Michaely BihinaLa guerrière qui n'y croyait pas

©CAF
Elle avait 4 ans, peut-être 5, quand elle a commencé à taper dans un ballon avec les garçons du quartier. Personne, à l'époque, n'aurait parié sur une CAN, encore moins sur une finale. À l'heure où elle vient de propulser le Cameroun jusqu'au dernier acte de la CAN féminine 2026, retour sur le parcours de Michaely Bihina, celle qui savait déjà, enfant, ce qu'elle voulait devenir.

Par Titaïna Loiseul

Publié le 13 août 2026 à 13h05, mis à jour le 13 août 2026 à 13h06

Ekounou, quartier de Nkoldongo, à Yaoundé. Michaely Bihina a 4, 5 ou 6 ans – la mémoire est floue – et déjà elle joue au football avec les garçons, faute d’équipe de filles à sa portée. « Je savais que je voulais être joueuse de foot », confiera-t-elle plus tard sur CRTVweb. Ses parents, eux, voient d’abord les choses autrement : l’école avant tout. Jusqu’à ce que des recruteurs viennent les convaincre de la laisser tenter sa chance. Et les voilà qui acceptent qu’elle troque les bancs scolaires contre les terrains de foot.

Commence alors un parcours de formation en trois étapes : Social FC du Mbam, puis le Canon de Yaoundé, puis l’Éclair FC de Sa’a où elle croise, lors de ses passages au club, André Onana, venu coacher les gardiennes sur la relance et la lecture du jeu.

©Michaely Bihina/Instagram

Car gardienne, elle ne l’était pas au départ : jugée trop grande pour jouer devant, elle est repositionnée dans les buts par un entraîneur. Six mois plus tard, première sélection nationale. Le vrai bouleversement arrive avec le départ pour le Portugal. « C’était la première fois que je quittais ma famille », raconte-t-elle. Le climat, la langue, l’éloignement : l’adaptation est rude, adoucie par la présence de deux coéquipières, une Camerounaise et une Cap-Verdienne. Elle-même avoue ne pas avoir cru, longtemps, à une place en équipe nationale A. « Avec le travail, la volonté et l’encadrement, j’y suis arrivée. »

©Michaely Bihina/Instagram

Cet été, à Casablanca puis à Rabat, cette même volonté a écarté le Nigeria et le Maroc de la route camerounaise vers la finale. « Nous sommes des guerrières, nous sommes un collectif », résume-t-elle, avant de fixer l’objectif suivant : la première étoile pour le Cameroun. Elle jouait avec les garçons du quartier. Aujourd’hui, c’est tout un pays qui joue derrière elle.

Rendez-vous dimanche 16 août, à 21h (heure française), pour la finale face au Malawi, à suivre sur beIN Sports.

©Michaely Bihina/Instagram

Ouverture ©CAF

D'autres épisodes de "Football : ces sportives qui vont droit au but"

Vous aimerez aussi…

Manon Herbulot, les JO pour cible

Manon Herbulot, les JO pour cible

À seulement 17 ans, Manon Herbulot fait déjà ses armes aux Jeux Olympiques. Au tir à la carabine, elle affiche un parcours impressionnant et sa qualification aux JO de Paris se présente comme le couronnement d’un travail qui prouve sa maturité.

Lire plus »
Marie Le Net : « Gagner, c’est ce qui me motive le plus ! »

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

Une dingue du volant, une croisière solidaire, un retour sur l’histoire des volleyeuses, une winneuse dans l’âme qui s’attaque au Paris-Roubaix (Marie Le Net sur notre photo), une course mythique qui s’est déroulée ce week-end et qui n’aura plus de secrets pour vous. C’est le meilleur d’ÀBLOCK! Et c’est juste pour vous.

Lire plus »
Marine : « À vélo, je n’ai peur de rien. »

Marine : « À vélo, je n’ai peur de rien. »

Elle n’était jamais montée sur un vélo. Jusqu’à il y a quatre ans. Une révélation. En 2021, après un périple initiatique sur deux roues en Nouvelle-Zélande, Marine Gualino se frottait à la Race Across France, une course d’ultra cyclisme. Témoignage d’une nana qui avale des kilomètres jusqu’à plus soif.

Lire plus »
La question qui tue

En sport, la récup, c’est obligé ?

On les adore ces séances où on pète la forme, où tous les exercices nous semblent easy, où on se dépasse en mode “même pas mal“. Forcément, ça donne envie de recommencer. Vite, trop vite. Et c’est là que la récupération joue son rôle. Pas convaincu ? Lis plutôt la réponse de notre coach, Nathalie Servais !

Lire plus »

Recherche

Soyez ÀBLOCK!

Abonnez-vous à la newsletter

Mentions de Cookies WordPress par Real Cookie Banner