Charlotte Bilbaut  Entre foot et engagement sociétal, le juste milieu (de terrain)

Charlotte Bilbaut, entre foot et engagement sociétal, le juste milieu (de terrain)
On ne compte plus les sélections de Charlotte Bilbaut pour les Bleues. Milieu de terrain expérimentée, elle continue sur sa lancée avec l’Euro 2022. L’occasion pour elle de s’engager sur la pelouse comme dans la vie. Portrait d'une joueuse qui a le cœur sur la main.

Par Aurore Charron

Publié le 05 juillet 2022 à 17h15

Née seulement quelques jours avant la Coupe du Monde de 1990, Charlotte Bilbaut a toujours baigné dans l’univers du football. Car ce sport, c’est une histoire de famille. 

La joueuse de l’équipe de France a grandi avec pour modèles un père et un frère dont les cœurs balançaient entre le rugby et le foot, mais c’est le ballon rond qui finira par prendre le pas sur l’ovale. Elle a 6 ans et l’envie, elle aussi, de prendre la balle au bond. 

Dans son village, les filles sur le terrain, c’est une anomalie, avant de devenir une belle surprise : « C’était pas très bien vu que les filles jouent avec les garçons, confie Charlotte Bilbaut à Cœurs de Foot. Au début, j’ai eu du mal à m’intégrer dans les cours de récréation avec les garçons. Et puis au fur et à mesure, ils ont vu que je me débrouillais pas mal et ils ne disaient plus rien. »  

Ce qui marquera sérieusement ses débuts en crampons ? La section sport-études du collège de sa ville natale, à Saint-Doulchard, qu’elle intègre avec la volonté, déjà farouche, de montrer qu’elle en a sous le pied.

Lors de ses débuts en professionnel, Charlotte Bilbaut multiplie les changements d’équipes. En vingt-six ans de carrière, son CV compte plus de dix clubs. Parmi eux : Soyaux, Yzeure, Paris et Bordeaux.  

Premier de la série : le Centre National de Formation et d’Entraînement de Clairefontaine. « Le Temple », comme on dit chez les footeux, est également le lieu d’entraînement de l’équipe de France.

Sa préparation actuelle pour l’Euro 2022 a donc lieu sur ce lieu du Dream. Retour aux sources, Charlotte ! 

Mais elle est déjà une grande habituée de Clairefontaine. Forte de plus de quarante sélections en équipe nationale, la footballeuse a su prendre goût à son numéro 14. Et ça ne date pas d’hier. 

Sa première sélection Bleue remonte à 2010 avec la Coupe du Monde U20 (disputée par des joueuses de moins de 20 ans), et en 2015 pour l’équipe de France féminine. 

Charlotte Bilbaut ne manque pas un seul match de la coupe du monde 2018. En 2019, la milieu de terrain marque son premier but en équipe de France lors d’une rencontre amicale contre l’Uruguay.  

Ses prestations sont rapidement remarquées. La même année, c’est sous la casquette de capitaine, qu’elle intègre les Girondins de Bordeaux. Une occasion pour elle de côtoyer Mylène Chavas, Eve Perriset, et Ella Palis : ses coéquipières bordelaises – mais également en bleu. 

Un parcours qui ne manque toutefois pas de rebondissements – et pas toujours positifs. Dès 2020, la girondine cumule les blessures et problèmes de santé comme des malaises en plein match, une lésion méniscale dont elle doit être opérée l’année suivante. Mais il en faut plus pour faire de l’ombre à sa carrière sportive. 

C’est tout autre chose qui lui fera ôter son maillot de capitaine bordelaise. Elle signe pour revenir à Montpellier, club qui l’avait déjà accueillie pendant quatre ans. L’impression de « revenir à la maison », déclare-t-elle sur son compte Instagram. 

Malgré ses changements fréquents de clubs, Charlotte Bilbaut est une sentimentale. Et Bordeaux ne fait pas exception : « Des victoires, des rencontres, des rires et parfois des larmes, de la joie, de la force et du soutien mais surtout beaucoup d’amour. Vous garderez toujours une place à part », écrit-elle sur les réseaux sociaux. 

Hors ligne, c’est bien plus concrètement qu’elle remercie le football féminin en s’engageant pour montrer le chemin des terrains aux jeunes filles.  

Sa méthode : intervenir dans les écoles, collèges et lycées, mais aussi marrainer plusieurs clubs de foot féminins tel que le FC Chartres. Une manière d’apporter sa pierre à l’édifice. Ses prises de positions sonnent comme une revanche pour que les footballeuses en herbe connaissent un meilleur accueil dans les cours de récré. 

Charlotte Bilbaut apporte également son soutien à d’autres causes, de celles qui vous touchent au quotidien : l’aide aux enfants malades.

Elle soutient les Liens du Cœur, association bordelaise qui lutte pour venir en aide aux enfants souffrant de malformations, ainsi que Tom’ Espoir, asso qui a pour objet de récolter des fonds pour les recherches génétiques sur des maladies rares. « J’ai pas mal de temps à côté du foot, donc le consacrer à des enfants qui en ont besoin et pour leur faire découvrir aussi mon quotidien, c’est primordial et c’est aussi une reconversion à laquelle je pense», explique-t-elle à Cœur de Foot.  

Mais, l’heure de raccrocher le maillot n’a pas sonné. Charlotte Bilbaut est appelée à courir pour aller chercher le titre de Championne d’Europe 2022 avec une équipe de France en ordre de bataille.  

Le 10  juillet, à Rotherham, Angleterre, elle entrera sur la pelouse pour le premier match qui opposera la France à l’Italie.  

D'autres épisodes de "Football : ces sportives qui vont droit au but"

Vous aimerez aussi…

Cap Optimist, ou comment faire du paddle un acte de solidarité

Cap Optimist, ou comment faire du paddle un acte de solidarité

Elle est sauveteuse en mer et au-delà. Stéphanie Barneix accompagnée de cinq autres waterwomen rallient actuellement Monaco et Athènes en paddleboard. Un échauffement avant le défi Cap Optimist, qui se déroulera entre le Pérou et la Polynésie Française en janvier 2023. Un défi à la seule force des bras pour soutenir les personnes atteintes de cancer.

Lire plus »
Diane de Navacelle de Coubertin : « Coubertin n’était pas là pour faire un débat sur la place de la femme dans la société, pourtant c’est ce qu’on lui reproche. »

Diane de Navacelle de Coubertin : « Coubertin n’était pas là pour faire un débat sur la place de la femme dans la société, pourtant c’est ce qu’on lui reproche. »

Elle est l’arrière-arrière-petite nièce du Baron Pierre de Coubertin. Diane de Navacelle de Coubertin, membre du bureau de l’association Familiale Pierre de Coubertin, a pour mission de s’assurer que l’idéal olympique imaginé par son glorieux aïeul continue à être respecté. Alors que nous venons de boucler les Jeux Olympiques d’hiver et juste avant que ne soient lancés les Jeux Paralympiques à Pékin, elle revient sur les rapports, parfois complexes, entretenus par le rénovateur des Jeux avec la femme sportive.

Lire plus »
Roland Garros 2023, 7 favorites sur terre battue/Jessica Pegula

Roland-Garros 2023, 7 favorites sur terre battue

It’s time ! Le plus célèbre des tournois sur terre battue s’ouvre dans la Ville Lumière. Cent-vingt-huit joueuses au premier tour, mais une seule remportera le trophée Suzanne Lenglen le samedi 10 juin. Qui semble tenir la pôle  position ? 7 favorites au banc d’essai !

Lire plus »

Recherche

Soyez ÀBLOCK!

Abonnez-vous à la newsletter

Mentions de Cookies WordPress par Real Cookie Banner