Justine Pedemonte : « Je tire toujours la leçon de mes erreurs. »

Justine Pedemonte Kids
La dernière fois, je vous avais raconté ma course sur le circuit du Mans qui approchait... Eh bien ça y est, c'est fait ! Le week-end dernier, c'était le grand moment. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que la compét' fût riche en rebondissements...

Par Justine Pedemonte, pilote moto, 17 ans au compteur

Publié le 16 avril 2024 à 19h50, mis à jour le 10 septembre 2024 à 11h44

Après mes derniers essais sur ma nouvelle moto, j’arrivais en confiance au Mans. Je ne visais pas la victoire, j’étais vraiment là pour progresser et jauger mon niveau à côté des autres pilotes. Je vais vous raconter mon week-end de course… Et il n’a pas très bien commencé ! Les essais libres de vendredi matin se sont faits sous la pluie, je n’ai même pas réalisé un tour, je suis tombée après une erreur de ma part. Pas la meilleure façon d’entamer la compét’ ! 

La deuxième séance d’essais libres avait ensuite lieu l’après-midi, cette fois par temps sec. L’objectif à ce moment-là était avant tout de reprendre confiance en moi et en la moto tour après tour, sans chercher à suivre un autre motard. J’avais vraiment envie de rouler seule, de me relever à ma manière en quelque sorte ! Ça a plutôt bien marché, la séance s’est bien déroulée, on était content avec la team. On a pu bien travailler et faire quelques réglages sur la moto. 

Ensuite, le samedi matin, troisième séance essais libres, toujours par temps sec. J’étais vraiment en confiance, bien sur la moto, j’avais des pneus neufs donc j’accrochais bien sur la piste… Mais je suis retombée ! J’ai fait ce qu’on appelle un high side, c’est-à-dire que l’arrière de ma moto a glissé puis raccroché, et ça m’a expulsé de la moto. Plus de peur que de mal, mais bon, juste avant les qualifications, c’est pas top !  

Au début, je n’ai même pas compris ma chute ! Normalement, on le sent un peu venir, mais là, je n’avais eu aucune alerte. Donc, la première chose qu’on a fait après ça, c’est de récupérer les données de la moto, pour analyser la chute. Grâce à ça, on s’est rendu compte que la moto était un peu trop « dure » pour moi et on a fait un réglage pour les qualifications. Mais, avec l’analyse, j’ai compris l’erreur que j’avais fait, j’en ai tiré la leçon, comme toujours, et une fois le débrief terminé, on est complètement passé à autre chose. Je suis allée manger, faire une sieste… Je ne pouvais pas vraiment oublier la chute car j’avais mal partout, mais en tout cas je suis repartie de zéro pour la suite ! 

Samedi après-midi, place aux qualifs ! Dès le deuxième tour, je fais l’effort d’aller vite dans le virage où j’étais tombée pour ne pas avoir de frein tout au long de la séance, et ça se passe plutôt bien ! Finalement, je finis avec le quatorzième chrono en étant encore une fois seule, sans prendre de roue (c’est-à-dire suivre un autre pilote, Ndlr).

Après ma chute lors de la dernière séance, j’avais tout de même perdu un peu de confiance, donc j’étais contente de ma perf. J’ai bien amélioré mes chronos de la matinée, j’ai rebondi comme il le fallait. Les chutes,  j’ai toujours réussi à m’en remettre !  

Le dimanche matin, première course ! La piste était trempée, mais il ne pleuvait plus. Le circuit a séché petit à petit. Je suis partie quatorzième.

Au début, j’étais un peu seule dans la course, j’ai mis un peu de temps à me mettre en route, j’avais encore mes deux chutes un peu en tête. Mais j’ai fini par rattraper le pilote devant moi, qui était celui avec qui je me battais l’année dernière en 300, Cyprien. Je commence par le doubler, je me sens vraiment bien, mais il parvient à me doubler à son tour ! En étant ensemble, on a imprégné un rythme rapide, on a rattrapé et doublé d’autres pilotes… Au final, j’ai terminé à la onzième place, avec surtout le sixième meilleur temps au tour de toute la course ! Cyprien a lui fait le septième meilleur chrono au tour. 

Je n’avais pas l’impression d’aller si vite, je faisais vraiment ce que je savais faire, je n’étais pas à l’agonie ! J’étais bien à l’aise et motivée par le fait d’avoir un groupe juste devant moi, en ligne de mire. Quand mon équipe m’a montré mes chronos, j’étais tout de même un peu surprise d’être allée aussi vite ! 

C’est une course vraiment positive en fin de compte. J’ai réussi à rejoindre le groupe devant moi, à doubler, à faire un beau chrono… 

Ensuite, le dimanche après-midi, c’était le moment de la seconde course. On était un peu perturbés avant le départ, car on ne savait pas trop comment s’adapter aux conditions météo. Je suis allée voir les 300 sur la grille de départ, tout le monde était en pneus pluie. Mais en fin de compte, l’averse s’est arrêtée, ce qui fait que les chronos n’étaient pas fous, les pneus n’étant pas adaptés aux conditions. 

Avec mon équipe, on décide de choisir les pneus slick, pour temps sec. Le tour d’échauffement commence, et au bout de deux virages, averse. À ce moment, c’était vraiment la guerre, ne serait-ce que pour finir le tour sans tomber ! J’y arrive quand même, et mes mécanos changent mes pneus au dernier moment, juste avant le départ. À ce moment, j’étais en confiance, j’avais les bons pneus, j’étais encore dans le mood de la première course… Il ne me restait plus qu’à tout donner ! 

Je pars de nouveau quatorzième et c’est la bagarre sous la pluie pendant toute la course. Au final, je finis à la huitième place, j’ai pas mal doublé. D’ailleurs, ça peut être un piège d’enchaîner les dépassements de la sorte, surtout sous la pluie ! En doublant, on est de plus en plus en confiance et notre attention peut se relâcher ! Dans ces conditions météo, ça ne pardonne pas généralement.

Donc, lors de la course, à chaque fois que je doublais, je me parlais dans mon casque. Je me disais : « Ça c’est fait, mais reste bien vigilante, ce n’est pas fini, reste concentrée… ». À la fin de course, j’étais plus fatiguée mentalement que physiquement ! 

Mes deux courses se sont donc bien passées, mais si je devais choisir, je dirais que c’est à la première que j’ai le plus performé. J’ai eu ce déclic d’avoir vraiment confiance en moi pendant la course, j’ai rattrapé les pilotes devant moi en étant seule, j’ai réussi à avoir un très gros rythme… Lors de la seconde course, j’ai doublé, mais j’étais dans mes standards au niveau des chronos. 

Le week-end est positif, j’ai fait de bons chronos, j’ai réussi à surmonter des difficultés et à progresser tout au long du week-end. Maintenant, j’ai hâte d’être à Lédenon dans deux semaines, sur mon circuit préféré. C’est là que j’ai eu ma première victoire en Super Sport 300. C’est une piste vraiment pas commode, il y a pas mal de dénivelés, de virages à l’aveugle… Quand je roule dessus, j’ai l’impression d’être dans un manège, c’est les mêmes sensations qu’un grand huit ! Et en plus, le circuit me réussit, j’étais à un dixième de seconde du record au tour en 300. 

Comme pour Le Mans, j’y vais dans l’optique de ne pas être déçue et de progresser tout au long du week-end. Je vous raconterai comment ça s’est passé dans deux semaines ! See you soon ! 

*Justine Pedemonte a 17 ans et est pilote moto, engagée en championnat de France de Superbike (FSBK), Championnat de France SuperSport 300. Après avoir remporté plusieurs podiums, elle a terminé en octobre 2023, vice-championne de France. Vous pouvez la suivre sur son compte Instagram @justinepedemonte 

Ouverture ©️Justine Pedemonte

Vous aimerez aussi…

Anais Quemener

Best-of 2023 : nos plus belles rencontres

Une foule de sportives (et quelques sportifs aussi) inspirantes, qui n’ont pas peur de donner de la voix pour faire bouger les lignes. Ça, vous commencez à le savoir, on est fans ! Pour bien finir 2023, un Best-of de nos interviews les plus marquantes s’impose. Enjoy !

Lire plus »
La question qui tue fitness

Moi, je veux seulement muscler mes fesses, c’est bien…non ?

Attention, voici venir la question qui tue sur les réseaux sociaux ! Sur Insta ou sur TikTok, les influenceuses au postérieur généreux se multiplient comme des petits squats. C’est devenu une tendance sportive : muscler (surtout) les fessiers. Mais si tu veux savoir rebondir en sport, est-ce vraiment ce qu’il faut fesse, euh, faire ? La réponse avisée de notre coach Nathalie Servais.

Lire plus »
Sakina Karchaoui, fougueuse footeuse

Sakina Karchaoui, fougueuse footeuse

Une sudiste séduite par la capitale, ça annonce déjà un goût pour l’aventure. Justement, découvrir de nouveaux horizons en pratiquant sa passion pour le football, Sakina Karchaoui adore. Mais, elle le sait, pour performer, il faut redoubler d’effort et de détermination. Heureusement, la défenseure est ÀBLOCK!

Lire plus »
Rikako Ikee

Rikako Ikee, la nageuse qui ne veut jamais perdre, même contre la maladie…

Elle a seulement 20 ans, mais entame déjà sa deuxième vie. Rikako Ikee, grand espoir de la natation japonaise, a bien failli ne pas participer aux prochains JO de Tokyo. Atteinte d’une leucémie diagnostiquée en février 2019, la sextuple médaillée d’or des Jeux Asiatiques de 2018 a dû batailler dix longs mois contre la maladie avant de revenir au premier plan. Portrait d’une battante.

Lire plus »
Karine Joly et Greg Crozier : « Arriver au sommet du freefly en couple, c'est juste une chance incroyable. »

Karine Joly et Greg Crozier : « Arriver au sommet du freefly en couple, c’est une chance incroyable. »

Seize ans qu’elle fait équipe avec Gregory Crozier, son compagnon à la ville. Karine Joly, 43 ans, a tout plaqué pour vivre sa passion pour le parachute en général, et le freefly en particulier. Un pari couronné de succès puisque le couple collectionne titres et records. Dans leur viseur désormais, un rendez-vous avec l’Everest et une tentative de record du monde mixte aux États-Unis. Rencontre avec un duo qui aime s’envoyer en l’air.

Lire plus »

Recherche

Soyez ÀBLOCK!

Abonnez-vous à la newsletter

Mentions de Cookies WordPress par Real Cookie Banner