
Il était une fois le football…féminin
Petit cours d’histoire express sur un sport très vite conjugué au féminin puis perdu de vue avant de revenir sur le devant de la scène. Ou plutôt du stade.
Publié le 19 décembre 2020 à 12h46, mis à jour le 13 janvier 2025 à 17h16
Tu es en bonne voie pour être qualifiée aux JO de Tokyo, quel effet ça fait ?
J’étais seulement remplaçante pour les JO de Rio en 2016 donc j’avais hâte que les Jeux arrivent en 2020. Qu’ils aient été reportés d’un an n’a fait qu’augmenter mon envie d’y parvenir. Je ne suis pas encore sélectionnée personnellement, mais j’ai qualifié le pays. Ça se déroule via plusieurs compétitions qui ont débuté l’année dernière avec les Championnats du monde, les Coupes du monde…
On va avoir les Championnats d’Europe au mois d’avril. On est deux en lice, ce sera bien évidemment la meilleure qui fera l’aventure olympique… Si ça marche pour moi, ce sera vraiment un rêve qui se réalise !
©Laurent Daufes
À tout juste 23 ans, tu es donc déjà possiblement en partance pour les JO et médaillée d’or aux Jeux Européens, en 2019. Comment as-tu fait le grand bond vers le trampoline ?
Très simplement. Petite, je faisais de la gymnastique – j’ai commencé vers l’âge de sept ans – et il y avait un trampoline dans la salle. Comme ma sœur m’emmenait souvent plus tôt que l’heure de l’entraînement, j’avais tendance à m’ennuyer… Alors on m’a proposé très vite de tester le trampoline et j’ai continué tout en pratiquant ma gym. Ça me plaisait de plus en plus et, en sixième, j’ai choisi de me consacrer à cette discipline.
Qu’est-ce qui te plaît dans ce sport ?
Tout de suite, ça a été comme un jeu pour moi. On pouvait faire beaucoup plus d’acrobaties qu’en gym et j’aimais beaucoup cette dimension-là ! Je suis aussi compétitrice, j’aime gagner donc je fonce. Je n’hésite jamais à hausser la difficulté de mes figures, je n’ai pas le choix pour rester au top !
Actuellement, je bosse à fond pour perfectionner mes triples rotations (elle est la seule aujourd’hui sur le circuit à maîtriser cette figure, ndlr) et je m’amuse aussi… Disons que je tente d’autres difficultés : j’ai passé les quatre triples rotation récemment !
©FFGym
Quelles sont tes sensations quand tu es dans les airs ? Tu n’as jamais peur ?
J’ai vraiment la sensation de voler. Au début, on croit qu’on va avoir la tête qui tourne, mais on prend vite l’habitude. Ça m’arrive d’avoir peur, oui, notamment pour le placement : il faut savoir arriver dans la toile et faire attention à ne pas atterrir… par terre.
Ça peut m’arriver d’avoir peur aussi pour certaines figures comme les vrilles telles que le « rudy », mais, là encore, si je veux performer, je suis obligée de les passer. Et c’est ce qui me permet de dépasser l’appréhension. Le trampoline, c’est de l’adrénaline, j’aime ça donc je rebondis toujours !
©FFGym
Comment on devient une pro du trampoline, physiquement et mentalement ?
J’ai commencé la gym et les compétitions en gym et trampoline très tôt, je suis rodée en quelque sorte. (Dès l’âge de dix ans, en 2007, Léa est championne de France benjamine et continue sa progression sur la première marche du podium suivant les catégories, en 2008, 2011 et 2012, ndlr). Sinon on est toutes suivies par un psy et, à une époque, j’avais aussi fait de la sophrologie.
Physiquement, je fais de la musculation trois fois par semaine avec un préparateur physique. Pour ce qui est de l’entraînement pur et dur au Pôle France d’Antibes, c’est deux fois par jour quatre fois par semaine et une fois le mercredi et le samedi.
©DR
Quelle est la marque de fabrique Léa Labrousse sur trampoline ? Ton point fort ?
En compétitions de trampoline, on est jugés sur le temps de vol, la hauteur, les difficultés, l’exécution et le déplacement. Je pense que moi, je gère bien la difficulté – je teste de nouvelles figures – et je suis assez stable dans le sens où je vais toujours au bout de mes mouvements.
Une victoire qui t’a fait sauter au plafond ?
Je dirais les Championnats du monde en 2019 avec la qualification olympique en demi-finale et ma médaille aux Jeux Européens la même année. Pour les Championnats du monde, c’était à la fois stressant et inoubliable, l’ambiance était très intense car on y jouait tous notre quota olympique. Je me suis placée à la cinquième place !
Pour les Jeux Européens, c’était ma première médaille individuelle dans une compétition internationale d’une telle envergure.
©FFGym
Un coup dur qui t’a quand même permis de rebondir ?
Mes blessures… En 2013 d’abord, j’avais seize ans, j’étais jeune, et j’ai eu du mal à revenir après mes six mois d’arrêt. J’ai eu peur.
Et puis, en 2018, j’ai eu une période compliquée : je suis tombée lors de plusieurs compétitions et deux fois dans la même compétition, à chaque fois sur la même figure. On se remet alors beaucoup en question, c’est assez stressant.
Mais on arrive toujours à dépasser ça car il y a une autre compétition derrière à préparer… Et parce qu’on s’entraîne et quand ça repasse une fois… C’est bon !
©FFGym
Tu gères bien le rebond alors ?
Le mental joue beaucoup. Je me dis « Il faut que j’aille au bout de l’enchaînement ». Parce qu’on ne sait jamais ce qu’il va se passer avec nos adversaires. Il faut réaliser nos passages.
Le monde du trampoline est sympa pour les filles ?
Il n’y a pas de groupes séparés. Il y a vraiment une bonne relation avec les garçons, on est toujours ensemble, on s’entraîne ensemble. Et puis voir un garçon aller plus haut que moi, quand même, il faut le dire, ça me booste ! On prend exemple, on essaye de saisir ce que ça peut nous apporter.
Lire aussi
« Team USA », le docu choc sur le plus gros scandale d’abus sexuels dans le sport américain
©Laurent Daufes
Être une sportive de haut niveau, ça t’aide dans ta vie quotidienne ?
Question difficile : je vis dans le sport depuis tellement longtemps ! J’y suis plongée quotidiennement depuis toujours. Je n’ai pas de recul. Mais je crois bien que ça m’a permis d’être autonome jeune, sûrement plus rapidement que d’autres. Je suis partie de chez mes parents à l’âge de quatorze ans.
Comment s’est passé le confinement pour toi ? Pas trop dur de rester sur la terre ferme ?
Le premier confinement, ça a été un coup dur, oui, parce que les Jeux Olympiques et les compétitions ont été reportés. Et puis, les séances de muscu en visio avec les coachs, ça manquait d’énergie ! Le deuxième confinement, je ne l’ai pas vu passer…
©FFGym
Quel est ton plus grand rêve sportif ?
Gagner les Jeux de Tokyo ! J’aimerais aussi participer à ceux de Paris en 2024, mais, ça, on verra plus tard… Pour l’instant, j’attends, j’espère, le grand bond de 2021 !
Vous aimerez aussi…

Petit cours d’histoire express sur un sport très vite conjugué au féminin puis perdu de vue avant de revenir sur le devant de la scène. Ou plutôt du stade.

Première surfeuse pro du Sénégal devenue symbole d’émancipation, elle glisse sur l’eau pour mieux noyer les préjugés. Changer les mentalités est son crédo dans un pays où certains sports ne se conjuguent pas au féminin. Khadjou Sambe s’entraîne dur pour se qualifier aux prochains JO de Tokyo et ça va tanguer !

Elle aime fédérer. Mais aussi détricoter les clichés. Pour pousser les filles à pratiquer le VTT dans un univers encore trop masculin à son goût, Marion a créé un groupe de vélo féminin. À 32 ans, elle s’éclate dans un sport qu’elle aimerait démocratiser. Rencontre avec une « jungirlz » ultra positive pour qui tout roule toujours !

Ultra compétitive et un rien hyperactive, cette championne haute comme trois pommes fait figure de prodige du tennis de table. Double championne de France en benjamines et multi-sélectionnée en équipe de France, Albane Rochut est carrément ÀBLOCK!

Le 9 juin dernier, la Coupe du Monde Féminine des Quartiers a posé ses crampons à Lyon. Organisée par l’association W(e) Talk, elle a réuni une centaine de jeunes filles pour qui le ballon rond est une bouffée d’oxygène. Récap’ en images.

Passionnée de triathlon, Margot Sellem est infatigable quand il s’agit de se relever de ses blessures mais aussi de ses freins. Elle nous raconte le chemin parcouru en à peine trois ans de pratique assidue et acharnée de cette discipline de wonder(wo)men.

Deuxième plus grande compétition paralympique internationale juste après les Jeux, les Championnats du monde de para athlétisme rassemblent, dès ce 8 juillet, l’élite de l’handisport au Stade Charléty, à Paris. Dix jours d’épreuves, dernier gros test avant les JOP 2024. Demandez le programme !

Championne du monde de judo, Championne olympique et aujourd’hui entraîneuse de l’équipe de France. C’est simple, Lucie Décosse est l’une des meilleures judokates au monde. Même si elle a raccroché le kimono. La preuve en 5 dates.

Depuis ses 18 ans, elle se bat pour l’inclusion des femmes dans les sports de glisse. Grâce à cette snowboardeuse franco-suisse à la personnalité magnétique, la pratique du freestyle et autre freeride évolue, se féminise doucement. À 36 ans, c’est désormais derrière une caméra qu’Anne-Flore Marxer s’engage et poursuit le combat. Passionnante conversation avec une sportive activiste.

Ralentie par de multiples blessures, Ouleymata Sarr l’attaquante du Paris FC fait des allers-retours entre le terrain et les vestiaires. Des moments difficiles que la tricolore entend laisser derrière elle pour disputer à fond l’Euro 2022. Remplaçante de qualité pour l’équipe A, la titularisation est à portée de crampons.

Figure emblématique de la danse classique, sur scène et en coulisses, Aurélie Dupont, ancienne étoile de l’Opéra de Paris, est née (quasiment) sur des pointes. Retour en 5 infos sur un petit rat devenu l’une des plus grandes et gracieuses figures du ballet français.

Marie-Laurence est totalement ÀBLOCK ! sur le sport depuis le plus jeune âge. Avec lui, elle a trouvé sa bouée de sauvetage, un moyen de canaliser son énergie. Mais c’est avec le football américain qu’elle a définitivement plaqué au sol tous ses conditionnements de vie : maintenant, le sport est un pur plaisir dans lequel elle s’engage à fond, comme une professionnelle. Elle souhaite passer le ballon aux plus jeunes, filles comme garçons : le sport peut changer des vies !
Abonnez-vous à la newsletter