La délégation française de ces JO de Milano-Cortina 2026, côté athlètes, c’est deux femmes sur treize.
Cécile Hernandez en para snowboard — porte-drapeau, championne en titre, 51 ans, à ses derniers Jeux — et Aurélie Richard en para ski alpin — 20 ans, première participation, l’avenir du parasport tricolore.
Mais deux sur treize, c’est aussi 15 %. Et 15 %, ça n’est pas une fierté. C’est un aveu.
Un aveu que la société projette sur les femmes handicapées une double impossibilité : celle d’être athlète, et celle d’être femme tout en l’étant. Qu’on les décourage dès l’enfance, qu’on sous-finance leurs parcours, qu’on ne les montre pas à la télévision, qu’on ne leur donne pas de modèles à qui ressembler. Résultat : elles ne se lancent pas. Et quand elles se lancent, elles manquent souvent de la concurrence, du soutien, de l’environnement qui forge les championnes.
Le CPSF (Comité Paralympique et Sportif Français) le sait. Il a lancé en janvier 2026 une démarche nationale pour féminiser le handisport. C’est bien. C’est même courageux de le dire à voix haute. Mais une feuille de route attendue fin 2026, ça ne change pas la composition d’une délégation aujourd’hui.
Alors, oui, regardons Cécile Hernandez et Aurélie Richard avec tout l’enthousiasme qu’elles méritent. Mais regardons-les aussi pour ce qu’elles révèlent malgré elles : elles ne devraient pas être des exceptions. Elles devraient être la règle.