JO 1948Quand, affamées, les nageuses danoises décrochent l'or...

JO 1948
La guerre à peine terminée, les athlètes débarquent aux Jeux Olympiques de Londres avec leurs victuailles dans une ville où ce n’est pas encore l’heure du festin. Les nageuses, en particulier les Danoises, n’ont presque rien à se mettre sous la dent…

Publié le 09 mars 2021 à 19h35, mis à jour le 27 juillet 2021 à 17h18

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Trois ans après la fin de la seconde Guerre Mondiale, l’Angleterre n’était pas dans la situation idéale pour recevoir des Jeux Olympiques. Des JO que l’on disait ceux de l’austérité.

Les 4 300 athlètes (dont près de 400 femmes) des 59 nations qui prirent part aux deux semaines de compétition durent notamment s’organiser pour…manger à leur faim. Pour pallier en effet à la pénurie de nourriture, de nombreuses délégations apportèrent leurs propres denrées.

Les athlètes argentins acheminèrent plusieurs tonnes de bœuf via leur navire. Les Américains débarquèrent avec 30 tonnes de bœuf, 6 de porc, 6 de mouton, 36 de fromage, 12 de sucre, 25 000 barres de chocolat, 600 litres de crème glacée, une demi-tonne de beurre et 2 400 douzaines d’œufs… Ils recevaient aussi des livraisons de plusieurs centaines de kilos de pain par avion.

Les Suédois atterrirent avec 70 kg de caviar et 180 kg de porc. La France ? Elle avait bien rempli un train de différents produits, mais suite à un retard subi au passage de la douane anglaise, la majeure partie de la nourriture n’était plus consommable à l’arrivée…

La légende veut qu’ils récupérèrent en revanche toutes les bouteilles de vin, l’équivalent de plus d’un litre quotidien par athlète. À cet époque, les champions n’étaient pas contre boire un petit canon avant la compet’ !

La nourriture importée fut placée dans un ancien abri anti-aérien, transformé en entrepôt et gardé nuit et jour par une vingtaine de volontaires, presque tous étudiants, armés de barres de fer.

On mit même en place une ligne directe avec un détachement policier après la tentative d’intrusion d’un groupe d’hommes venus piller les réserves.

Les fruits emballés, la viande, le chocolat, le thé, la farine, le vin, le fromage, le bacon, le beurre et le lait condensé se monnayaient cher au marché noir…

Si le Danemark offrit 200 000 œufs au Comité Olympique britannique, des oeufs à distribuer aux participants, il semblent que, côté athlètes, les portions furent bien maigres. Ce fut notamment le cas des nageuses danoises au régime sec depuis le début des Jeux.

Tellement, qu’affamées, ces championnes demandèrent à leurs proches de leur envoyer des rations de nourriture ; de quoi les caler pour concourir.

Peu avant le début de la compétition, elles reçurent ainsi 500 sandwiches expédiés par avion.

Rassasiée, l’estomac (enfin) plein, elles décrochèrent 2 médailles d’or et 2 d’argent en 5 épreuves : Karen-Margrete Harup fut championne au 100 m dos et 2e au 400 m nage libre, Greta Andersen remporta le 100 m nage libre, et l’équipe complète obtint l’argent en relais 4 × 100 m nage libre.

 

Margrete Harup

Ce fut la meilleure performance de l’histoire en natation féminine pour le Danemark, qui dut attendre Moscou en 1980 pour décrocher une nouvelle médaille avec Susanne Nielsson, laquelle remporta le bronze en 100 m dos.

Tout cela grâce à un peu de pain qui, dans l’Angleterre d’après-guerre, n’était pas denrée négligeable.

Greta Andersen

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