Rechercher

Simone Biles La gymnaste qui défie les lois de la gravité…et de la société patriarcale

Simone Biles
À tout juste 23 ans, l’Afro-Américaine Simone Biles écrit sa légende à la force d'ébouriffantes figures acrobatiques, portant désormais son nom. Puissante, elle l’est aussi dans son discours, s’engageant contre les discriminations et les agressions envers les femmes dont elle a été, elle-même, victime. Portrait de l’une des sportives les plus influentes de 2020.

Par Claire Bonnot

Publié le 20 juillet 2020 à 12h33, mis à jour le 13 août 2021 à 19h29

« Je ne suis pas le prochain Usain Bolt ou Michael Phelps. Je suis la première Simone Biles ». La championne opiniâtre fait la couverture du prestigieux Vogue américain du mois d’août 2020 : « Un rêve », a commenté la grande athlète sur son compte Instagram.

Décidément, miss Biles gravit tous les podiums un à un.

À 23 ans, l’athlète américaine est déjà quadruple championne olympique et la gymnaste la plus médaillée de l’histoire dans le monde, hommes et femmes confondus. Son arme imparable ? Les figures acrobatiques qu’elle va jusqu’à inventer. Simone Biles n’a pas fini de s’envoler…

Simone Biles

Cet impressionnant petit bout de femme de 1,45 m pour 47 kilos a pris sa revanche sur la vie.

Simone Biles est née en 1997 dans une cellule familiale brisée – une mère sous l’emprise de la drogue et de l’alcool, un père inexistant. Elle est alors placée en famille d’accueil avec ses frères et sœurs avant d’être adoptée et élevée par son grand-père et son épouse.

La gym, elle la découvre à l’âge de six ans, et démontre, très vite, des capacités hors du commun. Elle y rencontre « sa seconde mère adoptive », celle qui fut sa coach jusqu’en 2016, Aimee Boorman.

Simone Biles

La gymnaste la plus titrée de l’Histoire

Son ascension est, depuis, fulgurante.

En 2011, à l’âge de quatorze ans, elle intègre l’équipe nationale puis remporte ses premières médailles d’or (deux) aux Championnats du monde en 2013. « Depuis, elle est intouchable », comme semble le graver dans le marbre le Vogue américain.

En 2014, aux championnats du monde, elle remporte quatre médailles d’or, puis quatre en 2015. À 19 ans, elle détient le plus de médailles d’or parmi toutes les gymnastes américaines de l’histoire. « Travaillez dur en silence, laissez votre succès faire du bruit », écrit-elle en légende de sa photo Instagram où elle croule sous les médailles…

La suite ? L’année 2016 la voit couronnée du titre de l’ « athlète féminine de l’année » par l’Associated Press.

La raison ? Pour ses premiers JO à Rio, la sportive dégomme tout : elle décroche quatre médailles d’or et l’honneur d’être la première gymnaste américaine à être choisie comme porte-drapeau lors de la clôture des Jeux.

Simone Biles

Après une année sabbatique, elle reprend la compétition en 2018 aux championnats du monde et empoche à nouveau moultes médailles dont 4 en or…

En 2019, elle ajoute à son palmarès époustouflant cinq nouvelles médailles d’or se hissant au firmament des gymnastes mondiales avec un total de 25 récompenses : 19 médailles d’or, 3 en argent et 3 en bronze. Un record !

Le New Yorker résumait parfaitement cet exploit quasi-surhumain digne d’un… super-héros ? « Serena Williams ne gagne pas tous les tournois, Michael Phelps a déjà perdu une course. Biles n’a jamais perdu le concours général en six ans. Elle a gagné un total de vingt-cinq médailles mondiales et olympiques. Elle est en compétition seulement contre elle-même et pour longtemps. »

Simone Biles

La « puce » géante de la gym

Simone est surnommée « la puce » pour sa petite taille… mais pas que. Elle est une véritable bombe volante et ses sauts affichent des amplitudes impressionnantes.

Elle vole tellement haut dans sa discipline qu’elle invente des mouvements jamais réalisés auparavant. L’exploit ? Ils sont validés et portent désormais son nom dans le code de pointage de la discipline.

En gymnastique, réussir un mouvement jamais accompli dans une compétition internationale majeure est récompensé au Code de pointage de la Fédération Internationale (FIG). Une inspiratrice donc…

Simone Biles

Le petit précis « Biles » de la gymnastique ?

Quatre figures acrobatiques  – deux au sol, une à la poutre et une au saut.

« The Biles », son mouvement signature, réalisé au sol dès 2013 : double salto arrière tendu avec une demi-vrille. « J’ai vu certains de mes amis garçons essayer de le faire, mais ils n’y arrivent jamais et cela les énerve », s’amuse-t-elle à raconter.

Un autre « The Biles » en saut, réalisé aux Championnat du monde 2018.

« The Biles II » au sol : double salto arrière avec triple vrille, réalisé aux Mondiaux de Stuttgart.

Un tout dernier : « The Biles » réalisé à la sortie de la poutre à Stuttgrat : double salto arrière groupé avec une double vrille.

Simone Biles est définitivement renversante…

Simone Biles

Une super-héroïne qui fait entendre sa voix

«Je sais que cette expérience horrible ne me définit pas. Je suis beaucoup plus que ça. Je suis unique, intelligente, talentueuse, motivée et passionnée. Je me suis promis que mon histoire serait bien plus grande que ça. »

L’incroyable force de la nature qu’est Simone Biles dévoile au monde entier, le 15 janvier 2018, avoir été abusée sexuellement par Larry Nassar, l’ancien médecin de l’équipe américaine de gymnastique, alors accusé d’agressions sexuelles par plus de cent autres personnes et aujourd’hui purgeant une peine pouvant aller jusqu’à 175 ans d’emprisonnement.

« Je n’ai plus peur de raconter mon histoire », dit-elle alors, « Non, ce n’était pas de ma faute. Non, je ne vais pas et ne devrais pas porter la culpabilité qui appartient à Larry Nassar, à la Fédération américaine et à d’autres. »

Simone Biles

Comme elle l’explique dans Vogue, Simone Biles, forte de sa notoriété, se fait porte-voix pour les autres femmes : « Je pense que c’est un honneur de parler pour les moins fortunés et pour les sans voix. J’ai aussi l’impression que cela leur donne du pouvoir. »

Déterminée, la jeune gymnaste ne lâche pas l’affaire et veut que les choses changent de l’intérieur : « La bataille porte sur l’avenir de la gymnastique », dit-elle à Vogue. C’est pourquoi elle demande actuellement une enquête indépendante à la Fédération américaine alors que cette dernière a proposé un dédommagement pour toutes les victimes de Larry Nassar.

Simone Biles

Alors qu’elle devait prendre sa retraite après les JO de Tokyo cet été, la pandémie a redéfini son destin et la voilà qui se lance un nouveau défi : celui des JO 2021.

Fera-t-elle à nouveau exploser tous les records ? Simone Biles reste définitivement ÀBLOCK! et c’est ce que montre une de ses nouvelles figures inédites essayée récemment en entraînement…

  • Après s’être retirée du concours de gymnastique par équipes aux Jeux Olympiques de Tokyo, Simone Biles vient de déclarer forfait pour le concours général individuel qui aura lieu jeudi 29 juillet, annonce faite par la Fédération Américaine de Gymnastique : « Après une évaluation médicale, Simone Biles s’est retirée de la finale du concours général afin de se concentrer sur sa santé mentale ».

Soutenez ÀBLOCK!

Aidez-nous à faire bouger les lignes !

ÀBLOCK! est un média indépendant qui, depuis plus d’1 an, met les femmes dans les starting-blocks. Pour pouvoir continuer à produire un journalisme de qualité, inédit et généreux, il a besoin de soutien financier.

Pour nous laisser le temps de grandir, votre aide est précieuse. Un don, même petit, c’est faire partie du game, comme on dit.

Soyons ÀBLOCK! ensemble ! 🙏

Abonnez-vous à la newsletter mensuelle

Vous aimerez aussi…

Manaé Feleu : « Quand t'es une fille et que tu dis que tu joues au rugby, on te répond que c’est un sport de brutes . »

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

Une athlète qui marche vers les sommets, une capitaine de l’équipe de France de rugby qui sait comment apprivoiser le ballon ovale (Manae Feleu sur notre photo), une fille qui court, qui court, et le décryptage d’un baromètre sur les jeunes et le sport, c’est le meilleur de la semaine sur ÀBLOCK! Enjoy !

Lire plus »
Léa Labrousse : « J’ai envie de marquer mon nom dans l'histoire du trampoline français. »

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

Une championne du rebond (Léa Labrousse sur notre photo), une traileuse qui a écrit l’histoire, une torpille tricolore, une nouvelle chronique de notre marathonienne ÀBLOCK! et un festival sportif sur grand écran, c’est le meilleur de la semaine. Enjoy !

Lire plus »
Sandrine Alouf : « Mes photos de sportives, c’est une loupe sur une société ultra genré

Sandrine Alouf : « Mes photos de sportives, c’est une loupe sur une société ultra genrée. »

Elles s’appellent Edith, Marie, Catherine ou encore Myriam (sur notre photo), elles ont pour points communs d’avoir plus de 50 ans et de bouffer la vie comme jamais. L’artiste touche-à-tout Sandrine Alouf les met en lumière à travers des photos qui dépotent, pour mieux balayer les idées préconçues et les représentations clichés sur ces femmes pétillantes pour qui « C’est pas demain la vieille » !

Lire plus »
Un WOD ? Cékoiça ?

Un WOD ? Cékoiça ?

Parfois, ils ne sont pas faciles à décrypter. Les coachs ont leur langage, selon les disciplines qui, elles aussi, sont régies par des codes. Sur ÀBLOCK! on a pensé défricher tout ça avec un lexique pratique. C’est le petit dico « Coach Vocab' » Et on commence par le terme WOD propre au CrossFit.

Lire plus »
« Savoir que l’on va laisser une empreinte dans le hand, c’est magnifique. »

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

Une rencontre avec une (déjà) légende du handball actuellement en plein Mondial en Espagne (Allison Pineau sur notre photo), un podcast avec une nageuse qui s’est jouée des requins, cinq infos sur une championne de la peuf, la petite histoire du handball féminin et une chorégraphie engagée, c’est le meilleur d’ÀBLOCK! Bonne lecture !

Lire plus »

Recherche

Soyez ÀBLOCK!

Abonnez-vous à la newsletter

Mentions de Cookies WordPress par Real Cookie Banner