Justine Pedemonte : « En ce moment, je jongle entre les courses de moto et les révisions du bac ! »

Justine Pedemonte Kids
Entre mon deuxième week-end de course, celui de Lédenon, mon circuit préféré, et mon bac blanc, j'ai la pression, mais je reste zen. Je vous raconte.

Par Justine Pedemonte*, pilote moto, 17 ans au compteur

Publié le 14 mai 2024 à 18h00, mis à jour le 10 septembre 2024 à 11h44

Tout commence le vendredi avec mes premiers essais. Ce jour-là, on était sous la pluie, ça a été l’occasion pour moi de prendre des sensations dans ces conditions-là, d’autant plus que le circuit avait un tout nouveau bitume. Les résultats ont été bons puisque j’ai fait le 8e meilleur temps sur la session. J’étais sur une bonne lancée pour ce deuxième week-end.

On passe ensuite au samedi matin pour la dernière séance d’essais libres avant les qualifications. Le soleil a décidé de se joindre à nous même si, malheureusement, c’était bien la seule fois du week-end ! Et encore une fois, tout se passe bien, à chaque arrêt on faisait des nouveaux réglages sur la moto qui me permettaient d’aller de plus en plus vite.

Puis, l’après-midi pour les qualifs, un nouvel invité s’est joint à nous, le vent. Il était vraiment très fort et… autant vous dire que ça m’a coûté ma qualif. Au bout de quelques tours, en arrivant au niveau du premier virage, une rafale de vent m’a emportée et j’ai chuté a 180km/h. Evidemment ma qualification s’est envolée, la moto était bien amochée et moi aussi !

Dans la chute, j’ai perdu un de mes gants donc j’étais bien éraflée. Heureusement, j’ai une équipe au top qui m’a bien pris en charge et qui a aussi réussi à remettre la moto sur pied pour que je puisse concourir dans les deux courses du lendemain.

Les deux courses, on y arrive justement et c’est le retour de la pluie. Pour le premier départ, je commence à la 14e place sur 18. Disons que les conditions météo n’ont pas été mon seul ennemi cette fois-là. J’ai eu un problème au niveau de mon amortisseur de direction, ce qui fait que ma moto guidonnait, l’avant bougeait énormément. C’était impossible d’aller à fond avec ça, surtout en ligne droite. Donc, pendant toute la course, je doublais en virage et me faisais redoubler en ligne droite. Je finis quand même 11e, mais c’était assez frustrant.

Heureusement, la 2e course s’est bien mieux passée. Je finis également 11e mais avec de meilleurs chronos parce que, cette fois-ci, j’ai réussi à m’échapper du groupe avec lequel je me battais. Et voilà pour ce qui s’est passé à Lédenon, l’équipe est contente de ma progression notamment sous la pluie, donc c’est un bilan positif que je tire de ce week-end.

Surtout, que comme vous le savez, Lédenon est un circuit particulier pour moi, mon préféré. C’est là-bas que j’ai remporté ma première course l’année dernière en 300. On pourrait croire que ça me met une pression en plus mais pas du tout, je suis juste super heureuse de rouler sur cette piste dès que j’en ai l’occasion.

La dernière fois, lors de ma précédente chronique, je vous avais aussi parlé d’un début de rivalité avec Cyprien, qui était déjà mon rival en Supersport 300. Eh bien, je pense que ce combat va se prolonger sur toute la saison. Le vendredi lors des premiers essais, on était dans les mêmes chronos. Le problème, c’est que ma chute du samedi a bien ralenti les choses et ce week-end, il a été au-dessus. Il a gagné cette bataille mais je compte bien me relever pour aller gagner la guerre en fin de saison.

Le prochain rendez-vous c’est fin mai, à partir du 31 jusqu’au 2 juin. J’ai eu l’occasion la semaine dernière de faire deux jours de tests sur le circuit et ça a été très instructif. Je vous avais déjà parlé d’une blessure à l’épaule que je m’étais faite, eh bien à Lédenon ça a été extrêmement douloureux. C’était impossible de faire plus de cinq tours sans que la douleur prenne le dessus. À tel point que, avant ma chute, pendant les qualifs j’étais obligée de faire trois tours puis de rentrer, puis ressortir pour trois tours puis re-rentrer.

Alors, je me suis dit que j’allais consulter un chirurgien. Avec lui, on a décidé de faire une infiltration. Ces deux jours de tests à Nogaro ont été ma première expérience avec cette infiltration et ça a vraiment été concluant. Mes résultats étaient bons, mon épaule me faisait beaucoup moins mal, c’était super !

Pour cette troisième étape, l’objectif c’est d’être dans la continuité. Continuer à progresser et maintenant sans mon épaule douloureuse. En espérant que cette fois la piste sera sèche et que je puisse continuer cette rivalité avec Cyprien. Pas de pression, on progresse !

Le seul truc qui me stresse un peu, c’est que j’arrive en période d’épreuves scolaires, j’ai mon bac de français en fin d’année. Mais j’ai eu mes examens blancs récemment, écrit et oral, et ça s’est bien passé, j’ai eu 14 et 17. Alors, je me dis que j’en suis capable, je travaille dès que je peux et j’essaye de ne pas me mettre la pression parce qu’en plus d’être contre-productif pour le bac ça peut aussi affecter mes performances sur la moto donc, vraiment, j’essaye de rester cool. J’ai vu que j’en étais capable sur les bacs blancs, alors pourquoi pas le vrai ?

Pour la petite anecdote, avant l’oral blanc j’ai dû m’absenter deux semaines pour la moto. Pendant mon absence mes camarades ont étudié un nouveau texte… sauf que je n’étais pas du tout au courant. Je l’ai appris une heure avant mon passage à l’oral, et bien évidemment c’est sur ce texte là qu’on m’a demandé de passer. J’ai tout improvisé ! Donc, oui, j’ai vraiment hâte que tout ça se termine.

Ça y’est je pense que je vous ai tout dit, alors je vous dis à la prochaine pour le récit de mes aventures à Nogaro. Bye !

*Justine Pedemonte a 17 ans et est pilote moto, engagée en championnat de France de Superbike (FSBK), Championnat de France SuperSport 300. Après avoir remporté plusieurs podiums, elle a terminé en octobre 2023, vice-championne de France. Vous pouvez la suivre sur son compte Instagram @justinepedemonte 

Vous aimerez aussi…

Ingrid Graziani

Le questionnaire sportif de…Ingrid Graziani

Elle a été à la fois Miss Île-de-France et championne du monde de boxe française en 2003 puis, elle a balancé sa couronne pour se consacrer au combat, devenant championne d’Europe en 2006 et triple championne de France. Aujourd’hui comédienne, Ingrid Graziani allie ses deux passions, le sport et le jeu, en racontant ses histoires de fille boxeuse dans un one woman show « Du ring à la scène » qui devrait revenir après la crise sanitaire. Entre deux séances de boxe, elle a pris le temps de répondre à notre petit questionnaire ÀBLOCK!

Lire plus »
Nelofar Sorosh : « En Afghanistan, je me suis entraînée au marathon sous les jets de pierres. »

Nelofar Sorosh : « En Afghanistan, je me suis entraînée au marathon sous les jets de pierres. »

Elle est née à Mazar-i-Sharif, en Afghanistan. Première Afghane à avoir bouclé, en 2015, un ultra-marathon, elle est aussi celle qui a mis les femmes en mouvement dans son pays. Aujourd’hui, et après la prise de contrôle des talibans, Nelofar Sorosh poursuit, au sein de l’UNESCO, sa mission de défense des droits des femmes à travers le sport depuis les États-Unis où elle s’est réfugiée. Rencontre avec une femme intrépide et déterminée.

Lire plus »
Laurence Prudhomme-Poncet : « Le football pratiqué par les femmes reste marginal et peu visible. » Pierre Payssé

Laurence Prudhomme-Poncet : « Le football pratiqué par les femmes reste marginal et peu visible. »

Vous reprendrez bien un peu de foot ? Certes, l’Euro 2022 est bouclé, mais on reste ÀBLOCK! sur le sujet. Voilà plus d’un siècle que les femmes se sont invitées sur les terrains de football et, en cent ans, peu de choses ont changé. Ou presque. Malgré un coup de projecteur de plus en plus prononcé lors des grands rendez-vous internationaux, la réalité quotidienne des footballeuses reste complexe. Retour sur cette histoire mouvementée avec Laurence Prudhomme-Poncet, auteure de « Histoire du football féminin au XXe siècle ».

Lire plus »
Catherine Tanvier : « Avec Godard, nous parlions tennis avec passion. »

Catherine Tanvier : « Avec Godard, nous parlions tennis avec passion. »

Elle a été N°1 française de tennis dans les années 80, médaillée de bronze aux Jeux de Los Angeles en 1984 avant de mettre un terme à sa carrière sept ans plus tard, à 26 ans, en raison d’une blessure au genou. L’après tennis sera rude pour Catherine Tanvier dite « Cathy » qui trouvera un exutoire dans l’écriture. Son dernier ouvrage relate son expérience d’actrice aux côtés de Jean-Luc Godard.

Lire plus »

Gabrielle Martin : « Beaucoup d’hommes me voient comme un objet de curiosité. »

À 22 ans et après une adolescence en surpoids, celle qu’on surnomme la “licorne” s’est lancée dans la compétition de force athlétique, le powerlifting. Championnats de France, puis d’Europe, jusqu’aux championnats du monde en Finlande… En trois ans, Gabrielle Martin a raflé tous les trophées. À un tournant de sa carrière sportive, alors qu’elle souhaite se tourner vers le bodybuilding, cette powergirl résolument ÀBLOCK! fait le point sur son parcours.

Lire plus »
Il était une fois le cyclisme…féminin

Il était une fois le cyclisme…féminin

L’histoire du cyclisme féminin est pavée de pionnières comme le sont les rues du Paris-Roubaix qui reprendra la route dans sa version féminine à partir du 16 avril. Car pour que nos rouleuses d’aujourd’hui puissent pédaler sans entrave, d’autres avant elles ont fait en sorte que le vélo se conjugue au féminin. Qui étaient ces filles audacieuses qui leur ont montré la voie ?

Lire plus »

Recherche

Soyez ÀBLOCK!

Abonnez-vous à la newsletter

Mentions de Cookies WordPress par Real Cookie Banner