Muchova pour un nouvel exploit ?

Muchova pour un nouvel exploit ?
Terminée la passe compliquée. Karolina Muchova, en délicatesse depuis l’US Open 2021, a créé la surprise en s’invitant en finale du tournoi de Roland-Garros après une remontée spectaculaire face à la Biélorusse Aryna Sabalenka, N°2 mondiale. La Tchèque devra réitérer l’exploit ce samedi face à la patronne du circuit Iga Swiatek.

Par Sophie Danger

Publié le 09 juin 2023 à 11h41

C’était il y a un an quasi-jour pour jour. Après une victoire solide sur la Grecque Maria Sakkari, numéro 4 mondiale, au deuxième tour des Internationaux de France, Karolina Muchova se voyait contrainte de renoncer dès le round suivant.

En délicatesse avec une de ses chevilles, la Tchèque quittait alors le court Suzanne-Lenglen en fauteuil roulant, incapable de retenir ses larmes. La suite d’une mauvaise passe entamée après l’US Open 2021 et qui se soldait, mi-décembre, par un bilan négatif de seulement quatre succès en sept tournois post Roland-Garros, le tout assorti d’une dégringolade vertigineuse de plus d’une centaine de places au classement WTA.

Un enchaînement de contre-performances et de déceptions qui semblent désormais de l’histoire ancienne. Quart de finaliste à Auckland, en Nouvelle-Zélande, Dubaï, aux Émirats Arabes Unis et Indian Wells, aux USA depuis janvier, seizième de finaliste à Rome, en Italie, Karolina Muchova s’offre, cerise sur le gâteau, le meilleur parcours de sa carrière en Majeur sur la terre battue de la porte d’Auteuil. Et avec la manière !

Tombeuse de Sakkari – encore elle – tête de série numéro 8 au premier tour, la joueuse a écarté de sa route deux autres têtes de série, la Roumaine Irina-Camélia Begu (n°27) face à laquelle elle restait sur deux défaites dont une ici-même en 2019, et la Biélorusse Aryna Sabalenka (n°2), victorieuse de l’Open d’Australie 2023, et passée tout près d’un premier accessit en finale à Roland-Garros.

Il est vrai que Sabalenka était plus que favorite. Mais c’était sans compter sur la détermination de Muchova qui a régalé le public du court Philippe-Chatrier de son jeu agressif et riche de variations pour finalement venir à bout de sa rivale du jour après plus de trois heures de jeu et une fin de partie irrespirable.

Suite à un premier set enlevé 7-6 sur un revers gagnant au terme du bataille intense de 68 minutes, la protégée de David Kotyza cédait la deuxième manche sur le même score. Un partout, donc, et des compteurs remis à zéro.

Émoussée par la fatigue et la chaleur, la 43e joueuse mondiale commençait tout doucement à perdre pied. Menée 2-5 dans la dernière manche, elle trouvait néanmoins les ressources pour écarter une balle de match et revenir à 3-5.

Le début d’un festival pour cette fan incontestée de Roger Federer, auteure d’une remontée fantastique qui restera, à n’en pas douter, dans les annales du tournoi. Muchova réduisait l’écart, 5-4 sur service adverse, avant de recoller au score après un jeu blanc. 5 partout.

Après une ultime tentative de rébellion maîtrisée dans le jeu 11, la Tchèque de 26 ans qui n’a, en dix années passées chez les professionnels, remporté qu’un seul tournoi de tennis (Seoul en Corée, 2019), s’offrait un second jeu blanc, ultime parade qui lui valait de s’imposer 7-6, 6-7, 7-5 et de s’inviter pour la première fois en finale d’un Grand Chelem.

Il reste désormais une ultime marche à franchir pour Muchova qui va se mesurer à un autre monument du circuit, Iga Swiatek. Le Polonaise, 22 ans, N°1 mondiale, a connu un parcours plutôt tranquille jusqu’à présent. Victorieuse du rendez-vous parisien par deux fois déjà, en 2020 et en 2022, elle s’est qualifiée pour la finale sans avoir perdu un set.

Seul avantage pour l’outsider tchèque : les deux joueuses de tennis se sont affrontées une fois il y a quatre ans à Prague. Un face-à-face qui avait tourné à l’avantage de la locale de l’étape, intraitable sur ses terres. Un atout bien mince pour un duel qui reste, sur le papier, déséquilibré mais, peu importe, Muchova a déjà prouvé qu’elle avait de la ressource et un mental d’acier.

Un combo gagnant, promesse d’un ultime duel de haute volée et l’assurance, pour elle, d’intégrer le Top20 à l’issue de la quinzaine. Si c’est pas beau, ça…

D'autres épisodes de "Tennis : femmes sur court"

Vous aimerez aussi…

Marie Le Net : « Gagner, c’est ce qui me motive le plus ! »

Marie Le Net : « Gagner, c’est ce qui me motive le plus ! »

Cycliste pro depuis 2019 au sein de la team FDJ-Nouvelle Aquitaine-Futuroscope, la jeune Bretonne a foulé le pavé d’une foule de courses emblématiques. Après ses premiers JO de Tokyo l’été dernier, la voilà qui prend pour la deuxième fois le départ de la désormais mythique Paris-Roubaix Femmes. Polyvalente, performante et fonceuse, Marie Le Net est une sportive 100 % ÀBLOCK ! Rencontre avec une fille à « la chaussette légère ».

Lire plus »
Solange Balay : « Le para surf m'offre la liberté que je n'ai plus avec mon corps. »

Solange Balay : « Le para surf m’offre la liberté que je n’ai plus avec mon corps. »

Solaire, ultra dynamique, difficile de suivre Solange Balay ! Cette Bretonne d’origine réunionnaise n’a jamais rien lâché : un an après un accident qui l’a rendue paraplégique en 2023, elle devient championne de France de para surf puis championne d’Europe dans la foulée. À 30 ans, elle prend la vague comme elle prend la vie, abattant les barrières à la force de sa détermination et de sa joie de vivre. Un exemple de résilience, une fille ÀBLOCK!

Lire plus »

Coraline Foveau : « Malgré mon accident, je ne renoncerai pas à ma passion pour le windsurf. »

Elle, c’est Coco, Coraline Foveau, grande liane blonde aux yeux bleus, championne de windsurf au mental d’acier. À 25 ans, elle a bravé les plus belles vagues de la planète mais aussi les tempêtes. Une chute en plein saut en 2023 et la souffrance qui la cloue au sol. Avant qu’on ne lui découvre une commotion cérébrale. Aujourd’hui, elle se remet lentement et veut sensibiliser sur le sujet. Et quel meilleur exemple que de retourner à l’eau et… à la compétition !

Lire plus »
Alba Larsen : L'ado qui fait fumer le bitume

Alba Larsen : L’ado qui fait fumer le bitume

Elle a grimpé dans un kart pour tuer l’ennui du confinement. Cinq ans plus tard, Alba Hurup Larsen, 17 ans, roule en rouge pour Ferrari et entame une deuxième saison en F1 Academy. Portrait d’une Danoise qui n’a pas fini de faire rugir les moteurs. Et les esprits.

Lire plus »

Recherche

Soyez ÀBLOCK!

Abonnez-vous à la newsletter

Mentions de Cookies WordPress par Real Cookie Banner