Marie-Amélie Le FurUne vie (sportive) à cent à l’heure

Marie-Amélie Le Fur, une vie (sportive) à cent à l’heure
La présidente du Comité Paralympique et Sportif Français (CPSF) était très attendue pour ces Jeux Paralympiques de Tokyo, ses derniers. La reine française du saut en longueur et ambassadrice du handisport n’a pas démérité et a remporté sa neuvième médaille paralympique, venant couronner une carrière exemplaire.

Par Claire Bonnot

Publié le 29 août 2021 à 19h08, mis à jour le 29 septembre 2021 à 13h00

Elle nous en a encore mis plein la vue. Le soleil dans ses yeux gourmands, le sourire jusqu’aux oreilles, Marie-Amélie Le Fur est entrée sur la piste, à Tokyo, pour disputer les derniers JO de sa carrière.

Le samedi 28 août, celle qui était favorite après son record du monde en février dernier à 6,14m, a remporté l’argent sur le saut en longueur dans sa catégorie T64 avec un dernier saut d’exception à 6,11m.

Une olympiade relevée haut la main pour un départ des Jeux paralympiens en fanfare ! La trentenaire se prépare à une nouvelle vie sans le sport de haut niveau.

Sa retraite sportive, elle la consacrera à son tout nouveau-rôle de maman à plein temps (sa petite Anna a 2 ans), de présidente du Comité Paralympique et Sportif Français (elle est à sa tête depuis 2018 et a été réélue en juillet 2021) et à son métier à mi-temps comme pilote d’affaires relations territoriales à l’état-major de la direction du parc nucléaire et thermique d’EDF. Une femme et sportive tous azimuts !

L’athlétisme ? Une évidence chez celle qui le pratique depuis l’âge de 6 ans. Pourtant, un accident de la route vient sabrer ses rêves d’enfant. À l’âge de quinze ans, elle est amputée sous le genou gauche.

Avec une belle force de vie, elle recommence à courir quatre mois plus tard et découvre le monde salvateur du handisport. Elle enchaîne les beaux résultats.

C’est donc à neuf reprises (avec sa médaille 2021) que l’athlète handisport a tutoyé les sommets olympiens : deux médailles d’argent dans la catégorie T64, sur 100m et en saut en longueur pour ses premiers Jeux à Pékin en 2008, une médaille d’or en 100m, une médaille d’argent en 200m et une bronze en saut en longueur à Londres en 2012 puis deux médailles d’or en 400 m et saut en longueur, ainsi qu’une bronze en 200m à Rio en 2016.

La victoire de Marie-Amélie Le Fur sur 400m à Rio, en 2016

Son palmarès ne s’arrête pas là : la tonique sportive a, à son actif, douze médailles mondiales (huit en argent) dont quatre titres de championne !

Le super-pouvoir de Marie-Amélie Le Fur ? Son mental de wonderwoman, son degré d’exigence et sa quête de l’excellence.

« Elle a un mental d’acier, elle a un mental incroyable ! souligne son entraîneur auprès de RFIC’est quelqu’un qui est capable de faire des sacrifices incommensurables pour pouvoir atteindre ses objectifs et mener de front ses trois, quatre, ou cinq vies même. C’est son mental qui la caractérise. Elle est capable de se lever tous les jours à six heures du matin, voire même plus tôt, de s’entraîner onze fois par semaine. Parce qu’elle veut tout faire, et puis elle veut tout bien faire. »

Marie-Amélie Le Fur s’exprime d’ailleurs avec une résilience incroyable sur son handicap, preuve que rien n’arrête les athlètes : « Cette amputation m’a aussi façonnée, confie-t-elle sur eurosport.fr. Pour moi, ce n’est pas quelque chose en moins. C’est même mon petit plus, qui me permet aujourd’hui de rayonner et d’être heureuse. Le sport m’a offert des multitudes d’opportunités de vies, j’ai eu la chance de faire du cinéma, j’ai un travail passionnant chez EDF, je préside le CPSF. Sans le handicap, toutes ces portes ne se seraient pas ouvertes. »

Marie-Amélie Le Fur, équilibrée, passionnée et impliquée est d’une grande aide pour la visibilité du paralympisme.

Elle ne cesse d’intervenir dans la société civile pour faire changer le regard sur le handicap et souhaite qu’il y ait un grand bond avec les Jeux de Paris 2024 : « Il y a les Jeux de Tokyo, tout de suite, pour ce qui est lancé, et trois ans pour préparer ceux de Paris 2024, explique-t-elle sur lhumanite.fr. On a pour objectif de montrer au grand public que le sport paralympique, c’est du sport de haut niveau, avec une spécificité, le handicap. Et nous poursuivons aussi la volonté de faire du sport un élément central dans la vie des personnes en situation de handicap. »

Marie-Amélie Le Fur ? ÀBLOCK!

  • Marie-Amélie Le Fur a décroché la médaille d’argent en saut en longueur pour ses derniers Jeux Paralympiques
©Ralf Kuckuck

Soutenez ÀBLOCK!

Aidez-nous à faire bouger les lignes !

ÀBLOCK! est un média indépendant qui, depuis plus d’1 an, met les femmes dans les starting-blocks. Pour pouvoir continuer à produire un journalisme de qualité, inédit et généreux, il a besoin de soutien financier.

Pour nous laisser le temps de grandir, votre aide est précieuse. Un don, même petit, c’est faire partie du game, comme on dit.

Soyons ÀBLOCK! ensemble ! 🙏

Abonnez-vous à la newsletter mensuelle

Vous aimerez aussi…

Lis Hartel

Lis Hartel, la cavalière pour qui aucun obstacle n’était trop grand

Première cavalière médaillée aux Jeux Olympiques, la Danoise Lis Hartel était une dresseuse hors pair. Légende du monde équestre, elle a raflé plus d’une médaille alors même qu’elle luttait contre une poliomyélite. À cheval et en béquilles, ses combats sont encore aujourd’hui source d’inspiration. À l’heure où les meilleurs cavaliers se retrouvent au Longines Paris Eiffel Jumping, l’occasion est belle de rendre hommage à cette pionnière dotée d’une remarquable force mentale.

Lire plus »
Amy Bond

Amy Bond, la Pole danseuse qui voulait se réconcilier avec son corps

Elle est l’une des « putains » d’héroïnes à avoir trouvé dans la barre de Pole Dance un exutoire, un réconfort, puis, une deuxième vie. Nous l’avons découverte dans le docu de Netflix « Pole Dance, Haut les corps ! ». Impossible, depuis, de la quitter des yeux ! Amy Bond s’envole, sens dessus-dessous, vertigineuse. Portrait d’une fille qui balance son corps comme elle se jetterait du haut d’une falaise.

Lire plus »
Charlotte Bonnet

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

Une hip hop girl alsacienne, une fille montée sur roulettes, mais aussi deux championnes de natation, l’une d’antan à l’attitude trop sulfureuse, l’autre d’aujourd’hui qui a su revenir plus forte après une période douloureuse (Charlotte Bonnet sur notre photo), ou encore une lanceuse de disque qui ne nous cache rien… C’est dimanche, c’est best-of. Profitez !

Lire plus »
Karen Chataîgnier : « Il y a quelque chose de sacré dans le discours d’Alice Milliat. »

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

Des épreuves éprouvantes en altitude, des femmes en selle, une humoriste engagée (Karen Chataîgnier sur notre photo), une cycliste solaire, une super-héroïne à cheval et une nouvelle Question qui tue, c’est le meilleur d’ÀBLOCK! cette semaine.

Lire plus »
Angélique Chetaneau

Angélique : « En entrant à l’armée, je suis devenue accro au sport. »

Une warrior, une Amazone, Wonder Woman en chair et en os. Angélique Chetaneau est infirmière militaire et championne de courses d’obstacles, les Spartan Race, qui sont un peu les douze travaux d’Hercule à l’ère moderne. Sa puissance, elle se la forge à coup d’entraînements solides et surtout d’un mental d’acier. Angélique a trouvé comment être invincible.

Lire plus »
Cheerleading

Alexandrine : « Je suis une cheerleader, pas une pompom girl, et c’est du sport ! »

Elle a trouvé son sport, son club, et quand elle en parle, elle donnerait envie aux plus récalcitrantes d’enfiler la tenue pour aller goûter au « cheer spirit ». Alexandrine pratique le cheerleading à travers ses casquettes d’athlète et de coach, en parallèle de ses études. Mais ne vous y trompez pas, elle est une cheerleader et pas une pompom girl ! Pour elle, la nuance est d’importance. Témoignage d’une jeune femme à la passion communicative.

Lire plus »
Camille : « Le sport outdoor me permet de revenir à l'essentiel.»

Camille : « Le sport outdoor, ça permet de revenir à l’essentiel.»

Elle a quitté Paris et une vie confortable sur un coup de tête. Camille Dubois-Leipp s’est installée à Annecy avec l’envie de profiter, chaque jour, d’un terrain de jeu naturel propice à la pratique sportive. Une passionnée des grands espaces qui a mis à profit ce nouveau départ pour créer Outtrip, une plateforme dont l’ambition est de rendre les activités de pleine nature plus accessibles et plus inclusives.

Lire plus »
Il était une fois le marathon… féminin

Il était une fois le marathon… féminin

En octobre dernier, à Chicago, la Kényane Brigid Kosgei pulvérisait le record du monde de marathon détenu depuis dix-huit ans par Paula Radcliffe. Avec un temps de 2 h 14 min 04 sec, elle enlevait 1 min et 21 sec au record de la Britannique. Mais pour que ces championnes puissent gagner à grandes foulées, il a fallu que d’autres filles intrépides battent le pavé. Histoire express d’une course longue distance conjuguée au féminin.

Lire plus »
Caroline Garcia, la saison n'est pas finie…

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

Un triathlon interactif, deux Ultra-Trails à couper le souffle, une tenniswoman qui est de retour au top (Caroline Garcia sur notre photo), une militaire à la force spéciale, une pionnière du ballon ovale et la Question Qui Tue, c’est le meilleur d’ÀBLOCK! pour cette semaine. En attendant la prochaine…

Lire plus »
Retour en haut de page

Recherche

Soyez ÀBLOCK!

Abonnez-vous à la newsletter

WordPress Cookie Notice by Real Cookie Banner