Anaïs Quemener : « Quand t’es prête à aller courir en short et débardeur dans la boue et par zéro degré, tu peux tout faire. »
Pour faire du cross, il faut un mental de guerrier, ça te rend plus fort. Et pourtant, ce n'est pas ma spécialité. Je suis toujours moins à l’aise que sur route, les séances sont trop courtes pour moi, l'entraînement est violent. Mais, à l'arrivée, le spectacle peut être si beau...
Par Anaïs Quemener, championne de marathon*
Publié le 21 novembre 2023 à 18h24, mis à jour le 24 novembre 2023 à 16h46
Samedi 18 novembre, veille de course. J’ai bossé toute la nuit, mais aussi la nuit d’avant. Quand mon père est venu me chercher à 9h pour rejoindre Le Mans, à plus de 200 km en voiture, je n’avais pas fermé l’œil depuis des heures. Le lendemain après-midi, je devais être au départ du Cross international Le Maine Libre-Allonnes, un cross de 6,890 km, qualificatif pour les Championnats d’Europe.
Une fois arrivés, on a fait simple : déjeuner sur place, reconnaissance du parcours sur la moyenne et grande boucle, footing de 20 mn et quelques lignes droites, sieste à l’hôtel, dîner et -j’en avais besoin – une bonne nuit. Le dimanche, j’étais en forme : à 13h, j’ai enfilé les baskets pour l’échauffement puis, une heure plus tard, j’ai mis mon dossard et mes pointes de 12 mm – un bon choix pour ne pas glisser-, c’était le départ du cross et j’étais ÀBLOCK!.
Comme je vous le disais dans mon dernier Carnet de Route, le cross n’est pas ma spécialité, je suis une coureuse de longue distance et le court, ça n’a rien à voir. C’est compliqué d’exceller en tout, il y a un moment où tu dois choisir tes priorités. Les miennes sont définitivement du côté du marathon, en tout cas sur route. Pour autant, je n’avais jamais participé à cette compétition et j’avais toujours le regret de ne pas aller m’y frotter aux meilleures sur ce format. Là, je l’ai fait et je le referai l’an prochain.
Je savais où je mettais les pieds, je savais que je ne partais pas favorite, mais je me suis dit « qui ne tente rien n’a rien » et que, en tout cas, je pourrais essayer de me rapprocher des dix premières. Je n’avais pas imaginé, qu’aussi tôt dans la saison, le niveau serait si élevé. Un niveau exceptionnel, à la hauteur d’un Championnat de France, les filles qui concourent sont spécialistes du cross : d’ailleurs, à l’arrivée, dans les cinq premières Françaises, tu as le podium des championnats de France de cross ! Je suis donc contente d’avoir terminé 17e de la course, 12e Française.
Sur le parcours, j’arrivais à me repérer par rapport aux filles avec qui je cours sur piste et sur cross en général et quand je vois le classement d’arrivée, je me dis que j’ai fait une bonne course à mon niveau, que je suis à ma place. Le parcours m’a plu : assez roulant, pas trop de gadoue, des petits lacets, des relances, des virages en épingle, il était technique et intéressant pour ses nombreux changements de rythme.
En ayant mieux préparé le cross, est-ce que j’aurais pu gagner deux ou trois places ? Sans doute, mais je n’aurais de toute façon pas été dans la sélection pour les Europe. Ce n’est pas une fin en soi car je trouve stimulant de courir avec des filles d’aussi haut niveau. C’était incroyable, c’était beau.
C’est toujours plus sympa d’aller chercher des courses où il y a du niveau car on sait où on en est et, moi, je sais que pour progresser en cross, j’ai encore du boulot, des séances de vitesse à haute intensité à faire, qu’il faut que j’arrête de « négocier mes entraînements » comme dirait mon père !
Mais, j’avoue, lorsque je dois faire une séance de vitesse, je suis toujours moins à l’aise, les séances sont trop courtes pour moi, c’est violent comme entraînement. Donc, je rallonge les échauffements, les footings et, au final, je fais 20km alors qu’il fallait que j’en fasse seulement 5 mais plus intenses.
Pour autant, je ne lâche rien et je vais m’inscrire à d’autres compet’ de cross dès janvier, en parallèle de ma prépa pour le marathon de Séville qui a lieu le 18 février. Le cross, c’est bon pour le mental car tu vas courir en pleine hiver, dans la boue, le froid, il faut un mental de guerrier. Quand t’es prête à aller courir en short et débardeur en janvier, par zéro degré dans la boue, tu peux tout faire. Y a pas de conditions plus difficiles que ces périodes de cross. Ça te rend plus fort. Et puis, quand tu prépares un marathon, t’es souvent seule alors que pour le cross, on est cinquante du club à chaque fois à s’entraîner et comme toujours j’aime ces moments-là.
Ma prochaine course, c’est le 3 décembre et ce n’est pas un cross : je vais faire le marathon de Valence avec les potes de la Meute, mais pas comme vous l’imaginez, je vais être leur pacer, c’est-à-dire leur meneur d’allure, leur lièvre quoi ! Je me mets alors au service des potes du club qui ont pour objectif de boucler le marathon en moins de 3h.
Je n’ai pas de perf en vue, le challenge pour moi est de rester à la même allure, ce qui n’est pas évident car t’as naturellement envie d’accélérer, mais le but est de les aider à atteindre leur objectif. Ça va être cool ces instants de partage, à Valence, sous le soleil…
Mais, oui, bien sûr, je vous raconterai ! Rendez-vous dans quinze jours !
*Anaïs Quemener est notre ambassadrice ÀBLOCK! Elle est aide-soignante et athlète, spécialiste des courses de fond. Atteinte d’un cancer du sein, elle trouvera dans le sport une thérapie, un outil de réparation. Le , elle devient championne de France de marathon en 2h40’36, après son titre de 2016. Le au marathon de Paris, elle bat son record en 2h32’12, première Française à passer la ligne d’arrivée. Elle s’entraîne aujourd’hui à sa qualification à l’épreuve de marathon des Jeux Olympiques en 2024 et/ou 2028.
Les sports motorisés et les femmes, ça a toujours été compliqué. Mais aujourd’hui, certaines se frottent à l’asphalte et n’hésitent plus à rouler sur les préjugés. En pôle position, l’Allemande Sophia Flörsch, une prodige du volant pour qui la ligne d’arrivée n’est rien moins que la Formule 1.
Elle invite le monde à soutenir le mouvement de la paix par le sport. Et avec elle, champions et championnes s’engagent, de Didier Drogba (notre photo) à Tony Estanguet, en passant par Laurence Fisher, Marlène Harnois, Siya Kolisi, Paula Radcliff, ou encore Sarah Ourahmoune. L’organisation internationale Peace and Sport lance aujourd’hui sa campagne digitale mondiale #WhiteCard visant à promouvoir les valeurs positives et structurantes du sport.
Elle voulait ressembler aux filles parfaites des réseaux sociaux. Mais ce qu’elle a découvert en enfilant des baskets l’emporta bien au-delà. Témoignage d’une fille qui court aujourd’hui pour l’amour des foulées.
En 2013, elle reliait à la nage, sans aucune protection contre les requins, Cuba à Key West, en Floride. Elle avait 64 ans. L’Américaine Diana Nyad était alors surtout connue pour avoir été championne de squash dans les années 80. Mais son rêve, c’était de relever ce défi aquatique. She did it. Et elle se raconte dans cet épisode du podcast « Merci pour ce moment » signé Quentin Faure.
Une crossfiteuse que rien n’effraie, un photographe à l’œil expert, un récap’ de la fête internationale de la glisse et une coupe du monde pour le moins originale, c’est le meilleur d’ÀBLOCK! cette semaine. Enjoy !
La montagne est inspirante et les femmes qui s’y frottent n’ont rien à lui envier. Le festival de films “Femmes en Montagne“ qui aura lieu en Haute-Savoie et en version digitale, s’apprête à mettre en avant, pour sa deuxième édition, des sommets conquis et filmés par des grimpeuses, des réalisatrices ou même des spectatrices.
Elles souhaitaient démontrer à toutes et tous que le vélo est un formidable outil d’affirmation et d’émancipation. Louise Roussel et sa co-équipière Océane Lepape ont pédalé durant deux mois pour rencontrer des pratiquantes. Elles en ont rapporté mille souvenirs mais aussi un documentaire, « Les échappées ».
Le week-end prochain, elle fera vrombir sa bécane au Bol d’Or. Aurélie Hoffmann alias Lil’Viber formera avec sa copine des circuits, Patricia Audebert, l’unique team 100 % féminine de l’événement du Castellet pour la course du Bol d’Or Classic. Entre deux entraînements sur l’asphalte, elle répond à notre petit questionnaire de Proust à la sauce ÀBLOCK!
Cette fois encore, l’équipe de France de natation artistique se met en scène douze mois de l’année. Mais pour son calendrier 2023, le projet prend une ampleur plus engagé : donner de la force à toutes les femmes confrontées au cancer du sein et sensibiliser à l’importance de son dépistage.
Sport longtemps méconnu dans l’Hexagone, le squash sera mis en la lumière aux JO 2028 de Los Angeles, l’occasion pour ABLOCK! de revenir sur l’histoire de ce sport qui n’a pas attendu pour mettre les femmes au centre des courts.