Marie Amélie Le Fur « JO 2024 ? Une candidature valorisable au-delà du sport. »

Marie-Amélie Le Fur
Espoir de l’athlétisme français, victime d’un accident de scooter en 2004, Marie-Amélie Le Fur est devenue une figure du handisport français, huit fois médaillée aux jeux Paralympiques, dont trois titres olympiques. À 32 ans, ancienne co-présidente avec Teddy Riner du comité des athlètes pour la candidature de Paris à l’organisation des JO 2024, elle est aujourd'hui à la tête du Comité paralympique et sportif français (CPSF).

Par Cécile Vérin

Publié le 25 février 2020 à 9h40, mis à jour le 13 janvier 2025 à 18h02

Cet été, entre le 24 juillet et le 9 août, elle ne sera là pour personne. Marie-Amélie Le Fur devrait être à Tokyo pour un ultime défi au saut en longueur. Ce sera alors ses derniers JO.

Encore faut-il qu’elle parvienne à décrocher sa qualification, mais si tout se passe bien, elle tentera au Japon de rapporter une nouvelle médaille d’or.

Mais faisons un bond en avant et parlons 2024. Un tout autre défi, celui d’organisatrice et non plus de participante, elle qui occupe une place de choix au sein du dispositif Paris 2024.

Comment avez-vous été amenée à vous impliquer aux côtés de Paris 2024  ?

C’est Tony Estanguet (NDLR : le co-président du comité de candidature) qui est venu me chercher. Une grande mixité existait au sein du comité des athlètes, constitué de sportifs valides et handisport, d’hommes et de femmes, avec également un aspect transgénérationnel.

Certains étaient par exemple des participants potentiels aux JO de 2024. Ça compte, car la mission du comité ne reposait pas que sur Teddy ou moi, mais sur les épaules de tous nos athlètes ambassadeurs. 

Qui peut bénéficier de la place du handisport et de la diversité dans les JO Paris 2024 ?

Toute la société, à travers l’impact de nos actions, particulièrement la jeune génération.

En étant exposé à des expériences de vie particulières, on se nourrit de nouvelles choses qui font grandir tout le monde en développant de nouvelles compétences, voire des structures. Ça va bien au-delà du sport ou du handisport, c’est valorisable partout.

Se dépasser, repousser les limites, y compris sociales, ce sont des valeurs qui créent de nouvelles façons de penser et de fonctionner dont peuvent s’inspirer les futurs citoyens.

Vous aidez aussi les personnes en situation de handicap et soutenez le handisport de multiples façons, comme avec le fonds TELMAH (Tendez la main au handisport)…

Oui, je parraine aussi plusieurs associations, comme Entr’Aide-Une lame pour courir ou Du Sport et Plus, qui apporte via le sport un soutien aux jeunes en difficulté suite à un handicap ou une hospitalisation. L’entraide est importante.

J’en sais quelque chose. L’un de mes plus beaux souvenirs remonte à 2005 quand j’ai pu à nouveau participer à la course des Championnats de France de cross sapeurs-pompiers après mon amputation. Et je le dois à la mobilisation de mes amis pompiers qui ont su m’encadrer, moi qui étais jeune sapeur-pompier et qui aurais voulu en faire mon métier.

Vous aimerez aussi…

Sandy Montanola : « L’idée est toujours la même : le sport masculin est l’étalon de mesure et le sport féminin vise à y ressembler »

Sandy Montanola : « L’idée est toujours la même : le sport masculin est l’étalon de mesure et le sport féminin vise à y ressembler. »

Elle travaille sur les inégalités femmes-hommes dans les médias. Maîtresse de conférences à l’université de Rennes 1, responsable de la formation en Journalisme de l’IUT de Lannion et co-responsable de la mission égalité-diversité de la CEJ (conférence des écoles en journalisme), Sandy Montanola dresse, avec nous, un panorama de l’évolution du traitement médiatique du sport féminin. Où tout reste à faire.

Lire plus »
zumba

Zumba, entrez dans la danse !

Une tornade, un raz de marée. Cette discipline venue de Colombie a su trouver le combo gagnant – transpirer en s’éclatant – pour séduire des femmes qui veulent bouger sans pour autant avoir l’impression de faire du sport. Reportage au pays de cette danse devenue trendy.

Lire plus »
La question qui tue Si je fais trop de muscu, je vais ressembler à un mec, non ?

Si je fais trop de muscu, je vais ressembler à un mec, non ?

On a toutes cette copine (ou bien on est cette copine) qui a peur de la musculation. « J’ai pas envie d’avoir des gros bras ». Si t’es du genre à checker tes biceps après chaque séance pour vérifier qu’ils n’ont pas trop gonflé, cet article est fait pour toi. On t’explique pourquoi, muscu ÀBLOCK! ou pas, t’es pas prête d’avoir le physique de Schwarzy…

Lire plus »
Pauline Déroulède

Pauline Déroulède : « Après mon opération, la première chose que j’ai dit, c’est : « Je vais faire les Jeux Paralympiques ». »

Une guerrière, une winneuse. Sur une seule jambe. Il y a un an, percutée par une voiture, Pauline Déroulède a été amputée de la jambe gauche. Depuis, cette droguée au sport n’a eu de cesse de s’entraîner pour les Jeux Paralympiques de Paris 2024. Sa discipline : le tennis fauteuil. Mais ne vous y fiez pas, ce qu’elle aime avant tout, c’est taper dans la balle…comme avant. Rencontre avec une femme toujours debout.

Lire plus »
Janja Garnbret : celle qui fait le mûr pour atteindre les sommets

Janja Garnbret : celle qui fait le mûr pour atteindre les sommets

Elle vient de signer la première ascension féminine de Za Staro Kolo in Majhnega Psa, une voie mythique en Slovénie. Du haut de ses 25 ans, Janja Garnbret se construit un palmarès unique. Le monde de l’escalade est à ses pieds et la Slovène semble loin d’avoir fini de dominer outrageusement son sport. Portrait d’une fille déjà devenue légende.

Lire plus »
Nita Korhonen

Nita Korhonen, en pole position pour féminiser la moto

Elle milite avec en ligne de mire la mixité dans son sport. Née quasiment sur l’asphalte d’un circuit, Nita Korhonen, motarde et fière de l’être, s’emploie à féminiser le milieu de la moto via ses fonctions au sein de la Fédération Internationale de Motorcyclisme (FIM). Portrait d’une incorrigible bikeuse.

Lire plus »
Le Q&A de Marie Oteiza

Le Q&A de la pentathlète Marie Oteiza

Elle a 30 ans et elle est une femme complète. Une athlète riche de cinq disciplines qu’elle pratique toutes avec le même bonheur. Ou presque. La championne de pentathlon Marie Oteiza répond à notre petit questionnaire de Proust à la sauce ÀBLOCK!

Lire plus »

Recherche

Soyez ÀBLOCK!

Abonnez-vous à la newsletter

Mentions de Cookies WordPress par Real Cookie Banner