Lucy : « J’aimerais dire aux femmes que le sport va changer leur vie, tout simplement. »Adepte de snowboard et de VTT, 32 ans, journaliste freelance

snowboard

Propos recueillis par Claire Bonnot

Publié le 05 mars 2020 à 17h41, mis à jour le 07 janvier 2026 à 12h22

« J’ai toujours fait du sport depuis toute petite et notamment du ski car je vivais en montagne – je suis originaire de Val d’Isère. Je me suis mise au snowboard à l’âge de quinze ans, j’avais besoin de liberté. Mais j’ai aussi fait du patinage artistique, de l’équitation, de l’escalade, du vélo…

Ce que j’aime dans le snowboard et le VTT, c’est le côté aventureux où l’on se sent vraiment dans l’instant et déconnecté de tout le reste. On se sent vivant !

Et puis dans la montagne, on est seul dans un environnement magnifique avec les compagnons de cordée du jour, loin de tout. En VTT l’été et en snowboard l’hiver, j’aime vraiment rester loin des remontées mécaniques et choisir mon itinéraire ; ça a un côté beaucoup plus nature que les pistes.

J’aime faire du hors-piste et de la randonnée en snowboard, mais il ne faut jamais y aller seul. Et il faut toujours préparer les sorties en fonction des conditions de neige ou du danger d’avalanches.

"Les filles n’osent pas prendre la place qui leur revient"

C’est difficile pour une femme de se faire accepter dans les sports de haute montagne parce que souvent les garçons ont tendance à imposer leur idée d’itinéraires et que les filles sont rarement écoutées.

Mais il y a un peu des deux  : la faute des garçons qui, souvent, imposent et la faute des filles qui n’osent pas prendre la place qui leur revient et dire ce qu’elles pensent.

Moi, comme ça fait longtemps que je fais du snowboard, les garçons me font confiance et je me sens autant intégrée qu’eux. Aussi, le fait de devenir maman m’a permis de prendre confiance en moi car j’ai des responsabilités au quotidien.

En montagne, tout le monde évolue dans un groupe mixte. Je ne connais aucune fille qui ne ride qu’avec des filles car de toute façon il y a plus de garçons dans ce milieu. Mais le fait de pouvoir se rassembler avec d’autres filles permet de se lâcher davantage, d’oser intervenir et de se mettre moins la pression.

L’ambiance est toujours  bienveillante. J’organise moi-même de telles journées, une sortie sportive et un atelier pour la préparer, échanger et pousser ces femmes à oser prendre leur place dans tous les sports à tendance masculine.

" Dans les magazines féminins, le sport est soit associé au bikini soit à l'idée de maigrir "

Mon blog «  Gravity Ladies » a pour but de donner aux filles des conseils pour les aider dans leur pratique sportive de tous les jours.

Ça permet aussi de créer une communauté : j’organise souvent des évènements pour réunir les filles. Beaucoup d’entre elles me suivaient sur ma pratique sportive hivernale et m’ont écrit en me disant « Grâce à toi, je me suis mise au VTT », mon activité de l’été…

J’ai d’ailleurs réalisé un documentaire sur le cyclisme féminin* pour montrer le côté empowerment du vélo pour les femmes  : au travers de cette activité, elles se réalisent et parviennent à conserver cette assurance dans leur vie professionnelle. Le but ? Repousser les limites du sport et inspirer les jeunes générations.

C’est aussi l’occasion d’aborder les problèmes de médiatisation des évènements féminins par rapports aux évènements masculins, le fait que les femmes sont toujours moins payées que les hommes dans la pratique professionnelle, les limites de l’éducation genrée…

J’aimerais dire aux femmes que le sport va changer leur vie tout simplement. Je déplore vraiment le fait que, dans les magazines féminins, le sport soit associé au bikini l’été ou à l’idée de maigrir.

Le sport va bien plus loin que ça, c’est même l’inverse de ce qu’on peut lire dans ces magazines : quand on pratique vraiment, on ne perd pas de poids pusiqu’on développe sa musculature !

Et puis, c’est terrible de dire aux femmes que le sport est une contrainte, mais qu’elles seront belles après !

Il faut surtout dire aux petites filles que le sport permet de se réaliser et de vivre de grands moments de bonheur.

Elles aussi sont inspirantes...

Guila Clara Kessous : « En montant à la corde, j'ai osé faire ce qui me freinait depuis des années. »

Guila Clara Kessous : « En montant à la corde, j’ai osé faire ce qui me freinait depuis des années. »

Formée à Harvard et par le théâtre, elle a plusieurs cordes à son art. Guila Clara Kessous, entrepreneure diplomatique, s’engage depuis plus de quinze ans pour les droits des femmes. Et voilà que le sport entre dans la danse en un geste politico-artistique : grimper à la corde. Une ascension symbolique, une allégorie de la difficulté des femmes à s’élever dans la société. Prenons de la hauteur.

Lire plus »
Lison Bornot : « Je veux mettre en avant l’Ultimate. C’est lui qui m’anime. »

Lison Bornot : « Je veux mettre en avant l’Ultimate. C’est lui qui m’anime. »

Avec sa sœur Éva, elle truste les premières places depuis 2015 en Ultimate. Membre essentiel de l’équipe de France, Lison Bornot est Championne d’Europe outdoor 2023 et championne du monde d’Ultimate sur sable 2023. La voici maintenant en piste pour les World Games, l’antichambre des JO, qui se déroulent en Chine, du 7 au 17 août 2025. Témoignage d’une fille pétillante devenue l’une des ambassadrices françaises d’un sport trop peu connu.

Lire plus »
Diane Servettaz : « Avec le vélo, j’ai compris que même si ça flanche côté mental, t’en as encore sous la pédale. »

Diane Servettaz : « Avec le vélo, j’ai compris que même si ça flanche côté mental, t’en as encore sous la pédale. »

En à peine trois ans, cette passionnée de vélo a décroché un podium sur 500 kilomètres et bouclé sa première course d’ultra, la fameuse BikingMan, en tant que première féminine. Carburant aux défis, pédalant sans relâche, surmontant tous les obstacles grâce à un mental d’acier, la Savoyarde n’a pas fini d’enfiler les kilomètres dans ce sport de l’extrême. En piste !

Lire plus »
Emelyne Heluin: « Je sais pourquoi je cours, pourquoi je lutte. »

Emelyne Heluin : « Je sais pourquoi je cours, pourquoi je lutte. »

Gymnaste jusqu’à son adolescence, Emelyne Heluin a dû raccrocher le justaucorps après une prise de poids inexpliquée et d’autres symptômes invalidants. Diagnostiquée d’une maladie endocrinienne chronique et évolutive, le SOPK, à l’âge de 17 ans, elle erre pendant des années entre perte de confiance en elle et détresse psychologique avant de retrouver le chemin du sport comme outil de santé. Ce sera la marche, puis la course à pied jusqu’à se lancer sur des marathons.

Lire plus »

Vous aimerez aussi…

Le Q&A d'Octavie Escure

Le Q&A d’Octavie Escure

Son livre « Prendre son envol avec Octavie Escure » dans la collection ÀBLOCK! vient de sortir. L’occasion idéale pour soumettre la danseuse à la question. C’est notre petit questionnaire sport & perso en vidéo, s’il vous plaît !

Lire plus »
Greta Andersen

Greta Andersen, la nageuse qui a failli se noyer aux JO

Elle a appris à nager sur le tard, ce qui ne l’a pas empêchée de marquer de son empreinte l’histoire de la natation mondiale. Greta Marie Andersen, bientôt 94 ans, a porté haut les couleurs du Danemark en bassins et en eau vive. Un parcours extraordinaire qui aurait pu connaître une issue dramatique lorsqu’elle manqua, de peu, se noyer lors des Jeux Olympiques de Londres, en 1948. Portrait d’une nageuse « à la coule ».

Lire plus »
WCT National Series France, et si ce n’était pas qu’un jeu d’enfant ? Melanie Buffetaud

WCT National Series France, et si ce n’était pas qu’un jeu d’enfant ?

Il était le roi des cours de récré, le voilà sport à part entière. Le jeu du Chat et de la Souris, évidemment ça vous parle ? Les 8 et 9 juillet prochain, il aura même sa première compétition nationale officielle. Les WCT National Series France, prendront leurs quartiers à la TwitchCon Paris et les femmes sont à l’honneur. Alors à vos marques, prêt, chassez !

Lire plus »
Lénaïg Corson

Lénaïg Corson : « En rugby, certaines remarques sexistes sont affligeantes ! »

Elle trace sa route rugbystique sans se retourner, plaquant sans vergogne les préjugés misogynes qui collent encore trop souvent au maillot des filles mordues de ballon ovale. Du haut de son 1,85 m pour 85 kg, Lénaïg Corson est l’un des piliers de l’équipe de France de rugby à XV. Dans la vie comme sur le terrain, elle est cash et sans peur. Échanges puissants avec une joueuse qui en a sous les crampons.

Lire plus »
Paola Calvo : « À Juárez, toutes les femmes sont des combattantes. »

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

Une vététiste que rien n’arrête, une cinéaste qui n’a pas peur de filmer des catcheuses en terrain dangereux (notre photo), une snowboardeuse qui ne lâche rien et quelques petites infos à grignoter pour se cultiver avec la suite de notre lexique Coach Vocab’, demandez le programme sur ÀBLOCK!

Lire plus »

Recherche

Soyez ÀBLOCK!

Abonnez-vous à la newsletter

Mentions de Cookies WordPress par Real Cookie Banner