Marine JohannèsLa pépite du ballon orange tricolore

Marine Johannès, la pépite du ballon orange tricolore
Elle brille sur les parquets français, américains et désormais turcs. Depuis plus d'une décennie, Marine Johannès s'impose comme l'une des joueuses les plus spectaculaires du basket féminin mondial. Retour sur le parcours d'une pépite normande devenue une référence transatlantique.

Par Alexandre Hozé

Publié le 11 septembre 2026 à 12h44, mis à jour le 11 septembre 2026 à 12h52

Le basket tricolore féminin n’a jamais manqué d’ambition ces dernières années. Des équipes compétitives, qui visent haut, et parmi elles, des joueuses capables de faire basculer un match à elles seules. L’arrière française Marine Johannès fait parler d’elle comme un talent hors-norme. Et ce n’est pas nouveau. Forcément, pression et attentes découlent de cette belle réputation, mais l’originaire du Calvados a su en tirer parti. Son premier club, Pont-l’Evêque, avait déjà vu Nicolas Batum, légende du basket français, débuter sous ses couleurs. On peut dire que là-bas, le basket, c’est du sérieux !

©️ Facebook/Marine Johannès

Marine Johannès montre rapidement une appétence balle en main extraordinaire. Sur un terrain, la jeunette fait le spectacle. Dès les catégories jeunes, les dribbles déroutants, les passes dans le dos et les tirs spectaculaires s’enchaînent. Avec également, leur lot de déchets… Il a fallu que Marine Johannès apprenne à se canaliser, à être plus efficace dans son jeu, sans pour autant mettre son instinct de côté. Une tâche loin d’être évidente, mais devant laquelle la jeune pépite n’a jamais baissé les bras. Et quand un tel talent est mêlé à une grande détermination, ça fait des étincelles…

Dès les catégories jeunes, elle mène son équipe de l’USO Mondeville vers des trophées. En 2011 et 2012, le championnat de France cadettes, c’est dans la poche. Idem pour le championnat de France espoirs en 2013. Du côté de la sélection tricolore, Marine Johannès fait également partie d’un collectif impressionnant. Avec ses coéquipières des moins de 18 ans, elle obtient l’argent à l’Euro 2013. Et deux ans plus tard, cette fois en moins de 20 ans, bis repetita pour l’arrière et son équipe. 

En 2016, Marine Johannès débarque dans le grand club français de Bourges. La cour des grandes s’ouvre à elle, et ce très rapidement. Pour les Jeux Olympiques de Rio 2016, la jeune basketteuse fait partie du groupe tricolore. En sortie de banc, elle amène sa fougue et son talent, allant même jusqu’à tenir la dragée haute aux stars américaines. Adoubée par la légende Céline Dumerc, elle vient de prendre les rênes du basket tricolore. 

©️ Facebook/Marine Johannès

Comme en catégories jeunes, étrangement, les équipes dans lesquelles l’originaire du Calvados joue accumulent les trophées. Quelle coïncidence ! 

Avec Bourges, elle est championne de France en 2018 et brille sur les terrains d’Euroligue, allant même jusqu’à être nommée MVP européen de l’Euroligue 2018-2019, ainsi que joueuse la plus spectaculaire de la compétition. Peu importe l’adversité, Marine Johannès brille de mille feux. Idem en équipe de France, avec laquelle elle va chercher l’argent européen en 2017 et 2019. 

Lors de l’été 2019, le phénomène Johannès passe un cap supplémentaire. Après le championnat d’Europe, la tricolore rejoint les Liberty de New York pour la saison WNBA 2019. Le meilleur championnat du monde accueille la Française, bien conscient de son potentiel. 

©️ Facebook/Marine Johannès

L’été 2019 est également le moment de son départ de Bourges pour l’ASVEL, club de la ville de Lyon. La saison WNBA se déroulant uniquement sur l’été, il est possible pour Marine Johannès de cumuler ces deux contrats. Avec l’ASVEL, l’arrière remporte son deuxième championnat de France au terme de la saison 2022-2023. Cette même année, son équipe gagne également l’Eurocoupe. Et devinez qui est désignée MVP de la finale… 

Avec les Liberty de New York, Marine Johannès fera l’impasse en 2020 et 2021. Mais en 2022 et 2023, elle a de nouveau traversé l’Atlantique, et ça a fait mal. En 2022, le meilleur pourcentage au tir à trois points de la WNBA, c’est elle qui l’a. Et en 2023, son équipe remporte le Comissioner’s Cup, avant d’échouer en finale contre les tenantes du titre de Las Vegas. Là encore, Miss Johannès a brillé. 

©FFB

Une lumière qui sert également l’équipe de France. En 2021, les Bleues obtiennent une troisième médaille d’argent consécutive lors de l’Euro. Et lors des Jeux Olympiques de Tokyo, c’est le bronze que nos tricolores vont chercher. Par la suite, Marine Johannès loupe les deux grands rendez-vous avec la sélection nationale. La Coupe du Monde 2022 pour blessure, et l’Euro 2023 à la suite d’une incompréhension avec la Fédération qui a rendu impossible sa sélection pour la compétition. 

Une déception pour la tricolore, mais qui a permis par la suite de chasser toute ambiguïté concernant sa participation aux JO de Paris 2024. Marine Johannès est de la partie, allant même jusqu’à écourter sa saison WNBA pour ne rien louper de la préparation olympique de l’équipe de France. 

©FFB

Avec une telle joueuse au sommet de son art, les Bleues peuvent viser haut. En tout cas, pas moins bas que leur résultat lors de la dernière olympiade. Devant un public nordiste chauffée à blanc, Marine Johannès compte bien démontrer une fois de plus sa faculté à faire lever les foules, mais surtout, à mener son équipe jusqu’au sommet du basket. Et ça, c’est la marque des très très grandes. 

Mais, ce jour-là, le sommet s’est arrêté à une marche du podium le plus haut : les Bleues se sont inclinées en finale face aux États-Unis, décrochant la médaille d’argent olympique. Marine Johannès y a pris toute sa part, terminant deuxième marqueuse de l’équipe (11,7 points de moyenne), juste derrière Gabby Williams.

Après un premier trophée en WNBA en 2023, Marine Johannès voulait aller chercher un titre avec l’équipe de France aux JO 2024, ce sera l’argent.

La suite de son parcours s’est jouée sur plusieurs continents à la fois. Après Paris, Marine Johannès quitte l’ASVEL, son club depuis 2019, pour la Turquie et Çukurova Basketbol le temps d’une saison. Dès 2025, elle retrouve les Liberty de New York, tenants du titre WNBA, avec l’ambition de décrocher enfin la bague qu’elle poursuit depuis ses débuts en franchise. La même année, nouveau coup dur pour les Bleues : Marine Johannès fait l’impasse sur l’EuroBasket 2025, cette fois pour une question de règlement contractuel avec sa franchise américaine plutôt que pour blessure ou différend avec la fédération. Elle poursuit sa double vie transatlantique en rejoignant ensuite Galatasaray pour la saison européenne 2025-2026, tout en conservant son maillot new-yorkais l’été, et soulève au passage une deuxième Commissioner’s Cup avec le Liberty en 2026.

©FFB

Absente du dernier Mondial, Marine Johannès a fait son retour sous le maillot bleu pour la Coupe du monde 2026, du 4 au 13 septembre à Berlin et le début de compétition confirme qu’elle n’a rien perdu de sa superbe. Meilleure marqueuse de l’équipe de France après les deux premiers matchs, elle s’est particulièrement illustrée face à la Corée du Sud, où sa deuxième période étincelante (17 points, dont quatre paniers à trois points) a permis aux Bleues de renverser la rencontre et de valider leur billet pour les quarts de finale.

Entre l’argent olympique de Tokyo 2020, celui de Paris 2024, et une carrière menée de front entre la France, les États-Unis et la Turquie, Marine Johannès continue d’écrire l’histoire du basket français, un exploit individuel après l’autre. À Berlin, elle tient une nouvelle occasion de transformer l’essai collectif.

Ouverture : ©Julien Bacot/FFBB

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