Avec Clare Connor, le cricket féminin tient sa trajectoire

Clare Connor
Figure féminine dirigeante rare dans le milieu du cricket, l’ancienne joueuse pro Clare Connor deviendra en 2021 la première femme présidente de l’histoire du Marylebone Cricket Club (MCC). Historique pour ce gardien des lois du cricket âgé de plus de 200 ans ! Portrait d’une cricket-girl qui n’hésite pas à lancer des balles fortes en faveur d’un milieu sportif plus inclusif.

Par Claire Bonnot

Publié le 30 juillet 2020 à 12h11, mis à jour le 29 juillet 2021 à 15h10

Ancienne capitaine de l’équipe féminine de cricket d’Angleterre, directrice générale du cricket féminin de l’Angleterre et du Pays de Galles, Clare Connor est tout simplement un symbole du cricket féminin…

Une pionnière dans l’univers du cricket féminin

« Nous devons souvent regarder en arrière pour voir jusqu’où nous sommes allés. J’ai fait ma première visite à Lord’s (au MCC) en tant que fillette de neuf ans obsédée par le cricket et des étoiles plein les yeux à une époque où les femmes n’étaient pas les bienvenues dans la Long Room. Les temps ont changé. »

Cette anglaise née en 1976 a toujours eu une passion pour le cricket et n’a jamais lâché la batte pour faire avancer la reconnaissance du cricket féminin.

Clare Connor

Clare Connor se fait connaître en tant que joueuse de l’équipe de cricket féminine nationale dès 1995 mais fait ses classes au Brighton College au sein d’équipes de garçons, faute d’équipe féminine.

La visibilité du cricket féminin est alors nulle : le grand public ne savait même pas à cette époque qu’une équipe nationale féminine existait. Clare Connor se souvient avoir dû s’acheter son propre blazer pour son premier match test en Inde pour le One-Day International.

Une victoire décisive

En 2005, alors qu’elle est la capitaine de l’équipe anglaise depuis 2000, elle permet à l’équipe de remporter les Women’s Ashes – matchs qui opposent tous les ans les équipes d’Angleterre et d’Australie – un exploit que l’Angleterre n’avait pas réussi depuis quarante-deux ans.

Elle prendra sa retraite en 2006 en laissant derrière elle une image de « leader inspirante » comme l’a qualifiée sa successeure, Charlotte Edwards.

Une étiquette qui sied à merveille à la « seconde » carrière toute dédiée au cricket féminin de celle qui s’y connaît en affranchissement des barrières : Clare Connor est la première femme à être nommée au comité du Conseil International de Cricket en 2009 ainsi qu’à trôner (en 2021 !) au siège de l’institution Marylebone Cricket Club…

Clare Connor
©Twitter/MCC

En tant que directrice générale du cricket féminin de l’Angleterre et du Pays de Galles (BCE), Clare Connor s’engage avec passion pour une visibilité et un financement accrus, ainsi qu’une sensibilisation des jeunes femmes et des petites filles à ce sport qui leur est désormais tout ouvert.

Généralement considéré comme réservé aux hommes, le cricket version féminine s’est développé en jeu et en popularité grâce aux actions de Clare Connor.

En 2014, l’équipe féminine d’Angleterre est devenue professionnelle et, en 2017, plus de 1,1 million de téléspectateurs britanniques se sont connectés à Sky Sports pour regarder l’Angleterre remporter la finale de la Coupe du monde féminine dans un Lord’s Cricket Ground à guichets fermés.

Un moment fondateur pour l’avenir du cricket féminin !

Permettre aux filles de faire carrière dans le cricket

Celle qui a grandi en jouant notamment dans des équipes de garçons a déclaré que le système devait offrir des parcours égaux aux filles et aux garçons.

Ainsi, en 2019, la BCE lançait le programme à 20 millions de livres sterling, « Inspiring Generations », visant à faire du cricket un sport inclusif pour les jeunes filles et femmes.

©Harrias

Premier volet : les contrats de professionnalisation :

« C’est un énorme pas dans la bonne direction, être en mesure d’offrir le cricket comme carrière à plus de femmes et de filles et de leur permettre d’avoir cette aspiration. Mais il y en aura encore un certain nombre qui devront jongler entre l’emploi et l’université. Le travail n’est pas terminé, mais au moins c’est une augmentation significative du nombre de joueuses qui peuvent se qualifier, de joueuses de cricket à plein temps à gagner un salaire décent. »

Suite des actions : des investissements pour les clubs de cricket féminins.

Clare Connor

En étant nommée première femme présidente du MCC en juin 2020, Clare Connor confirme le succès de son action pour la popularité du cricket féminin !

Cette Mecque du cricket, âgée de 233 ans, gardienne des lois du jeu, n’a autorisé ses premiers membres féminins qu’en 1998. « On me confie cette opportunité remarquable, l’opportunité de jouer un rôle pour aider le MCC, le club le plus influent du cricket, à prospérer et à grandir dans un avenir encore plus moderne et inclusif », s’est exprimée l’intéressée.

Le cricket féminin est fin prêt à disputer son grand match pour l’égalité !

Vous aimerez aussi…

Stéphane Kempinaire : « Dans les photos de sportives, on perçoit une grâce, une émotion douce. »/Anna Santamans

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

Une crossfiteuse que rien n’effraie, un photographe à l’œil expert, un récap’ de la fête internationale de la glisse et une coupe du monde pour le moins originale, c’est le meilleur d’ÀBLOCK! cette semaine. Enjoy !

Lire plus »
sport femme banlieue

Les filles, pas de quartiers !

Longtemps oubliée, la problématique de l’accès des filles au sport dans certains quartiers est désormais mieux traitée, et les actions se multiplient pour réinjecter un peu de mixité dans ces territoires délaissés.

Lire plus »

Sport et Coronavirus : le vrai du faux

On dit (et on entend) souvent que le sport aide à lutter contre les virus. Mais est-ce la vérité ? Ne rien changer à sa routine sportive aide-t-il vraiment à lutter contre la maladie et plus particulièrement contre le Coronavirus COVID-19 ? Pourquoi faut-il continuer à pratiquer, mais dans quels cas faut-il impérativement mettre son corps en mode « pause » ? Éléments de réponse.

Lire plus »
Adélaïde : « En parkour, pas besoin de faire des vrilles ou de grimper sur les toits pour s’amuser ! »

Adélaïde : « En parkour, pas besoin de faire des vrilles ou de grimper sur les toits pour s’amuser ! »

Elle a découvert ce sport acrobatique par hasard. Et n’a plus jamais cessé de pratiquer depuis. Adélaïde Gandrille, traceuse et présidente de l’association Pink Parkour, a trouvé dans le PK comme on appelle le parkour chez les initiés, un moyen de s’épanouir, physiquement et intellectuellement. Témoignage d’une fille qui sait comment franchir tous les obstacles.

Lire plus »
Nouria Newman

Nouria Newman : « En kayak extrême, tu es seule face à toi-même. »

Baroudeuse kayakiste, elle maîtrise haut la main les rapides les plus dingues de la planète. À 28 ans, cette championne du monde de slalom en équipe et triple championne du monde de kayak extrême se fait désormais la main et la malle en kayak d’expédition aux conditions extrêmes. Accro à l’adrénaline, elle ne lâche jamais la pagaie. Un vent de fraîcheur sans langue de bois !

Lire plus »
Maria Sharapova

Maria Sharapova, 5 infos pour briller au revers

Sur les terrains, au début des années 2000, la joueuse de tennis russe a rapidement marqué les esprits par sa détermination acharnée et son talent affirmé. Dotée d’un tempérament de feu, avec la raquette ou en entreprenariat, Maria Sharapova a conquis les courts et les cœurs. Malgré les soupçons de dopage, même après sa retraite sportive. Retour en 5 infos sur une icône qui a porté haut les couleurs de son pays.

Lire plus »

Recherche

Soyez ÀBLOCK!

Abonnez-vous à la newsletter

Mentions de Cookies WordPress par Real Cookie Banner