
Journal d’une sportive confinée : ne pas regarder son nombril, penser aux autres.
Claire Pola, coach sportive, poursuit son petit journal du confinement. Elle nous conte ses aventures entre quatre murs, en direct de Limoges.
Publié le 08 juillet 2022 à 17h00, mis à jour le 13 juin 2025 à 16h40
Le football, c’est un, si ce n’est LE sport le plus adulé des petits (et des grands). Qui n’a jamais joué au ballon étant enfant ? L’occasion de passer le temps pour certains, le début d’une vocation pour d’autres.
Loin des stades parisiens, l’aventure de Melvine Malard commence dans le parc de sa ville natale : Saint-Denis de La Réunion. Déjà, elle marque des buts avec ses amis, mais ignore encore jusqu’où cela la mènera.
Avant de trouver la perle rare, la jeune sportive passe par une belle ribambelle de sports. Handball, rugby, tennis, et même karaté – elle se prête à tout. Au final, c’est le déclic : le football, c’est dans sa nature.
Ni une, ni deux, la voilà footballeuse au SDFC. Mademoiselle ne perd pas son temps. Elle intègre le meilleur club de La Réunion dès ses 7 ans.
Très vite, sa passion prend un tout autre tournant. En 2014, la jeunette participe à la Coupe nationale avec la sélection de la Réunion à Clairefontaine.
Melvine Malard fait sensation et se démarque en tant que meilleure buteuse du tournoi. Une prestation qui ne passe pas inaperçue. Surtout pas aux yeux de Sonia Bompasteur.
À l’issue du tournoi, la sélectionneuse des jeunes de l’OL contacte les parents de Melvine avec une proposition en or : rejoindre l’Olympique Lyonnais.
C’est l’opportunité pour la jeune sportive de considérer une carrière dans le foot professionnel. Le club lui laisse deux mois pour choisir… il lui faudra deux jours.
Une occasion comme celle-ci, ça ne se refuse pas, explique-t-elle en entretien pour l’Olympique Lyonnais : « Je ne me suis pas posée de questions. Je me suis dit que c’est ce que je veux. C’est le football. Au pire j’y vais pour essayer et après on verra. »
Et pourtant, il lui faudra du courage afin de « sot la mer ». Un proverbe réunionnais qu’elle emploie pour expliquer son envie de saisir cette opportunité – malgré la difficulté de quitter son île.
La future attaquante de l’OL est motivée par des exemples qui ont bercé son enfance. Une joueuse sort du lot : Wendie Renard.
Melvine Malard a toujours admiré la footballeuse martiniquaise. Et pour cause, la défenseure a également quitté des climats chauds pour rejoindre l’OL. Un pari qui porte ses fruits puisque l’idole de Melvine Malard devient capitaine d’équipe.
Quoi de plus beau pour faire rêver la jeune footballeuse de Saint-Denis ?
Plus qu’un modèle, Wendie Renard devient son amie, son mentor… et sa coéquipière pour l’Euro 2022.
La proximité des joueuses lyonnaises, ça pourrait bien être un avantage considérable pour les Bleues. Hormis la défenseure martiniquaise, la nouvelle arrivante est très proche de Selma Bacha. Celle qu’elle considère comme sa meilleure amie, elle l’a également rencontrée à l’OL.
Les deux footeuses accrochent et semblent inséparables. Les portes de Clairefontaine – lieu de préparation des joueuses pour l’Euro 2022 – c’est ensemble qu’elles les pousseront.
Leur complicité, l’attaquante la voit comme une force pour l’équipe. Les deux amies connaissent les techniques de jeu de l’une et de l’autre. Un atout pour réagir vite sur le terrain.
©Damien LG/OL
Il faut dire que depuis ses 14 ans, Melvine Malard ne quitte plus le club. Hormis une courte période de quelques mois au FC Fleury 91, elle reste fidèle à son poste qu’elle occupe toujours aujourd’hui. C’est également là-bas qu’elle passe son CAP en parallèle de la pratique.
Un club où elle grandit, toujours en gardant à l’esprit ce qui l’avait séduit dans le foot : le plaisir de pratiquer entre amis.
Des amitiés qui, parfois, la suivent…un peu trop. En avril 2022, Melvine Malard et Selma Bacha se blessent toutes deux lors d’un match à Guingamp. Les lyonnaises manquent deux matchs de préparation pour l’Euro 2022. Une blessure qui fait mal si près du but.
Rien de trop grave, Melvine Malard répondra présente au prochain rendez-vous. Une belle expérience d’emmagasinée pour la jeune joueuse.
Porter le numéro 8 de l’équipe de France, Melvine Malard en connaît l’enjeu : « La sélection c’est quelque chose de très très important pour moi. Le fait de porter ce maillot bleu me donne énormément de frissons à chaque fois quand je rentre sur le terrain, rapporte-t-elle lors d’un entretien pour l’OL. C’est une chance d’être ici, donc à moi de montrer également qui je suis et de ne pas me poser de questions. »
La suite ne fût pas simple pour autant…
Hervé Renard ne la convoque ni à la Coupe du Monde 2023, ni aux Jeux Olympiques 2024. Mais Melvine Malard ne se laisse pas abattre. Nouvelle joueuse de Manchester United depuis l’été 2023, l’attaquante bosse dans l’ombre, avant de renaître de ses cendres ! Laurent Bonadei, nouveau sélectionneur de l’équipe de France, l’intègre de nouveau au groupe fin 2024. Depuis, elle a été de la partie à chaque rassemblement. Et l’Euro 2025 ne fait exception… Trois ans plus tard, Melvine Malard va de nouveau goûter à une compétition internationale avec les Bleues. L’acharnement a payé, et ce n’est peut-être que le début…
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Qui a dit que les jeunes étaient fâchés avec la discipline ? Les courses Spartan sont là pour prouver le contraire avec des parcours quasi-militaires. Et ils kiffent, les mômes !

Elle est photographe et réalisatrice de documentaires. Son dernier film, « Bande de skateuses », est une épopée immersive sur l’explosion du skateboard féminin en France. Partie à la rencontre de plusieurs générations du milieu de la glisse sur bitume, Marion Desquenne en a rapporté un témoignage qui va au-delà de la simple pratique du skate et en dit long sur une société qui a encore du boulot en matière d’égalité des genres.

Une tenniswoman de légende, une histoire du rugby féminin, une masseuse de mecs balèzes, une vététiste touchante et tout terrain (Julie Bresset sur notre photo), une joueuse de hockey à la peau dure et une baseball girl militante, c’est le meilleur d’ÀBLOCK! et c’est musclé !

Depuis le 5 janvier, six waterwomen s’attaquent à un défi jamais réalisé : 8000 kilomètres sur l’Océan Pacifique, sur des planches de paddle et à la force des bras, entre le Pérou et la Polynésie Française. Le tout pour la bonne cause. Petit point d’étape.

C’est une pièce du vestiaire féminin dont on parle peu. Audrey Millet, docteure en histoire, spécialiste de la mode, s’est intéressée au maillot de bain, bout de tissu qui, par le biais du sport notamment, a grandement contribué à l’émancipation du corps féminin.

Les cascades à moto des héroïnes d’Avengers ou encore de Batman, c’est elle. Sarah Lezito, 29 ans, est l’une des, si ce n’est LA, plus grandes stunteuses de la planète. Convoitée par le cinéma, elle apparaît régulièrement dans des super-productions, mais n’aime rien tant que réaliser ses propres vidéos. Elle chérit avant toute chose sa liberté, celle de faire ce qu’elle veut quand elle veut avec ses motos. Rencontre avec une fille au caractère en acier trempé !

C’était moins une ! Médaille d’argent pour l’équipe de France de basket, mais quel match en finale de ces Jeux de Paris 2024 face aux Américaines ! Et Marine Fouthoux a tiré le plus beau des tirs, un 3 trois points stratosphérique. La joueuse, en route pour le club turc de Mersin, est résolument une star du basket français. La Paloise a le maillot bleu à coeur et on la kiffe !

Le championnat d’Europe féminin de baseball se joue à Montpellier jusqu’au 6 août. Et l’équipe de France, tenante du titre, compte bien récidiver l’exploit devant son public. L’occasion de développer le baseball féminin et de prendre rendez-vous pour le premier tour de la Coupe du monde, l’an prochain.

L’histoire au féminin d’une future discipline olympique, la nouvelle numéro 1 de l’organisation des JO et une super-héroïne qui veut inspirer, c’est le meilleur de la semaine sur ÀBLOCK!. Enjoy !

Elle a consacré sa thèse au roller derby. Orlane Messey, docteure en STAPS à l’Université de Franche-Comté, revient sur les débuts de cette discipline mixte devenue, au fil des ans, une pratique féministe. Avant de rentrer – un peu – dans le rang en intégrant le giron fédéral.

Marie-Laurence est totalement ÀBLOCK ! sur le sport depuis le plus jeune âge. Avec lui, elle a trouvé sa bouée de sauvetage, un moyen de canaliser son énergie. Mais c’est avec le football américain qu’elle a définitivement plaqué au sol tous ses conditionnements de vie : maintenant, le sport est un pur plaisir dans lequel elle s’engage à fond, comme une professionnelle. Elle souhaite passer le ballon aux plus jeunes, filles comme garçons : le sport peut changer des vies !
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