De la balle !Quand les basketteuses européennes s’offrent les States…

Julie Allemand
Assistons-nous enfin à l’éclosion des joueuses européennes aux États-Unis, territoire si prisé du basket mondial ? Dans le championnat américain de basketball féminin, la WNBA, elles sont de plus en plus nombreuses à tenter le coup. Et à y parvenir. Pourquoi ? Comment ? Explications.

Par Djeinaba Kante

Publié le 18 août 2020 à 13h17, mis à jour le 02 août 2024 à 16h55

Les doigts d’une main. Cinq joueuses de basket européennes ont été sélectionnées par des franchises en WNBA lors de la dernière draft, cette cérémonie où sont sélectionnés les meilleurs espoirs.

Parmi elles, la Belge, Emma Meesseman, élue MVP, meilleure joueuse de la finale avec son équipe du Washington Mystics et sa compatriote, Julie Allemand, qui fait aujourd’hui les beaux jours de la franchise d’Indiana.

Emma Meesseman
Emma Meesseman...©Lorie Shaull

La route est encore longue, mais les Européennes gravissent de plus en plus les échelons jusqu’en WNBA, les franchises se les arrachent. “Il y a encore quelques années, c’était difficile pour une étrangère d’arriver en WNBA, d’avoir beaucoup de temps de jeu », explique Lydia Admeziem, co-fondatrice de Wnba France.

Alors pourquoi assiste-t-on aujourd’hui à cette petite révolution de parquet ? 

Des joueuses déjà armées pour le haut-niveau 

La première et principale raison est assez simple : les joueuses souhaitent de plus en plus se frotter au meilleur championnat de basketball du monde. Non pas qu’elles n’étaient pas intéressées auparavant, mais elles ont aujourd’hui davantage d’assurance en termes de temps de jeu notamment, pour pouvoir tenter l’aventure WNBA. 

Après avoir été dratfée en 2016 par le Indiana Fever, la meneuse de jeu Belge, Julie Allemand, a continué à jouer en Europe en signant notamment avec l’ASVEL en France puis à Montpellier. Ce n’est que cette saison qu’elle a démarré son trip américain et pour le moment la joueuse est excellente dans son rôle, enchaînant les bonnes prestations.

Julie Allemand
Julie Allemand...©FIBA

La France n’est pas en reste puisqu’une de ses pépites, Marine Johannès, joue pour le Liberty de New-York… club d’une certaine Sabrina Ionescu, superstar en puissance de la ligue.

Mais pour les voir jouer ensemble il va falloir prendre son mal en patience puisque la Française a décidé de ne pas disputer la nouvelle saison de WNBA. Pas encore. Bientôt.

Ancienne joueuse du Tango Bourges Basket, aujourd’hui à l’Asvel, Marine Johannès est une excellente shooteuse et une joueuse d’instinct qui a impressionné les experts de l’autre côté de l’Atlantique, notamment avec des performances marquantes comme ses 16 points en dix minutes ou encore ses 21 points, 6 passes et 5 rebonds contre le Sun du Connecticut.

Aussi, une Belge a réalisé le rêve de milliers de jeunes filles la saison dernière. Emma Meesseman, joueuse au poste de pivot pour les Mystics de Washington a remporté le titre WNBA lors de la finale des playoffs, un tournoi destiné à déterminer le champion de la saison.

Comme si cela ne suffisait pas à son bonheur, elle remporte aussi le titre de MVP des finales ! Le rêve pour celle qui a été formée en Belgique. 

Une formation européenne prisée 

L’école européenne est de plus en plus reconnue. La première qualité des Européennes vient en fait de leur formation. Car oui, elle est en fait assez différente de celle des américaines.

Aux USA, avant d’entrer en WNBA, les joueuses évoluent dans le championnat universitaire du pays, la NCAA. En Europe, c’est tout autre chose, elles ont très vite la  possibilité de devenir professionnelles : « Si beaucoup de joueuses choisissent de rester en France plutôt que d’aller à l’université aux États-Unis, c’est parce qu’elles ont cette opportunité de passer pro rapidement et d’en vivre pour les plus douées plutôt que d’attendre quatre ans à l’université » explique Shaï Mamou, journaliste pour Reverse Magazine et Swish Swish.

Mikiah Herbert Harrigan
Mikiah Herbert Harrigan...©GamecockCentral

Il y a donc davantage d’opportunités de vivre de sa passion en Europe. Et le fait d’être sélectionné lors de la draft ne signifie pas le début d’une carrière en WNBA.

Lors de la dernière cérémonie en avril dernier, sur les cinq européennes sélectionnées, seules deux joueuses, l’Allemande Satou Sabally et la Britannique Mikiah Herbert Harrigan jouent dans la ligue américaine.

Ces deux joueuses ont pour point commun d’avoir évolué dans la ligue universitaire américaine, leur donnant automatiquement plus d’exposition et de chances d’avoir du temps de jeu que les joueuses en provenance d’Europe. 

Un style de jeu académique qui plaît

Pourtant, le manque d’exposition médiatique ne les arrête pas car elles connaissent leurs qualités. En effet, le style de jeu très collectif et tactique à l’européenne permet aux plus talentueuses de se faire remarquer.

Et toutes les occasions sont bonnes pour cela. Par exemple, les matchs en sélections, et contre les États-Unis en particulier.

Lors de la Coupe du monde des moins de 19 ans en Thaïlande en juillet 2019, Les Allemandes et les Américaines se sont affrontées à l’occasion d’un 16e de finale que les États-Unis ont remporté.

Dans ce match-là, les deux joueuses allemandes, Leonie Fiebich et Luisa Geiselsöder, se sont démarquées et en avril dernier elles ont été sélectionnées lors de la Draft. Pour Sébastien Hervé, journaliste chez InsideBasket, « leur prestation a forcément dû jouer chez les observateurs. » 

Leonie Fiebich
Leonie Fiebich...©FIBA

Néanmoins, le moyen le plus simple pour une Européenne de se faire remarquer par la WNBA est de passer par un cursus universitaire aux États-Unis.

C’est le cas de Satou Sabally, deuxième choix de la dernière draft et aujourd’hui joueuse des Dallas Wings. Après avoir passé son enfance en Allemagne elle s’envole aux États-Unis où elle évolue en championnat scolaire, d’abord au lycée puis à l’Université d’Oregon avec le phénomène Sabrina Ionescu.

Pour Shaï Mamou, le cas Sabally est particulier, « C’est assez rare que des Européennes soient draftées aussi haut qu’elle et ça s’explique aussi bien par son talent que par le fait qu’elle soit déjà considérée comme un peu Américaine. » Toutes ne font pas ce choix, mais tous les chemins mènent finalement à la WNBA.  

Qu’ils s’agissent du style de jeu collectif et tactique très européen ou encore de la maturité des joueuses, l’Europe attire de plus en plus les franchises américaine qui n’hésitent plus à recruter dans les pépites du Vieux Continent.

L’avenir nous le dira, mais il est fort à parier que les Meesseman ou Sabally ne seront bientôt plus des cas isolés. 

Vous aimerez aussi…

Charlotte Hym et Madeleine Larcheron

Charlotte Hym et Madeleine Larcheron, les rideuses françaises entrent en… Skate

Elles seront deux. Deux Françaises à porter fièrement les couleurs de l’équipe de France lors des épreuves de skateboard qui auront lieu le 25 juillet (street) et le 4 août (park) aux JO de Tokyo. Charlotte Hym et Madeleine Larcheron auront l’occasion de marquer l’Histoire des Jeux Olympiques en s’invitant sur le premier podium consacré à la discipline. Faisons les présentations.

Lire plus »
Claire Supiot : « Mon parcours peut faire évoluer le monde du sport et au-delà. »

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

Une question qui tue les clichés, une olympienne historique (Claire Supiot, nageuse valide puis handi sur notre photo), un escape game sportif, une fille musclée et fière de l’être et une descendante du rénovateur des JO, récap’ de la semaine sur ÀBLOCK!

Lire plus »
Julia : « Faire le Tour de France un jour avant les hommes était l’occasion de vivre une aventure à la fois humaine et sportive. »

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

Du foot, du vélo, des histoires de sportives qui ont eu lieu en juillet… ÀBLOCK! est en mode éditions spéciales avec ses grands dossiers à l’occasion de l’Euro Foot, du Tour de France et des grands événements qui se sont déroulés l’été. Bonne lecture !

Lire plus »
BREAKdance//NORD : Le breaking, l’avenir en dansant

BREAKdance//NORD : le documentaire qui entre dans la danse

Le breaking prend ses marques. Bientôt en compétition pour la première fois aux Jeux Olympiques de Paris 2024, le voilà au coeur d’un documentaire signé Sophie Vernet et qui met sur le devant de la scène les coulisses d’un mouvement français, autant sportif que culturel et social. Un mouvement qui a notamment pris racine dans le Nord. Zoom sur des Bboys et Bgirls qui ont la Breakdance dans la peau.

Lire plus »
Mon ado veut prendre de la prot’, c’est ok ou non ?

Mon ado veut prendre de la prot’, c’est ok ou non ?

Le jour où l’aîné de la famille est venu te demander de lui acheter des protéines, tu n’as pas su quoi lui répondre… Déjà que ces produits ne font pas consensus chez les adultes, alors quid de leur effet sur des ados ? Pas de panique, ÀBLOCK! t’éclaire sur les besoins nutritionnels d’un corps en pleine croissance.

Lire plus »
Béatrice Barbusse : « La femme doit prendre possession de son corps. »

Béatrice Barbusse : « La femme doit prendre possession de son corps. »

À la fois vice-présidente de la fédé de handball et sociologue, elle vient de sortir la version enrichie de son ouvrage de référence « Du sexisme dans le sport ». Béatrice Barbusse ne pouvait échapper à notre scope en cette Journée internationale des droits des femmes. Rencontre avec une femme de sport qui s’enflamme, avec une chercheuse éclairante. Et ça fait du bien !

Lire plus »
Émeline Dodard : « Le foot américain, ce n’est pas seulement physique, c’est mental et tactique. »

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

Une danseuse née sur les pointes, une gymnaste persévérante, une entraîneure qui n’a pas dit son dernier mot, une joueuse de foot US coriace (Émeline, notre photo) ou encore un coach vocab’ et une initiative qui bouge, c’est le meilleur de la semaine sur ÀBLOCK!

Lire plus »
KIDS Le Top 10 des livres pour faire bouger les p’tiotes !

Le Top 10 des livres pour faire bouger les p’tiotes !

À nouvelle année, nouvelles résolutions. Si nos kids ont toujours de l’énergie à revendre, il faut parfois contrer leur flemme. On vous parie que vos girls vont bondir du canapé grâce à cette sélection 100 % féminine, inclusive et bon délire. Allez les filles, passez-vous le flambeau pour faire bouger les lignes !

Lire plus »
Audrey Adiceom

Audrey Adiceom : « Au tir à l’arc, il ne faut jamais oublier de tirer avec le cœur.»

Le tir à l’arc pour elle, c’est avant tout une histoire de hasard. L’archère auvergnate, qui a découvert la discipline à l’école, s’est autorisée des ambitions internationales sur le tard. À 24 ans, Audrey Adiceom travaille d’arrache-pied pour assouvir ses envies de médailles et, notamment, de médailles olympiques. Même si, parfois, « ça lui broie le cœur ». Rencontre avec une athlète touchante qui a plusieurs cordes à son arc.

Lire plus »

Recherche

Soyez ÀBLOCK!

Abonnez-vous à la newsletter

Mentions de Cookies WordPress par Real Cookie Banner