
Boxe : « Ce qui fait le plus mal, c’est la peur. » (Premier Crochet. Épisode 1)
ÀBLOCK! accueille le podcast d’Audrey qui nous propose d’entrer dans l’univers et la tête des boxeuses. Du pur documentaire audio. Montez sur le ring avec elle.
Publié le 26 novembre 2024 à 13h56
Tu as participé, l’hiver dernier, aux Jeux Olympiques de la Jeunesse d’hiver en Corée du Sud à Gangwon pour la toute première fois, à seulement 16 ans. Comment tu as vécu la nouvelle ?
En fait, j’ai reçu un mail de la Fédération pour me dire que j’étais sélectionnée. Je ne me serais jamais attendue à une chose pareille. C’était la première fois que j’accédais à une compétition d’une telle envergure ! Je ne m’imaginais pas du tout être prête pour une telle occasion. Bref, ça a été incroyable !
J’ai quand même été un peu anxieuse à l’approche des JOJ 2024 donc j’ai fait de la prépa mentale. Je fais souvent des sessions, ça aide pour le sport et pour tout finalement. Après, j’ai été relax. Je pensais beaucoup au fait de faire ce grand voyage. C’était fou de partir en Corée du Sud, je n’étais jamais sortie de l’Europe.
Tu termines à la 11e place en slopestyle et tu te blesses malheureusement avant l’épreuve du Big Air…
Côté slopestyle, oui, ça a été la surprise. Je ne m’attendais pas à aussi bien réussir. J’ai juste raté la finale à une place. Bon, en vrai, je suis un peu déçue parce que j’ai vraiment l’impression que si j’y retournais maintenant, je ferais bien mieux ! Pour le Big Air, ça a été dur parce que c’était ma seule chance de concourir aux Jeux Olympiques de la Jeunesse. C’était une fois dans ma vie. En fait, je me suis blessée à l’entraînement, en tombant juste après un saut tout bête. Je me suis fait mal à la cheville, une petite fracture. Avec la douleur, j’ai préféré ne pas continuer.
©️Honey Smith
Si on revient à la genèse, quand et pourquoi as-tu débuté le ski freestyle ?
Moi, je suis anglaise, mais mes parents ont déménagé dans les Alpes françaises quand j’étais toute petite. Depuis, on vit à Bourg-d’Oisans. J’ai débuté le ski à l’âge de 3-4 ans, en glissant sur les pistes avec mes parents puis en prenant des cours dans des petits clubs. J’ai pratiqué le ski alpin jusqu’à mes 11 ans mais ça ne me plaisait pas. Alors, j’ai appris toute seule, sur un bord de piste, à faire un 360. Une petite fille qui fait une telle figure, ça se remarque ! Du coup, on m’a prise au ski club de l’Alpe d’Huez. J’ai débuté en freestyle au moment où j’entrais en sixième.
Qu’est-ce qui ne te plaisait pas en ski alpin ?
Je crois surtout que c’est parce que je n’étais pas assez forte par rapport aux autres. Alors, quand j’ai vu que je pouvais faire des 360 et que ça m’ouvrait les portes d’un autre type de ski, j’ai tout de suite dit oui. J’étais un peu folle, casse-cou. Je n’ai pas peur, en fait, j’essaye toujours surtout !
Comment décrirais-tu le ski freestyle, toi qui es spécialisée en Slopestyle et Big Air…
Au slopestyle, il y a trois bosses et environ trois rails en métal sur la piste et il faut tout enchaîner. Si on atterrit d’un saut en arrière, on continue comme ça et idem si on atterrit en avant. Le Big Air, c’est une grosse bosse avec une grande réception. Il faut essayer de sauter le plus loin possible en faisant les meilleur tricks, soit les meilleurs sauts, les meilleures figures. Comment ? En essayant d’attraper les skis, par exemple. Il faut que ce soit beau ! Après, l’adrénaline est différente quand on fait du slopestyle, je trouve.
©Nils Moignard
Comment tu te sens quand tu es en piste pour ces deux types de freestyle ?
En Big Air, je dirais qu’il faut juste savoir à quelle vitesse il faut prendre la bosse et savoir où on va atterrir. À ce moment-là, on détermine si on doit tourner vite ou doucement en l’air. Ça me stressait au début parce que tu as une seule chance pour bien atterrir. Alors qu’en slopestyle, si tu rates ta première bosse, tu peux continuer et tenter sur les autres obstacles du parcours. Je m’amuse plus sur ce type d’épreuves mais j’ai fait plus de compétitions en Big Air.
Quels sont tes atouts sur ces deux disciplines ?
C’est que je fonce ! Ce que je dis tout le temps, c’est que j’ai peur, mais que j’y vais. Par contre, je ne montre pas que j’ai peur. Je sais que je peux réussir avec tout l’entraînement que j’ai derrière moi. Je me concentre énormément sur ce que j’ai à faire avant de partir sur la piste. Et puis, ça aide aussi d’avoir un coach qui te dit : « Je sais que tu peux réussir ».
C’est quoi ton trick préféré ?
Moi, ce que je fais tout le temps, c’est un 720 tail. C’est mon préféré parce que j’y arrive super bien ! Je fais deux tours sur moi-même et j’attrape mon ski au bout, à l’arrière, pour qu’ils se croisent à l’avant. Et ça fait une croix en l’air !
©️Honey Smith
À quoi tu penses quand tu es en l’air, en pleine figure, ou entre deux obstacles de slopestyle ?
La plupart du temps, je mets de la musique dans mes oreilles pour essayer de me distraire, pour ne pas trop réfléchir sur ce que j’ai à faire justement. Même en compét’, j’ai le droit. Et je chante ! L’ambiance, c’est : rap US. Dans tous les cas, je suis concentrée sur ma figure. Mais maintenant, je sais que je sais faire donc je suis bien. Le seul truc, c’est que j’ai envie que ce soit stylé. Moi, je suis du genre à avoir besoin que tout soit parfait.
Ça veut dire quoi un saut stylé ?
C’est quand c’est beau à regarder et quand c’est fluide. Le look aussi a son importance. Moi, je porte beaucoup de vêtements larges.
Comment tu te formes à réaliser ces figures ?
On fait du trampoline pour apprendre les figures et sinon, on fait du airbag – un coussin d’air géant. On va en Suisse pour faire cet entraînement.
©️Honey Smith
Côté entraînement, ça se passe comment ?
J’ai mon entraîneur de ski freestyle, au club. Et au lycée, j’ai mon entraîneur de prépa physique. Ça, c’est tous les soirs, deux heures : isolation, aérobie, proprioception, etc… Pour la prépa mentale, je demande quand j’en ai besoin. On travaille beaucoup sur la respiration. Maintenant, je sais me calmer en compétition. Ou sinon, j’ai appris à me mettre dans ma bulle. Et je me dis que je vais réussir. Et ça marche !
Malgré ta jeune carrière, est-ce que tu as vécu un tournant dans ta pratique, un moment difficile qui, finalement, t’a fait progresser ?
Pour moi, ça a été les Jeux Olympiques de la Jeunesse. Je pensais que je m’étais assez préparée mais quand j’ai vu les autres filles… Là-bas, j’ai acquis du « métier » et de l’expérience. Juste après, j’ai fait les Mondiaux Juniors, en Italie, à Livigno. Là, j’avais le switch, le ski en arrière. Ça m’a rapporté́ plus de points. J’ai fini septième au slopestyle. Je dirais que c’est ma deuxième compétition la plus importante : le niveau y était très élevé. Ça m’a vraiment poussée vers le haut.
©Nils Moignard
Et qu’est-ce qui t’aide à rester motiver pour ton sport ?
Les gens qui sont autour de moi pendant les compétitions, les autres athlètes ou le public. Ils m’aident tellement ! On rencontre plein de gens dans ces événements. Je connais des filles qui viennent d’Australie ou de Nouvelle-Zélande maintenant ! Je trouve ça incroyable.
Il semble y avoir de plus en plus de filles dans ce sport. Tu as été bien accueillie dans ton club ?
Quand j’ai commencé le freestyle, il n’y avait pas beaucoup de filles, c’est vrai. J’étais la seule dans mon club, par exemple, et je le suis toujours d’ailleurs. Lors de mes premières compétitions, on était deux ! Ça ne me dérange pas du tout, au contraire. C’est génial, ça me motive à fond pour aller plus haut, plus loin et avoir du style !
©️Honey Smith
Aujourd’hui, tu es au lycée, en section skieuse de haut niveau. Comment tu fais pour gérer les deux, ton statut de championne et celui d’élève ?
L‘hiver, je suis pas mal libérée pour pouvoir skier le plus possible. Et j’ai un suivi scolaire à distance, sur mon ordinateur. Et je crois que je préfère ça, travailler toute seule plutôt que d’aller en cours. Donc, c’est parfait.
Tu aimerais, plus tard, vivre du sport ?
Si je n’arrive pas à me faire un nom en ski freestyle et à me faire de l’argent en gagnant de grosses compétitions, j’ai un plan B. Je suis en Bac pro commerce.
©️Honey Smith
Est-ce que d’avoir vu des filles faire de la compétition et performer dans ton domaine, ça t’a permis de rêver à ça ?
Ah oui, en France, il y a Tess Ledeux, par exemple. Je l’ai déjà vue plusieurs fois. Et elle réussit tout ! Rencontrer d’autres skieuses freestyle dans le monde, ça me booste aussi. Même si on est en concurrence en compétitions, on se parle sans problème, on se soutient. Moi, je suis super sociable, j’ai tellement envie de de rencontrer des filles qui font le même sport que moi, qui sont comme moi !
Est-ce que tu sens que tu deviens une figure d’influence, un rôle-modèle au féminin dans le ski freestyle ?
En France, je connais déjà toutes les « petites » du milieu. Je leur parle beaucoup. Parce que moi j’aurais tellement aimé qu’une « grande » fasse ça. Je me dis « Je n’ai pas eu ça, j’ai envie de leur donner ! ». Il y a une fille que je connais au lycée, par exemple, je la motive à fond. J’ai envie qu’elle devienne forte.
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