Estelle Nze MinkoLa capitaine de hand qui veut mettre la main sur l'or

Estelle Nze Minko, la capitaine bleue à la conquête de l'or
La demi-centre tricolore a tout gagné dans sa carrière, mais elle a toujours aussi faim. L'équipe de France de handball se lance dans les matchs à élimination directe des JO de Paris 2024, la pression monte, mais la capitaine Estelle Nze Minko a la tête sur les épaules et de l'expérience à revendre.

Par Alexandre Hozé

Publié le 06 août 2024 à 13h05

Dans le sport de haut-niveau, l’incertitude est toujours présente. Mais certains et certaines rendent les pronostics plus simples, tant ils dominent avec régularité. 

Depuis maintenant plusieurs années, les handballeuses françaises font clairement parties de cette catégorie de championne. Bien sûr, il y a eu des contre-performances, des filles qui prennent leur retraite, d’autres qui se blessent… Mais à la fin, miser contre les Françaises lors d’une compétition internationale, c’est très risqué ! Grâce au talent du groupe évidemment, et ses leadeuses… 

Estelle Nze Minko fait partie des têtes d’affiche du groupe d’Olivier Krumbholz, et ce depuis plusieurs années désormais. 

Née le 11 août 1991 à Saint-Sébastien-sur-Loire, près de Nantes, la jeune Estelle commence le handball à 12 ans. On pourrait croire que c’est un peu tard, mais bon… Seulement deux ans plus tard, son talent saute aux yeux des recruteurs, qui ne laissent pas passer ce diamant. 

©️ Estelle Nze Minko/Instagram

Déjà chez les jeunes, le maillot bleu lui réussit. Notamment aux championnats d’Europe 2007, qu’elle remporte avec ses coéquipières. Et dès ses 18 ans, Estelle Nze Minko se lance dans la cour des grandes, en intégrant le club de Toulouse. 

Pendant quelques années, la demi-centre tricolore découvre le haut-niveau et emmagasine de l’expérience… Ainsi que quelques trophées ! En 2011, avec son club de Mios-Biganos, elle remporte la Challenge Cup, le quatrième niveau des Coupes d’Europe. 

Que ce soit à Toulouse, Mios-Biganos, Nîmes ou encore Nantes, Estelle Nze Minko ne s’arrête plus de monter en puissance. Une progression qui a découlé en toute logique sur l’appel du maillot bleu… En octobre 2013, à 22 ans, elle honore sa première sélection avec l’équipe de France. 

Sacrée coïncidence, l’arrivée d’Estelle Nze Minko dans le groupe France marque la montée en puissance des Bleues dans les compétitions internationales ! Évidemment, le collectif explique cela avant tout, mais sans patronne sur le terrain et en dehors, on le sait, la mayonnaise est bien plus dure à faire prendre. 

©️ Estelle Nze Minko/Instagram

Que ce soit avec les Bleues ou en club, Estelle Nze Minko gagne. C’est simple, aucun trophée collectif ne lui a échappé. En club, après avoir remporté la Coupe de la Ligue française avec Fleury-Loiret en 2016, elle décolle pour le club hongrois de Siofok. Un choix audacieux, duquel va découler une nouvelle Coupe d’Europe, cette fois du deuxième niveau européen. 

Les succès s’enchaînent également avec l’équipe de France pour la joueuse. Après le bronze européen et l’argent olympique en 2016, Estelle Nze Minko et ses comparses tricolores signent un doublé historique : le titre mondial en 2017, suivi de la victoire aux championnats d’Europe 2018. Un Euro durant lequel la demi-centre française finit meilleure buteuse de son équipe. 

L’année 2019 est un moment charnière pour Estelle Nze Minko. Dans un premier temps, elle change de club, signant avec Gyori, toujours dans le championnat hongrois. Par la suite, elle connaîtra le goût amer de la déception lors du Mondial 2019. Car oui, pour les Bleues, une compétition sans médaille, c’est une déception. 

Enfin, cette année marque aussi le moment où Estelle Nze Minko a démontré qu’elle était ÀBLOCK!… Entrepreneuse dans l’âme, elle se lance en créant V-Box. Loin des stéréotypes des box proposées d’habitude aux femmes, l’handballeuse propose des créations d’entrepreneuses, produits en France et qui respectent l’environnement. Chapeau bas ! 

Estelle Nze Minko s’exprime également sur le tabou des menstruations pour les sportives de haut niveau, appelant à des études sur le sujet afin de protéger le mieux possible toutes les championnes. 

©️ Estelle Nze Minko/Instagram

Vous l’aurez compris, la championne n’hésite pas à secouer tout le monde hors du terrain. Et sur le terrain, ça n’est pas différent ! Son explosivité liée à sa science du jeu fait des ravages, à tel point qu’elle est considérée (à juste titre) comme une des meilleures handballeuses de la planète, tout simplement. 

Estelle Nze Minko va se hisser jusqu’en finale de l’Euro 2020 avec l’équipe de France, avant de chuter face à la Norvège. L’handballeuse tricolore sera tout de même désignée comme la meilleure joueuse de la compétition. 

Plus d’un an après cette défaite, viennent les Jeux Olympiques de Tokyo. Face à la Russie, les Françaises vont chercher le premier titre olympique de leur histoire. Ce groupe écrit une magnifique histoire, dont Estelle Nze Minko tient un des rôles principaux. 

Quelques mois plus tard, le Mondial 2021 échappera malgré tout à l’équipe de France. Comme lors de l’Euro 2020, les Norvégiennes font chuter les tricolores en finale. Une déception, mais également une nouvelle médaille pour les Bleues et Estelle Nze Minko ! 

Avec son club de Gyori, les trophées s’accumulent également. La Coupe de Hongrie 2021, ainsi que les championnats de Hongrie 2022 et 2023 tombent dans la besace de la tricolore. Une seule compétition lui résiste encore : la Ligue des Champions. 

Et puisque l’on parle de résistance, la Norvège continue de mener la vie dure aux Bleues. Lors de l’Euro 2022, en demi-finale, c’est par un écart de huit buts que les tricolores chutent. Une claque dont Estelle Nze Minko et ses coéquipières ne parviendront pas à se relever, laissant filer la médaille de bronze quelques jours plus tard. 

Après la déception, la victoire est revenue pour Estelle Nze Minko (de dos) et ses coéquipières !…©️ Estelle Nze Minko / Instagram

Mais la nouvelle capitaine de l’équipe de France ne l’entend pas de cette oreille… Lors du Mondial 2023, les Françaises viennent pour une médaille, une seule ! L’or. 

Irréprochables tout au long de la compétition, elles retrouvent leurs meilleures ennemies norvégiennes en finale. Et cette fois, la France a le dessus. Elles sont championnes du monde, la capitaine Estelle Nze Minko a le privilège de soulever le trophée ! Un succès de très bon augure à quelques mois des Jeux Olympiques de Paris 2024. 

Une dynamique qu’Estelle Nze Minko a entretenu de la plus belle des manières avec son club, allant chercher le seul trophée majeur qui lui manquait : la Ligue des Champions. 

La capitaine des Bleues arrive dans une forme olympique pour Paris 2024. Dans son sillage, on sait que les Bleues sont capables du meilleur. En tout cas, elles ne visent pas moins !

On espère bien voir Estelle Nze Minko et les tricolores avec le plus beau collier dont des sportives puissent rêver le 10 août prochain… 

Avec la Ligue des Champions 2024, l’armoire à trophées d’Estelle Nze Minko est pleine à craquer ! Mais il  reste de la place pour une 2e médaille d’or olympique…©️Instagram

Ouverture : ©️ Estelle Nze Minko / Facebook

D'autres épisodes de "Handball, des filles au taquet !"

Vous aimerez aussi…

Il était une fois le marathon… féminin

Il était une fois le marathon… féminin

Le 24 septembre 2023, sur le marathon de Berlin, l’Éthiopienne Tigist Assefa, 28 ans, devint la nouvelle reine du marathon, bouclant les 42,195 km en 2 h 11’’52. Mais pour que ces championnes puissent gagner à grandes foulées, il a fallu que d’autres filles intrépides battent le pavé. Histoire express d’une course longue distance conjuguée au féminin.

Lire plus »
Marielle Goitschel : « À 7 ans, j’écrivais déjà sur des papiers que je serais championne de ski. »

Marielle Goitschel : « À 7 ans, j’écrivais déjà sur des papiers que je serais championne du monde de ski. »

Elle a marqué l’Histoire du ski. En à peine dix ans de carrière, Marielle Goitschel (au centre sur notre photo) a tout raflé. Multiple championne du monde et olympique, l’Avaline continue d’espérer qu’une skieuse française lui succède sur la plus haute marche du podium de géant et de slalom à l’heure où les meilleures de la planète dévalent les pistes de ces JO de Pékin. Conversation avec une légende.

Lire plus »
Agnès Fanjaud

Agnès Fanjaud : « De l’Or en 2024 pour…les dirigeant.e.s ? »

13 septembre 2017, Lima, Pérou. Sur l’écran géant du CREPS de Dijon est diffusée, en direct, la cérémonie qui va révéler le grand organisateur des Jeux 2024. S’affichent les officiels dans l’attente de la décision de la ville hôte. Joies et réjouissances à l’annonce de Paris ! Et que voit-on sur l’écran pour la photo de famille des fédérations… ?

Lire plus »
Mélanie Briot

Mélanie Briot : « Gérer une équipe de mecs et l’adrénaline pendant les courses… C’est sport ! »

Pionnière dans un monde de mecs. Seule femme dans le cyclisme à être devenue directrice sportive d’une équipe de Nationale 1, Dinan Sport Cycling, Mélanie est une passionnée de vélo depuis toujours. Vivre au plus près des courses cyclistes, voilà ce qui la motive à partir sur la route toute la sainte journée. Et elle pourrait bien entraîner d’autres filles à prendre ce virage nécessaire pour la féminisation des métiers du sport…

Lire plus »
Nouchka Simic : « Quand j’ai passé la ligne d'arrivée d'un marathon pour la première fois, j’ai cru renaître. »

Nouchka Simic : « La première fois que j’ai passé la ligne d’arrivée d’un marathon, j’ai cru renaître. »

Elle a d’abord été rameuse et a pratiqué le sport à haut niveau. Avant de connaitre une période difficile, marquée par des troubles du comportement alimentaire. Nouchka Simic, nutritionniste, spécialisée dans l’alimentation des sportifs, entretient à présent un rapport pacifié au sport et à son assiette. Et vient en aide à toutes celles et ceux qui souhaitent suivre son exemple via les réseaux sociaux et son tout premier livre. Rencontre.

Lire plus »
Marie Bochet : « Quand je glisse sur mes skis, j’ai l’impression de danser sur la neige. »

Marie Bochet : « Quand je glisse sur mes skis, j’ai l’impression de danser sur la neige. »

À 28 ans, la multi-médaillée paralympique en ski alpin est auréolée d’une belle image de sportive à la fois zen et déterminée. Avant qu’elle ne s’élance pour les Jeux Paralympiques de Pékin, Marie Bochet, dernièrement double médaille d’or aux Championnats du monde de para sports en Norvège, se livre avec la fraîcheur de sa glisse désormais légendaire. Marie fonce tout schuss !

Lire plus »
Simon Lancelevé : « Chez les féminines, il y a un côté ‘on vient pour performer’ et c'est assumé. »

Simon Lancelevé : « Chez les féminines, il y a un côté ‘on vient pour performer’ et c’est assumé. »

Il est ethnographe et s’est lancé un défi, celui d’essayer de comprendre le fonctionnement et les motivations des participants et participantes de la Chatreuse Terminorum, cousine française de la Barkley, la course la plus difficile au monde. Rencontre avec Simon Lancelevé, chercheur spécialiste de l’endurance, qui vient de publier « La quête, dans les coulisses de la Chatreuse Terminorum. »

Lire plus »

Recherche

Soyez ÀBLOCK!

Abonnez-vous à la newsletter

Mentions de Cookies WordPress par Real Cookie Banner