Alice Varela* : « Nous sommes des filles athlétiques, courageuses, mais nous sommes loin d’être des bonhommes. »Capitaine de l'équipe de France de rugby à XIII, 31 ans, employée de banque

Alice Varela
Capitaine de l'équipe de France, mais aussi des Zoulouzen, l’équipe féminine de rugby du Toulouse Ovalie XIII, elle n'a pas sa langue dans sa poche... Avec cette fonceuse, mieux vaut avoir les crampons bien accrochés !

Propos recueillis par Valérie Domain

Publié le 28 février 2020 à 11h26, mis à jour le 06 mars 2022 à 18h41

« Mon père jouait au rugby à XV, j’ai toujours adoré le suivre dans ses matchs. A 16 ans, j’ai finalement choisi de faire du rugby à XIII, mais c’est le même ressenti  : cette solidarité qu’on ne retrouve nulle part ailleurs.

On partage le difficile, alors forcément il y a beaucoup de complicité entre nous. Et ce n’est pas une question de fille ou de garçon.

Alice varela rugby à 13

Le plus dur, c’est d’encaisser les coups mais on se reprend vite mentalement, grâce à l’esprit d’équipe, à la cohésion. On ne peut pas baisser les bras, sinon on pénalise l’équipe.

A part ça  ? notre jeu est plus déployé que celui des hommes, même si on est moins techniques qu’eux. Mais on se met de sacrés tampons ! Et je dis aux mecs : « Venez nous voir jouer, vous allez être surpris ! »

Alice Varela

C’est vrai, c’est un sport, le rugby, où il ne faut pas avoir peur de s’abîmer, on ne doit pas écouter la tête, se forcer à se faire mal pour avoir des résultats.

Quand je fais du sport, il faut qu’à la fin, je sois oxy, vidée, sinon c’est que j’ai pas assez donné.

Nous sommes des filles athlétiques, courageuses, mais nous sommes loin d’être des bonhommes. J’essaye de ne pas être trop masculine, mais quand on enfile les crampons…

Au travail, c’est une autre histoire, je ressens l’obligation d’être plus féminine. C’est comme ça. Le poids d’une certaine vision de la société sans doute… »

*Capitaine de l’équipe de France de rugby à XIII féminine, Alice Varela évolue au Toulouse Ovalie XIII.

Elles aussi sont inspirantes...

Guila Clara Kessous : « En montant à la corde, j'ai osé faire ce qui me freinait depuis des années. »

Guila Clara Kessous : « En montant à la corde, j’ai osé faire ce qui me freinait depuis des années. »

Formée à Harvard et par le théâtre, elle a plusieurs cordes à son art. Guila Clara Kessous, entrepreneure diplomatique, s’engage depuis plus de quinze ans pour les droits des femmes. Et voilà que le sport entre dans la danse en un geste politico-artistique : grimper à la corde. Une ascension symbolique, une allégorie de la difficulté des femmes à s’élever dans la société. Prenons de la hauteur.

Lire plus »
Lison Bornot : « Je veux mettre en avant l’Ultimate. C’est lui qui m’anime. »

Lison Bornot : « Je veux mettre en avant l’Ultimate. C’est lui qui m’anime. »

Avec sa sœur Éva, elle truste les premières places depuis 2015 en Ultimate. Membre essentiel de l’équipe de France, Lison Bornot est Championne d’Europe outdoor 2023 et championne du monde d’Ultimate sur sable 2023. La voici maintenant en piste pour les World Games, l’antichambre des JO, qui se déroulent en Chine, du 7 au 17 août 2025. Témoignage d’une fille pétillante devenue l’une des ambassadrices françaises d’un sport trop peu connu.

Lire plus »
Diane Servettaz : « Avec le vélo, j’ai compris que même si ça flanche côté mental, t’en as encore sous la pédale. »

Diane Servettaz : « Avec le vélo, j’ai compris que même si ça flanche côté mental, t’en as encore sous la pédale. »

En à peine trois ans, cette passionnée de vélo a décroché un podium sur 500 kilomètres et bouclé sa première course d’ultra, la fameuse BikingMan, en tant que première féminine. Carburant aux défis, pédalant sans relâche, surmontant tous les obstacles grâce à un mental d’acier, la Savoyarde n’a pas fini d’enfiler les kilomètres dans ce sport de l’extrême. En piste !

Lire plus »
Emelyne Heluin: « Je sais pourquoi je cours, pourquoi je lutte. »

Emelyne Heluin : « Je sais pourquoi je cours, pourquoi je lutte. »

Gymnaste jusqu’à son adolescence, Emelyne Heluin a dû raccrocher le justaucorps après une prise de poids inexpliquée et d’autres symptômes invalidants. Diagnostiquée d’une maladie endocrinienne chronique et évolutive, le SOPK, à l’âge de 17 ans, elle erre pendant des années entre perte de confiance en elle et détresse psychologique avant de retrouver le chemin du sport comme outil de santé. Ce sera la marche, puis la course à pied jusqu’à se lancer sur des marathons.

Lire plus »

Vous aimerez aussi…

Laetitia Blot

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

Un sport de combat explosif et de plus en plus féminin, le MMA est dans la place sur ÀBLOCK! avec quelques guerrières en cage (comme Laetitia Blot sur notre photo) qui s’expriment comme elles se battent, mais aussi une boxeuse sous les projecteurs de notre questionnaire sportif et une campagne digitale pour le mouvement de la paix par le sport, c’est le menu de la semaine, enjoy !

Lire plus »
Domitille Kiger : « La seule façon de dépasser la peur quand tu fais du Freefly, c’est de… sauter. Une parfaite métaphore de la vie. »

Domitille Kiger : « Le Freefly est une métaphore de la vie : pour dépasser sa peur, il faut sauter. »

Rencontrer Domitille Kiger est une bouffée d’oxygène. La Française, championne du monde et recordwoman de freefly, cette discipline artistique technique du parachutisme, a décroché en novembre 2024, son dixième record mondial de saut en grande formation synchronisé. Engagée pour le freefly au féminin, cette aventurière insatiable partage avec gourmandise sa vie en l’air !

Lire plus »
Ingrid Graziani

Ingrid Graziani : « Le ring, ça apprend l’égalité, on est deux et le meilleur gagne. »

L’ex-championne du monde de savate boxe française n’a jamais eu peur de prendre des coups. La gagne, elle connaît. Du ring qu’elle a tâté dès l’âge de ses 16 ans au podium de Miss France qu’elle a foulé à 22. Son carburant ? Aller au bout de soi-même… quitte à sortir de son périmètre de sécurité et s’afficher dans une autre arène où la compétitivité est reine : les planches et le septième art. Échange punchy avec une jeune femme qui dégomme les préjugés.

Lire plus »
La Parisienne 2022, plus que quelques jours…

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

Notre classique retour sur l’histoire sportive du mois d’août, une piqûre de rappel pour une course en Capitale (le joyeux événement La Parisienne sur notre photo), le bilan des grandes compétitions estivales et l’ouverture d’un slalom au fil de l’eau, c’est le meilleur d’ÀBLOCK! cette semaine. Bon rattrapage !

Lire plus »

Y a-t-il une vie après le sport ?

Elles ont été des championnes, elles ont gagné, ont tout donné. Puis vint le temps de raccrocher. Comment alors se reconstruire, envisager une autre sorte de victoire : le retour à une vie ordinaire ?

Lire plus »
Tassia : « J’ai tout de suite été douée en kayak, ça aide beaucoup à l’aimer ! »

Tassia : « Le kayak polo est un sport plus beau que brutal. »

Kayak-poloïste, quésaco ? Tassia Konstantinidis, la vingtaine énergique, est de cette espèce trop méconnue : une athlète de kayak-polo, discipline du kayak qui a porté l’équipe française féminine en championnat national, européen et mondial jusqu’au Graal : la première marche du podium des Championnats d’Europe 2021. Avec, à son bord, cette jeunette de l’équipe senior. Témoignage d’une sportive de haut niveau qui tient bon la pagaie.

Lire plus »
Katarzyna Niewiadoma, l’ombre lumineuse du peloton mondial

Katarzyna Niewiadoma, l’ombre lumineuse du peloton mondial

Toujours placée, rarement gagnante. Et en 2024, elle a tout changé. Katarzyna Niewiadoma, la discrète et déterminée Polonaise, avait alors conquis le Tour de France Femmes avec panache, au terme d’une course haletante. En 2025, elle revient pour prouver que sa place au sommet n’a rien d’un hasard. Portrait d’une coureuse qui avance à la force des jambes, du cœur et du mental.

Lire plus »

Recherche

Soyez ÀBLOCK!

Abonnez-vous à la newsletter

Mentions de Cookies WordPress par Real Cookie Banner