8 mars : l’égalité des sexes au menu du CIO

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À l’occasion de la Journée internationale des femmes, ce 8 mars, le Comité international olympique a annoncé le nom des 6 lauréat.e.s de ses trophées « Femme et Sport » 2020. Des lauréat.e.s « défenseurs » de l’égalité des sexes. Le monde bouge dans l’olympisme.

Par Valérie Domain

Publié le 08 mars 2020 à 10h58, mis à jour le 06 mars 2022 à 18h32

«  Il faut que les femmes osent s’engager ». C’est peu de dire que lorsque Isabelle Lamour prononce ces mots, ils ont du sens. La présidente de la Fédération française d’escrime est en effet la seule femme à occuper ce poste décisionnel dans tout l’aréopage de fédés olympiques, soit 36 au compteur. Va y avoir du boulot avant les JO 2024 ! Surtout si la France veut montrer l’exemple en termes de parité. 

En 2017, le CIO (Comité international olympique) procédait à un examen de la situation de l’égalité des sexes au sein du Mouvement olympique et, dans la foulée de conclusions consternantes sur la place (oubliée) des femmes, publiait un projet d’analyse de la question de l’égalité des sexes.

Faire plus et plus vite

Kesako ? Vingt-cinq recommandations couvrant des domaines tels que la participation, le financement, la gouvernance ou la représentation, dans le but de changer la donne, d’aider à faire tomber les barrières qui empêchent les filles de participer au sport à tous les niveaux.

Ainsi donc le CIO entend contribuer à la parité entre hommes et femmes. À Londres en 2012, 44 % des participants aux Jeux étaient des femmes, à Rio en 2016, elles étaient 45 %.  Cette année, à Tokyo, la participation féminine devrait passer à 48,8 %.

Le CIO qui veut porter cette participation à 50 % n’en est pas loin. Et veut y parvenir rapidement. C’est en tout cas ce que Marisol Casado, membre du CIO et présidente d’un groupe de travail sur le sujet, martelait en 2018  : « Bien que l’on ait constaté ces dernières années des progrès en matière d’égalité des sexes dans le sport, nous avons besoin de faire plus, et plus vite. »

Après tout, indique le CIO, «  les Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) de Buenos Aires 2018 ont été le premier événement olympique à compter le même nombre d’hommes et de femmes non seulement sur les terrains, mais aussi au sein du comité d’organisation, et à proposer une couverture médiatique équitable des épreuves féminines et masculines. »

Depuis 1991, les nouveaux sports souhaitant figurer au programme sont tenus d’inclure des épreuves féminines.  Et aux prochains JO au Japon, le nombre d’épreuves mixtes a été multiplié par deux par rapport à l’édition de Rio 2016.

Et pourtant, ça coince encore. L’égalité en termes de formats de compétition, d’uniformes, d’équipements et d’entraineurs, est loin d’être atteinte. Tout comme le pourcentage de femmes exerçant des fonctions dans les instances dirigeantes.

Des trophées prometteurs ?

Pour mieux démontrer son ambition encore, le CIO vient de remettre ses trophées «  Femme et sport » 2020 à six « défenseurs » de l’égalité des sexes : « Les lauréats ont tous contribué de façon remarquable à développer, encourager et renforcer la participation des femmes et des jeunes filles dans le sport, explique Thomas Bach, le président du CIO. Chaque projet est un engagement indéfectible afin de faire progresser l’égalité des sexes sur l’aire de compétition et en dehors.

Chaque lauréat démontre le pouvoir du sport pour faire de l’égalité des sexes une réalité. Nous célébrons leur grande contribution en cette année où, pour la première fois, les Jeux Olympiques seront marqués par un équilibre entre les sexes, avec un nombre égal d’athlètes hommes et femmes en lice à Tokyo 2020. »

skateboard

Qui sont les heureux élu.e.s ?

Lauréat du trophée mondial : Skateistan – une organisation à but non lucratif qui utilise le skateboard et l’éducation pour autonomiser les enfants, en particulier les jeunes filles.

Lauréate pour l’Afrique : Salima Souakri (Algérie)

Lauréate pour l’Amérique : Guylaine Demers (Canada)

Lauréate pour l’Asie : Kim Jin-Ho (République de Corée)

Lauréate pour l’Europe : Else Trangbæk (Danemark)

Lauréate pour l’Océanie : Kitty Chiller (Australie)

Et en France ?

Mais revenons à la France. Aujourd’hui, une fédération olympique sur six ne respecte pas la loi en termes de représentation des femmes. A défaut de parité, cette loi impose une représentation proportionnelle au nombre de femmes pratiquantes. Ce qui est loin d’être le cas.

Ainsi, la gymnastique, le patinage et l’équitation, pratiques majoritairement féminines, n’ont pas de femmes à leur tête, quand bien même elles sont présentes à 40 % au comité directeur.

Ce fameux plafond de verre est décidément ultra résistant. Même aux textes de lois. Même aux débats, aux explications, aux justifications, aux contestations et autres manifestations.

Quand pourrons-nous enfin démontrer que ce plafond-là se compose de verre trempé, un verre certes solide mais qui en cas de bris, ne provoque aucune blessure  ? Bien au contraire. Car il a été maintes fois prouvé que la parité, était bénéfique, partout, à tous les niveaux. Pour tous.

Alors, ne lâchons rien  !

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