Julia : « Les femmes sont souvent surprises de ce qu’elles peuvent faire en haltéro. »Coach de CrossFit et d’Haltérophilie, 30 ans, professeure d’EPS

halterophilie
Cette fille-là semble n'avoir peur de rien et surtout pas de la fonte qu'elle soulève avec une hargne jubilatoire. Témoignage d'une nana qui aimerait faire comprendre aux femmes que la force n'est pas toujours là où l'on croit.

Propos recueillis par Valérie Domain

Publié le 20 février 2020 à 8h03, mis à jour le 06 mars 2022 à 18h30

«  J’ai d’abord découvert le CrossFit et c’est en voulant m’améliorer que je me suis dirigée vers l’haltérophilie. Le CrossFit reprend une partie de ses mouvements et a ainsi fait redécouvrir l’haltéro qui avait été un peu perdu de vue. Pourtant, c’est un sport qui existe depuis les premiers Jeux Olympiques.

Pour moi, l’haltérophilie est vraiment un complément du CrossFit car je ne me verrais pas faire que ça. Il me manquerait le côté cardio. Mais ça me permet d’être meilleure techniquement et d’être plus juste dans mes mouvements. On est vraiment sur des efforts de puissance et dans la concentration, on ne transpire pas vraiment. On prend notre temps car il faut des récupérations entre plusieurs essais. On ne peut pas enchaîner les mouvements à l’inverse du CrossFit où l’on recherche endurance et intensité.

halterophilie femme

L’haltérophilie consiste à soulever une barre avec des poids en deux mouvements  : l’arraché et l’épaulé-jeté. Mais ce sport n’est pas qu’une question de force. Sans la technique, on aura beau avoir de la force, on sera vite limité au niveau des barres. J’aime cette rigueur et cette exigence de précision. Ça m’aide à développer ma confiance en moi et à me fixer des cadres car je dois être absolument concentrée.

La première catégorie de poids est à 42 ou 45 kilos donc les pratiquantes féminines n’ont pas du tout des corps de grosses brutes comme on pourrait se l’imaginer. Le milieu de l’haltérophilie est très ouvert et assez équilibré entre les hommes et les femmes mais c’est vrai, qu’à l’extérieur, les gens ont des représentations un peu clichées  : quand je dis à mes collègues que je vais à mon cours, ils sont à deux doigts de me dire que je vais soulever des frigos…

halterophilie

Les femmes sont souvent surprises de ce qu’elles peuvent faire car elles partent avec des a priori du style « Ah non, moi je ne vais pas pouvoir soulever lourd  ! ». Mais elles se rendent vite compte qu’avec un peu d’apprentissage, de la technique, elles arrivent assez rapidement à soulever des charges correctes.

Le premier obstacle pour les femmes c’est de se sentir incompétente et le deuxième est d’avoir peur que leur corps change. Mais avant d’arriver à un corps masculin, il y a de la marge… Il ne faut pas s’imaginer avec un corps de monstre. Au contraire, ce sport permet de se renforcer  au niveau du travail postural et du gainage, de la sangle abdominale.  »

Elles aussi sont inspirantes...

Guila Clara Kessous : « En montant à la corde, j'ai osé faire ce qui me freinait depuis des années. »

Guila Clara Kessous : « En montant à la corde, j’ai osé faire ce qui me freinait depuis des années. »

Formée à Harvard et par le théâtre, elle a plusieurs cordes à son art. Guila Clara Kessous, entrepreneure diplomatique, s’engage depuis plus de quinze ans pour les droits des femmes. Et voilà que le sport entre dans la danse en un geste politico-artistique : grimper à la corde. Une ascension symbolique, une allégorie de la difficulté des femmes à s’élever dans la société. Prenons de la hauteur.

Lire plus »
Lison Bornot : « Je veux mettre en avant l’Ultimate. C’est lui qui m’anime. »

Lison Bornot : « Je veux mettre en avant l’Ultimate. C’est lui qui m’anime. »

Avec sa sœur Éva, elle truste les premières places depuis 2015 en Ultimate. Membre essentiel de l’équipe de France, Lison Bornot est Championne d’Europe outdoor 2023 et championne du monde d’Ultimate sur sable 2023. La voici maintenant en piste pour les World Games, l’antichambre des JO, qui se déroulent en Chine, du 7 au 17 août 2025. Témoignage d’une fille pétillante devenue l’une des ambassadrices françaises d’un sport trop peu connu.

Lire plus »
Diane Servettaz : « Avec le vélo, j’ai compris que même si ça flanche côté mental, t’en as encore sous la pédale. »

Diane Servettaz : « Avec le vélo, j’ai compris que même si ça flanche côté mental, t’en as encore sous la pédale. »

En à peine trois ans, cette passionnée de vélo a décroché un podium sur 500 kilomètres et bouclé sa première course d’ultra, la fameuse BikingMan, en tant que première féminine. Carburant aux défis, pédalant sans relâche, surmontant tous les obstacles grâce à un mental d’acier, la Savoyarde n’a pas fini d’enfiler les kilomètres dans ce sport de l’extrême. En piste !

Lire plus »
Emelyne Heluin: « Je sais pourquoi je cours, pourquoi je lutte. »

Emelyne Heluin : « Je sais pourquoi je cours, pourquoi je lutte. »

Gymnaste jusqu’à son adolescence, Emelyne Heluin a dû raccrocher le justaucorps après une prise de poids inexpliquée et d’autres symptômes invalidants. Diagnostiquée d’une maladie endocrinienne chronique et évolutive, le SOPK, à l’âge de 17 ans, elle erre pendant des années entre perte de confiance en elle et détresse psychologique avant de retrouver le chemin du sport comme outil de santé. Ce sera la marche, puis la course à pied jusqu’à se lancer sur des marathons.

Lire plus »

Vous aimerez aussi…

Griedge Mbock, le cadenas tricolore

Griedge Mbock, le cadenas tricolore

C’est toujours le même refrain : en football, la défense française est un casse-tête pour les attaquantes. Et quand ce n’est pas Wendie Renard que l’on craint, c’est Griedge Mbock ! La jeune défenseure brille sur les pelouses et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.

Lire plus »
Alexia Cerenys : « Origine, sexualité, identité… en rugby on s’en fout ! »

Alexia Cerenys : « Origine, sexualité, identité… en rugby, on s’en fout ! »

Elle est née dans un corps d’homme et s’est longtemps servie du rugby comme d’un exutoire. Alexia Cerenys, 35 ans, est la première joueuse transgenre à évoluer dans l’élite féminine. La troisième ligne de Lons, dans les Pyrénées-Atlantiques, est une femme engagée qui veut désormais montrer à tous et toutes que sport et transexualité peuvent naturellement fonctionner de pair. Rencontre avec une militante qui a brillamment transformé l’essai.

Lire plus »
Héloïse Courvoisier, la para-triathlète guidée par l’amour

Héloïse Courvoisier, la para-triathlète guidée par l’amour

C’est une histoire digne d’une comédie romantique. Déficiente visuelle et championne d’aviron, Héloïse Courvoisier se lançait, il y a quatre ans, dans le para-triathlon en rencontrant son compagnon Thibaut Rigaudeau, lui aussi malvoyant, adepte de la discipline. Le scénario fait rêver, surtout lorsqu’on apprend que c’est également un couple qui les guide… L’aventure de ces Jeux Paralympiques de Paris se vit doublement pour ces duos en miroir. Moteur… action !

Lire plus »
Cloé Ollivier : « Décrocher la première médaille olympique au short-track, ça serait grandiose ! »

Cloé Ollivier : « Décrocher la première médaille olympique au short-track, ça serait grandiose ! »

Une tête bien faite dans un corps bien fait, Cloé Ollivier est la finisheuse idéale du relais de l’équipe de France féminine de short-track. Elle affiche à son palmarès, à tout juste 21 ans, une médaille d’or aux championnats de France junior et aux championnats d’Europe en relais. Après la trêve des fêtes, elle a déjà rechaussé les patins pour préparer la dernière ligne droite… les JO de Milan-Cortina 2026 !

Lire plus »

Recherche

Soyez ÀBLOCK!

Abonnez-vous à la newsletter

Mentions de Cookies WordPress par Real Cookie Banner