Karolina MuchovaCette fille, c’est de la balle !

Karolina Muchova
OK, elle vient de s'incliner face à Jennifer Brady, mais elle lui a donné du fil à retordre. Et nous, on l'aime bien cette tenniswoman, spécialiste des coups de théâtre. À l’Open d’Australie, Karolina Muchova, 27e mondiale au classement WTA, a réussi à mettre la N°1 mondiale, Ashleigh Barty, au tapis. Le monde du tennis est de plus en plus séduit par la Tchèque de 24 ans, elle qui s’est offert sa première demi-finale en Grand Chelem et sa deuxième victoire contre une joueuse du top 5. Portrait d’une fille qui nous a pris de court.

Par Claire Bonnot

Publié le 18 février 2021 à 10h07, mis à jour le 09 juin 2023 à 11h14

Fan de Roger Federer, elle a très tôt pris la raquette de tennis en main. Ultra sportive depuis son enfance – Karolina Muchova naît le 21 août 1996 -, elle a été initiée au tennis par son père, le footballeur tchèque Josef Mucha.

Et une fois le service lancé, rien n’a pu l’arrêter : « Je suis toujours très passionnée par ce que je fais, dit-elle. Alors, quand je me suis dit que ça allait être du tennis, je me suis dit que je ferai du tennis. Je n’ai jamais eu de plan B. Heureusement, mon plan A a fonctionné ! »

Miss Muchova a 17 ans losqu’elle débute comme professionnelle sur le circuit féminin de l’ITF (Fédération Internationale de Tennis). On est en 2013 et il ne lui faudra qu’un an pour remporter son premier titre.

©WTA

En 2018, Karolina Muchova a 22 ans et le cercle très prisé du WTA Tour à l’Open de Corée lui ouvre grand les bras. Elle poursuit sur sa belle lancée à l’US Open 2018 avec une première victoire dans le Top 20, allant jusqu’au troisième tour du tournoi en battant la 12e mondiale et double championne du Grand Chelem, Garbiñe Muguruza.

À partir de là, le moral remonte pour celle qui avait trop tendance à multiplier blessures et défaites dans un parcours chaotique : « J’ai senti que je pouvais le faire. Que je pouvais concourir. Je ne savais pas si j’étais en mesure de battre toutes ces championnes, mais je savais que j’étais capable de rivaliser avec elles. J’ai peut-être eu un peu de chance. En tout cas, en recevant de l’argent avec mon prix, j’ai investi en moi. J’ai pu me permettre un physio, de meilleurs entraîneurs, j’ai changé de club et je suis allée à Prague. »

©DR

2019 est l’année des exploits : Karolina Muchova devient la première joueuse à se hisser en quarts de finale à Wimbledon pour sa première participation depuis sa prédécesseur, Li Na, en 2006, et elle obtient son premier titre WTA à Séoul en battant – aisément, tranquillement, la Polonaise Magda Linette.

Sa meilleure performance en 2020 ? Avoir notamment battu Venus Williams à l’US Open. On a vu pire.

Aujourd’hui, avec cette place en demi-finale de l’Open d’Australie, la joueuse Tchèque dit réaliser un rêve d’enfant : « Pour moi, être en demi-finale, c’est un rêve et je suis vraiment heureuse. Quand j’étais enfant, quand j’ai eu mon premier ordinateur portable, j’ai mis la Rod Laver Arena en fond d’écran. Et je me disais « J’espère qu’un jour je jouerais là-bas… » Et maintenant je vais jouer une demi-finale sur ce court… ».

©DR

Imprévisible, elle a pris son monde par surprise en venant à bout de la N°1 mondiale, Ashleigh Barty, qui menait le match et ne semblait pas en danger. Karolina Muchova n’était pourtant pas au top, menée 5-0 en seulement 16 minutes : « Je me sentais perdue sur le court, je pense que la chaleur m’a affectée, j’avais la tête qui tournait. Les médecins ont pris ma tension et m’ont rafraîchie. Le break m’a aidée », a-t-elle expliqué ensuite en conférence de presse.

Mais la demoiselle a de la ressource et le retour fut impressionnant.

Alors qu’elle n’avait réussi qu’un coup gagnant dans la première manche, Karolina Muchova a retourné la situation face à une Barty qui multipliait les fautes directes (37 exactement), ne frappant quasiment que des balles sans réelle consistance.

Jeu, set et match ! La 27e mondiale coiffe au poteau la 1ère mondiale. Récente sur les hauts courts du tennis féminin, la tenniswoman Tchèque a déjà prouvé qu’il ne fallait pas l’enterrer trop vite. Et particulièrement à l’Open d’Australie. Contre Elise Mertens et contre Karolina Pliskova, elle débute mal ses rencontres avant de les remporter haut la main.

 

À elle donc le match pour une place en finale face à Jennifer Brady ! Et tant pis si, cette fois, le coup de théâtre ne fut pas au rendez-vous, Karolina Muchova n’est pas de celles qui abandonnent.

Jennifer Brady n’a-t-elle pas dit à la fin du match aujourd’hui : « La victoire a été plus difficile, ça a mis plus longtemps que je l’espérais, oui. J’espérais qu’elle fasse la faute, mais elle ne la faisait pas et elle était même plus agressive…»

Sa marque de fabrique, c’est en effet son jeu agressif, intelligent et varié, qui fait d’elle une adversaire de haut vol, difficilement prévisible. Un jeu gracieux et puissant, prisé et remarqué, comparé (et oui ! ) à celui de Roger Federer… son idole. Une joueuse de tennis qui n’a pas dit son dernier mot. Ni frappé sa dernière balle.

©DR

D'autres épisodes de "Tennis : femmes sur court"

Vous aimerez aussi…

Laura Marino

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

De l’histoire de la gym féminine à celle d’une plongeuse de haut vol qui a pris la tangente pour ne pas se noyer (Laura Marino sur notre photo), en passant par une sportive écolo, une marathonienne hors-norme et une course parisienne, c’est le meilleur d’ÀBLOCK! de la semaine. Bonne lecture !

Lire plus »
Pauline Ferrand Prevot

Cyclisme : 5 championnes qui tiennent la route

Riche, pleine de promesses, l’histoire du cyclisme français féminin est pourtant assez peu connue. Pourtant, de nombreuses coureuses se sont illustrées tout au long du XXe siècle et continuent d’inspirer la nouvelle génération qui tente aujourd’hui d’entretenir cet héritage. Revenons sur l’histoire de cinq championnes du passé au présent, au parcours différent, mais toujours lumineux.

Lire plus »
Mélanie de Jesus dos Santos

Mélanie De Jesus Dos Santos, la discrète gymnaste qui nous en met plein la vue

Le bonheur ne tient parfois qu’à…une poutre. Mélanie De Jesus Dos Santos a été sacrée championne d’Europe à la poutre, fin avril, en Suisse. Elle enrichit ainsi un palmarès décoiffant : quadruple championne d’Europe de gym artistique et sept fois championne de France. La pimpante Martiniquaise, petit prodige de la gymnastique française, est aussi explosive que déterminée. Portrait d’une pépite prête à se challenger pour aller chercher le podium aux JO de Tokyo.

Lire plus »
Amy Bond

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

Une Pole danseuse qui tient bon la barre (Amy Bond, notre photo), une arbitre et une apnéiste soumises à la question et qui ne nous cachent rien (ou presque), une étoile du parkour qui a la tête dure, mais aussi une légende de l’athlétisme mondial, une reine des tapis qui a pris la bonne vague et quelques initiatives pour être ÀBLOCK! ensemble, c’est bon, ça !

Lire plus »
Florian Grill : « Le challenge de la décennie, c'est de voir exploser le rugby féminin ! »

Florian Grill : « Le challenge de la décennie, c’est de voir exploser le rugby féminin ! »

Il est à l’origine d’une (r)évolution dans le rugby féminin. Engagé depuis des années pour le développement de la pratique féminine, qu’elle soit pro ou amateur, Florian Grill, président de la fédé de rugby, compte prouver que les filles en ont sous les crampons, notamment à l’occasion du Six Nations qui se joue en ce moment, mais surtout de la Coupe du Monde de rugby à XV qui aura lieu cet été en Angleterre. À ce stade, on le croit.

Lire plus »
L’athlète juive qui rejoignit les rangs allemands aux Jeux de 36

Best-of 2023, nos portraits les plus marquants

Tout au long de l’année 2023, nous sommes partis à la découverte de parcours hors du commun, de ces parcours qui nous inspirent, le maître-mot d’ÀBLOCK! Si on en (re)découvrait quelques-uns comme celui, sur notre photo, de l’escrimeuse sulfureuse Hélène Mayer ?

Lire plus »

Recherche

Soyez ÀBLOCK!

Abonnez-vous à la newsletter

Mentions de Cookies WordPress par Real Cookie Banner