
Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine
L’histoire au féminin d’une future discipline olympique, la nouvelle numéro 1 de l’organisation des JO et une super-héroïne qui veut inspirer, c’est le meilleur de la semaine sur ÀBLOCK!. Enjoy !
Publié le 15 février 2026 à 18h37, mis à jour le 15 février 2026 à 18h48
Née un 4 mars 2002 dans la blancheur de Chambéry, Océane Michelon a grandi à Lescheraines, un village niché dans le massif des Bauges, en Savoie. Dans cette famille profondément liée au ski nordique, la passion pour la glisse s’est transmise naturellement. Son oncle, Bernard Michelon, préside le club Bauges Ski Nordique, la structure même où la jeune fille a fait ses premières glisses. Cette immersion familiale a posé les fondations d’une carrière construite pierre par pierre, méthodiquement, loin des projecteurs.
Mais avant les skis, il y a eu un pas de deux. Dès l’âge de 5 ans, Océane Michelon s’est initiée à la danse classique dans son village. Pendant sept ans, elle a exploré différents styles : danse orientale, flamenco, modern jazz, danse de salon, cabaret, rock, bachata, samba, jive. Une discipline exigeante qui lui a inculqué rigueur, coordination, sens du placement et grâce — des qualités que l’on retrouve aujourd’hui dans sa technique de tir, saluée par les spécialistes.
« À la base, je voulais seulement courir. Et puis la première fois sur les skis, la sensation de glisse, c’était un vrai plaisir », confie Océane Michelon à Sport Mag. La course à pied s’invite progressivement dans l’équation familiale. Un été de préparation au club ouvre une porte insoupçonnée. Dès 2011, elle pratique le ski de fond. En 2013, à 11 ans, elle découvre le biathlon. Cette même année, un moment décisif se produit au Grand-Bornand, un souvenir qu’elle garde précieusement : « Je l’ai toujours dans ma chambre », évoque-t-elle, faisant référence à une photographie qui a marqué le début de son rêve olympique.
©Wikipedia
Le parcours d’Océane Michelon illustre une ascension patiente et structurée. Licenciée au club Bauges Ski Nordique depuis 2011, elle parcourt pendant des années les circuits locaux et nationaux, forgeant son expérience sur les terrains de la Savoie. En 2017, à 15 ans, elle rejoint le comité de ski de Savoie, une première marche vers le haut niveau. Pour ses deux dernières années de lycée, elle intègre le Pôle Espoir de Ski Nordique de La Motte-Servolex, où elle parvient à concilier scolarité et projet sportif, obtenant son baccalauréat scientifique en juin 2019.
Le passage en équipe de France junior en 2020-2021 marque une étape décisive. Dès ses débuts sur la scène internationale, la jeune Océane se distingue. En 2020, lors des Championnats du monde jeunesse, elle décroche la médaille de bronze du sprint. En 2022, en catégorie junior, elle est vice-championne du monde de l’individuel à Soldier Hollow. Ces podiums précoces témoignent d’un talent affirmé, mais c’est surtout sa capacité à hausser son niveau à chaque échelon qui impressionne.
Pourtant, le chemin vers l’élite mondiale n’est pas linéaire. Il y a deux ans encore, Océane Michelon évoluait en IBU Cup, le circuit B du biathlon mondial, l’antichambre de la Coupe du monde. Mais la saison 2023-2024 devient celle de l’éclosion. Elle monte sur son premier podium le 2 décembre 2023 en terminant troisième du sprint à Kontiolahti. Puis elle enchaîne : sept podiums au total, dont plusieurs victoires. À la fin de l’hiver, elle décroche le gros globe de cristal du classement général de l’IBU Cup, ainsi que les petits globes du sprint et de la poursuite.
« C’est une athlète qui ne se fixe pas de limite. Elle sait qu’elle est capable de jouer parmi les grandes et qu’elle n’a à rougir face à personne », déclarait avant la saison son entraîneur de tir, Jean-Paul Giachino, à France Info. Ce succès en IBU Cup lui ouvre les portes du groupe A de l’équipe de France féminine à l’été 2024, aux côtés de Julia Simon, Justine Braisaz-Bouchet, Lou Jeanmonnot, Sophie Chauveau, Gilonne Guigonnat et Jeanne Richard.
©Wikipedia
La saison 2024-2025 est celle de la consécration. Pour sa première année complète en Coupe du monde, Océane Michelon ne déçoit pas. Dès le mois de décembre, elle signe trois top 10 prometteurs qui confirment sa légitimité au plus haut niveau. Elle s’empare du dossard bleu de meilleure jeune de la saison et engage une lutte serrée avec sa compatriote Jeanne Richard pour ce classement des moins de 23 ans. À la trêve de Noël, elle pointe à la douzième place du classement général.
Le 18 janvier 2025, elle monte sur le premier podium en Coupe du monde de sa carrière, en relais, aux côtés de Paula Botet, Justine Braisaz-Bouchet et Julia Simon. Puis viennent les Championnats du monde de Lenzerheide, en février 2025, où Océane Michelon fait sensation. Elle remporte d’abord le titre mondial en relais avec Lou Jeanmonnot, Justine Braisaz-Bouchet et Julia Simon, devant les équipes norvégienne et suédoise. Quelques jours plus tard, elle décroche la médaille d’argent sur la mass start, avec un 17/20 au tir, terminant à une dizaine de secondes de la Suédoise Elvira Öberg.
Lors de la reprise de la Coupe du monde en mars à Nové Město, elle confirme sa progression en signant son premier podium individuel en Coupe du monde : troisième de la poursuite après avoir remonté dix places depuis le sprint. En conclusion de l’étape tchèque, Océane Michelon réalise une grande performance sur le relais avec le meilleur temps de sa manche et un 10/10 au tir, contribuant à la victoire française et au gain du petit globe de la spécialité pour la France.
À Holmenkollen, elle parvient à retirer le dossard bleu des épaules de Jeanne Richard et à remporter le classement des jeunes, grâce à sa quatrième place sur la mass start finale. Elle termine cette première saison complète en Coupe du monde à la cinquième place du classement général — une performance remarquable pour une athlète qui évoluait encore en IBU Cup deux ans auparavant. L’IBU lui décerne la distinction de révélation de l’année.
En 2025, Océane Michelon remporte la dernière médaille française de la compétition des Mondiaux de biathlon.
Le parcours d’Océane Michelon n’a pas été exempt d’obstacles médicaux. En 2021, elle fait une première crise de tachycardie à l’effort, un trouble du rythme cardiaque qui se manifeste par une accélération soudaine des battements. D’autres crises suivent, gênant sa progression. Au printemps 2023, elle est opérée du cœur pour corriger ce problème. L’intervention, délicate pour une sportive de haut niveau, lui permet de reprendre l’entraînement et la compétition dans de meilleures conditions.
Toutefois, une alerte survient en janvier 2025, lors du relais féminin sur la piste d’Anterselva — le site même où, un an plus tard, elle décrochera sa médaille olympique. Cette expérience la sensibilise encore davantage à l’écoute de son corps et à la gestion de l’effort dans les moments de haute intensité. Malgré ces épreuves, elle ne se laisse jamais décourager. Au contraire, elle y puise une force supplémentaire, celle de l’athlète qui sait que rien n’est acquis et que chaque compétition est une victoire en soi.
Le 14 février 2026, jour de la Saint-Valentin, restera gravé dans l’histoire du biathlon français. Sur la piste enneigée d’Antholz-Anterselva, Océane Michelon dispute sa toute première course aux Jeux Olympiques de Milano Cortina : le sprint femmes sur 7,5 kilomètres. Non retenue pour le relais mixte inaugural ni pour l’individuel (Camille Bened lui avait été préférée), elle a dû patienter plus de dix jours depuis la cérémonie d’ouverture.
« Une journée incroyable. Ça fait dix jours que je suis là, ça a été long de voir les autres prendre le départ, je trépignais d’impatience », confie-t-elle à France Télévisions après la course. Ce matin-là, la nervosité est palpable : « D’habitude, je mange un âne mort et là, ce matin, rien ne passait. J’étais stressée », avoue-t-elle à France Info avec un naturel désarmant.
Pourtant, une fois sur les skis, Océane Michelon livre une performance majuscule. Le sprint olympique offre un scénario électrique. Lou Jeanmonnot lance les hostilités pour la France, solide au tir couché (5/5). Julia Simon répond par un tir éclair de 23 secondes pour blanchir ses cinq cibles. Mais c’est au tir debout que la course bascule. Lou Jeanmonnot laisse échapper une balle sur l’avant-dernière cible, Julia Simon en manque deux.
©Wikipedia
Océane Michelon, elle, entre dans une autre dimension. Déjà parfaite au tir couché (5/5 en 30,2 secondes), elle signe un debout magistral en 26,5 secondes pour conclure son 10/10. Un sans-faute qui lui permet de ressortir du pas de tir avec un matelas d’avance sur ses adversaires. Sur les skis, elle réalise le troisième meilleur temps de la journée, derrière la Norvégienne Maren Kirkeeide et Lou Jeanmonnot.
Dans l’ultime boucle de 2,5 kilomètres, Océane entame la dernière ligne droite avec une avance de plus de neuf secondes sur Maren Kirkeeide. Mais la Norvégienne, impériale sur les skis, comble progressivement son retard. Sur la longue arrivée qui contourne le pas de tir par l’arrière, Kirkeeide passe devant et franchit la ligne avec 3,8 secondes d’avance. Océane Michelon termine deuxième, Lou Jeanmonnot troisième à 23,7 secondes de la gagnante.
« Je ne me rends pas encore compte que je suis médaillée olympique. Je suis tellement contente d’avoir fait une course pleine. J’ai cru en cette victoire, mais j’ai eu beaucoup de mal dans le dernier kilomètre. J’étais stressée mais je suis allée au bout de moi-même », explique-t-elle au micro de France Télévisions, tout sourire.
Passée tout près d’obtenir le titre olympique, elle ne boude pas son plaisir : « Ce n’est que du bonheur ! En plus c’est partagé avec les copines, avec Lou, je suis hyper contente, ajoute-t-elle dans une interview à Olympics.com. Il y avait ma famille. Ça récompense tout le soutien qu’ils m’ont apporté, l’accompagnement, tous les coachs et tous les techniciens. C’est aussi pour ça que je le fais, pour partager collectivement, je suis très contente pour toute l’équipe. »
Pour Cyril Burdet, l’entraîneur de l’équipe de France féminine, la performance d’Océane était presque prévisible : « À la fois c’est incroyable et à la fois on la connaît tellement bien, on connaît tellement son potentiel que finalement on l’espérait mais entre l’espoir et la réalisation il y a un pas et elle l’a franchi avec les deux jambes aujourd’hui », déclare-t-il à Olympics.com.
Cette capacité à élever son niveau dans les moments décisifs est devenue la marque de fabrique d’Océane Michelon. Après sa médaille d’or sur le relais féminin et sa médaille d’argent sur la mass start aux Mondiaux de Lenzerheide en 2025, son argent olympique à Milano Cortina prouve qu’elle est en passe de devenir une femme des grands championnats. « On m’a dit que j’étais la relève de l’équipe de France, celle qui devrait assurer pour les Jeux de 2030 en France, mais pour mes premiers Jeux, je suis très, très contente de pouvoir participer, et pas seulement de prendre une sélection », confiait-elle à Nordic Mag avant les JO.
La relève n’a pas attendu 2030 : elle est déjà là.
Tous nos portraits
Jasmin Paris : « Mes performances exceptionnelles dans l’ultra-trail ont ...
JujuFitcats : « Le sport a été ma porte de ...
Océane Michelon : La danseuse devenue reine du biathlon
Nouchka Simic : « La première fois que j’ai passé ...
Marielle Goitschel : « À 7 ans, j’écrivais déjà sur des papiers ...
Vous aimerez aussi…

L’histoire au féminin d’une future discipline olympique, la nouvelle numéro 1 de l’organisation des JO et une super-héroïne qui veut inspirer, c’est le meilleur de la semaine sur ÀBLOCK!. Enjoy !

Ce vendredi 27 septembre, la deuxième édition du Festival Les Evadées sera lancée pour 3 jours d’ateliers et de conférences sur le bien-être physique et mental dans la forêt de Compiègne. Le tout sous la direction experte d’Aurore Tonnerieux et Virginie Garnier.

Elle est née à Mazar-i-Sharif, en Afghanistan. Première Afghane à avoir bouclé, en 2015, un ultra-marathon, elle est aussi celle qui a mis les femmes en mouvement dans son pays. Aujourd’hui, et après la prise de contrôle des talibans, Nelofar Sorosh poursuit, au sein de l’UNESCO, sa mission de défense des droits des femmes à travers le sport depuis les États-Unis où elle s’est réfugiée. Rencontre avec une femme intrépide et déterminée.

Et le drapeau est attribué à… Tessa Worley, Kevin Rolland et Benjamin Daviet ! Cette semaine ont été désignés les porte-drapeaux de la délégation française pour les Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver de Pékin 2022. Récompense méritée pour trois sportifs au palmarès de feu et au mental bien trempé. Petite fiche de révision pour ceux qui ne les connaissent pas (encore).

Devenir la meilleure version de nous-même, c’est ce que propose Cléopatre Darleux dans son livre qui mêle récit biographique, routines sportives et alimentaires, passions et coups de cœurs. Au croisement du témoignage et du guide, « Vivre selon ses valeurs comme Cléopâtre Darleux » sort aujourd’hui. Un livre de la Collection ÀBLOCK! C’est la vie, non ?

Une tornade, un raz de marée. Cette discipline venue de Colombie a su trouver le combo gagnant – transpirer en s’éclatant – pour séduire des femmes qui veulent bouger sans pour autant avoir l’impression de faire du sport. Reportage au pays de cette danse devenue trendy.

En 2024, la Fédération Française de Baseball et Softball (FFBS) fêtait ses 100 ans et aux prochains JO de Los Angeles, le softball fera partie des sports additionnels. L’occasion de zoomer sur un sport méconnu en France et de s’interroger : quand a-t-on laissé les femmes s’emparer de la batte ?

Prodige du para badminton en France, médaillée d’argent à Tokyo, Faustine Noël mijote son meilleur lancer de volants pour les Jeux Paralympiques de Paris avec pour ambition de faire mieux qu’il y a quatre ans… l’or en ligne de mire.

Les championnats du monde d’athlétisme de l’édition 2015 à Pékin, en Chine, voit les Jamaïcaines triompher au relais 4x100m. Récit d’un 29 août sur les pistes.

Elle parcourt le monde à la recherche de mordues de montagne. Et trace passionnément sa voie. Tanya Naville, encadrante formatrice de groupes d’alpinisme féminins à la Fédération Française des Clubs Alpins et de Montagne, prend la plume et la caméra pour médiatiser la pratique sportive de ces femmes qui respirent mieux en haute altitude. En espérant faire boule de neige.

Elles n’étaient plus conviées sur le Tahiti Pro, étape décisive de la Coupe du Monde de surf, depuis quinze ans. Du 11 au 21 août, la Polynésie Française accueille de nouveau les surfeuses sur les monumentales vagues de Teahupo’o, là où la crème de la crème va se disputer un succès de renom. Et la Française Johanne Defay espère bien rafler la mise…

Elle est la première femme à avoir bouclé le Barclay Marathon, cette course du Tennessee réputée quasi-infranchissable. Vétérinaire de formation, mère de trois enfants, la coureuse britannique d’ultra-endurance Jasmin Paris incarne une vision inédite de la performance d’élite : celle où l’endurance se conjugue avec la maternité, la rigueur scientifique avec l’amour des grands espaces. Rencontre avec une fille qui s’engage pour que le trail féminin trouve toute sa place sur les chemins escarpés.
Abonnez-vous à la newsletter