Brigitte : « Je suis heureuse de montrer aux femmes qu’il n’y a pas d’âge pour courir des marathons. »63 ans, retraitée, runneuse marathon et trail

Brigitte : « Je suis heureuse de montrer aux femmes qu’il n’y a pas d’âge pour courir des marathons. »
Force tranquille et coureuse heureuse, Brigitte, la soixantaine, va courir son quatorzième Marathon de Paris le 12 avril prochain. Une constance qui démontre aux femmes de tout âge qu’il suffit d’« être cap » pour tenter l’aventure du marathon.

Propos recueillis par Claire Bonnot

Publié le 08 avril 2026 à 7h27

« Le sport, pour moi, ça a commencé avec le basket vers l’âge de 7-8 ans. Et je le pratique encore aujourd’hui. J’ai grandi en Vendée, dans la ferme de mes parents, on ne sortait pas beaucoup. Aller aux cours de sport dans ma commune, ça permettait de sortir, de rencontrer du monde. C’était soit ça, soit le football. Et, à mon époque, les filles ne faisaient pas de foot. J’ai très vite aimé le basket car c’est un sport collectif. On jouait quasiment tous les week-ends, pour les matchs du dimanche. Seulement entre filles.

Pour ce qui est de la course à pied, j’ai toujours un peu pratiqué, jusqu’à ma première compétition, le semi-marathon des Olonnes aux Sables-d’Olonne, il y a des années de ça ! C’était un peu sur un coup de tête. Je me suis dit : « Si je ne tente pas, je ne saurais pas ». Depuis le début, je participe aux marathons ou autres courses avec mon petit frère, il va avoir 57 ans… J’avais commencé à courir toute seule et puis, un jour, je ne sais plus pourquoi, je lui ai dit : « Même pas cap de courir avec moi ! ». Il m’a répondu : « Tu vas voir si je suis pas cap ! ». Depuis, on se quitte plus sur les courses !

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J’ai entendu parler du Marathon de Paris en lisant le journal il y a des années, puisque je m’apprête à courir mon quatorzième. Très vite, je me suis dit : « Je m’inscris ». Au Schneider Electric Marathon de Paris, ce que j’aime, c’est qu’il y a tous les âges. Je me souviens, il y a deux ans, d’un petit monsieur plutôt âgé, 90 ans je pense, qui courait avec sa petite-fille, c’était magnifique. De mon côté, j’ai réussi à embarquer mes petits-enfants dans ma passion de la course à pied : on a fait ensemble les foulées du Gois à Noirmoutier, on a même récolté une belle petite médaille à l’arrivée.

Je cours toujours le marathon avec le même t-shirt, il est rose, je suis bien dedans. Je suis toujours très décontractée avant une course. Je ne stresse pas. Je sais que ça va le faire. Le meilleur temps que j’ai fait en marathon, c’était 4h15. Donc, il n’y a rien d’exceptionnel. Je ne fais jamais vraiment d’entraînements spécifiques avant mes courses ou même avant un marathon, même si, bien sûr, je cours davantage, tout en continuant le basket. Et puis, je marche beaucoup aussi.

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Pour moi, le marathon, c’est vraiment une satisfaction personnelle. Je n’en fais qu’un seul par an -il ne faut pas que ça devienne une drogue non plus – avec mon frère. Le plus souvent, c’est soit Paris, soit Annecy. J’ai fait deux fois le marathon d’Annecy et une fois celui de La Rochelle mais je ne suis jamais allée à l’étranger. Quand je cours, je suis contente, tout simplement. À côté, en plus, je fais plein de petites courses comme les foulées du Gois à Noirmoutier qu’on appelle aussi « la course des As » mais aussi le trail du Bélier à la Clusaz. C’est toujours le dernier week-end d’août, j’en ai fait plus d’une dizaine, et toujours accompagnée de mon frère. Une année, j’ai aussi fait l’Ironman au Sables-d’Olonne avec deux amies. Moi, j’ai fait la course à pied, une autre a fait la natation et la troisième, l’épreuve de vélo. Et puis, là, c’est la troisième année qu’on part faire un trek en Corse au mois de juin, le circuit Mare a Mare.

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Pendant les marathons, même si j’adore ça, il y a des moments où je suis plus fatiguée quand même. Il y a des moments plus durs, il ne faut pas rêver, je ne peux pas toujours être à fond la caisse. Quand je pars, d’ailleurs, j’y vais toujours doucement. Mon frère a plutôt tendance à aller plus vite mais je canalise toujours un peu car je sais que ça va être long et qu’on va vite se fatiguer. On essaie toutefois de rester ensemble. Je n’ai jamais abandonné aucune course ou aucun marathon. Quand je m’inscris à quelque chose, je vais jusqu’au bout. Ce sont de vrais petits défis pour moi. C’est important que je les accomplisse. Je ne travaille pas mon mental particulièrement. Je suis un peu têtue, ça doit aider. Je ne me pose pas la question de savoir si je vais y arriver ou pas. Je dois aller au bout, c’est tout. Je suis plutôt une bonne nature, optimiste. Je ne me tracasse jamais.

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L’année de mes 60 ans, j’ai été malade au mois de février, personne ne comprenait ce que j’avais et j’ai fini à l’hôpital. Je suis restée huit jours là-bas et la température ne baissait pas. Quand je suis rentrée chez moi, on m’a annoncé que j’avais une mononucléose. J’étais tellement fatiguée à ce moment-là que j’avais arrêté de courir. Mais je m’étais inscrite au Marathon de Paris. Je voulais y aller. Il n’y avait pas de contre-indications des médecins, mais seulement que ça risquait d’être dur. Et, en fait, tout s’est déroulé comme d’habitude. Je l’ai bouclé.

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Si cette édition du Marathon de Paris est aussi bien que les autres fois, ça va être super ! Ce que j’aime particulièrement avec ce marathon, c’est qu’on voit les monuments tout en courant. Et puis, il y a du monde qui nous encourage et une ambiance extra. C’est assez impressionnant toute cette effervescence qu’il y a dans la capitale pour nous, les coureurs. Faire un marathon, arriver à en franchir la ligne d’arrivée, ça nous montre qu’on est capable de faire pas mal de choses. Enfant, le sport était un loisir et un moyen de sociabiliser. Aujourd’hui, c’est un vrai besoin pour moi. Je ne peux pas m’en passer. Tous les dimanches matin, par exemple, je pars en famille ou avec des amis, randonner. Je suis heureuse de montrer aux femmes qu’il n’y a pas d’âge pour courir des marathons. Quand le cœur suit, tout est possible. »

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Ouverture ©DR/Coll privée

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