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Publié le 07 avril 2021 à 19h26, mis à jour le 01 octobre 2024 à 16h56
Dès sa naissance, elle a dû sauver sa peau. Ronda Rousey, l’une des plus grandes combattantes de MMA au monde (Arts Martiaux Mixtes) a failli perdre son tout premier combat, en 1987 : le cordon ombilical entouré autour de son cou, elle a manqué d’air. Un bébé miraculé.
De là à dire que sa faculté à se sortir de prises difficiles est innée, il n’y a qu’un pas. Et cette faculté de rebondir, elle l’a probablement empruntée à sa mère, AnnMaria De Mars, grande judoka, couronnée championne du monde en 1984. Et qui deviendra le mentor de sa fille et son plus grand modèle.
Son credo ? « Quelqu’un doit être numéro 1 ! Pourquoi pas toi ? ». Ronda, c’est une « petite battante qui va changer la perception du sport féminin vingt ans plus tard », annonce le documentaire Netflix qui lui est consacré, « The Ronda Rousey Story : Through my father’s eyes » (2019).
C’est donc sa mère qui met la jeune Ronda sur le tatami de judo, dès l’âge de ses 11 ans. En parallèle de cet apprentissage de la gagne et du combat, un drame : le suicide de son père, atteint d’une maladie incurable. Mais la petite fille retient les mots de papa : il a confiance en elle et lui prédit une victoire aux championnats du monde.
L’exploit se réalise : en 2004, alors qu’elle n’a que 17 ans, elle devient championne des États-Unis et championne du monde junior de judo. La suite ? Ronda Rousey remporte la médaille d’or lors des Jeux Panaméricains en 2007, sa première médaille (d’argent) aux Championnats du monde des moins de 70kg et devient la première Américaine à être médaillée olympique en judo.
Mais il lui en faut toujours plus et lorsqu’elle est médaillée de bronze lors des JO de Pékin 2008, elle qui se battait pour l’or, c’est une victoire douce-amère pour la « reine des clés ».
MMA, dans la cage aux lionnes
S’ensuit alors une période de dépression où Ronda Rousey, fauchée malgré les titres, dort dans sa voiture, bosse comme serveuse dans des bars et sombre dans l’alcool. Du Zola à la sauce Yankee. Et, surtout, elle ne s’entraîne plus.
Sa renaissance ? Elle va la chercher dans une drôle de discipline, que sa mère voit d’un mauvais œil : le MMA, les Arts Martiaux Mixtes, où (presque) tous les coups sont permis !
Petite déjà, elle s’entraînait dans une salle d’arts martiaux, chez Gokor Chivichvan à l’Hayastan Academie, à Los Angeles, Californie. Le combat avec les « durs à cuire », elle connaît. Elle a la gagne dans le sang, ça fera le reste. « Je préfère me faire très mal et gagner que perdre sans douleur », dit-elle, le menton assuré, à l’écran, dans le documentaire Netflix. « Les hauts et les bas l’ont forgée. Il faut être dur pour durer dans ce sport et elle est coriace ! », dit l’un des combattants de sa salle.
Son arrivée sur le ring est fulgurante ! Après trois combats amateurs entre 2010 et 2011, elle démontre sa rage et sa maîtrise : elle remporte tous ses combats par clés de bras avant la fin du premier round. Elle peut débarquer dans la cour des grands, les pros.
En 2012, Ronda Rousey devient la première championne féminine à intégrer l’UFC, l’Ultimate Fighting Championship, l’organisation professionnelle américaine du MMA. Dans cette nouvelle division « poids coqs », première catégorie féminine de l’UFC, elle reste invincible de 2012 à 2015.
En 2014, elle est désignée meilleure combattante de l’année par la Wrestling Observer Newsletter et reçoit l’ESPY Award de la meilleure athlète féminine, récompense remise pour la première fois à un pratiquant de MMA.
Ronda Rousey, qui débute une carrière d’actrice à ce moment-là dans des films où les filles déchirent – Expendables 3, Fast and Furious 7 ou encore Charlie’s Angels, est bel et bien une star ! La warrior californienne fait même la couv’ du prestigieux Sports Illustrated Swimsuit Issue.
Mais l’empire – 12 victoires en autant de combats à l’UFC – s’effondre en 2015 lorsqu’elle perd, face à Holly Holm, ancienne championne de boxe, avant de subir une nouvelle défaite en 2016, face à Amanda Nounes.
Un cataclysme pour Ronda Rousey, inébranlable à l’extérieur, mais fragile et hypersensible à l’intérieur. Elle confie alors à la télé américaine avoir pensé au suicide après son premier K.O : « Après le combat, j’étais assise dans un coin de l’infirmerie et honnêtement, je me suis demandé : « Que vais-je devenir si je ne suis plus ce que je suis ? » J’étais par terre à penser à me suicider. A cet instant-là, je pensais : « Je ne suis plus rien. Personne n’en a plus rien à foutre de moi ». Son salut ? Une nouvelle discipline, le catch !
La combattante raccroche les gants du MMA et signe un contrat avec la World Wrestling Entertainment (WWE) comme catcheuse en janvier 2018 : « C’est ma vie maintenant, ma priorité pour les prochaines années. Ce n’est pas un coup de publicité ou pour l’argent. Il y a d’autres choses que je pourrais faire de ma vie pour gagner plus d’argent mais je ne pourrais pas m’amuser autant », déclare-t-elle à la chaîne américaine ESPN. Elle devient, sur cet autre terrain, une nouvelle championne superstar.
Phénomène légendaire du MMA, Ronda Rousey a clairement enclenché le développement du MMA au féminin, selon Johnny Frachey, combattant pro et coach de MMA.
Celle qui fut moquée pour ses gros bras au lycée, surnommée « Miss Man », a su montrer à quoi ils servaient et a « brisé les barrières de genres à l’UFC », affirme le documentaire Netflix, et, plus largement dans la culture de ce sport.
Alors qu’en 2018, elle est intronisée comme première femme au sein du Hall of Fame de l’UFC, son Président, Dana White, rappelait l’héritage incroyable de Ronda Rousey pour les femmes combattantes du MMA : « Elle a accompli tout ce qu’elle voulait avec l’UFC, elle est devenue une icône mondiale et un modèle dans le processus. Aujourd’hui, les divisions féminines sont remplies de combattantes incroyablement talentueuses. Nous sommes fiers d’annoncer que Ronda sera la première femme à être intronisée au Hall of Fame ».
La badass girl qui dégomme tout écrit son autobiographie en 2015, « Pourquoi je me bats ». Un exemple qui donne la gagne à toute une génération de filles : « Elle a changé la manière que l’on a de regarder les femmes et que les femmes ont de se regarder et elle a définitivement changé ce que les petites filles imaginent possible pour elles ».
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