Stacey Allaster La boss de choc de l’US Open

Stacey Allaster
Elle est la première femme à avoir pris les rênes du tournoi américain. Responsable de la Fédération américaine de tennis, la Canadienne qui a présidé aux destinés de l’US Open pendant cinq ans, tout en conservant ses prérogatives au sein de la fédé, s'apprête à tourner la page, mais sans tout à fait quitter le tennis. Portrait d'une pionnière audacieuse.

Par Titaïna Loiseul

Publié le 28 août 2025 à 15h45, mis à jour le 28 août 2025 à 15h51

Il aura fallu attendre cent-quarante ans pour voir une femme décrocher la responsabilité du premier des tournois américains, l’US Open. Stacey Allaster a succédé, en 2020, à David Brewer qui occupait ce poste depuis 2012.  Mais si le symbole est fort, le cadeau n’est pas si sucré qu’il en a l’air, certains, à ses débuts, l’ont même jugé empoisonné…

Stacey Allaster a eu, dès son arrivée, la lourde tâche d’être la solution au problème de l’organisation du Grand Chelem suite à l’épidémie du Coronavirus. Autant dire que dans les coulisses de Flushing Meadows, cette décision avait alors été prise avec autant d’espoir que d’appréhension : faut-il changer une équipe qui gagne à l’heure de la crise sanitaire ? Il s’est avéré que yes, we can.

Car la dame a du répondant. La Canadienne est une femme de défis. Et le prouve encore à 62 ans, alors qu’elle entame sa dernière édition en tant que directrice du tournoi. Un départ sous les honneurs, l’US Open n’a jamais si bien réuni les foules : il a accueilli plus d’un million de spectateurs pour la première fois cette année. Une victoire pour celle qui écume les courts de tennis depuis toujours.

Stacey Allaster

Une décennie à développer le tennis au féminin

Stacey Allaster n’a pourtant jamais évolué en tant que professionnelle des circuits, mais elle agit depuis des années pour donner aux joueurs et aux joueuses les meilleures conditions de jeu qui soient. Présidente de la WTA (l’Association des joueuses de tennis fondée par Billie Jean King) en 2006, elle devient chef de l’administration de l’USTA (Association américaine de tennis) dix ans plus tard. Avant de se mettre aux services du monde tennistique, elle a décroché une maîtrise de l’administration, devint vice-présidente du marketing et de la vente puis directrice de la Rogers Cup (tournoi du Canada) entre 2002 et 2005. Du sang froid en toutes circonstances, présente sur tous les terrains, respectueuse et respectée, Miss Allaster est une winneuse qui sait marquer des points sans déplaire.

Stacey Allaster

Une femme qui veut tout…

Mariée et mère de jumeaux, Stacey Allaster sait ce qu’elle veut. Et ce qu’elle ne veut pas. C’est ainsi qu’en 2015, elle confie quitter la WTA et ses fonctions en raison de déplacements trop nombreux qui nuisent à sa vie de famille. Et de débuter six mois plus tard sa nouvelle aventure au sein de l’USTA puis, en 2020, de l’US Open. Mais sous conditions. Militante pour l’égalité des sexes, elle a notamment été à l’origine de la mise en place d’une bourse équivalente pour les hommes et les femmes dans plusieurs tournois, signant des contrats lucratifs au profit du tennis féminin partout dans le monde.

Stacey Allaster n’a jamais quitté les starting-blocks. Toujours un set d’avance, audacieuse et innovante. La grande dame du tennis, Billie Jean King, elle-même, a salué son leadership et ses avancées à la tête de l’U.S. Open : « Elle a défendu l’égalité et le progrès, et a travaillé sans relâche pour élever le niveau de réussite dans son rôle ».

En septembre 2025, à l’issue de son ultime US Open, Stacey Allaster qui n’en a pas encore fini avec la petite balle jaune occupera un poste de conseillère stratégique au sein de l’USTA. Elle n’aime pas être à court de tennis.

Vous aimerez aussi…

Julie Bresset 5 infos pour briller sur deux roues

Julie Bresset : 5 infos pour briller sur deux roues

Ce 16 octobre, elle signe la fin de sa carrière sportive par un jubilé dans son fief des Côtes-d’Armor. Julie Bresset, 32 ans et presque autant sur les pédales, a (presque) tout gagné et tout connu. La vététiste bretonne, championne olympique, maintes fois championne du monde, est l’une des cyclistes les plus appréciées du circuit. Victime d’un burn-out et de blessures à répétition, elle est toujours retombée sur ses roues. Retour sur une championne en 5 braquets.

Lire plus »
Annick Hayraud : « Le rugby m’a ouvert l’esprit, il m’a construite. »

Annick Hayraud : « Le rugby m’a ouvert l’esprit, il m’a construite. »

Elle fait partie de ces défricheuses qui ont contribué à populariser le rugby féminin. Annick Hayraud, multi-titrée en club et avec l’équipe de France de rugby à XV, n’a jamais cessé de militer. Manager général des Bleues depuis 2016, son mandat s’achève à la fin de l’année et elle espère, à l’avenir, plus de moyens pour développer et pérenniser la pratique. Rencontre éclairante.

Lire plus »
« Elles arrivent ! » : un vlog sur les jeunes cyclistes du Tour de France Femmes

« Elles arrivent ! » : un vlog sur les jeunes cyclistes du Tour de France Femmes

Quarante-huit jeunettes dans les roues des championnes sur le Tour de France Femmes : l’opération « Elles arrivent ! » imaginée par la Fédération Française de Cyclisme transforme un événement sportif majeur en outil d’inspiration pour la nouvelle génération. À travers une série vidéo immersive, ÀBLOCK!Studio documente cette expérience unique et donne à voir le cyclisme féminin comme un rêve accessible. Retour sur une mission qui fait grandir les vocations.

Lire plus »
Championnat du Monde féminin de handball 2023, le récap'

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

Des disciplines qui goûtent à l’olympisme, un docu pour breaker, un retour sur des Bleues qui ramènent la Coupe à la maison (nos championnes du monde de handball sur notre photo) et une combattante engagée, c’est le meilleur de la semaine sur ÀBLOCK!. Bon récap’ !

Lire plus »
Valérie Domain

Valérie Domain : « 2026, l’année des championnes qui font (enfin) l’histoire. »

Quand tu bouges ton corps, tu bouges ta vie. Cette phrase qui guide ÀBLOCK! depuis cinq ans n’a jamais eu autant de sens qu’en ce début d’année 2026. Parce que cette année qui démarre promet d’être celle où les femmes du sport ne seront plus seulement des exceptions brillantes, mais bel et bien la règle. L’année où elles écriront l’histoire en lettres capitales. Et j’y crois.

Lire plus »
Mélissa Plaza : « Le slam est très thérapeutique. Quand je répare ces femmes en mettant les mots justes aux bons endroits, je me répare moi-même. »

Mélissa Plaza : « Je suis une camée du sport, comme toutes ces championnes pour qui je slame. »

Après les pelouses, l’ex-internationale de football s’offre une autre scène, celle du slam. Et avec talent. Pour ÀBLOCK!, Mélissa Plaza, docteure en psychologie du sport, va manier les mots pour frapper fort et aller droit au but. Tous les mois, cette poète-athlète des temps modernes, nous offrira des slams inédits sur des parcours de sportives inspirantes. Et ça commence ce 30 janvier !

Lire plus »
Fiona : « Le vélo m'a appris qu'on a plus de ressources que ce que l’on pense. »

Fiona : « Le vélo m’a appris qu’on a plus de ressources que ce que l’on pense.”

À 22 ans, Fiona Colantuono, future ingénieure en énergies renouvelables, a décidé de prendre une année sabbatique pour mener à bien un projet un peu fou : parcourir l’Europe de l’Ouest en vélo solaire. Un défi de 8 000 kilomètres pour aller au bout d’elle-même, mais aussi pour mettre en lumière des initiatives locales consacrées à la transition énergétique. On vous embarque !

Lire plus »
Le Top 10 de la Culture Handisport

Le Top 10 de la Culture Handisport

Les Jeux Paralympiques de Pékin battent leur plein. Il est plus que temps de se pencher sur la biblio-vidéo-audio-thèque idéale pour tout, tout, tout savoir sur le handisport, ses héros et héroïnes qui dépassent des limites souvent inimaginables. Go !

Lire plus »
Sophia Flörsch

24 Heures du Mans : les filles vont faire fumer l’asphalte !

Une (quasi) première dans l’histoire du sport automobile : un équipage 100 % féminin est sur la grille de départ de la mythique course d’endurance, en LMP2. Un seul précédent : le trio Lyn St. James, Desiré Wilson et Cathy Muller, en 1991, qui avaient finalement dû abandonner la course. Prouver que les femmes ont leur place dans le sport auto, trop souvent trusté par les hommes, est l’ambition clairement affichée par son sponsor, l’horloger Richard Mille. Entretien sans langue de bois avec sa directrice marketing, Amanda Mille.

Lire plus »

Recherche

Soyez ÀBLOCK!

Abonnez-vous à la newsletter

Mentions de Cookies WordPress par Real Cookie Banner