Loïs BoissonLa nouvelle Superwoman du tennis français

Loïs Boisson, la nouvelle Superwoman du tennis français
Elle était 361e mondiale au début de ce Roland-Garros 2025, la voilà N°1 française. La Dijonnaise de 22 ans, Loïs Boisson, dans un flow le plus total, a renversé la N°3 mondiale, Jessica Pegula, et fait subir le même sort à Mirra Andreeva en quart. Face à Coco Gauff, en demi-finale ce jeudi, elle n’a pu réitérer l’exploit, mais la p’tite frenchy est sur orbite. Et nous voilà avec une nouvelle héroïne du tennis à dorloter.

Par Alexandre Hozé

Publié le 02 juin 2025 à 20h18, mis à jour le 05 juin 2025 à 19h38

Une nouvelle reine de Paris a vu le jour ! Pour tout le monde, nous les premiers, l’espoir était bien faible de voir une Française enchaîner quelques victoires lors de ce Roland-Garros 2025. Le pessimisme était de mise… jusqu’à ce que Loïs Boisson éclate au grand jour !

À 22 ans, elle participe à son premier tour principal d’un tournoi du Grand Chelem et s’est d’ores et déjà imposée comme la sensation de cette quinzaine parisienne. Un avènement ô combien mérité pour une prodige qui a déjà connu son lot de galères.

Loïs Boisson se lance sur le circuit professionnel WTA en 2021. Mais très vite, des blessures la rattrapent, freinant sa progression. Des débuts frustrants donc, mais qui ont tout de même eu leur intérêt. Durant cette période, la Dijonnaise bosse son physique à fond. Et aujourd’hui, force est de constater que son corps est à l’épreuve des meilleures joueuses de la planète tennis

©️Facebook/Loïs Boisson

Mais avant d’exploser lors de ce Roland-Garros 2025, Loïs Boisson allait encore devoir batailler. En 2024, elle enchaîne les succès sur le circuit ITF, l’antichambre des tournois WTA. Notamment sur terre battue, elle démontre un potentiel très intéressant et semble prête à franchir le cap. Pointant aux alentours du top 150 mondial, la Française reçoit une wild-card, une invitation, pour le Roland-Garros 2024. Le rêve pour une jeune joueuse ! Malheureusement, ce dernier tourne court… Loïs Boisson se blesse aux ligaments croisés, et doit alors abandonner tout espoir de participer au mythique tournoi parisien cette année-là. Le reste de sa saison est placée sous l’égide de la rééducation, mais le coup est on ne peut plus dur…

Toutefois, on commence à le comprendre, il en faudrait beaucoup plus pour décourager la tenniswoman tricolore. À coups d’entraînements intenses et de détermination féroce, Loïs Boisson est de retour sur le circuit ! Son classement a certes chuté à la 361e place WTA, mais la Française va très vite prouver qu’elle vaut mieux, beaucoup mieux que ça…

©️Facebook/Loïs Boisson

Pour commencer, elle décroche sa première victoire dans un tournoi WTA le 15 avril 2025, à Rouen. Une étape de franchie. Un mois plus tard, le temps est venu de gommer les fantômes du passé pour Loïs Boisson… De nouveau invitée dans le tableau principal, la Dijonnaise va bel et bien participer à Roland-Garros pour la première fois ! Au début du tournoi, elle débarque quasi-anonyme pour tout le monde… Le moins que l’on puisse dire, c’est que la donne a bien changé !

Pour son premier match au tournoi de la Porte d’Auteuil, Loïs Boisson était opposée à la tête de série numéro 24, la Belge Elise Mertens. Autant vous dire que très peu de monde imaginait la tricolore réellement exister dans cette confrontation. Mais pour son premier match face à une membre du top 50 mondial, Loïs Boisson montre une panoplie impressionnante. Sa maîtrise de la terre battue, son physique impressionnant et son coup droit surpuissant viennent à bout de son adversaire en trois sets acharnés. Premier tour, check !

©️Facebook/Loïs Boisson

Le deuxième match de la Dijonnaise sera plus tranquille. Face à l’Ukrainienne Anhelina Kalinina, 83e mondiale, la Française maintient son niveau. Résultat, une victoire propre et sans bavure 6-1 ; 6-2. Deuxième tour, check !

Le match suivant de Loïs Boisson s’avère être un duel fratricide. Elsa Jacquemot, autre espoir du tennis tricolore féminin, s’est également construite une route jusqu’aux portes de la deuxième semaine. Les deux jeunes joueuses ont brillé. Même après une alerte au genou, Loïs Boisson n’a rien lâché, ajoutant à la dramaturgie du match. À la fin, il ne pouvait en rester qu’une et ce sera au bout d’une bataille en trois sets. Pour Loïs Boisson, le troisième tour, c’est check !

La deuxième semaine de Roland-Garros s’ouvre donc à elle, avec des adversaires d’un calibre encore supérieur. La preuve étant, celle qui la fait trembler pour ce huitième de finale n’est autre que l’Américaine Jessica Pegula, la troisième mondiale. Un duel au sommet, le tout sur le court Philippe-Chatrier, s’il vous plaît.

Face à une adversaire expérimentée et régulière au plus haut niveau, la mission semblait presque impossible pour Loïs Boisson. Le premier set du match renforçait cette impression, avec une Française vaillante mais dominée par une reine du court très concentrée. Mais le vent a tourné…

©️Facebook/Loïs Boisson

Impressionnante de volonté et de talent, Loïs Boisson a emballé le match, et avec lui le public, en retard mais bien présent pour le dénouement de la rencontre. Indébordable, la Française arrache le second set à l’Américaine. Et là, tout le monde se met à y croire…

Jessica Pegula ne baisse pas les armes, loin de là ! Mais Loïs Boisson est sur une autre planète. La Dijonnaise fait jeu égal avec la troisième joueuse au classement WTA et voit son nom scandé par le public parisien entre chaque point. Finalement, au bout de plus de deux heures et demie d’un tennis de très haut niveau, Loïs Boisson peut exulter. Elle a renversé Jessica Pegula ! Son physique, sa défense, son coup droit, son intelligence de jeu… La copie est quasi-parfaite pour la Française ! Elle devient la deuxième wild-card de l’histoire de Roland-Garros à accéder aux quarts de finale du tournoi parisien.

La fête n’est bien sûr pas finie pour elle. Loïs Boisson se prend même à rêver de la victoire ultime après son succès fou. Et pourquoi pas, finalement ? La jeune prodige n’a rien à perdre. Elle est déjà assurée de gagner plus de deux cents places au classement WTA et a déjà conquis le cœur du public français.

Son quart de finale avait lieu face à la Russe Mirra Andreeva, numéro 6 mondiale et demi-finaliste en 2024 à Roland-Garros. Un rendez-vous qui était à ne louper sous aucun prétexte… Loïs Boisson a de nouveau régalé ! Dans un Chatrier, cette fois plein à craquer dès les premiers points, la Française a de nouveau créé la sensation ce mercredi 4 juin. Le début de match était pourtant à l’avantage de son adversaire, impressionnante en fond de court. Mais à l’image de son tatouage « Résilience« , Loïs Boisson s’est accrochée, a laissé passer l’orage avant de mettre la pression à son adversaire pour arracher le premier set au tie-break. La seconde manche commençait comme la première, avec une Mirra Andreeva qui montrait l’étendue de son talent, ce qui fait d’elle la sixième mondiale aujourd’hui. Menée trois jeux à zéro, Loïs Boisson semblait pêcher physiquement… « Le premier set était hyper intense, j’ai beaucoup couru, un peu trop même… J’étais dans le mal physiquement au début du deuxième set. » confiait-elle à Lucas Pouille sur les antennes de France TV à la fin du match. Mais une fois de plus, notre Superwoman tricolore est revenue d’outre-tombe. Mirra Andreeva, elle, perdait son sang froid, facilitant la tâche de la Dijonnaise. Résultat, 6-3 pour Loïs Boisson dans cette seconde manche, le rêve continue !

Après les grandes désillusions, Loïs Boisson fait vivre ses plus belles heures au tennis français féminin depuis un bon bout de temps. « J’ai vécu beaucoup de moments difficiles, mais mon équipe m’a toujours soutenue, c’est ce qui fait qu’on est ici aujourd’hui ! » explique-t-elle après son quart de finale.

©️Facebook/Loïs Boisson

Depuis 2011 et Marion Bartoli, une Française ne s’était plus hissée en demi-finale de Roland-Garros. Jeudi 5 juin, c’était l’Américaine Coco Gauff, numéro 2 mondiale, qui se dressait sur la route de Loïs Boisson. Un défi qui s’annonçait on ne peut plus épicé, et malheureusement pour notre tricolore, la réalité du tennis l’a rattrapé…

Rendons à César ce qui appartient à Coco Gauff : la numéro 2 mondiale était sur une autre planète. Peu importe les attaques de Loïs Boisson, l’Américaine renvoyait toutes les balles. Une défense qui est finalement venue à bout de Loïs Boisson. Peut-être plus émoussée physiquement due à une récupération de 24 heures contre 48 heures pour les matchs précédents, la Dijonnaise s’incline 6-1 ; 6-2 face à une adversaire encore trop forte pour elle. Un constat, mais pas nécessairement une fatalité…

Anonyme il y a encore deux semaines, Loïs Boisson a battu deux joueuses top 10 mondial (Jessica Pegula et Mirra Andreeva) et a brillé comme nulle autre française depuis des années devant un public qui l’a adoptée. De la 361e place mondiale au début de Roland-Garros, la tricolore se hisse à la 65e place mondiale, devenant par la même occasion la N°1 française.

Pour son premier tournoi du Grand Chelem, Loïs Boisson a écrit un magnifique chapitre de sa carrière. On attend la suite avec impatience…

Ouverture ©️Facebook/Loïs Boisson

D'autres épisodes de "Tennis : femmes sur court"

Vous aimerez aussi…

Jeux de Beijing 2022 Les pionnières des JO d'hiverMarielle et Christine Goitsche

Jeux de Beijing 2022 : les pionnières des JO d’hiver

Les Jeux Olympiques de Pékin sont maintenant à porté de skis. En attendant le 4 février, ÀBLOCK! vous propose de (re)plonger dans l’histoire féminine des JO d’hiver. Retour sur 6 pionnières olympiques (dont les soeurs Goitschel sur notre photo) qui ont fait de la neige et la glace leurs podiums.

Lire plus »
Valérie Marqueton : « Ce défi de Mini Transat, c'est une façon de dire qu’on peut se réinventer à 50 ans. »

Valérie Marqueton : « Ce défi de Mini Transat, c’est une façon de dire qu’on peut se réinventer à 50 ans. »

Il y a six ans, elle n’était jamais montée sur un bateau. Valérie Marqueton tente désormais de se qualifier pour la Mini Transat, une traversée de l’Atlantique en solitaire, sur un voilier de seulement 6,50 m, sans assistance ni communication extérieure. Son ambition : réaliser enfin son rêve d’enfant, l’année de ses 50 ans, et encourager les femmes à ne pas se mettre de limites.

Lire plus »
Jeanne et Julia Courtois

La Transat Jacques Vabre à travers des jumelles

Elles en sont cap et c’est bien pour ça que les organisateurs de la Transat Jacques Vabre avaient lancé un appel à projet féminin, le 8 mars dernier. Histoire d’encourager les filles à prendre le large. L’objectif : accompagner deux navigatrices passionnées pour mieux braver l’Atlantique en duo lors de la prochaine transat, le 7 novembre 2021. L’opé « Cap pour Elles » est aujourd’hui bouclée, les noms des lauréates révélés : les sœurs jumelles Jeanne et Julia Courtois seront sur la ligne de départ. Faisons les présentations.

Lire plus »
Alba Larsen : L'ado qui fait fumer le bitume

Alba Larsen : L’ado qui fait fumer le bitume

Elle a grimpé dans un kart pour tuer l’ennui du confinement. Cinq ans plus tard, Alba Hurup Larsen, 17 ans, roule en rouge pour Ferrari et entame une deuxième saison en F1 Academy. Portrait d’une Danoise qui n’a pas fini de faire rugir les moteurs. Et les esprits.

Lire plus »
Premier Round, un combat ÀBLOCK! Kids

Premier Round, un combat ÀBLOCK!

S’engager pour l’insertion socioprofessionnelle des jeunes des quartiers prioritaires, lutter contre la maltraitance envers les enfants sous toutes ses formes, ce sont les missions musclées de Premier Round, asso lancée par la boxeuse Rima Ayadi.

Lire plus »
Baronne Raymonde de Laroche

Raymonde de Laroche ou l’histoire de la baronne qui ne manque pas d’air

Elle a, sans regret, délaissé les arts pour la mécanique. Élisa Léontine Deroche, dite Baronne Raymonde de Laroche, a été comédienne avant de tout quitter pour grimper dans un aéroplane. Première femme au monde à décrocher un brevet de pilote-aviateur, la Parisienne a marqué de son empreinte les débuts de l’aviation. Récit d’une actrice devenue casse-cou.

Lire plus »
Nita Ambani

Nita Ambani, la First Lady du sport en Inde

Première femme indienne membre du Comité International Olympique et copropriétaire de l’équipe star de cricket « Mumbai Indians », Nita Ambani est une philanthrope qui compte dans le monde sportif. Portrait de l’une des leaders les plus influentes du sport en 2020.

Lire plus »

Recherche

Soyez ÀBLOCK!

Abonnez-vous à la newsletter

Mentions de Cookies WordPress par Real Cookie Banner