, il y a un projet du département pour rendre accessibles les plages du Finistère. Je suis sur le dossier.

Quelles évolutions positives vois-tu pour les personnes en situation de handicap ? Est-ce que les JO 2024 ont fait évoluer les mentalités ?

Honnêtement, l’engouement Paris 2024 est vite retombé. Par exemple, je recherche des sponsors et les budgets ne sont pas là. C’est assez compliqué. Les gens ne s’imaginent pas les situations qu’on peut vivre. Même moi qui étais aide-soignante, avant mon accident, j’avais beau être sensibilisée à ça, il y a plein de choses que je n’imaginais pas…

Tu as tout de même quelques sponsors ou tu en recherches toujours ?

J’en recherche activement, oui. Actuellement, on m’offre mes combinaisons et, côté compétitions, je n’ai pas à payer grand-chose pour tout ce qui est déplacement, matériel… Et on a quelques aides de la Fédération même si c’est de plus en plus difficile.

©Solange Balay

Pour quoi voudrais-tu te battre aujourd’hui ?

J’aimerais un monde où on peut aller dans toutes les boutiques, où les gens respectent les places PMR, où les valides ne jugent pas les personnes qui demandent à passer prioritaire. Je crois que tout ça est dû à un manque d’informations. Il faut vraiment sensibiliser au maximum parce que les gens ne se doutent pas qu’une personne en fauteuil roulant a besoin de passer en premier à la caisse. Certaines personnes se disent qu’on est assis, alors pourquoi on devrait passer devant les autres ? Eh bien, on a d’autres soucis, fatigue, etc. Et encore, mon handicap se voit donc je ne suis pas à plaindre.

Tu es créatrice de contenu, ça a dû t’apporter beaucoup de te rendre visible, de parler de ce que tu vis. Est-ce que tu as un exemple d’échange inspirant avec tes followers ?

Je me suis lancée après mon accident parce que j’avais reçu beaucoup de questions de mamans d’enfants handicapés. J’ai donc ouvert mon compte en public. Honnêtement, j’ai eu peur au départ mais j’ai lâché, je me suis lancée, surtout parce que je m’étais rendue compte que je ne trouvais pas de « modèles » féminins paraplégiques. Je me suis dit qu’en me rendant visible, ça permettrait d’aider les autres à le faire aussi. Et en fait, on est beaucoup. Et plus on sera visibles, plus les gens seront sensibilisés aux situations autour du handicap. Le plus souvent, mes followers me demandent des conseils et on se donnent des tips, des astuces. Et puis, surtout, on se rend compte qu’on n’est pas seul. Qu’on est dans la même galère : les infections urinaires, tomber du fauteuil, devoir demander de l’aide aux gens pour se relever… C’est vraiment un bon rappel pour se dire qu’on n’est pas tout seul et que ça va aller, en fait.

©Solange Balay

Sur ton compte Insta, tu es positive et tu fais même rire sur des situations de ton quotidien. Qu’est-ce que tu aimerais transmettre aux personnes en situation de handicap et aux filles, aux femmes, en particulier ?

Moi j’aime bien dire que « si tu veux faire quelque chose, fais-le ». C’est tout. Il y aura forcément des barrières qui vont se mettre sur ton chemin. Mais les barrières, c’est comme les vagues, on peut passer au-dessus, on peut passer en dessous, on peut les exploser. Mais voilà, il faut y aller. Il faut foncer, oser, prendre confiance en soi. Et si besoin, respirer cinq minutes avant, pour ne pas laisser place à la panique.

Qu’est-ce qui t’aide, toi, au jour le jour, outre ta ténacité incroyable ?

C’est important de dire que l’entourage est primordial. Que ce soit l’entourage perso, mais aussi sur le plan sportif. Sans eux, je pense que je n’aurai pas pu être la personne que je suis aujourd’hui. On est une grande famille dans le surf. On est tous là les uns pour les autres.

Est-ce que tu as un rêve absolu en para surf ?

Comme tout le monde, je crois, décrocher la médaille d’or aux championnats du monde. C’est fin novembre cette année et j’ai les championnats de France à la Toussaint. Cette année, c’est un peu exceptionnel, le championnat du monde sera en piscine donc on réfléchit avec ma coach à essayer une planche plus petite pour mieux manœuvrer sur les vagues. Mon objectif principal en ce moment, c’est de gagner de la force dans les bras parce qu’il va me falloir une rame du tonnerre !

©Solange Balay

Est-ce que tu as une tenue de surf porte-chance ?

Oui, j’ai une planche rose mais j’ai surtout l’autocollant de mon petit chat dessus. Nagini. Quand je suis sur ma planche, allongée, elle est là, devant moi. Elle est partout. Pas sur mon fauteuil, mais sur ma voiture et sur ma planche. Mon chat, c’est ma force. Les nuits où ça va pas, les moments où ça va pas. C’est ce petit être qui t’attend, qui compte sur toi et que tu ne peux pas abandonner. Donc, il me dit que je ne peux pas tout abandonner. Chaque jour.

Et côté mental, comment tu te prépares à cette nouvelle session de compétitions ?

Je me dis que je suis arrivée jusque là. J’ai cette reconnaissance de me dire que je suis vivante et que je suis arrivée là. Et après, j’y vais. À fond la caisse. Et on verra.

©Solange Balay

On pourrait dire, quelque part, que tu as réussi à faire de ton handicap une force ?

Oui, en sautant les barrières dont je parlais tout à l’heure, en me disant que je ne suis pas restée bloquée dans mes peurs. Je me suis dit « Je tente et on verra ». Et puis, je le vois au quotidien, sur les réseaux sociaux, que mon handicap ne sert pas à rien. Il sert à sensibiliser d’autres personnes.

Ton actu, c’est ton rôle de marraine pour la 5e édition du Yaka Paddle Festival, grande fête du sport et de la glisse qui porte des valeurs fortes : partage, accessibilité et inclusion. Il se déroule ces 29 et 30 août à Larmor-Plage, qu’est-ce que tu veux délivrer comme message ?

Mon message, c’est : « Il faut oser, il faut y aller ». Il y a des barrières, mais on les passe, on les casse, on y va. Je vais assister à la journée où on se balade en paddle avec tout le monde, les handis et les valides. Avoir les deux publics ensemble permet de sensibiliser et de montrer que tout est possible.

  • Pour prendre la vague du para surf et de la sensibilisation au handisport, on se connecte au compte Instagram de Solange, qui alterne contenus informatifs et contenus humoristiques @solangeb_
  • Le Yaka Paddle Festival : 29 et 30 août 2026 à Larmor-Plage (Morbihan), Port-Maria 56260 Larmor-Plage. Toutes les infos sur la page Insta @le_monde_de_yannael et sur le site dédié Yaka
  • Le palmarès de Solange Balay : 2024 : 1re – Championnat de Bretagne, Locquirec, 3e – Open de France , Saint Gilles Croix-de-Vie, 1re – Championnat de France, Hossegor. 2025 : 1re – Open de France, La Torche, 1re – Open de France, Lacanau, sélectionnée en équipe de France, 1re – Championnat d’Europe, Nigran, 1re – Championnat de France, Hossegor, 4e – Championnat du Monde, Californie. 2026 : Athlète de haut niveau, 1re – Open de France, La Torche, 1re – Championnat de Bretagne, Penhors, 1re – Open de France, Lacanau.
Ouverture ©Solange Balay

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