
Pauline Peyraud-Magnin, bleue est sa cage
Comme toute grande équipe, les Bleues ont besoin d’une grande gardienne. Ça tombe bien, Pauline Peyraud-Magnin, bosseuse et déterminée, est taillée pour le rôle.
Publié le 13 décembre 2020 à 11h28, mis à jour le 16 janvier 2025 à 12h40
Elle est apparue comme une « nécessité » – dixit Derek Mason, l’ex-entraîneur en chef des Commodores, l’équipe masculine – alors que le virus avait évincé tous les botteurs en titre et que les autres étudiants étaient déjà de retour chez eux pour les fêtes. Cette gardienne de l’équipe de soccer féminine de l’université de Vanderbilt, dans le Tennessee, qui venait tout juste de remporter le championnat en Division 1 de la saison (une première depuis 1994), puissante kicker, a été appelée à la dernière minute.
Sa réaction ? « Je suis là dans une heure ! »… alors qu’elle s’apprêtait à aller passer Thanksgiving en famille. Sarah s’entraîne toute la semaine. L’accueil de la part des mecs de l’équipe ? « Quand je suis arrivée là-bas et que j’ai marqué deux buts sur le terrain, ils étaient du genre : « Ok, c’est bon » et j’ai fait partie de l’équipe. Au final, ce qui compte, ce n’est pas qui vous êtes, fille ou garçon, mais si vous pouvez faire le job. »
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La suite ? La téméraire entre en seconde période pour donner ce coup d’envoi désormais entré dans la légende face à l’équipe des Tigres de l’université du Missouri. Son coup de pied n’a pas changé la direction du match, les adversaires ayant gagné 41-0, mais il est un grand pas pour le sport au féminin. Et Sarah Fuller le sait. Elle avait tweeté juste avant le match : « Faisons l’Histoire ! »
Si d’autres femmes avant elle ont joué au football universitaire – Liz Heaston, Katie Hnida et Ashley Martin furent les premières à jouer au niveau universitaire en division 1 – c’était la première fois qu’une joueuse accédait à ce niveau élite, des jeux de la Southeastern Conference (SEC) ou à l’une des Conférences Power Five.
Ce qui est intéressant dans cette urgence conjoncturelle qui a mené une femme sur le terrain des hommes, littéralement ? Savoir que, désormais, les athlètes féminines sont considérées, tout simplement.
Une prestation de première célébrée par les grandes de ce monde, connaisseuses de ce sport de combat qu’est la promotion de l’égalité dans des univers « d’hommes » : Hillary Clinton a tweeté « Merci Sarah d’avoir aidé à prouver que les femmes et les filles du monde entier ont leur place sur tous les terrains de jeu – littéralement. »
Tandis qu’une autre pionnière du sport féminin, la tenniswoman Billie Jean King, qui avait remporté la fameuse « bataille des sexes » en 1973 face au tennisman Bobby Riggs, s’est empressée, elle aussi, de célébrer cette victoire sur le terrain de la cause féminine dans le sport qu’elle affectionne depuis toujours. Elle a fondé la Women Sport Foundation qui encourage les futures générations de femmes sportives : « Félicitations à Sarah Fuller, les joueuses qui l’ont précédée, les athlètes de football féminin, et tous ceux qui travaillent à la fois en marge et en coulisses, pour ouvrir des pistes brillantes pour la prochaine génération .»
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Des barrières qui s’effondrent enfin et une reconstruction à la faveur du sport féminin validée et supportée par l’ex-entraîneur de l’équipe masculine de vanderbilt, Derek Mason : « J’ai toujours cru que les femmes étaient capables de faire des choses fantastiques. Je sais que nous pensons que le football est un sport masculin, et c’est le cas la plupart du temps. Quatre-vingt-dix-neuf pour cent du milieu l’est. Mais elle, elle a fait l’histoire. Elle a fait ce que la plupart des filles pensaient ne jamais pouvoir faire. … Sarah Fuller a simplement pu montrer que ce jeu ne se limite pas à un seul sexe. »
Who’s that girl ? Née en 1999, la petite Sarah a commencé à jouer au football dès l’âge de cinq ans. Une passion qui n’a eu de cesse de se manifester puisqu’elle devient gardien de but au lycée et se voit primée Gardienne de l’année en 2017. Lorsqu’elle entre à l’université Vanderbilt, c’est avec une bourse pour intégrer l’équipe féminine de football.
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Au cours de ses trois premières années, suite à des blessures à répétition, la puissante kickeuse – la force de ses frappes pouvant aller jusqu’à 60 mètres impressionnent les entraîneurs – ne participe qu’à peu de matchs. C’est finalement en 2020 qu’elle peut jouer franc-jeu et dévoiler ses atouts, obtenant, avec sa chère équipe, la coupe du championnat universitaire, le premier titre de football féminin de la Conférence du Sud-Est (SEC) depuis 1994.
Suite à toutes ses déconvenues, ce coup d’envoi au pied levé apparaît un peu comme un « conte de fées »… Celle que ses coéquipières surnomment « Champ ! » pour « championne » rêve de la Ligue nationale de soccer féminin. En attendant, elle prévoit d’obtenir son diplôme en médecine, santé et société, avant d’étudier pour une maîtrise en administration hospitalière au Nord du Texas l’an prochain, où elle jouera également dans l’équipe de football féminine.
La suite avec le foot masculin ? « Si elle est notre meilleur option, nous continuerons avec elle et nous ferons de notre mieux pour l’équipe », a déclaré l’entraîneur par intérim de Vanderbilt, Todd Fitch. Sarah Fuller était prévue pour un match contre la Géorgie, mais il a malheureusement été reporté suite à l’épidémie de Covid.
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Mais, Sarah Fuller est bien davantage qu’une joueuse de foot talentueuse. Elle fait également figure de porte-drapeau pour le sport féminin, n’hésitant pas à crier « Play like a girl » partout où elle passe. Une phrase qui peut être comprise à double tranchant… Et pourtant ! Sarah Fuller arborait fièrement cette inscription sur son casque pendant son fameux « success » match.
Réalisée par l’un de ses amis, ce « Joue-là comme une fille » est un soutien mutin à l’association américaine du même nom qui encourage les filles à participer à tous types de sports et, grâce aux compétences et à la confiance acquises, à intégrer des domaines compétitifs et dominés par les hommes. « Nous uniformisons les règles du jeu », mentionne l’association sur son site.
« Auparavant, c’était une insulte, comme » Oh, tu joues comme une fille ! « , je voulais renverser la situation et dire, non, c’est en fait un énorme compliment de jouer comme une fille. Oui, jouer comme une fille est un compliment, c’est quelque chose que tu veux viser.
Nous nous sommes battues pour tellement de choses. Et nous nous montrons enfin. Maintenant, nous faisons tomber ces barrières et je veux que ce soit clair », a déclaré la demoiselle qui, par son exemple historique, inspire les jeunes filles du monde entier.
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Sarah Fuller souhaite que les athlètes féminines soient médiatisées, s’appuyant sur le fait qu’il n’y a pas de grandes différences entre une équipe féminine et une équipe masculine, les deux teams travaillant pour atteindre un objectif commun : « Les femmes dans ce sport méritent le même degré de couverture médiatique que les hommes ».
« Je veux juste dire à toutes les filles que vous pouvez faire tout ce que vous voulez, vous pouvez vraiment. Et si vous avez cette mentalité jusqu’au bout, vous pouvez faire de grandes choses. C’est tellement enthousiasmant de savoir que je représentais toutes les jeunes filles qui songent à jouer au football ou à n’importe quel autre sport. Ça les encourage à le faire, à croire en leurs rêves », avait-elle déclaré suite à son match de légende.
Une femme et une sportive ÀBLOCK! à suivre à la trace de son coup de pied…
Sarah Fuller…la légende !
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