Avant de dribbler, Gabby Williams courait et sautait. À 15 ans, elle se qualifie comme remplaçante pour les Jeux Olympiques de Londres 2012 au saut en hauteur, après avoir franchi 1,89 m, un exploit précoce pour une lycéenne de Sparks, dans le Nevada. Mais le corps ne suit pas : peu de temps après, elle se blesse gravement au genou droit et subit une rupture des ligaments croisés à deux reprises, son organisme ayant rejeté la première greffe. Cet enchaînement met fin à sa carrière d’athlète. Le basketball, qu’elle pratique déjà en parallèle, prend alors toute la place, un sport familier, puisque son père avait lui-même joué au basket universitaire à Nevada-Reno.
En 2014, elle intègre l’université du Connecticut, la fameuse UConn de l’entraîneur Geno Auriemma, usine à championnes. Quatre saisons plus tard, le bilan est vertigineux : 148 victoires pour seulement 3 défaites, deux titres NCAA consécutifs (2015, 2016), quatre participations au Final Four, et une place parmi les rares joueuses de l’histoire du programme à cumuler plus de 1 000 points et 1 000 rebonds en carrière universitaire. Repérée par la WNBA, elle est draftée en 4e position par le Sky de Chicago en 2018.
C’est pourtant une autre histoire, familiale celle-là, qui va rediriger sa carrière internationale. Sa mère est française, et Gabby Williams obtient son passeport tricolore sans difficulté durant sa dernière année à UConn, son acte de naissance français était déjà archivé au consulat de San Francisco. N’ayant jamais été appelée par la sélection américaine, elle choisit de porter le maillot bleu à partir de 2021. Le pari est immédiatement payant : médaille d’argent dès sa première compétition, l’EuroBasket 2021, puis bronze olympique aux JO de Tokyo la même année.
Entre-temps, sa carrière européenne devient tout aussi impressionnante : championne dans plusieurs pays différents (Hongrie, Espagne, France, Turquie), elle est sacrée en EuroLeague Women en 2022 avec Sopron, où elle est élue MVP du Final Four. Avec les Bleues, elle atteint un nouveau sommet à domicile, lors des Jeux de Paris 2024 : la médaille d’argent olympique, perdue en finale face aux États-Unis, son pays de naissance. En 2025, elle décroche sa première sélection au All-Star Game de la WNBA avec les Seattle Storm, portée par une saison record en interceptions.
Cette année 2026, elle dispute le Mondial avec les Françaises qui mettent le feu au parquet. Ce samedi 12 septembre, elle jouera pour une finale à Berlin. Une nouvelle consécration ?