Tatiana : « Je me suis lancée dans le trail car je n’aimais pas courir ! Ça a ouvert en moi des portes insoupçonnées. »Adepte de trail et de HIIT, 30 ans, juriste en immobilier

Kawah Ijengimp

Propos recueillis par Valérie Domain

Publié le 13 juillet 2020 à 19h27, mis à jour le 09 janvier 2026 à 11h08

«  Je pourrais dire que le sport coule dans mes veines. Dès toute petite, j’ai fait de la gymnastique sportive et du tennis. La gym étant devenue ma passion, j’ai arrêté le tennis pour me consacrer à 100 % à ce sport. Je dis à 100 % puisque je suis montée à vingt-deux heures de gymnastique par semaine.

Ce n’était pas un sport étude, plutôt une sorte de classe aménagée avec des horaires nous permettant d’aller nous entraîner dans la journée en plus du soir.

 

“ J’étais une vraie passionnée. Passionnée par l’effort et la précision que cela impliquait. ”

 

Puis, à la fin du lycée le rythme école/sport devenait trop intense. Parce que je ne voulais pas régresser en gymnastique, j’ai décidé d’arrêter.

Equilibre

Et je me suis tournée vers le taïkwendo, pour accompagner une amie, davantage que par coup de cœur. Finalement, je l’ai pratiqué pendant trois ans.

Je me suis rendue compte qu’au sortir de la gym, après tant de passion, il était difficile de retrouver cette petite flamme… 

 

“ Mais j’aimais bien l’idée que ce sport ne soit pas vu comme un ‘sport de fille’. Je déteste ce genre de distinction. ”

 

En fac de droit, j’ai cherché une association sportive, pour rencontrer des gens, pour partager, me défouler. Je suis tombée sur des filles qui cherchaient à renflouer leur équipe de rugby à 7. J’ai dit «  go ».

Se faire mal, ça m’attirait, mais j’avoue que je flippais un peu aussi. Et à raison : pendant les matchs, on tombait contre des filles en STAPS option rugby ! Autant vous dire qu’on a perdu un sacré bon nombre de fois… Ça apprend à perdre et à se remettre en question.

Et on profite des après-matchs : les 3e mi-temps étaient plus que sympas. Ce n’est pas un mythe !

Tuck Jumpgimp

Après le rugby à 7, j’ai testé le rugby à XV  !  J’étais en Irlande pour une année d’études et je jouais avec des nanas qui se débrouillaient vraiment bien ! J’ai aussi fait du trampoline, histoire de retrouver un peu les sensations de la gym. Très cool ! 

 

“ Mon retour en France a été plus délicat, le sport n’était plus ma priorité. ”

 

Je ne sais pas vraiment pourquoi. Par  manque de temps, par manque d’envie. Je faisais quelques cours de fitness, de temps en temps, juste pour décompresser. Puis, j’ai travaillé dans une boite qui mettait une salle à notre disposition. J’ai fini par y aller tous les midis.  Avec une collègue, on a décidé de se lancer dans la réalisation d’un trail de 15 km.

Moutain Climbergimp

 Je me suis lancée ce défi précisément parce que je n’aime pas courir. Je voulais voir si j’en étais capable. Heureusement qu’on était deux ! On l’a fait !

 

“ Pour certains, ce n’est pas un exploit, mais moi j’étais très fière et après tout, c’est tout ce qui compte. On le fait pour nous, pas pour les autres. ”

 

Ça a ouvert en moi des portes insoupçonnées.

L’année dernière, je suis partie quatre mois en Asie, seule avec mon sac sur le dos. Un super voyage, mais le sport m’a beaucoup manqué. Je n’ai pas réussi là-bas à me motiver à pratiquer, par manque de repère, par manque de routine peut-être. Car le sport quotidien s’insère à mon sens dans un minimum de routine pour pouvoir s’y tenir. 

Squat Jumpgimp

Mais j’ai quand-même vécu une super expérience. On le voit sur la photo où je saute de joie (en ouverture de cet article, ndlr) à la sortie du Cratère Kawah Ijen, volcan en Indonésie, dont la descente se fait de nuit avec une lampe frontale et un masque à gaz. Cette photo représente beaucoup pour moi : la liberté, le fait d’être allée au bout de mon rêve, celui de partir voyager seule. Et quelque chose d’incroyable : descendre dans le cratère d’un volcan.

 

“ Cette photo me fait ressentir ce que le sport m’apporte : la liberté, l’accomplissement et la fierté. ”

 

Puis, il y a eu le confinement. Comment tenir dans mon appartement  ? En me remettant au sport !

Mon frère est coach sportif, j’ai donc décidé de suivre ses cours sur Instagram. Il fait du HIIT. J’ai adoré ! Et ça me rappelle un peu la gym dans les placements de corps et l’intensité de l’effort. Je le fais pour moi, je sens que ça me fait du bien, j’adore essayer d’aller toujours plus loin, d’aller puiser dans mes réserves. La tonicité de mon corps me permet de me sentir plus ancrée, d’avoir plus de confiance en moi.

Parfois, c’est vrai, j’ai envie de rester sur mon canapé, mais quel plaisir, quelle fierté de ne pas m’être laissée aller, d’avoir fait ma séance !

“ Je me dis aussi que si ça me procure autant de plaisir, ce sera pareil pour d’autres. ”

C’est pourquoi j’avais envie de témoigner sur ÀBLOCK! Pour passer le message…

Parce que, souvent, on ne sait pas de quoi on est capable.

Si on arrive à se dépasser dans le sport, alors on se sentira capable  de surmonter les obstacles de la vie. »

Si, comme Tatiana, vous souhaitez témoigner de votre passion pour le sport, racontez-nous votre histoire sur contact@ablock.fr 💪

Elles aussi sont inspirantes...

Valérie Marqueton : « Ce défi de Mini Transat, c'est une façon de dire qu’on peut se réinventer à 50 ans. »

Valérie Marqueton : « Ce défi de Mini Transat, c’est une façon de dire qu’on peut se réinventer à 50 ans. »

Il y a six ans, elle n’était jamais montée sur un bateau. Valérie Marqueton tente désormais de se qualifier pour la Mini Transat, une traversée de l’Atlantique en solitaire, sur un voilier de seulement 6,50 m, sans assistance ni communication extérieure. Son ambition : réaliser enfin son rêve d’enfant, l’année de ses 50 ans, et encourager les femmes à ne pas se mettre de limites.

Lire plus »
Marion Navarro : « Après Miss France et Pékin Express, je suis prête pour le marathon de Paris ! »

Marion Navarro : « Après Miss France et Pékin Express, je suis prête pour le Marathon de Paris ! »

Elle s’est longtemps rêvée danseuse. Jusqu’à la blessure. Et puis il y a eu l’aventure Miss France, et une victoire à Pékin Express. Pour ses 23 ans, Marion Navarro avait envie d’une nouvelle aventure qui lui permettrait de repousser encore un peu plus ses limites. La Team Running Intersport lui en a apporté une sur un plateau : le Marathon de Paris qui s’élancera ce 12 avril et que la néo-runneuse envisage de boucler en 5 heures.

Lire plus »
Guila Clara Kessous : « En montant à la corde, j'ai osé faire ce qui me freinait depuis des années. »

Guila Clara Kessous : « En montant à la corde, j’ai osé faire ce qui me freinait depuis des années. »

Formée à Harvard et par le théâtre, elle a plusieurs cordes à son art. Guila Clara Kessous, entrepreneure diplomatique, s’engage depuis plus de quinze ans pour les droits des femmes. Et voilà que le sport entre dans la danse en un geste politico-artistique : grimper à la corde. Une ascension symbolique, une allégorie de la difficulté des femmes à s’élever dans la société. Prenons de la hauteur.

Lire plus »
Lison Bornot : « Je veux mettre en avant l’Ultimate. C’est lui qui m’anime. »

Lison Bornot : « Je veux mettre en avant l’Ultimate. C’est lui qui m’anime. »

Avec sa sœur Éva, elle truste les premières places depuis 2015 en Ultimate. Membre essentiel de l’équipe de France, Lison Bornot est Championne d’Europe outdoor 2023 et championne du monde d’Ultimate sur sable 2023. La voici maintenant en piste pour les World Games, l’antichambre des JO, qui se déroulent en Chine, du 7 au 17 août 2025. Témoignage d’une fille pétillante devenue l’une des ambassadrices françaises d’un sport trop peu connu.

Lire plus »

Vous aimerez aussi…

Angèle Hug, jamais sans sa pagaie !

Angèle Hug, jamais sans sa pagaie !

Elle vient de décrocher la médaille d’argent en kayak-cross. Là où personne ne l’attendait vraiment. Mais Angèle Hug a été plus forte que les pronostics et a su choper la vague qui l’a menée jusqu’au podium olympique ! Portrait d’une jeunette qui n’a pas peur de se jeter à l’eau.

Lire plus »
Tifany Huot-Marchand« Le short-track, c’est extrême, original, spectaculaire et pourtant, ce n’est pas médiatisé…»

Tifany Huot-Marchand : « Le short-track, c’est extrême, original, spectaculaire et pourtant, ce n’est pas médiatisé…»

Elle n’a qu’une idée en tête : se qualifier pour les Jeux de Pékin. Et ainsi, pouvoir (enfin !) mettre en lumière le short-track français. Alors, pas question pour Tifany Huot-Marchand de lésiner sur les efforts. La Bisontine de 26 ans est prête à tout pour satisfaire ses ambitions olympiques. Rencontre avec une fille en patins sur laquelle glisse la pression !

Lire plus »
Catherine Louveau

Catherine Louveau : « Le monde du sport a beaucoup de mal avec les filles performantes, efficaces, musclées… »

Elle n’a pas l’habitude de mâcher ses mots. Elle affirme, qu’aujourd’hui encore, c’est : « aux hommes la performance et aux femmes l’apparence. » Sociologue, professeure émérite à l’Université de Paris-Sud, son champ de recherches concerne le sport et, plus précisément, les problématiques sexuées dans la sphère sportive. Catherine Louveau, forte de plus de trente ans d’expérience dans le domaine, met à mal les représentations traditionnelles dans le sport et analyse les raisons d’un clivage qui a la vie dure. Rencontre éclairante.

Lire plus »
Le questionnaire sportif de… Pauline Robert

Le questionnaire sportif de… Pauline Robert

On y est, la première division de handball féminin a repris. L’occasion d’admirer des joueuses qui se donnent à 200 % sur le terrain. Pauline Robert, pivot de Besançon, ne fait pas exception à la règle. Elle répond à notre questionnaire sportif.

Lire plus »
Marie Appriou « Le boomerang, c'est une histoire de famille. »

Marie Appriou : « Le boomerang, c’est une histoire de famille. »

Depuis près de vingt ans, son coeur fait boom. Marie Appriou, championne du monde de boomerang, s’apprête à remettre son titre en jeu. Ce 17 août, les championnats du monde débutent à Bordeaux. Et la Française compte bien prouver qu’elle est toujours une lanceuse de haut vol. Rencontre avec une nana qui n’a qu’une idée en tête : mettre son sport en lumière.

Lire plus »
« Quand on m’a annoncé que je ne ferais plus de short track, j’ai pleuré puis je me suis dit que j’avais mieux à faire. »

Tifany Huot-Marchand : « Quand j’ai su que le short-track c’était fini, je me suis dit que j’avais mieux à faire que pleurer. »

Victime, en 2022, d’un terrible accident lors d’une compétition, Tifany Huot-Marchand a été contrainte de tirer un trait sur sa carrière de short trackeuse… Mais pas sur le sport de haut-niveau. La Bisontine, bientôt 31 ans, participe, ce 15 mai, à sa première Coupe du monde de para-cyclisme. Le début d’un nouveau chapitre qui pourrait, si les résultats suivent, la mener en Californie pour les Jeux de Los Angeles 2028.

Lire plus »

Recherche

Soyez ÀBLOCK!

Abonnez-vous à la newsletter

Mentions de Cookies WordPress par Real Cookie Banner