Octavie Escure : « La danseuse classique est une artiste mais aussi une sportive de haut niveau »Danseuse classique, professeure de danse, fondatrice du Fit’Ballet, 31 ans

OCTAVIE ESCURE 2 @FIT BALLETgimp
Elle a été la danseuse du rockeur anglais Pete Doherty pendant dix ans avant de fonder le Fit’Ballet. Une méthode qui allie danse classique et fitness, aujourd'hui enseignée dans plusieurs pays d'Europe. Octavie Escure marche sur des pointes comme elle respire. Témoignage d'une ballerine qui a su démocratiser sa discipline comme personne.

Propos recueillis par Claire Bonnot

Publié le 05 juin 2020 à 14h39, mis à jour le 12 mars 2022 à 16h41

«  Depuis toute petite, je ne fais que de la danse. Je suis née dans la danse. Ma maman était danseuse à l’Opéra, et c’est dans son école du sud de la France que j’ai appris à danser.

Je n’ai jamais pensé faire autre chose, la danse représente une grande partie de ma vie et je ne me vois pas faire sans. Il y a quelque chose de l’ordre du religieux dans ce sport artistique.

À l’âge de seize ans, je suis partie au Jeune Ballet de Genève puis, deux ans plus tard, au Lines Ballet de San Francisco.

À 19 ans, j’ai tout lâché pour suivre mon ami, le rockeur anglais Pete Doherty, sur ses tournées. J’ai dansé pour lui jusqu’à mes 25 ans avant de progressivement mettre en place la discipline du Fit’Ballet.

« Le Fit’Ballet est né lors de mes tournées avec Pete Doherty que j’ai accompagné en concert pendant dix ans. »

On parle souvent de la danseuse classique comme d’une artiste et,  bien sûr, c’est le cas lorsqu’on est sur scène par exemple, mais sinon ça relève tout autant du sport de haut niveau.

IMG-20200605-WA0009
©steff saint e

La danse est une discipline complète qui permet de travailler des pieds à la tête.

Beaucoup de danseurs aujourd’hui pratiquent, en complément, des disciplines de conditionnement physique telles que le Pilates ou le renforcement musculaire en salle. Ça permet d’aller plus loin lors de nos prestations artistiques.

C’est dans ce cadre que le Fit’Ballet est né. C’était pour me remettre en forme et m’aider à me dépasser dans mon métier de danseuse professionnelle.

Une discipline qui est née aussi sur les tournées que je faisais avec Pete Doherty.

Nous étions deux danseuses et pour s’échauffer, sans salle de danse à disposition, on faisait un peu comme on pouvait, sur le bord de la scène… Peu classique,  finalement !

Octavie Escure
©Fit'Ballet

J’ai vraiment commencé à enseigner le Fit’Ballet en 2016 mais, avant, je l’ai développé auprès d’amis à Paris qui m’avaient demandé des cours de maintien physique. Je m’inspirais de ce que je faisais lors de mes entraînements en tournée.

Comme on s’échauffait sur les premières parties des concerts, dans les festivals, j’ai eu l’idée de donner mes cours sur de la musique d’aujourd’hui…

Ainsi, je mets des musiques que j’écoute : de l’électro, du rock bien évidemment, et même des trucs un peu kitschs ! 

«  Côtoyer des danseuses du LIDO ou de l’Opéra de Paris crée un lien. Il n’y a aucune compétition mais de l’entraide. Et j’adore ça ! »

Le Fit’Ballet, c’est vraiment une discipline de maintien et de conditionnement physique qui mêle la danse classique et le fitness. On travaille tout le corps, entièrement, et, surtout, en longueur, à la manière d’une ballerine.

Il y a un côté artistique puisqu’on fait travailler son corps au gré de mouvements inspirés de la danse classique, on va faire des demi-pliés, des dégagés, des grand battements, un peu de sauts et on va terminer au sol avec des abdos et des étirements.

Mais le but est aussi de faire du renforcement musculaire et du cardio, c’est plutôt intense. On a des exercices qui sont devenus phares comme celui du travail des bras du Lac des Cygnes : hyper efficace et tellement artistique !

Octavie Escure
©Virginie Kahn

Les cours sont tous niveaux, certaines filles viennent apprendre et d’autres révisent. Il y a des novices mais aussi des danseuses professionnelles.

C’est inédit, exceptionnel, de côtoyer des danseuses du LIDO ou de l’Opéra de Paris, ça crée un lien super sympa. Il n’y a aucune compétition mais de l’entraide. Et j’adore ça !

La danse peut accompagner toutes les femmes, peu importe l’âge, notre doyenne a 72 ans ! Et j’ai conçu le Fit’Ballet pour que les filles se sentent bien.

Certaines  se disent qu’elles ne pourront jamais en faire si elles n’ont pas commencé tôt, mais c’est faux : la danse offre  une liberté de mouvement formidable, la liberté de bouger pour se sentir vivante.

Moi, quand je ne vais pas bien, je danse ; quand je suis heureuse, je danse ; quand j’ai envie de me défouler, je danse ! »

Elles aussi sont inspirantes...

Marion Navarro : « Après Miss France et Pékin Express, je suis prête pour le marathon de Paris ! »

Marion Navarro : « Après Miss France et Pékin Express, je suis prête pour le Marathon de Paris ! »

Elle s’est longtemps rêvée danseuse. Jusqu’à la blessure. Et puis il y a eu l’aventure Miss France, et une victoire à Pékin Express. Pour ses 23 ans, Marion Navarro avait envie d’une nouvelle aventure qui lui permettrait de repousser encore un peu plus ses limites. La Team Running Intersport lui en a apporté une sur un plateau : le Marathon de Paris qui s’élancera ce 12 avril et que la néo-runneuse envisage de boucler en 5 heures.

Lire plus »
Guila Clara Kessous : « En montant à la corde, j'ai osé faire ce qui me freinait depuis des années. »

Guila Clara Kessous : « En montant à la corde, j’ai osé faire ce qui me freinait depuis des années. »

Formée à Harvard et par le théâtre, elle a plusieurs cordes à son art. Guila Clara Kessous, entrepreneure diplomatique, s’engage depuis plus de quinze ans pour les droits des femmes. Et voilà que le sport entre dans la danse en un geste politico-artistique : grimper à la corde. Une ascension symbolique, une allégorie de la difficulté des femmes à s’élever dans la société. Prenons de la hauteur.

Lire plus »
Lison Bornot : « Je veux mettre en avant l’Ultimate. C’est lui qui m’anime. »

Lison Bornot : « Je veux mettre en avant l’Ultimate. C’est lui qui m’anime. »

Avec sa sœur Éva, elle truste les premières places depuis 2015 en Ultimate. Membre essentiel de l’équipe de France, Lison Bornot est Championne d’Europe outdoor 2023 et championne du monde d’Ultimate sur sable 2023. La voici maintenant en piste pour les World Games, l’antichambre des JO, qui se déroulent en Chine, du 7 au 17 août 2025. Témoignage d’une fille pétillante devenue l’une des ambassadrices françaises d’un sport trop peu connu.

Lire plus »
Diane Servettaz : « Avec le vélo, j’ai compris que même si ça flanche côté mental, t’en as encore sous la pédale. »

Diane Servettaz : « Avec le vélo, j’ai compris que même si ça flanche côté mental, t’en as encore sous la pédale. »

En à peine trois ans, cette passionnée de vélo a décroché un podium sur 500 kilomètres et bouclé sa première course d’ultra, la fameuse BikingMan, en tant que première féminine. Carburant aux défis, pédalant sans relâche, surmontant tous les obstacles grâce à un mental d’acier, la Savoyarde n’a pas fini d’enfiler les kilomètres dans ce sport de l’extrême. En piste !

Lire plus »

Vous aimerez aussi…

Sharni Pinfold

Sharni Pinfold, portrait d’une motarde désenchantée

Fatiguée de se battre contre la misogynie. Éreintée après des années à tenter de trouver sa place dans le monde des sports mécaniques. Sharni Pinfold, 25 ans, lâche le guidon. Amère. L’Australienne avait tout quitté pour un rêve, devenir pilote professionnelle de moto, aujourd’hui, elle fuit les circuits. Et laisse sur le bitume une carrière prometteuse et quelques illusions.

Lire plus »

Manon : « J’ai longtemps cru que certains sports étaient réservés aux mecs ! »

Sportive tous azimuts depuis toujours – de l’équitation au tennis en passant par la course à pied, Manon n’aurait cependant jamais pensé soulever de la fonte un jour. Dans son esprit, c’était du « sport de mecs ! ». La passion communicative de son copain lui a fait pousser la porte d’une salle de CrossFit et, depuis, elle se sent plus forte. Un joli parcours d’ouverture d’esprit et d’émancipation par le sport.

Lire plus »
Claire Supiot : « Mon parcours peut faire évoluer le monde du sport et au-delà. »

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

Une question qui tue les clichés, une olympienne historique (Claire Supiot, nageuse valide puis handi sur notre photo), un escape game sportif, une fille musclée et fière de l’être et une descendante du rénovateur des JO, récap’ de la semaine sur ÀBLOCK!

Lire plus »

8 mars : l’égalité des sexes au menu du CIO

À l’occasion de la Journée internationale des femmes, ce 8 mars, le Comité international olympique a annoncé le nom des 6 lauréat.e.s de ses trophées « Femme et Sport » 2020. Des lauréat.e.s « défenseurs » de l’égalité des sexes. Le monde bouge dans l’olympisme.

Lire plus »
Vendée Globe, les 6 skippeuses qui prennent le large

Vendée Globe 2024, les 6 skippeuses qui prennent le large

Elles mettent les voiles pour le plus symbolique des tours du monde en solitaire et sans assistance. Elles s’appellent Isabelle Joschke, Pip Hare, Justine Mettraux, Clarisse Crémer, Violette Dorange, Samantha Davies, et le Vendée Globe leur appartient ! Ces 6 navigatrices ont bien l’intention de faire des vagues lors de cette édition 2024 qui s’élance ce dimanche 10 novembre. Nous les avons rencontrées avant qu’elles ne larguent les amarres.

Lire plus »

Recherche

Soyez ÀBLOCK!

Abonnez-vous à la newsletter

Mentions de Cookies WordPress par Real Cookie Banner