Pauline Bourdon SansusL'indiscutable patronne du rugby français

Pauline Bourdon Sansus, l'indiscutable boss du rugby français
Elle est l’une des figures majeures du rugby féminin français. Demi de mêlée au jeu affûté et à la parole libre, Pauline Bourdon Sansus incarne une génération de joueuses qui allient talent, engagement et authenticité. Portrait d'une fille bien dans ses crampons.

Par Titaïna Loiseul

Publié le 31 août 2025 à 9h45, mis à jour le 31 août 2025 à 10h02

Sur le terrain comme dans la vie, elle avance avec détermination, lucidité et une volonté farouche de faire bouger les lignes. À 29 ans, Pauline Bourdon Sansus est bien plus qu’une demi de mêlée de talent. Elle incarne l’évolution du rugby féminin français, toujours essentielle sur les grandes compet’, toujours au taquet, la plus expérimentée du groupe France. Suspendue deux matches par la commission de discipline de la Fédération française de rugby pour avoir critiqué l’arbitrage lors de la finale d’Élite 1, elle n’avait pas pu participer au match d’ouverture contre l’Italie au Mondial 2025 qui se joue en Angleterre jusqu’au 17 septembre. Mais la voilà de retour pour la confrontation avec le Brésil, et les tricolores soufflent.

©Facebook

Joueuse la plus capée de l’équipe de France, la titulaire au poste de numéro 9 est une figure du rugby national. Et international : World Rugby l’a classée à la deuxième place des 50 meilleures joueuses de l’année 2025. Née à Limoges, Pauline Bourdon Sansus découvre le rugby alors qu’elle est haute comme trois pommes : elle a 4 ans et apprivoise ses premiers ballons au stade de Beaublanc. Formée au Capo Limoges puis à l’USA Limoges, elle rejoint l’AS Bayonne en 2013, où elle remporte deux titres de championne de France Élite 2. En 2015, elle débute en équipe de France contre l’Angleterre. Depuis, elle cumule plus de 66 sélections et 114 points. Polyvalente, elle évolue au Stade Toulousain, où elle joue aussi à l’ouverture. Son jeu est complet : passes millimétrées, jeu au pied précis, vision tactique. Elle est décrite comme celle qui a « révolutionné le jeu de l’équipe de France. » Rien que ça.

©Facebook

Mais Pauline Bourdon Sansus, c’est aussi une femme engagée. En 2024, elle participe à la campagne « Notre Diversité, Notre Force » de la FFR et de la LNR, pour parler de son homosexualité et de l’inclusion dans le rugby : « C’était une campagne qui me tenait à cœur. Assumer mon homosexualité, c’est aussi dire que dans le rugby, peu importe qui tu es, on accueille tout le monde. » Mariée à Laure Sansus, ancienne internationale et aujourd’hui coach au Stade Toulousain, elle jongle entre vie de famille et haut niveau. En août 2025, elle devient mère d’un petit Arthur, quelques jours avant d’être sélectionnée pour la Coupe du monde en Angleterre :
« Trois jours avant d’être appelée pour le Mondial, j’ai vécu le plus grand moment de ma vie : la naissance de mon fils. » Tout un symbole pour celle dont la vie est rythmé par un sport qui lui a toujours donné de vives émotions. Et il le lui rend bien.

©Facebook

Peu importe les défaites, les baisses de forme ou les désillusions, cette fille-là est un roc. Et même si le rugby féminin n’a pas encore la place qu’il mérite, elle reste sereine et concentrée sur l’essentiel : « On avance doucement, mais on avance. Il faut qu’on reste alignées, convaincues que notre projet va marcher. » À 29 ans, Pauline Bourdon Sansus se considère comme une « ancienne » dans un groupe rajeuni, mais elle ne perd rien de sa fougue, bien au contraire, ça semble la motiver, la régénérer : « Plus je vieillis, meilleure je suis. À notre poste, plus on joue, plus on maîtrise. ». Elle accompagne les jeunes, transmet, inspire. Et rêve encore : « Ce que je veux pour 2025 ? Un bon Tournoi, une belle Coupe du monde, et un titre avec Toulouse. Ce serait déjà une très belle saison. » Et ce n’est pas trop demander.

©FFR

Ouverture ©FFR

D'autres épisodes de "Rugby, ces filles qui transforment l'essai"

Vous aimerez aussi…

God save Channel 4 !

God save Channel 4 !

La chaîne anglaise Channel 4 ne s’engage pas à moitié. Pour les Jeux Paralympiques de Pékin, tous ses consultants seront des para-athlètes. Aux côtés des commentateurs de l’équipe des sports, ils viendront offrir une expertise des plus pertinentes. Une première.

Lire plus »
Valeria Kechichian

Valeria Kechichian, l’emblématique pasionaria du skateboard

Elle a découvert le skate à 28 ans et en a fait une arme de lutte contre les discriminations de genre. Valeria Kechichian est à l’origine du « Longboard Girls Crew », une communauté qui rassemble des femmes autour d’une même passion, le longboard. L’Argentine de 41 ans est également à la tête d’une ONG venant en aide aux populations défavorisées. Portrait d’une rideuse militante.

Lire plus »
Louison Cazaly : « En pentathlon, je fais partie de la génération sur qui on mise pour les Jeux de 2028. »

Louison Cazaly : « C’est grâce à mes profs de sport si je suis championne de pentathlon aujourd’hui. »

Ça n’a pas été Paris, ce sera L.A ! Elle fait partie de cette nouvelle génération qui devrait représenter la France aux Jeux Olympiques de Los Angeles en 2028. Louison Cazaly, 21 ans, a longtemps rêvé d’évoluer au plus haut niveau en équitation avant de se tourner vers le triathlon, puis le pentathlon. Rencontre avec une jeune athlète qui a la compétition dans la peau.

Lire plus »

Pendant le confinement, le fitness a la cote

Malgré les nombreux échanges houleux sur les réseaux sociaux concernant le running (on peut continuer à courir ou pas ?), ce ne serait là qu’une tempête dans un verre d’eau. Selon un sondage, la course à pied est loin d’être l’activité la plus prisée par les Français en période de confinement.

Lire plus »
Bethanie Mattek-Sands

Best-of 2021, nos sportives ÀBLOCK!

Durant cette année, la deuxième depuis le lancement d’ÀBLOCK!, nos journalistes se sont penchées sur des sportives d’exception. Dans des portraits en profondeur (comme celui de la tenniswoman Bethanie Mattek-Sands sur notre photo), les parcours de ces championnes se révèlent et impressionnent. Retour sur les enquêtes ÀBLOCK! de l’année 2021.

Lire plus »
David Rochefort « Monica Seles ne voulait qu’une chose, être la meilleure. »

David Rochefort : « Monica Seles ne voulait qu’une chose, être la meilleure. »

C’était il y a tout juste trente ans. Le 30 avril 1993, Monica Seles est victime d’une agression au couteau alors qu’elle dispute un match de tennis en Allemagne. Le coupable s’appelle Günter Parche, chômeur de l’ex-RDA, amoureux fou de Steffi Graf, grande rivale de la jeune Serbe. Un évènement dramatique dont David Rochefort s’est emparé pour écrire « Le prix fort », roman passionnant dans lequel il reconstitue les faits qui ont amené à cette journée dramatique.

Lire plus »

Recherche

Soyez ÀBLOCK!

Abonnez-vous à la newsletter

Mentions de Cookies WordPress par Real Cookie Banner