Grace Geyoro La métronome bleue

Grace Geyoro, la métronome bleue
A force de talent et de volonté, Grace Geyoro s'est installée dans le onze de départ des Bleues. Désormais, elle en est la patronne. Maintenant, la milieu de terrain veut gagner.

Par Alexandre Hozé

Publié le 07 juillet 2022 à 17h00, mis à jour le 20 juin 2025 à 17h33

« C’est une joueuse indispensable de cette équipe de France, de par son expérience, de par ses qualités de percussion, à la récupération », dixit l’ex-sélectionneur Hervé Renard. Et Laurent Bonadei semble bien du même avis…

Grace Geyoro a convaincu le staff à chaque fois. Après un beau parcours lors de l’Euro 2022, la Coupe du Monde 2023 et les JO 2024, c’est lors de l’Euro 2025 que Grace Geyoro compte bien briller avec son beau maillot bleu, et peut-être enfin soulever un trophée avec ses coéquipières de sélection. Pour l’instant, en tout cas, c’est le scénario idéal. 

©FFF

Grace Geyoro a les crocs. Comme pour le reste du groupe, un seul résultat sera satisfaisant aux yeux de la footballeuse : la victoire. Née le 2 juillet 1997 à Kolwezi, en République démocratique du Congo, elle débarque à Orléans à l’âge de 2 ans. Et, très vite, c’est l’appel du ballon rond. Un aimant tenace. Avec son grand frère, elle multiplie les heures sur les city. Tant et si bien que sa mère n’a pas le choix : Grace Geyoro va fouler les pelouses de l’US Orléans. Elle a 8 ans et le but en ligne de mire. 

©PSG

À partir de là, la jeune demoiselle entame un sacré parcours qui est encore loin d’être terminé. À 13 ans, elle tape dans l’œil des recruteurs du centre de formation de Clairefontaine. Le Paris-Saint-Germain est on ne peut plus séduit par la milieu de terrain. Grace Geyoro rejoint donc le club parisien. Pendant quatre ans, elle va s’entraîner, progresser et s’accrocher. Car tout n’est pas simple pour l’ado : « Je venais d’Orléans, il fallait que je fasse seule les trajets, se rappelle-t-elle. Ce n’était pas évident, surtout que j’étais très proche de mes parents. C’était dur de les quitter. Mais ma passion a pris le dessus. J’ai cru en moi, je me suis fixé un objectif et j’ai tout fait pour l’atteindre. » Et ça paye. À force de détermination, de rigueur et de talent, elle ne cesse de progresser.

©Wikipedia

La jeune Grace remporte le championnat d’Europe des moins de 17 ans en 2012. Et, deux saisons plus tard, à 17 ans, elle débute en première division avec le PSG. Le temps de s’habituer à l’exigence du monde professionnel et d’aller en finale du championnat du monde des moins de 20 ans, Grace Geyoro finit par s’imposer comme une titulaire indiscutable dans son club. Ses capacités athlétiques, sa qualité de passe et sa compréhension du jeu séduisent tous les observateurs. Et la sélectionneuse Corinne Diacre ne peut y résister. 

À 20 ans, Grace Geyoro honore sa première sélection avec les Bleues le 22 janvier 2017. Avec son club et l’équipe de France, elle continue de s’investir et cherche à s’améliorer. Frustrée par son faible temps de jeu lors de la Coupe du Monde 2019 et par les secondes places du PSG, la milieu de terrain veut faire mieux. Et, une fois de plus, sa volonté fait la différence. L’équipe parisienne se met à regarder l’Olympique Lyonnais droit dans les yeux et à performer sur tous les tableaux.

La D1 2020-2021, elle est pour Grace Geyoro et ses coéquipières. Et en équipe de France, une place de titulaire est désormais réservée à son nom. La boss du milieu, c’est elle désormais ! Après avoir goûté à la victoire, elle veut maintenant s’y habituer. Avec son club, comme avec l’équipe de France… Cet Euro 2025 n’y fait pas exception : miss Geyoro veut être en état de Grace.

Ouverture ©PSG

D'autres épisodes de "Football : ces sportives qui vont droit au but"

Vous aimerez aussi…

Emmanuelle Bonnet-Oulaldj : « Ma candidature au CNOSF contribue à faire bouger les lignes. »

Emmanuelle Bonnet-Oulaldj : « Ma candidature au CNOSF contribue à faire bouger les lignes. »

Elle avait déjà candidaté, en 2021, à la présidence du Comité national olympique et sportif français. Après la démission de Brigitte Henriques, la co-présidente de la Fédération Sportive et Gymnique du Travail reprend son bâton de pèlerin pour tenter, de nouveau, de convaincre qu’elle a les épaules. Interview avec celle que l’on présente comme l’outsider de cette élection qui aura lieu le 29 juin prochain.

Lire plus »
Violette Dorange : « J’ai encore du mal à m'imaginer ce que c'est que de vivre un Vendée Globe »

Violette Dorange : « J’ai encore du mal à imaginer ce que c’est que de vivre un Vendée Globe. »

Elle a mis du temps à aimer naviguer. Mais le virus de la compétition l’a contaminée. Habituée à collectionner les records, Violette Dorange s’apprête à se lancer un nouveau défi. Ce 10 novembre, la Rochelaise de 23 ans prendra le départ de son premier Vendée Globe. Plus jeune participante alignée au départ, cette tête bien faite espère étancher (un peu) son insatiable soif d’aventure.

Lire plus »
Lolo Jones, la course à la revanche olympique

Lolo Jones, la course à la revanche olympique

Elle a déjà été de trois campagnes. Alignée sur 100 mètres haies à Pékin et Londres, engagée en bobsleigh à deux à Sotchi, Lolo Jones a désormais les Jeux d’hiver en ligne de mire à partir du 4 février. L’Américaine de 39 ans espère y décrocher une médaille qui se refuse obstinément à elle depuis quatorze ans.

Lire plus »
Laura Marino : « Ma médaille d’Europe au plongeon, je l’ai vécue comme une honte. »

Laura Marino : « Ma médaille d’Europe au plongeon, je l’ai tellement mal vécu ! »

Elle a connu à la fois l’envers et l’enfer du sport. Vice-championne d’Europe de plongeon en individuel, championne du monde par équipe, Laura Marino a mis des années à comprendre qu’elle ne rentrait pas, ou plus, dans le moule très formaté et parfois sclérosant de la compétition et du haut niveau. Une prise de conscience lente et douloureuse qui l’a conduite tout droit à la dépression. Avant qu’elle ne décide de tout plaquer. Rencontre avec une fille entre deux eaux, mais qui sait rebondir.

Lire plus »
Vendée Globe, les 6 skippeuses qui prennent le large

Vendée Globe 2024, les 6 skippeuses qui prennent le large

Elles mettent les voiles pour le plus symbolique des tours du monde en solitaire et sans assistance. Elles s’appellent Isabelle Joschke, Pip Hare, Justine Mettraux, Clarisse Crémer, Violette Dorange, Samantha Davies, et le Vendée Globe leur appartient ! Ces 6 navigatrices ont bien l’intention de faire des vagues lors de cette édition 2024 qui s’élance ce dimanche 10 novembre. Nous les avons rencontrées avant qu’elles ne larguent les amarres.

Lire plus »

Recherche

Soyez ÀBLOCK!

Abonnez-vous à la newsletter

Mentions de Cookies WordPress par Real Cookie Banner