Kasey BadgerL'héroïne au sifflet

Kasey Badger, l'héroïne au sifflet
Le 24 octobre dernier, lors d'un match de la Coupe du monde masculine de rugby à XIII, la star n'était pas ballon en main, mais sifflet en bouche. L'Australienne Kasey Badger est devenue la première de l'histoire de la discipline à avoir arbitré un match d'un tel niveau.

Par Alexandre Hozé

Publié le 27 octobre 2022 à 17h14, mis à jour le 13 avril 2023 à 16h30

Le ballon ovale se conjugue décidément très bien au féminin. Des joueuses de mieux en mieux accompagnées et de plus en plus médiatisées, des compétitions en veux-tu en voilà, mais aussi des filles qui s’imposent et en imposent au sifflet ! 

ÀBLOCK! a déjà mis en lumière une arbitre, l’écossaise Hollie Davidson, mais le 24 octobre 2022, c’est une de ses collègues de stade qui a écrit l’histoire. 

Flash-back. La Coupe du monde masculine de rugby à XIII (Rugby League World Cup ou RLWC) a lieu sur les terres anglaises. Initialement prévue en 2021, elle se déroule un an plus tard la faute à un certain virus… Douze mois à ronger leur frein pour l’organisation, les joueurs, les staffs… et aussi les pros du sifflet ! 

Mais cette fois, on y est ! 

©National Rugby League

Et si le niveau est évidemment au rendez-vous, le vrai fait marquant de ces phases de poule se déroule sur le terrain de Saint Helens, lors de la rencontre Tonga – Pays de Galle. La victoire des joueurs des îles est belle, mais bien anecdotique, en fin de compte. 

La faute à Madame l’arbitre, Kasey Badger. Pour la première fois de l’histoire, une femme dirige un match d’une Coupe du monde de rugby à XIII. Alors, les trente-deux points inscrits par les Tonga, on en parlera une autre fois ! 

Au terme de la rencontre, les dirigeants, les entraîneurs, tous se sont unis pour féliciter l’Australienne  Cet événement concerne l’intégralité du monde du ballon ovale. Et ce n’est pas pour rien que cette pression a été placée sur les épaules de Kasey Badger… 

Fan et amatrice de rugby, elle se tourne sur le tard vers le sifflet. Mais passionnée par le ballon ovale et assistée par son mari Gavin, ancien arbitre international également, Kasey n’hésite plus. 

En 2018, elle devient officielle du championnat féminin d’Australie. Et seulement un an plus tard, la ligue masculine de rugby australien la lance également sur ses terrains. Le système s’enclenche, la mainmise de Kasey Badger sur ses rencontres ne passe pas inaperçue. 

Au terme de la saison 2021-2022 du championnat féminin australien, c’est elle qui officie durant la finale entre Parrameta Eels et Newcastle Knights. Déjà une belle réussite ! Sans compter que l’Australienne a dû affronter de nombreuses blessures, ce qui ne facilite pas la tâche. Chevilles, côtes, épaules… Un véritable parcours du combattant ! 

À chaque fois, inlassablement, Kasey Badger revient. Le fighting spirit de l’Australienne semble être taillé à toute épreuve. 

Kasey Badger et son mari, Gavin

Rien de surprenant, alors, de la voir sélectionnée pour la Coupe du monde masculine de rugby à XIII. Juge de touche le vendredi 21 octobre, c’est en tant qu’arbitre centrale qu’elle rentre sur le terrain trois jours plus tard. Sous les yeux de son mari venu spécialement pour l’occasion, elle rend une copie irréprochable au terme des quatre-vingt minutes de jeu. 

Propulsée sur le devant de la scène, Kasey Badger souhaite, avant tout, inspirer  : « J’espère que cela stimulera l’intérêt des personnes rejoignant les rangs des arbitres, en particulier les femmes, témoigne-t-elle. Cela montre qu’il existe de véritables opportunités pour les femmes de progresser sur la scène mondiale. Les jeunes filles pourraient voir cela et penser : “Je veux essayer ça.” » 

En attendant que sa compatriote Belinda Sharpe, également choisie pour officier lors de cette Coupe du Monde, l’imite, Kasey Badger va pouvoir savourer d’avoir écrit une bien belle histoire. 

Un petit coup de sifflet pour le rugby, mais un pas de géant pour toutes les filles ÀBLOCK!. 

©National Rugby League

Ouverture ©National Rugby League

D'autres épisodes de "Rugby, ces filles qui transforment l'essai"

Vous aimerez aussi…

Fanny Blankers-Koen

JO 1948 : Fanny Blankers-Koen, « mère indigne » devenue star de la piste

On la surnommait « La ménagère volante ». Spécialiste du sprint, elle est la seule à avoir décroché quatre médailles d’or en une seule édition. Un palmarès d’autant plus bluffant à une époque où les femmes n’étaient pas les bienvenues dans les compétitions, encore moins les mères de famille. Récit d’une femme au foyer devenue femme médaillée.

Lire plus »
Justine Wong-Orantes

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

Une volleyeuse de haut-vol (Justine Wong-Orantes sur notre photo), une ex-infirmière crossfiteuse devenue coach mentale pour cause de burn-out sportif ou une reine du disque qui va entrer en piste pour ses 7e Jeux Olympiques, c’est le best de la semaine !

Lire plus »
Leena Gade Première femme ingénieure de course victorieuse, so what ?

Leena Gade, première femme ingénieure de course victorieuse, so what ?

Pour le monde du sport automobile, elle est « une main de velours dans un gant de carbone ». Celle qui fut la première ingénieure de course à remporter les 24 heures du Mans en 2011, mais aussi le titre de… l’« Homme de l’année » du Championnat du Monde d’Endurance de la FIA un an plus tard, ne freine devant aucun obstacle. Elle est aujourd’hui présidente de la Commission GT de la fédé automobile.

Lire plus »
Sakina Karchaoui, fougueuse footeuse

Sakina Karchaoui, fougueuse footeuse

Une sudiste séduite par la capitale, ça annonce déjà un goût pour l’aventure. Justement, découvrir de nouveaux horizons en pratiquant sa passion pour le football, Sakina Karchaoui adore. Mais, elle le sait, pour performer, il faut redoubler d’effort et de détermination. Heureusement, la défenseure est ÀBLOCK!

Lire plus »
Aloïse Retornaz

Aloïse Retornaz : « J’ai beaucoup de mal à rester loin de la mer, loin de l’eau. »

Une tête bien faite dans un corps bien entraîné. Championne de France Elite, Championne d’Europe, médaillée d’or en Coupe du monde de 470, la Brestoise Aloïse Retornaz vient de remporter la médaille de bronze sur 470, avec sa coéquipière Camille Lecointre, aux JO de Tokyo. Nous l’avions rencontrée en mai dernier. Échanges passionnants avec une fille qui mord la mer à pleines dents, sans prendre la tasse.

Lire plus »
Diane Servettaz : « Avec le vélo, j’ai compris que même si ça flanche côté mental, t’en as encore sous la pédale. »

Diane Servettaz : « Avec le vélo, j’ai compris que même si ça flanche côté mental, t’en as encore sous la pédale. »

En à peine trois ans, cette passionnée de vélo a décroché un podium sur 500 kilomètres et bouclé sa première course d’ultra, la fameuse BikingMan, en tant que première féminine. Carburant aux défis, pédalant sans relâche, surmontant tous les obstacles grâce à un mental d’acier, la Savoyarde n’a pas fini d’enfiler les kilomètres dans ce sport de l’extrême. En piste !

Lire plus »

Recherche

Soyez ÀBLOCK!

Abonnez-vous à la newsletter

Mentions de Cookies WordPress par Real Cookie Banner