Il était une fois le breakdance… féminin

Il était une fois le breakdance… féminin
Née dans les rues du Bronx dans les seventies, cette danse acrobatique voit s'affronter des "crew" sur le bitume et sur les pistes à coups de mouvements saccadés. Et les Bgirls y font bonne figure. Petite histoire du breaking conjugué au féminin.

Par Clotilde Boudet

Publié le 30 novembre 2022 à 8h02, mis à jour le 03 février 2025 à 11h00

Le breakdance, au départ appelé « B-boying », est apparu au coeur du Bronx,  dans les années 70. Aux origines, il est pratiqué par des « crew » d’Afro-américains et de Latinos.

Mais comme le breakdance naît et grandit dans la rue, il laisse au départ (et sans surprise) peu de place aux femmes…

Extrait de la vidéo The Origins of Breaking Culture.

En France, la première apparition officielle de cette danse au ras du sol remonte à la tournée « New York City Rap Tour », organisée par Europe 1 en 1982. Cette tournée française présentait des artistes américains, graffiti-artists, DJ, break-dancers, rappeurs et même du double dutch.

L’événement est souvent cité comme marquant le début de la culture hip-hop en France. Mais, à cette époque, les filles n’étaient pas légion sur les planchers.

Dans le monde ultra viril du hip-hop, les amatrices de break doivent apprendre et gagner le respect des mecs « à la dure ».

Ça, Karima Khelifi, une des pionnières françaises de la discipline, l’a bien compris. Elle a dû faire ses preuves pour intégrer le crew « Aktuel Force » en 1986. Et ça ne lui a pas déplu. Selon ses propres dires, elle a été attirée par le Break, parce qu’« il n’y avait pas de filles, il a fallu se faire une place, conquérir les pistes de danse, imposer son style et exprimer ses idées », comme elle le confiera au journal Le Monde.

Bgirl Karima Khelifi d’Aktuel Force, pendant une battle en 2016.

Cette danse qui, pour beaucoup, s’apparente plus à un art et une manière de vivre qu’à un sport, est à l’image de la société : les femmes s’y font de plus en plus entendre. Nacéra, Aka « Bgirl Hurricane », ne dira pas le contraire.

En 1998, elle est la première Française à s’être envolée outre-atlantique pour un grand championnat de Breaking. Dans le milieu, on la surnomme « The French Queen elegance Style. »

Celles qu’on appelle les Bgirls ont dû faire preuve de ténacité et de patience pour se faire leur place dans le monde du breakdance. Si la compétition internationale « Battle of the Year » (BOTY), existe depuis 1991, les femmes ne peuvent y faire des battles en solo que depuis 2018…

«Auparavant , les filles n’avaient pas tant de modèles que ça, aujourd’hui si, expliquait Nacéra en 2018 sur notonlyhiphop.com. Donc, je ne vois pas ce qu’elles doivent créer de plus. Je pense que juste être “une fille” et être dans le hip-hop c’est déjà warrior ! »

Nacéra, Aka « Bgirl Hurricane », reine du B-girling français.

Mais le breakdance continue sa mue hors de la « street » et son avenir est plein de promesses. Ainsi, il fera sa première apparition aux JO de Paris, en 2024, en tant que sport additionnel. Il y aura deux épreuves : une masculine et une féminine. 16 Bboys et 16 Bgirls (Jeux paritaires obligent!) s’affronteront dans des battles en 1 contre 1…dont Bgirl Kimie, l’une des étoiles montantes de la piste de breakdance made in France.

Une nouvelle occasion pour les filles de montrer qu’elles aussi ont tout ce qu’il faut pour entrer en piste et breaker !

Ouverture : Bgirl Hurricane...©Red Bull content

D'autres épisodes de "Il était une fois le sport... conjugué au féminin"

D’autres actus en brèves…

Loïs Boisson, la naissance d’un phénomène

2025, le Best-of : nos plus beaux portraits de sportives

Leurs histoires de vie sont des récits sportifs puissants. Toutes ces championnes qui se surpassent, qui vont au bout d’elles-mêmes nous inspirent et nous donnent à penser que tout est possible pour qui y croit. En 2025, elles ont encore été nombreuses à nous bluffer. Petit récap’ de nos portraits les plus marquants.

Lire plus »
Lucie Boudesseul : « Je ne suis pas dans la moto pour faire de la figuration. »

2025, le Best-of de nos rencontres ÀBLOCK!

Elles ont fait les belles heures du sport en 2025 et les nôtres aussi. On les aime toujours autant ces championnes, on les chouchoute, on leur donne la parole en format XXL. Elles nous surprennent encore, et ça fait 5 ans que ça dure ! Panorama (non exhaustif) de nos rencontres les plus marquantes.

Lire plus »
Montres sportives au féminin : une révolution au poignet

Montres sportives au féminin : une révolution au poignet

Les montres sportives connectées sont devenues les alliées silencieuses d’une révolution féminine en mouvement. À chaque foulée, chaque battement, chaque cycle, elles traduisent les besoins, les ambitions et les réalités des femmes qui bougent, luttent et avancent.
Mais comment s’est faite cette (r)évolution qui écoute enfin les femmes ?

Lire plus »
Il était une fois le squash… féminin Heather McKay

Il était une fois le squash… féminin

Sport longtemps méconnu dans l’Hexagone, le squash sera mis en la lumière aux JO 2028 de Los Angeles, l’occasion pour ABLOCK! de revenir sur l’histoire de ce sport qui n’a pas attendu pour mettre les femmes au centre des courts.

Lire plus »
KIm Leji Il était une fois le tir sportif… féminin

Il était une fois le tir sportif… féminin

S’il existe un univers dans lequel certains hommes aiment se prétendre seuls maîtres à bord, c’est bien celui des armes. Pourtant, le tir sportif a, comme toutes les autres disciplines, son lot de championnes. Mais quelles sont ces femmes qui ont tiré les premières ?

Lire plus »

Vous aimerez aussi…

Marie Appriou « Le boomerang, c'est une histoire de famille. »

Marie Appriou : « Le boomerang, c’est une histoire de famille. »

Depuis près de vingt ans, son coeur fait boom. Marie Appriou, championne du monde de boomerang, s’apprête à remettre son titre en jeu. Ce 17 août, les championnats du monde débutent à Bordeaux. Et la Française compte bien prouver qu’elle est toujours une lanceuse de haut vol. Rencontre avec une nana qui n’a qu’une idée en tête : mettre son sport en lumière.

Lire plus »
Margot Kochetova : « Devenir championne d'haltérophilie et entendre la Marseillaise, j'en rêvais ! »

Margot Kochetova : « Devenir championne d’haltérophilie et entendre la Marseillaise, j’en rêvais ! »

Elle a seulement 16 ans et collectionne déjà records et médailles. La Montoise Margot Kochetova, sacrée championne d’Europe d’haltérophilie en 2024 chez les moins de 17 ans, espère de nouveau goûter aux joies du podium lors des Europe qui auront lieu en Espagne, fin juillet. Un ultime rendez-vous avant des débuts à l’INSEP, premiers pas, peut-être, sur le chemin des Jeux olympiques de 2032 qui auront lieu à Brisbane, en Australie.

Lire plus »

Recherche

Soyez ÀBLOCK!

Abonnez-vous à la newsletter

Mentions de Cookies WordPress par Real Cookie Banner