8 mars : l’égalité des sexes au menu du CIO

illust duo renfogimp
À l’occasion de la Journée internationale des femmes, ce 8 mars, le Comité international olympique a annoncé le nom des 6 lauréat.e.s de ses trophées « Femme et Sport » 2020. Des lauréat.e.s « défenseurs » de l’égalité des sexes. Le monde bouge dans l’olympisme.

Par Valérie Domain

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur whatsapp
Partager sur pinterest
Partager sur email

«  Il faut que les femmes osent s’engager ». C’est peu de dire que lorsque Isabelle Lamour prononce ces mots, ils ont du sens. La présidente de la Fédération française d’escrime est en effet la seule femme à occuper ce poste décisionnel dans tout l’aréopage de fédés olympiques, soit 36 au compteur. Va y avoir du boulot avant les JO 2024 ! Surtout si la France veut montrer l’exemple en termes de parité. 

En 2017, le CIO (Comité international olympique) procédait à un examen de la situation de l’égalité des sexes au sein du Mouvement olympique et, dans la foulée de conclusions consternantes sur la place (oubliée) des femmes, publiait un projet d’analyse de la question de l’égalité des sexes.

Faire plus et plus vite

Kesako ? Vingt-cinq recommandations couvrant des domaines tels que la participation, le financement, la gouvernance ou la représentation, dans le but de changer la donne, d’aider à faire tomber les barrières qui empêchent les filles de participer au sport à tous les niveaux.

Ainsi donc le CIO entend contribuer à la parité entre hommes et femmes. À Londres en 2012, 44 % des participants aux Jeux étaient des femmes, à Rio en 2016, elles étaient 45 %.  Cette année, à Tokyo, la participation féminine devrait passer à 48,8 %.

Le CIO qui veut porter cette participation à 50 % n’en est pas loin. Et veut y parvenir rapidement. C’est en tout cas ce que Marisol Casado, membre du CIO et présidente d’un groupe de travail sur le sujet, martelait en 2018  : « Bien que l’on ait constaté ces dernières années des progrès en matière d’égalité des sexes dans le sport, nous avons besoin de faire plus, et plus vite. »

Après tout, indique le CIO, «  les Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) de Buenos Aires 2018 ont été le premier événement olympique à compter le même nombre d’hommes et de femmes non seulement sur les terrains, mais aussi au sein du comité d’organisation, et à proposer une couverture médiatique équitable des épreuves féminines et masculines. »

Depuis 1991, les nouveaux sports souhaitant figurer au programme sont tenus d’inclure des épreuves féminines.  Et aux prochains JO au Japon, le nombre d’épreuves mixtes a été multiplié par deux par rapport à l’édition de Rio 2016.

Et pourtant, ça coince encore. L’égalité en termes de formats de compétition, d’uniformes, d’équipements et d’entraineurs, est loin d’être atteinte. Tout comme le pourcentage de femmes exerçant des fonctions dans les instances dirigeantes.

Des trophées prometteurs ?

Pour mieux démontrer son ambition encore, le CIO vient de remettre ses trophées «  Femme et sport » 2020 à six « défenseurs » de l’égalité des sexes : « Les lauréats ont tous contribué de façon remarquable à développer, encourager et renforcer la participation des femmes et des jeunes filles dans le sport, explique Thomas Bach, le président du CIO. Chaque projet est un engagement indéfectible afin de faire progresser l’égalité des sexes sur l’aire de compétition et en dehors.

Chaque lauréat démontre le pouvoir du sport pour faire de l’égalité des sexes une réalité. Nous célébrons leur grande contribution en cette année où, pour la première fois, les Jeux Olympiques seront marqués par un équilibre entre les sexes, avec un nombre égal d’athlètes hommes et femmes en lice à Tokyo 2020. »

skateboard

Qui sont les heureux élu.e.s ?

Lauréat du trophée mondial : Skateistan – une organisation à but non lucratif qui utilise le skateboard et l’éducation pour autonomiser les enfants, en particulier les jeunes filles.

Lauréate pour l’Afrique : Salima Souakri (Algérie)

Lauréate pour l’Amérique : Guylaine Demers (Canada)

Lauréate pour l’Asie : Kim Jin-Ho (République de Corée)

Lauréate pour l’Europe : Else Trangbæk (Danemark)

Lauréate pour l’Océanie : Kitty Chiller (Australie)

Et en France ?

Mais revenons à la France. Aujourd’hui, une fédération olympique sur six ne respecte pas la loi en termes de représentation des femmes. A défaut de parité, cette loi impose une représentation proportionnelle au nombre de femmes pratiquantes. Ce qui est loin d’être le cas.

Ainsi, la gymnastique, le patinage et l’équitation, pratiques majoritairement féminines, n’ont pas de femmes à leur tête, quand bien même elles sont présentes à 40 % au comité directeur.

Ce fameux plafond de verre est décidément ultra résistant. Même aux textes de lois. Même aux débats, aux explications, aux justifications, aux contestations et autres manifestations.

Quand pourrons-nous enfin démontrer que ce plafond-là se compose de verre trempé, un verre certes solide mais qui en cas de bris, ne provoque aucune blessure  ? Bien au contraire. Car il a été maintes fois prouvé que la parité, était bénéfique, partout, à tous les niveaux. Pour tous.

Alors, ne lâchons rien  !

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur whatsapp
Partager sur pinterest
Partager sur email

Vous aimerez aussi…

Gabriella Papadakis

Gabriella Papadakis : « Il arrive un moment où on ne patine plus pour gagner, mais pour ne pas perdre. »

Elle sera, avec son partenaire Guillaume Cizeron, la grande absente des Championnats du monde de patinage qui débutent lundi. Le couple star a en effet choisi de se consacrer à la préparation des JO 2022. Et il peut se le permettre. Ensemble, Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron ont (presque) tout gagné : quadruples champions du monde, quintuples champions d’Europe et vice-champions olympiques. L’occasion de faire le point avec celle qui, à 25 ans, collectionne les honneurs avec, toujours, cette envie de surprendre, d’explorer des domaines où on ne l’attend pas. Rencontre chaleureuse avec une fille qui laisse tout sauf de glace.

Lire plus »
Sophia Bouderbane

Sophia Bouderbane : « Le karaté, c’est puissant, ça t’offre des émotions rares. »

La veste du karatégi sanglée à la perfection, la tête sur les épaules, les pieds ancrés sur le tapis… la karatéka française, multi médaillée, qui a raflé l’an dernier le titre de championne d’Europe, vit sa passion intensément et viscéralement. Pour elle, le karaté est un code moral. Et un épanouissement joyeux qu’elle partage sans retenu. Conversation avec une grande Dan.

Lire plus »
Ronda Rousey

Ronda Rousey, une héroïne à la Zola dans le MMA

Première championne de l’histoire de l’UFC, celle qui a ouvert le MMA aux femmes a su donner les coups qu’il fallait pour toujours se relever dans une vie traversée par les drames. L’Américaine Ronda Rousey, cascadeuse et actrice dans des blockbusters hollywoodiens, a écrit le propre film de sa vie à la force de ses poings et de son mental d’acier. Une combattante hors norme et une pionnière du game !

Lire plus »
Jessy Trémoulière

Jessy Trémoulière : « Le rugby m’a fait grandir. »

Elle a à peine 30 ans, mais déjà une riche carrière derrière elle. L’Auvergnate Jessy Trémoulière, devenue une figure incontournable du paysage rugbystique international, vient d’être sacrée meilleure joueuse de la décennie, deux ans après avoir été élue meilleure joueuse du monde, rien que ça ! Rencontre avec une fille qui sait merveilleusement transformer l’essai.

Lire plus »
Clare Connor

Avec Clare Connor, le cricket féminin tient sa trajectoire

Figure féminine dirigeante rare dans le milieu du cricket, l’ancienne joueuse pro Clare Connor deviendra en 2021 la première femme présidente de l’histoire du Marylebone Cricket Club (MCC). Historique pour ce gardien des lois du cricket âgé de plus de 200 ans ! Portrait d’une cricket-girl qui n’hésite pas à lancer des balles fortes en faveur d’un milieu sportif plus inclusif.

Lire plus »
Emmanuelle Bonnet-Oulaldj

Emmanuelle Bonnet-Oulaldj : « Faire du sport n’est pas juste une finalité pour être en bonne santé, mais un processus d’émancipation… »

Il y a des décisions qu’on ne prend pas à la légère. Ce fut mon cas, soutenu par la Fédération Sportive et Gymnique du Travail (FSGT), dont je suis la co-présidente, concernant ma candidature à la présidence du CNOSF. Femme, quadragénaire, représentante d’une fédération multisports, n’ayant jamais été sportive de haut-niveau, cette démarche inédite a surpris. Tant mieux !

Lire plus »
Charline Picon

Charline Picon : « La planche à voile, c’est clairement ce qui m’a construit. »

Apaisée, combative, imprévisible aussi. La véliplanchiste Charline Picon, championne olympique en titre depuis Rio, en 2016, médaillée d’or pour la 5e fois aux Championnats d’Europe, ce samedi au Portugal, vogue désormais vers Tokyo 2021. Car cette reine de la glisse n’a pas pris sa dernière vague et éclabousse tout sur son passage. Nous l’avions rencontrée en décembre dernier, avant qu’elle ne fête cette nouvelle victoire, l’occasion de la mettre de nouveau en avant. Car cette sportive en a des choses à dire ! Et à partager.

Lire plus »
Émilie le Fur

Émilie Le Fur : « Les sports mécaniques font partie du monde d’avant, il faut les repenser…»

Après plus de dix ans à évoluer en F1, moto et rallye, Émilie Le Fur a choisi d’emprunter une voie plus verte. La triple Championne d’Europe Xterra, ancienne ingénieure piste et essais des pilotes Sébastien Loeb ou encore Sébastien Ogier, s’est reconvertie dans l’alimentation durable et milite pour une pratique sportive plus écologique. Rencontre avec une fille nature.

Lire plus »

Bouger, j’aimerais bien mais…

Avec le confinement, beaucoup tentent de saisir l’occasion de remettre leur corps en mouvement. Pas facile pourtant, surtout lorsqu’on est seul et que l’espace sportif se limite à ses quatre murs. Alors, généralement, on commence fort puis on se fatigue.
Mais pourquoi si peu d’enthousiasme, même en sachant que le bien-être est au bout de la séance ? Explications.

Lire plus »
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin